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Mon mari s'est suicidé

Témoignage d'internaute trouvé sur france5
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Je fais partie des femmes dont le mari malade (bipolaire) s'est suicidé après presque 10 années de combat acharné. Depression, changement de comportement, errances médicales diverses, chomage… et soudain le diagnostic tombe brutalement, 3 ans plus tard. Alors le corps médicale vous rassure "Heureusement qu'ils sont là, eux ! Qu'ils connaissent très bien cette maladie, pourquoi ne pas être venus les voir plus tôt ! Avec les nouveaux traitement tout va être remis dans l'ordre… " c'est le plus grand hopital parisien qui s'exprime, on est rassuré, le cauchemard va s'arreter. Mais si les choses se sont apaisées quelques temps, après trois hospitalisations (la dernière fut très violente et longue…) et trois ans de chomage (c'était un ingénieur très expérimenté, la quarantaine) il retrouve un emploi en dessous de ses possibilité mais semble stabilisé. Et comme quelqu'un qui a reçu déjà beaucoup de coups nous osions à peine croire que la tempête était terminée.

En fait la bête couvait, lui savait et moi je n'ai rien vu venir d'autant plus que dès que je m'inquiétais et téléphonais à son médecin il me rassurait, ne voyais rien d'alarmant, ne me prévenais pas des dangers potentiels (il fallait avant tout protèger son malade, même de la famille qui, on ne sais jamais pourrait être très nuisible car les psy vous font croire qu'ils ont progressé mais nous avons payé le prix d'une vie, leur incompétence ! ).

Soudainement la situation s'est agravé, mon mari a manifesté le désir de nous quitter, nos deux enfants et moi, il disait que nous ne nous comprenions plus). J'étais totalement désarmée et fatiguée de huit ans de combat acharné pour le défendre contre tous ses démons : phases maniaques, dépenses, alcool, prise de décisions inconsidérées, phases dépressives, prostrations, allucinations puis sa tristesse de ne pas être perçu professionnellement à sa juste valeur dans ce dernier emploi… Après quelques rebondissement, j'ai fini par le laisser partir, il m'accusait de ne pas aller assez vite consulter un avocat et me positionna tout à coup comme son ennemie. Plus de dialogue possible, il ne voulait plus s'adresser à moi que par avocats interposés, invitait très peu les enfants, avait réussi à se faire réembauché dans son premier emploi après une rupture de 6 ans.Il cherchait aussi, parait-il, désespérément une autre femme mais aux yeux de tous semblait aller très bien. Sauf que j'appris par la suite qu'il était allé de lui même consulter plusieurs fois les services d'urgence psy en deux ans, fait des dettes énormes, était devenu réellement alcoolique et sur le point de se faire à nouveau licencier.Le divorce n'était pas encore prononcé mais je ne savais rien, souffrais terriblement de notre séparation, espérais qu'il reviendrait… La situation s'est brutalement agravée en 4 mois, grave dépression qui laissait son nouvel entourage désarmé ne sachant rien de son passé et ignorant que je puisse l'aider. Il alla, très mal, consulter seul en urgence, son médecin (une femme qui ne le suivait que depuis un an mais toujours dans le même service hospitalier de ce grand hopital parisien -qui savait tout ! - et je le découvris plus tard, n'avait pas lu son dossier). Elle le laissa repartir, prescrit le traîtement qu'il avait sans doute abandonné depuis longtemps sous les conseils avisés de ses amis et de sa famille qui refusaient de le savoir malade. Mais bien qu'elle le trouva au plus mal, lui conseilla seulement une hospitalisation pour la semaine suivante. Il acheta ses médicaments, pris le train pour rentrer, descendit non pas à son domicile, mais là où les enfants et moi habitions, se coucha sur les voies…

Il était 18h, j'étais à la maison, j'ai entendu les ambulances traverser notre bourgande, un de ses amies, que je ne connaissais pas me téléphona à 22h pour m'apprendre la nouvelle… La famille déclara que nous étions divorcé, organisa l'enterrement chez eux. Moi je mis 5 mois à me battre contre l'administration pour prouver que nous n'étions pas divorcés, je dus rembouser des dettes pendant plus d'un an, récupèrer ses affaires et rencontrer ses drôles d'amis parfois navrés, parfois pas très honnêtes.Son médecin, que mon fils voulait rencontrer pour essayer ce comprendre (il avait 21 ans) , s'est montrée méfiante, incompétente, puis assez aggressive au point de s'adresser à lui en disant qu'il y avait de fortes probabilités qu'il lui arrive la même chose et qu'il devait dès maintenant banir tout exitant, toute drogue… Nous sommes rentrés abasourdis, épuisés, nous avions supporté des années de cauchemard, nous aimions plus que tout cet homme qui ne nous avait rien rendu si ce n'est les soupçons et accusations de son entourage. Quand j'ai demandé qui allait nous aider maintenant à tenir psychologiquement, rien n'était prévu dans ce grand hopital tellement à la pointe de tout ! Celui où même les princesses vont y mourir !

C'était il y a cinq ans, aucun ancien ami de notre couple ne s'est inquiété de notre sort et quelques très rares proches ont essayé de nous aider.Les gendarmes à qui j'étais allée demander quelques explications se sont montrés d'une maladresse effrayante au point que je n'ai plus osé les rencontrer alors que de nombreuses zones d'ombres subsistaient (quelques mots griffonés sur un carnet, montré par eux lors de la première entrevue et qui ensuite avait disparu, autres objets disparus, portable non consulté, rôle très trouble de certaines personnes de son entourage…).

Je vendis tout et quittai la région un an plus tard avec l'accord de mes enfants tellement tout ce qui nous entourait devenait insupportablement chargé de souvenirs.

Il ne parlait jamais de suicide bien qu'il ait semblé souffrir parfois terriblement de cette maladie et en expliquait au début très bien les symptomes.

Nous vivons avec cette douleur sourde et secrète dont nous parlons peu entre nous, avec la peur secrète de revivre un jour ce scénario dont mes enfants pourraient être les victimes, avec chacun notre dose de culpabilité jamais exprimée.Il a fallu rétablir ce père et ce mari dans ce qu'il fut pendant les jours heureux que nous avons souvent tendance à oublier. Et nous n'arrivons pas à renouer avec les psys dont le savoir si alléatoire trompe depuis plus d'un siècle et détruit en toute impunité de si nombreuses familles affaiblies et vulnérables.

Les symptomes de cette psychose sont très connus et caractérisés : hyperactivité, hypersexualité, alcoolisme, dettes, parfois violence et consommation de drogues diverses.

Le taux de suicide est hallucinant. Et ceci on ne le dit pas aux familles, à eux de connaître la vérité APRES.
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47939
b
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