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Pour 1 mois de vie, je ne regrette pas tous les sacrifices

Témoignage d'internaute trouvé sur magicmaman
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Ma fille aurait dû avoir 3 mois aujourd'hui. 2008 restera pour moi la plus merveilleuse et la horrible des années. Après 5 échecs en FIV et un compagnon qui décide de partir après 10 de vie commune, je déprime. Fatiguée de la vie, je me rends chez mon gynéco car je ressens des douleurs abdominales. Eberlué, il m'annonce 2 poches mais il faut confirmer cela par dosage. Il est 19 heures, le laboratoire est fermé, j'ai passé une nuit épouvantable et le lendemain j'étais la première au laboratoire. A 12h, les résultats sont positifs !! Je rappelle 2 fois pour en être convaincue. Comment puis-je être enceinte alors que cela fait 8 ans que j'attends ce moment et que même la médecine n'a rien pu pour moi ?

Enfin je n'allais plus être seule, la vie me souriait enfin, j'allais devenir maman et tans pis si le papa part, j'avais enfin une raison de vivre. J'étais tellement heureuse que j'avais tous les jours les larmes aux yeux en pensant à ce bébé.

Depuis cette annonce j'ai arrêté de travailler (je n'ai pas travaillé durant toute ma grossesse) , de me lever, de vivre en fait mais il fallait qu'ils tiennent. Malgré toutes ces précautions, un embryon a cessé d'évoluer à 8 semaines mais il n'est pas tombé, il allait se décalcifier petit à petit. Longtemps il a été visible à l'écho et cela me rendait triste : je portais la vie et la mort en même temps.

L'écho de la 12ème semaine s'est pas bien passée et je continuais à faire le minimum de mouvements pour ne pas perdre l'embryon qui me restait.

C'est à l'écho morpho que tout a basculé : ma peau filtre les ultra-sons et on a du mal a voir le bébé. C'est une fille mais il y a une malformation : on ne sais pas si c'est le rein ou le tube digestif. D'après le médecin, il est préférable que ce soit le rein. On me fait une amnio, je suis anéanti, j'ai peur des résultats. Juste avant l'examen, la petite n'a pas arrêté de bouger, j'avais peur qu'elle glisse sur l'aiguille mais heureusement tout c'est bien passé. Les résultats montrent un problème rénal, rien de très grave mais il faut surveiller cela de près. J'ai été vu par nombre de médecins, subi écho sur écho, irm, radio… On me disait tout et n'importe quoi, j'avais l'impression d'avoir un monstre dans le ventre. Je pleurais, je devenais folle : physiquement je pouvais tout supporter mais psychologiquement… (je n'ai pas de famille et j'ai du mal à parlé à mon entourage). Le rêve que j'attendais depuis des années était devenu un cauchemar ! Et à la troisième écho, on me propose une IMG que je refuse. Les médecins ne peuvent pas se prononcer avant la naissance mais ils préfèrent nous laisser le choix de la garder ou pas. Comment accepter cette proposition sur des suspicions ?

Cette nuit là ma fille a eu son premier hoquet et ce fut un supplice pour moi. J'avais l'impression qu'elle était consciente de ce qui se passait et me rappelait qu'elle était là, en vie et que je ne devais pas la tuer.

La semaine d'après je devais revoir le médecin qui m'avait proposé l'IMG mais j'ai eu tellement peur qu'au lieu d'aller au rendez-vous je suis allée accoucher (36 semaines).

Je suis arrivée à la mater à 7h30 et là les sages-femmes, très gentilles par ailleurs, m'ont reparlé du problème de ma fille, de mon refus d'avorter (alors que j'étais en plein travail). A 16h00 mon col était dilaté mais à chaque contraction, le c&oelig ; ur de mon bébé était en souffrance alors on m'a fait une césarienne en urgence. La petite a tout de suite pleuré, juste le temps de lui faire un bisou et ils l'ont emmené. Je ne l'ai vu que le lendemain en néonat, elle était trop belle mais malheureusement avec une insuffisance rénale très importante.

J'ai été debout dès le lendemain, malgré la césarienne, je voulais être près d'elle, la tenir contre moi. La série d'examens a commencé pour elle, elle avait jusqu'à 2 prises de sang par jour alors qu'elle avait des petites veines, re-irm, re-radio… Je pleurais de la voir pleurer, je souffrais pour elle. Oui j'ai voulu un bébé à tout prix mais pas au point de la voir souffrir. J'ai plusieurs fois regretté de ne pas avoir accepté l'IMG car il m'était insupportable de la voir souffrir, j'étais fatiguée, je n'avais pas eu de repos, les sages-femmes me disaient de faire attention que je venais d'accoucher mais je n'avais pas le choix, ma fille avant tout.

A 13 jours, elle s'est fait opérer, sa créatinine avait baissé. Quand elle a eu 3 semaines on l'a transférée en néphrologie et là j'ai pris conscience des choses, j'étais démoralisée et je comprenais que ma fille allait souffrir et qu'elle n'aurait pas d'enfance. Quand les autres parents s'extasieraient devant les 1er mots, les 1er pas, nous on aurait connu les dialyses, les hôpitaux, la greffe (on m'avait annoncé qu'il aurait fallu la greffer a 24 mois. 1 mois après sa naissance, elle a fait une infection urinaire qui s'est généralisée de façon foudroyante. J'étais avec elle quand cela s'est produit, elle a bu son biberon entièrement, elle qui avait tant de mal à le finir et ensuite elle s'est mise à pleurer, le temps que les médecins la perfusent, il était trop tard. J'entends encore dans ma tête l'alarme qui s'était déclencher, les réanimateurs courir, moi crier et devenir hystérique. Après une nuit en réa, où je l'ai vu nue, déformée, intubée… elle s'est éteinte. Lorsqu'ils ont débranché les machines, je tenais se petite menotte dans la mienne et ensuite j'ai porté son petit corps et je l'ai gardé contre moi : je lui disais que je l'aimais énormément et je lui demandais pardon, je me sentais fautive de sa malformation, si j'avais pu, j'aurais pris son mal. Il est horrible d'enterrer son enfant ; la logique voudrait que ce soit eux qui nous enterrent. Aujourd'hui j'en veux au monde entier, cette injustice me révolte et je jalouse tout le monde, je me renferme sur moi-même, je ne réponds plus au téléphone et cela crée des tensions avec mon conjoint car il ne comprend pas ma réaction et est persuadé qu'aucun être "normal" souhaite rester seul dans des épreuves pareilles.

Je me dis que la vie est injuste, qu'elle est mal faite et qu'elle me laisse seule.

Pendant ma grossesse, j'ai souvent fait le cauchemar suivant :

Mon mari, ma fille et moi, on descendait d'avion et elle m'échapper des mains et je disais à mon mari que lorsqu'on se rendrait en Algérie pour la présenter à ses parents, c'est qui la porterait. Malheureusement c'est dans un cercueil que nous leur avons présentée. Je n'avais pas compris le sens de ce rêve qui revenait souvent aujourd'hui tout est clair.

J'ai arrêté toutes mes activités de peur de croiser les gens qui m'ont vu enceinte et qui me poseraient des questions, je ne suis pas en mesure de raconter ce qui s'est passé et je pense que si je les croise je vais leur dire que je ne suis pas allée au bout de ma grossesse ainsi il n'y aura pas de questions…

J'étais tellement contente d'avoir réussi à être enfin devenue maman que la chute a été terrible. Je souffre et j'ai mal. Mon petit trésor me manque ! Je vide petit à petit sa chambre de princesse qu'elle n'aura jamais connu et c'est très dur.

Elle est née le 25 juillet, j'ai fait sa connaissance le 26 juillet et elle a eu son attaque le 26 aôut. J'aurais passé un mois avec elle, je ne regrette pas tous les sacrifices que j'ai fait, les galères que j'ai connus, je regrette seulement de l'avoir fait souffrir.

Ce qui est le plus horrible c'est que nous l'avons enterrée le jour qui aurait du être celui de sa naissance.

Ma fille je t'aime, je t'aime et tu me manques. Reposes en paix.
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88985
b
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