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Deuil difficile

Témoignage d'internaute trouvé sur magicmaman
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Je me présente, j'ai 32 ans, j'habite à Nantes, je suis maman d'un petit Antoine (2 ans ½) et d'une petite Marie décédée in utero à 8 mois de grossesse, le 24 août dernier.

Je sais que le chemin est difficile, le deuil long à faire mais j'y arriverai. Ma fille me manquera toujours mais peut-être plus de la même façon qu'aujourd'hui.

Ma fille est décédée in utero à 8 mois de grossesse, le 24 août dernier. Je trouvais qu'elle bougeait moins quelques jours avant mais je ne me suis pas inquiétée. Dans la journée du 24 août, des contractions de plus en plus violentes sont apparues et rien n'arrivait à les calmer. Je ne comprenais pas ce qui se passait car je n'avais fait aucun effort, étant obligée de rester au repos le plus souvent possible depuis le mois de mai. Je suis arrivée en urgence en pleine nuit à l'hôpital. Le travail était déjà bien commencé car j'étais déjà à dilatation complète. L'horreur a commencé lorsque la sage-femme a voulu me faire un monitoring. Elle n'arrivait pas à trouver le c&oelig ; ur de mon bébé. J'avais déjà un mauvais pressentiment dans l'ambulance. Je ne peux pas l'expliquer. Elle a ensuite voulu faire une écho et là, j'ai vu que le c&oelig ; ur de mon bébé ne battait pas. Le monde s'est écroulé en une seconde. Elle n'osait pas me le dire, prétextant que seul le médecin pourrait donner un diagnostic mais je le savais, elle a fini par me dire : oui, il y a un problème sérieux. L'équipe médicale a été formidable, très humaine.

Ensuite, les contractions sont devenues de plus en plus violentes, mêlées à cette immense douleur. J'ai accouché par voie basse, sans péridurale mais avec mon chagrin. Je n'en pouvais plus de souffrir, de pousser, de respirer, tout cela pour rien ou plutôt pour mettre au monde ma fille Marie, née sans vie comme l'indique l'état-civil. Je ne voulais pas voir ma fille avant l'accouchement mais ensuite, l'équipe m'a persuadé qu'il fallait mieux pour mon avenir et celui de ma famille afin nous fassions le deuil plus facilement de notre bébé. J'avoue que j'ai eu peur juste avant de la voir, j'ai même demandé si elle était normale ; je craignais d'être choquée par l'image de mon bébé. Au contraire, j'ai vu une petite fille très belle, les yeux fermées avec un petit bonnet blanc sur la tête, toute emmitouflée dans un linge. Elle ressemblait à mon fils Antoine à sa naissance, le même tout petit nez tout retroussé. Je garde un souvenir ému de cette rencontre avec mon bébé et je ne le regrette pas du tout au contraire, cela m'a beaucoup aidée et permet de "matérialiser" la grossesse et le bébé. J'ai lu dernièrement que l'on avait besoin de "traces" de l'existence de son bébé et cela est tout à fait vrai.

Par contre, les mois passent et je ressens beaucoup plus maintenant le manque et l'absence de mon bébé. Le silence des autres est difficile. Les gens qui nous entourent (sauf la famille et les amis très proches et encore ….) ne sont pas à l'aise et oublient bien vite ce qui s'est passé.

Ma s&oelig ; ur a accouché 15 jours après moi d'une petite fille qui se porte très bien. Cela a été difficile pour moi et pour elle aussi, je le sais.

Ma fille me manque terriblement et pourtant j'ai un petit garçon de 2 ans 1/2 que j'adore plus que tout au monde. On m'a proposé à l'hôpital d'avoir des photos de ma fille, j'ai refusé. Mais en rentrant chez moi, le manque grandissant, j'ai éprouvé un besoin important de la revoir et j'ai écrit au mois d'octobre dernier à l'hôpital afin d'obtenir ces photos. Je les ai reçues seulement depuis trois semaines environ et cela été un choc terrible. Je pensais que certaines photos étaient prises pour les parents et non dans un but purement médical. Dans mon esprit, j'allais avoir une photo de ma fille habillée et surtout de sa petit tête, avec son bonnet, comme on me l'avait présentée après l'accouchement. Pas du tout, j'ai reçu deux clichés très "médicaux" de ma fille avec un courrier très "humain" me prévenant de la relative "dureté" des photos. Je suis profondément choquée par ces photos et je ne pourrai plus jamais les regarder et surtout les oublier… Cela a cassé complètement mes souvenirs. Je ne sais pas quand les photos ont été prises mais sûrement pas le jour même. Je vous passe les détails mais le corps et la tête de mon bébé sont altérés par la "lyse cutanée" c'est à dire la détérioration naturelle des tissus qui s'opère après le décès. J'ai tout de suite pensé que c'était une erreur, ce bébé "difforme" n'était pas ma fille. Je me souviens si bien d'elle. On m'avait dit, après l'accouchement, qu'elle était tout à fait normale et que je ne serai pas choquée en la voyant. C'était vrai, elle était très mignonne. Les images que je viens de recevoir ont été terribles et je ne crois pas que cela va m'aider à faire mon travail de deuil. Ces clichés purement médicaux sont faits pour un dossier médical et pas pour les parents. Je ne comprend pas que l'on propose de les donner aux parents s'ils le désirent. Je me pose des questions. J'aurai préféré qu'on m'écrive avant de me les envoyer en me prévenant que cela serait trop dur pour moi car ces photos étaient difficiles voire insupportables à regarder. Je sais que je n'aurai pas été plus loin dans ma démarche et aurait toujours gardé dans mon c&oelig ; ur le souvenir de ce petit visage endormi mais tellement beau.

Heureusement que j'ai vu mon bébé après l'accouchement car si j'avais refusé de le voir, j'aurai peut-être voulu avoir ces photos et je crois que cela aurait été encore pire. Tout l'imaginaire construit autour de ce bébé, sa représentation mentale notamment serait cassée à jamais. Dans mon cas j'ai réussi à relativiser la dureté des photos car j'ai vu ma fille et je sais qu'elle n'était pas comme cela à sa naissance.

Les jours passant, je suis moins sous le coup de ces photos qui m'ont mis au départ le moral à zéro. J'avais l'impression de me retrouver quelques mois en arrière. A moins que le travail de deuil passe aussi par ces moments si difficiles et si insupportables……
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b
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