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Anorexique, j'en veux à mon corps

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Et je vais tenter de répondre à certains points (désolée si c'est des réponses en vrac).

Anorexique, je n'ai pas VOULU faire de mon corps un ennemi, ce sont les autres, qui, apeurés, l'ont (sans l'avoir voulu non plus) transformé en ennemi, au lieu de juste m'apprendre à le regarder comme un allié qu'il convient de ne pas oublier (puisque mon âme ne peut communiquer avec le monde sans) , comme un complément nécessaire. Un peu comme je devrais entretenir une voiture si je voulais en tirer profit (mais il n'aurait pas fallu qu'on oublie qu'il y avait quelqu'un dedans, et que ce n'était pas juste de la carrosserie extérieure qu'il fallait s'occuper ! ).

Quand j'étais ano, ce n'est pas vraiment (cela va peut-être choquer) que j'étais conflit avec mon corps, c'est juste que je l'avais OUBLIÉ. Je pensais sûrement qu'il suivait forcément mon esprit, et n'avait pas besoin de contrôle !!!

Ceci dit, j'admets que j'avais sûrement un problème de fond avec, puisque je n'aimais pas me regarder dans une glace pour me pomponner comme le faisaient les autres filles de mon âge (ou plus vieilles, ou même plus jeunes). (enfin j'étais propre et nette, quand même, c'est juste l'esthétique que je ne mettais pas en valeur).

MAIS NE PAS LE CHOUCHOUTER NE SIGNIFIE PAS L'ATTAQUER (il n'y a pas d'intention améliorative, ok, mais pas d'intention agressive pour autant).

Le conflit avec mon corps, il a commencé quand ce corps est devenu prison, c'est-à-dire quand on m'a internée et coupée du monde à cause de lui. Alors que je pensais que j'étais bien avec les autres, on m'a écartée de la vie. Motif invoqué : mon corps (trop maigre à l'époque). Et quand je dis écartée de la vie, il ne s'agit pas seulement de m'avoir envoyée à l'hosto, mais aussi (surtout) de m'avoir interdit même écrire à des amies de mon choix (j'accepte qu'on dise qu'une coupure avec la famille est nécessaire, c'est peut-être vrai dans certains cas, mais pas une coupure avec l'intégralité de l'humanité, et surtout nos amis et nos meilleurs confidents ! ).

Au début, j'ai pensé que ma maigreur était surtout un faux prétexte. Que c'est parce que je devais être… et ennuyeuse, ou que j'avais mal fait quelque chose, et que c'était là l'unique raison. Car si c'était le corps seul qui était en cause, on aurait soigné le corps dans une atmosphère chaleureuse, humaine (et non stérile de toute humanité).

Soi-disant la solitude permet de se retrouver. Mais moi, désolée, mais elle m'a perdue. On m'a réduit à un corps, on n'a pas voulu écouter mon Moi, donc je me suis perdue de vue. Je voyais bien mon Moi asocial (celui du Moi scolaire plongé dans des livres, isolé à la maison pour réviser le bac par exemple) , mais mon Moi sociable (celui qui s'amuse avec des amis) , il était relégué aux oubliettes, parce que personne n'en voulait plus.

L'isolement m'a transformée, et pas dans le bon sens, et c'est pour ça que je suis si mal aujourd'hui et que j'en veux à ce corps qui m'a fait du mal mentalement. C'est un peu comme si je me vengeais (à défaut de pouvoir me venger sur les médecins qui ont préconiser cette forme de thérapie).

C'est vrai que je suis en colère. C'est vrai que j'ai de l'agressivité envers les médecins. Enfin pas contre eux personnellement, mais contre le système qui leur a appris à traiter les anorexiques comme ça et auquel ils se réfèrent aveuglément. Ils sont dénués de jugeote, ils ne savent que recracher les méthodes qu'ils ont appris, ce n'est pas vraiment de leur faute si leurs études les ont abrutis et qu'ils sont incapables de faire preuve d'esprit critique face à ce qui demeure un mal mystérieux pour tout le monde.

Tout le monde a peur de l'inconnu, je crois que c'est très humain.

Les hommes ont aussi mis du temps à comprendre que les Indiens d'Amérique étaient aussi des êtres humains, au même titre qu'eux. J'espère qu'ils comprendront que les anorexiques en sont aussi, et que l'humanité n'est pas une question de poids plus qu'elle n'est une question de couleurs ou d'habillement.

Sinon, je veux bien qu'on dise que les gens étaient inquiets pour moi. Mais quand on est inquiet pour quelqu'un, on lui parle, et d'autre chose que de son poids et de son taux de transaminases…
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25169
b
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