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Mon papa, tu me manques

Témoignage d'internaute trouvé sur psychologies 27 ans
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Coucou mon Papa à moi, je vais poser mon chagrin là et si tu as la force de me donner la main, fais-le car je me sens en marge, ce soir.

Je suis allée à mon premier cours de théâtre de cette année et je me suis sentie si déstabilisée, si vulnérable, tout comme je le suis dans ma vie tout court en ce moment, que j'ai envie de tout arrêter. J'ai fait quelques pas pour mon projet à l'hôpital et je sais pas si j'aurai la force et ça me tue, mon Papa. J'ai envie d'envoyer chier tout le monde tellement j'ai mal au fond de moi. J'ai mal d'être là pour ne rien faire et je me cogne au mur mais j'arrive pas à ce que ce que je veux vivre aboutisse. Je veux donner ma main aux malades, mon regard, je veux rire et sourire et j'ai pas envie des règles qu'on va m'imposer, que je sens déjà poindre avant même d'avoir commencé. Et surtout je ne me sens pas prête et je m'en veux car c'était mon projet le plus fort et j'ai tant besoin ces temps-ci d'être seule et je suis obligée d'aller au travail et si je suis envahie encore par davantage de monde dans ma peau, dans ma chair, dans ma tête, je vais péter les plombs. J'ai peur de me laisser aller à m'écouter et laisser filer le théâtre et il sera trop tard. Je sais bien que c'est pleine Lune ce soir et je pleure et je pleure. Y a maman qui m'a écrit et j'ai pas ouvert, j'ai trouvé la lettre tout à l'heure et bien sûr, là, comme je suis mal, j'ai envie d'ouvrir et pleurer encore plus ou prendre en plein coeur qu'elle est froide comme le marbre. J'ai trop mal de partout, je ressens si fort les choses et je n'ai aucune barrière, tu m'entends. Comme toi. Tout comme toi et j'arrive plus à retrouver les repères de la thérapeute pour cesser de recevoir en moi tout ce qui émane des autres, même de ceux dont je suis censée me foutre. Pourquoi j'ai besoin d'accueillir le monde en moi, comme ça. Pourquoi j'ai ce problème de ne pas assumer de ne pouvoir m'occuper que de ma propre gueule. Un temps, au moins. 'tain, fait chier, je cherche désespérément quelqu'un pour porter ce trop plein et je dois en faire quoi de toute cette chose que je sens en moi et qui me fait du mal parce que je ne me sens pas en contact vrai avec le monde. Je n'ai pas ma place. Elle est où, ma place ? Est-ce que je vais crever sans l'avoir trouvée, Papa ? Est-ce que j'aurai subi toute cette merde juste pour m'allonger et brûler ? Comme toi. Juste avaler de la merde et me coucher, morte. Comme toi. J'ai envie de vivre et je me sens à côté de la plaque et c'est dur.

Pourquoi t'es plus là ? Ça t'aurait gêné que je te dise tout ça. Tu aurais bu un verre et j'aurai trinqué avec toi et on aurait regardé une merde à la télé ou on aurait mis "Les ripoux", comme tu aimais. Comme tu es resté seul, des années, devant la télé, le soir, tard. Tout seul. A faire pschitt avec ta bière. Tout seul. Comme moi je suis seule. Je te suis à la trace. Personne ne me comprend. Je n'ai pas de place pour personne car je suis perdue avec moi-même. Comme tu le fus avec toi-même. Qui aurait pu dire que c'est moi qui te ressemblerait le plus ? Moi qui me défendais que tu sois mon père. "Le père de qui ? " je disais. Je crois que je voulais t'éloigner de moi car je sentais ton emprise. J'ai besoin de ton regard d'homme et de père sur ma vie et tu n'es pas là. J'ai besoin de ton "allo" si j'avais pu t'appeler. J'ai besoin de ton regard lointain. Je ressens encore ce que ça fait de t'embrasser. Je sais la force et la fragilité de ta main et je revois tes doigts. Je revois ton sourire. Qu'est ce que je fais de tout ce que je voudrais te donner et partager avec toi, putain de merde ?!

Tu m'as donné la vie et tu es mort. Tu es passé pour laisser une trace et le manque et tu es parti pour toujours. Je ne veux pas croire au toujours, je veux te croire dans l'air, à tournoyer, et je t'espère en paix avec toi-même. Je te serre fort dans mes bras. Je sais que ça ne se fait pas dans cette famille mais j'ai envie et ce soir c'est moi qui décide de ce qui est bon pour toi, pour nous.
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117707
b
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