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Vidée, mais pas de larmes...

Témoignage d'internaute trouvé sur psychologies
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Bonjour, Me voici à mon tour décidée à poster un bout de mon histoire. Par ce post je voudrais aussi et avant toute chose apporter toute mon affection à ceux qui traversent aussi un deuil, quel qu'il soit, et quelque soit la date où cela est arrivé. Le chemin est long, mais une des meilleures choses que nous ayons à faire, c'est d'essayer d'être heureux pour ceux qui sont partis… En tout cas cela m'aide beaucoup. Chaque expérience est unique, chaque réaction à ne pas juger, laissons le temps au temps… Mon père est mort il y a 15 jours, le 1er juin. Vivant seul chez lui en Bretagne (moi en Isère) , il a fait un malaise suite auquel il est resté à terre pendant 3 jours… un voisin s'est inquiété… pompiers… déshydratation… J'ai eu l'infirmière à l'hôpital service réanimation le dimanche midi, ses jours ne semblaient pas en danger ; Elle ne me le passe pas au tel, il serait trop confus ; Le dimanche soir, mon frère me rappelle, mon père est sous assistance respiratoire, les médecins ne savant pas si ça va évoluer et comment. Lundi matin, je suis réveillée à 8h par mon frère au tel, qui m'annonce que mon père est mort à 6h50 d'une crise cardiaque. Le choc, les pleurs, très lointains. J'avais perdu ma mère en 2000, d'un suicide. Et puis tout s'enchaîne, train une heure plus tard, j'arrive le soir à St malo avec ma tante, j'y rejoins ma petite soeur (de mon père et ma belle mère) de 14 ans, mon frère, ma belle mère. La suite vous avez dû connaître, démarches diverses… enterrement. Très belle cérémonie, qui lui ressemblait vraiment. Un maître de cérémonie nous a même remerciés pour avoir osé rire (mon père était un farceur) aussi. Pendant la cérémonie et avant, je pleure à de courts moments, surtout quand les gens autour s'effondrent. Moi ? Je me sens vide, je ne comprends pas. Je réalise que je n'ai plus de parents, mais j'ai beau voir tout ça, rien ne se passe, je suis là sans être là. Retour chez moi le samedi soir. J'essaie d'aller bosser lundi et mardi, mais impossible, je n'entends pas ce qu'on me dit, je zappe les infos, je suis épuisée et dors debout. Je travaille auprès d'enfants autistes… ils ressentent fortement les choses. Mes collègues me conseillent de m'arrêter. Voilà 6 jours que je suis la maison. Je continue à vivre, je vois des gens, je marche. Comme si parfois ce n'était pas arrivé. Je sais que c'est normal, je sais que c'est un choc. Mais j'aimerais arriver à m'écrouler pour mieux me relever ensuite, j'ai peur que ça arrive plus tard, quand je m'y attendrai le moins… Et puis, très honnêtement, j'adorais mon père autant que je le détestais. C'était un manipulateur narcissique, j'ai souffert longtemps de son comportement. Mais dernièrement j'avais heureusement réussi à parler à mon père, à lui dire ce que je ressentais. Il a été très à l'écoute, a dit qu'il allait essayer de changer. Mais il avait repris la boisson, a-t-il jamais arrêté… ? Sa femme l'a quitté au printemps 2008, depuis il vivotait, mais il était déjà seul dans sa tête quand ils vivaient ensemble, pour des raisons qui sont les siennes et tiennent à son histoire. Comment aider quelqu'un qui ne veut plus ? Le médecin qui l'a reçu a dit qu'il faisait physiquement 70-80 ans… il en avait 61. La boisson, la clope, la solitude, tout ça l'a trop atteint. Alors oui, il ne s'est pas suicidé ce jour là, on peut le voir comme on veut. Mais c'était un suicide à petit feu depuis longtemps, je n'ai pas voulu voir ou croire ce qu'il disait quand il disait qu'il n'en pouvait plus… Je me suis protégée ces dernières années, il le fallait pour que je sois heureuse. Je ne le regrette pas, c'est juste que j'ai du mal à accepter que j'aie eu deux parents qui étaient dans l'autodestruction… alors que moi, malgré une histoire très lourde, j'ai cette étincelle de vie en moi… Il était aussi quelqu'un de fabuleux, un rockeur dans l'âme, ma passion pour la musique vient de lui, celle pour la cuisine aussi, son horreur du racisme et de l'homophobie m'ont ouverte vers un monde plus tolérant. Il aimait rire et faire rire, construisait des objets loufoques en pâte à modeler ou autre matériau, il nous aimait sincèrement, même si maladroit pour le montrer. C'était un hypersensible. Je suis vide au fond, très triste. Et par moments je suis mieux, et je ne m'en veux pas. A la mort de ma mère je me suis interdite inconsciemment d'être heureuse, je n'avais pas le droit puisqu'elle n'était plus là, puisqu'elle n'avait pas réussi à l'être. Et puis un jour je me suis dit que le plus beau cadeau que je pouvais lui faire était de réussir ma vie. Et je crois que j'y parviens doucement. La mort de mon père est encore une épreuve, une étape. Mais je sais que j'arriverai à avoir une vie plus calme, je le souhaite de tout mon coeur, comme je vous le souhaite à tous. Désolée pour la longueur, comme il est apaisant d'avoir cet exutoire de l'écrit ! A bientôt, Musyne.
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273421
b
Moi aussi !
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