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J'ai perdu ma fille in utero

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Depuis quelques jours déjà, je me sentais mal, nauséeuse. Ton papa m'a conseillé de faire un test de grossesse, on ne sait jamais. Et là… Toi, Alice, tu es entrée dans notre vie, grâce à ce test qui était positif. Il me semblait déjà te sentir gigoter, mais c'était impossible biensûr, tu étais bien trop petite. J'étais tellement heureuse, mais inquiète aussi. Noé, ton grand frère, avait seulement 21 mois, et ta grande soeur Maïa seulement 7 mois ! C'était déjà difficile de gérer deux enfants si petits, mais alors trois… J'en ai parlé à ton papa, et pour lui, c'était déjà tout décidé : on te garderait, ce ne pouvait en être autrement. Et puis, ensuite, la grossesse à suivit son cours. On a annoncé ma grossesse à la famille à Noël. Tout le monde était très content pour nous, et tes oncles, tes tantes, tes grands-parents, tous on proposé leur aide. C'était génial…

Puis les mois ont défilés : février, l'anniversaire de Noé… 2 ans, puis avril, celui de Maïa, 1 an. Ce jour-là, tu bougeait tellement que j'étais obligée de rester assise. Tu voulais certainement fêter l'anniversaire de ta soeur comme il se devait ! Les beaux jours sont arrivés, le matin, tu me réveillais à l'aube et je sortais boire mon cacao du matin sur la terrasse, sous les premiers rayons du soleil. Le soir, on passait nos soirées avec Noé, Maïa et Papa, à observer les étoiles. Il y avait la Petite Nounourse et la Maman Nounourse, disait Noé.

Et enfin, juillet est arrivé. LE mois où notre famille devait s'agrandir pour accueillir une autre petite puce. Tu devais arriver fin juillet.

Le 13 juillet, je suis allée chez Stéphanie, ta marraine, avec Noé et Maïa, car elle avait une piscine et les loulous étaient impatients de se mettre à l'eau. On a passé une très bonne après-midi, l'eau me faisait du bien, j'étais détendue, et je jouait avec Maïa à faire l'avion sur l'eau. Ensuite, pendant que les titoux goûtaient avec Mathilde et Robin, les enfants de Stéphanie, je me suis étendue sur un transat, et je m'attendais à te sentir bouger, comme tout les jours à ce moment de la journée. Mais non, rien…

Papa est venu nous chercher, et puis on est rentré et on a mangé dehors. Noé et Maïa étaient crevés pas l'après-midi à la piscine, on les a donc couchés tôt ce soir-là. Et on est aller regarder les étoiles, comme tous les jours. Et là encore, tu ne bougeais pas. Depuis plusieurs heures, je n'avais pas senti un seul de tes mouvements. Je l'ai dis à ton Papa, il était un peu inquiet, alors je lui ai dis que le lendemain, on irait à la mater si pendant la nuit, je ne te sentais pas. C'est ce qu'il s'est passé… Je n'ai presque pas dormi de la nuit, je guettait le moindre signe, le moindre mouvement qui me rassurerait. Mais rien n'est venu, rien…

Le lendemain, 14 juillet. Le village était en ébulition, on préparait le feu d'artifice du soir et le repas municipal habituel. On a laissé Noé et Maïa chez notre voisine. Ils étaient tout contents de voir autant de monde s'agiter et ils étaientt excités comme des puces.

Nous, on est parti à la maternité. Une gentille sage-femme nous a accueillit et c'est elle qui m'a posé le monitoring. Elle me disait en souriant qu'il ne fallait pas s'inquiéter, que tu allais certainement bien. Et non… non, tu n'allais pas bien. Elle ne trouvait pas ton coeur, alors elle a appelé une autre-sage femme et le gynéco. Toujours pas de coeur au monito, alors on m'a emmené pour passer une écho. Il n'y avait plus de rythme cardiaque. Je le savais, je l'avais deviné… L'équipe médicale a été super, le gynéco a annoncé à Papa en douceur que tu étais partie, que tu ne vivais plus. Il n'a rien dit, il a quitté la pièce… Moi je pleurais, je pleurais et je pleurais.

Les sages-femmes m'ont laissé tranquille, elles m'ont donné une chambre et elles se relayaient pour ne pas me laisser seule… Elles avaient peur que je tente de te rejoindre, ma puce. Oh oui, que j'aurais voulu m'en aller, quitter cette Terre, et te retrouver. Je caressais mon ventre et je cherchais, je cherchais encore et encore un signe de toi. Je m'imaginais te sentir bouger et crier que tu étais vivante et qu'ils s'étaient trompé. Et puis, quand au bout de plusieurs longues heures, je me suis un peu calmée, quand je n'avais plus aucune larmes pour pleurer, une sage-femme m'a annoncé calmement qu'on allait devoir me déclancher. Je n'y pensais même plus. Je ne me souvenais plus que tu n'étais pas encore arrivée. Je me suis calmée, et j'ai dis à cette gentille sage-femme que j'avais même hâte de te voir…

On m'a donné des médicaments pour dilater mon col, pour pouvoir me déclancher. J'ai passé la nuit à l'hôpital. La veille, j'avais eu la visite de ma mère. Elle est restée la nuit entière à côté de moi, à me consoler comme quand j'étais petite et que j'avais peur du noir… Je me suis enfin endormie, apaisée par la présence de ma Maman. Je n'avais pas souhaité voir Noé et Maïa, je ne voulais pas qu'ils me voient dans cet état.

Papa est arrivé le lendemain. Puis tout est allé très vite, et l'accouchement a eu lieu, dans le calme. Papa est resté, mais quand tu es apparue, il est sorti… Il ne pouvait pas supporter ça, et moi non plus d'ailleurs. Les sages-femmes t'ont emmenée, et moi je fermais les yeux. J'avais tellement peur de te voir, ma puce. Quelques minutes après, on est venu me chercher et une sage-femme m'a dit que tu étais belle comme un coeur. Papa m'a rejointe, et tous les deux nous t'avons bercée, calinée. Ma peur s'était envolée, j'étais heureuse avec toi, Alice. On est resté plus de deux heures tous les trois, en famille, calmement, sereinement. On a pris des photos, pour pouvoir te présenter à Noé et Maïa. Tu étais tellement jolie, poupette. Toute fine, toute délicate, tu ressemblais traits pour traits à ta soeur. Aujourd'hui encore, quand je regarde Maïa, je ne peux m'empêcher de me rappeler ton visage si doux.

Une sage-femme est venue nous demander ton prénom. Alice Stella. Etoile, en latin. Je ne sais pas si c'était un signe… Nous avions depuis longtemps choisi ses deux prénoms pour toi. Et nous adorions regarder les étoiles… Aujourd'hui, tu en est une. Et une magnifique étoile. Pendant les deux étés qui ont suivis ta disparition, tous les soirs nous avons observés les étoiles, en te cherchant, toi, Alice. Mais nous ne t'avons pas trouvée… A chaque Noël, tu as ton cadeau, au pied du sapin. Nous allumons une bougie pour toi, qui brille, qui brille, qui brille… pendant tout le mois de décembre, pour toi qui n'a pas connu la magie de Noël. Le 14 juillet, nous regardons le feu d'artifice et nous mangeons au village en pensant très fort à toi, poupée. Je t'imagine courant et riant avec Noé et Maïa, qui ont aujourd'hui bientôt 5 ans (le 14 février, jour de la St Valentin…) et bientôt 4 ans. Toi, tu aurais 2 ans et demi.

Nous souhaitons de donner très vite un petit frère ou une petite soeur. Notre chagrin est toujours là, notre douleur toujours présente, mais tout est apaisé. Mais tu me manque toujours autant. Si tu savais comme j'aimerais t'avoir près de moi. Et Papa aussi… Il aime parler de toi, tu n'es pas un sujet tabou dans la famille, tout le monde te connait, tout le monde t'aime. Le jour de ton anniversaire, on reçoit des mails de ton oncles, de tes tantes, cousins, cousines, grands-parents…

Tu es présente malgré ton absence…
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11226
b
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