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Perte du bébé malgré une grossesse de rêve

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Bonjour.

Je m'appelle Laëtitia. J'ai 25 ans.

Ca fait quelques jours que je lis les messages de ce forum et j'ai eu envie de vous rejoindre. En effet, je suis dans la même situation que vous : j'ai perdu ma petite fille, Albertine, il y a un peu plus de 15 jours. C'était le 12 mars exactement.

J'en étais à 22 sa + 5 jours.

Tout allait bien : quelques nausées au début, une grosse sinusite début février qui a été traitée, mais à part ces petits désagréments, une grossesse de rêve.

On avait fait l'écho le lundi. Tout allait bien. On n'avait pas voulu savoir ce que c'était. Le bébé bougeait bien, il était un peu coquin car le gynéco n'a pas pu faire tous les plans qu'il voulait.

Et le samedi soir, alors que la journée s'était passée normalement, je rentre du boulot (je suis libraire) et là gros mal de ventre. Je m'allonge, je vais aux toilettes, je vais pour me mettre en pyjama et des douleurs terribles dans le ventre. Je me dis : ce n'est pas possible d'avoir plus mal le jour de l'accouchement. Ca doit être une contraction. Je reste allongée et là je sens un liquide chaud couler. Je cours aux toilettes et je prends conscience que ça doit être les eaux : grande panique. Je dis à mon mari d'appeler la mat, et puis non plutôt le 15. Le médecin que j'ai au bout du fil me dit de rester couchée en attendant les secours.

Ne cédant pas trop à la panique, je guide Frédéric, mon mari, pour préparer une valise (où je ne lui ferais mettre que des habits de grossesse ! ). Les pompiers (volontaires) arrivent, ne peuvent trop rien faire. Le samu suit. Mes jambes tremblent sans que je puisse les contrôler.

On a peur. Je ne sens pas mon bébé bouger (je le sentais encore le midi). Le médecin écoute son coeur : il n'entend rien…

Il faut me transporter d'urgence à la mat. Mon mari suivra en voiture. Je perds beaucoup de sang tout au long du trajet (20 min env). J'ai l'impression de me vider. C'est horrible. Je demande (égoïstement ? ) si ma vie est en jeu : le médecin me répond que non ; si j'avais trop attendu, peut-être…

J'arrive en salle d'accouchement. C'est seulement là que j'éclate en sanglots. Le gynéco de garde n'est pas le mien mais peu importe. L'équipe me prend en charge. Mon mari arrive assez vite. Le gynéco fait une écho : il y a encore une activité ! Une lueur d'espoir renaît mais on ne nous laisse pas trop y croire. Je saigne toujours et ai toujours des contractions. Je tremble toujours.

Il faut agir : le bébé est en souffrance foetale et est trop petit pour vivre tout seul. On comprend alors que tout est fini pour notre bébé d'amour.

Il est donc décidé de me faire une césarienne (un accouchement par voie basse serait trop long, l'hemmoragie est trop importante, il faut la stopper.) Le gynéco va essayer de me faire ene césarienne vaginale, à l'intérieur, ce qui évite les cicatrices extérieures et réduit les problèmes pour les grossesses futures. C'est une technique assez récente.

Je suis donc conduite au bloc avec l'anesthésiste. En m'endormant, je me demande l'espace d'un instant si je vais en revenir…

Je me "réveille" (c'est un grand mot) à 2 heures du matin en soins intensifs. J'aperçois mon mari : il va dormir un peu.

Je dors des bouts de quarts d'heure par-ci par-là, entre les bip des machines et les va-et-vient du personnel. Je prends conscience du vide dans mon ventre et pleure.

A 8 h mon chéri revient, ça fait du bien de le revoir. Il m'annonce que c'était une petite fille !

Nous verrons notre petite Albertine dans la matinée.

A priori il s'agissait d'un décollement du placenta (nous n'avons pas encore les résultats de l'autopsie). C'est un "accident de parcours". Ca n'arrive pas souvent mais c'est de la faute à "pas de chance".

On ne s'attendait pas à ça, à ce cauchemar. Tant qu'on ne l'a pas vécu, on pense que ça ne peut pas nous arriver.

Il y a à peine un mois, j'avais commandé pour une cliente un livre sur le sujet : elle avait perdu son bébé à 8 mois de grossesse. Je n'aurais jamais imaginé en avoir besoin moi aussi.

Et comme si la douleur ne suffisait pas, j'ai appris vendredi dernier que mon cdd, qui devait être renouvelé le 31, ne le sera pas (je remplaçais quelqu'un en congé parental à temps partiel et pour cause de restructuration du travail, ils n'ont plus besoin de moi. Problème de budget car ils me garderaient sans doute, sinon). Mais je suis dégoûtée. Moi qui me disait que le travail m'aiderait, d'ici quelques semaines, à remonter la pente !

Donc me voilà en congé mat sans mon bébé et avec en plus des soucis professionnels qui viennent parasiter mon chagrin. Enfin, j'essaie de relativiser.

Mon petit ange me manque. Je me sens vide.

Heureusement nous arrivons bien à en parler avec mon mari. La famille autour est bien présente, les amis aussi. Et l'équipe de la mat et des secours était vraiment bien.

Nous avons pris contact avec la psy de la mat. J'ai rendez-vous vendredi.

Et puis j'écris dans un livre (le carnet Princesses des éditions Gautier-Languereau ; était-ce une intuition que c'était une fille ? ) , que j'ai commencé le jour de mon test positif et où je continue à parler à ma petite princesse.

Et puis, il y a les sites, ce forum, où on se rend compte qu'on n'est pas seule.

Voilà, j'espère qu'Albertine a rejoint vos petits anges.

Merci de m'avoir lue (désolée pour la longueur du message) et à bientôt.

Laëtitia.
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14669
b
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