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Laura, j'espère que tu continues à intégrer le pain dans tes repas…

Témoignage d'internaute trouvé sur sante-az.aufeminin - 07/10/11 | Mis en ligne le 13/07/12
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Salut les filles ! Je voulais juste savoir si vous alliez un peu mieux depuis l'autre jour ou si cela avait empiré. Laura, j'espère que tu continues à intégrer le pain dans tes repas… En tout cas, je pense que c'est une bonne chose que vous ayez conscience d'être dans l'anorexie. Vous savez, tant qu'on nie avoir cette maladie, on n'a pratiquement pas de chances de s'en sortir. Mais à partir du moment où on accepte d'appeler un chat un chat et qu'on admet être anorexique, on met les chances de son côté en vue d'une guérison. Moi au début (et cela doit être le cas de toutes les anorexiques) , j'ai eu du mal à admettre que j'avais un pied (et même les 2) dans cette maladie : comme je vous l'ai dit, je n'aimais pas du tout le mot "anorexie", pour moi c'était une tare ; au contraire, je pensais être différente des anorexiques, faire au contraire un régime par choix (donc tout maîtriser) et pouvoir tout arrêter dès que je le voudrais (en claquant des doigts certainemant… ). J'ai fini par reconnaître que j'étais anorexique au bout de quelque temps, même si ça me dérangeait de l'entendre dire autour de moi, ou plutôt de deviner ce qui pouvait être dit sur moi. Encore maintenant, quand je tombe par hasard sur un programme de santé qui parle de l'anorexie ou un téléfilm qui traite de ce problème (un épisode de "Famille d'accueil" par exemple…) , je me sens mal à l'aise si à ce moment-là ma famille est en train de regarder la télévision aussi : en effet, non seulement je sais que cela réveille en mes parents des souvenirs très douloureux, mais en plus je m'identifie forcément à la fille malade dans le film ou le reportage, en me reconnaissant en elle ; or, comme je vous l'ai dit, le thème de l'anorexie est devenu une sorte de tabou entre nous et cela me dérange que mes parents voient toutes ces images, je le vis comme une sorte de violation de mon jardin secret (ça vous semble sans doute bizarre, comme impression) puisque c'est à moi qu'ils pensent à ce moment-là (notamment, en me comparant à la fille qu'ils voient). C'est très gênant comme situation. C'est curieux, après autant de temps ! Une fois qu'on reconnaît être malade, je pense que la clé de la guérison se trouve dans la compréhension de ses propres problèmes. En effet, ça ne sert à rien d'essayer de convaincre une anorexique de manger : on risquerait de la dégoûter encore plus de la nourriture… Plutôt que de la forcer, il faut au contraire agir sur les causes. L'anorexie traduit en effet un mal-être. Les médecins disent que c'est la relation avec la mère qui est en cause mais, comme je l'ai dit, je n'aime pas rejeter la responsabilité sur ma mère. Ce qui est sûr, c'est que l'anorexie traduit une souffrance extrême, un manque de confiance en soi, c'est un refus d'accepter son propre corps et, notamment, sa féminité. Ce n'est pas pour rien que les adolescentes sont les premières touchées : le corps change et se féminise. Vous, est-ce que vous acceptez votre féminité ? Etre anorexique, à mon avis, revient à vouloir revenir en enfance, pour la prolonger. C'est peut-être là que la relation avec la mère intervient : si elle est hyper-protectrice, la fille a peut-être peur d'aller vers l'inconnu ; or, devenir femme, c'est en quelque sorte grandir, quitter les parents pour faire sa propre vie dans quelques années : on sort du cocon familial. Précisément, quand on est anorexique, en maigrissant on retrouve un corps d'enfant, sans formes… C'est le refue de quitter l'enfance. Personnellement, j'éprouvais de la mélancolie à l'égard de mes années d'enfance, passées trop rapidement à mon goût. Pour découvrir les causes de votre anorexie, je vous conseille d'aller voir un psychiatre (plutôt qu'un psychologue car, en tant que médecin, il pourra vous prescrire des anti-dépresseurs). Dites-vous qu'il n'est pas là pour vous juger et qu'il vous aidera à vous en sortir. Ma mère m'a amenée voir le psy pendant un an ou deux, à la fin. Mais ne faites pas comme moi, qui ne lui disais pas la vérité. Cela me gênait tellement qu'il me voie anorexique et veuille connaître ma vie que je lui mentais (je me disais qu'il n'avait pas à connaître ma vie). Il faut croire que j'étais bonne comédienne, puisqu'il en a tiré la conclusion que j'étais une "fausse anorexique". Tout ça parce que je prétendais ne pas être être obsédée par mon poids : je lui disais que j'avais commencé à ne plus manger parce que j'avais trop de travail (bac à préparer…) et que finalement je me complaisais dans ma maigreur et ne ressentais pas le besoin de grossir (= pas de culte de la minceur mais simple complaisance dans un état de minceur ! ). Gros mensonge, car j'étais obsédée par mon poids, la minceur et les calories ! Il gobait mes mensonges et Ne faites pas comme moi, dites-lui la vérité. Les psys vous aideront, d'auatnt qu'il tiennent à vous voir seules et ne répètent pas vos paroles à vos parents (secret professionnel). Moi il m'a aidée malgré mes mensonges, ne serait-ce parce qu'il m'a aidée à combattre mon manque de confiance en moi. En plus, entre deux rendez-vous, il fallait prendre un peu de poids (même infime) ou du moins, ne pas en perdre, car sinon le psy allait demander ce qui n'était pas bien allé pendant cette période. Vraiment, cela fait du bien de voir un psy. Fafa, tu m'as demandé comment on s'en sort. En fait, il n'y a pas de recette miracle. Chaque cas est différent ; et l'essentiel, c'est de découvrir les causes de la maladie et d'avoir un déclic. Ce déclic, le psy peut te le donner en te mettant face à tes véritables problèmes. Moi je ne disais pas la vérité au psy mais en quelque sorte je "m'auto-psychanalysais" : depuis que j'ai réfléchi aux causes de ma maladie, j'ai compris où était le problème. J'ai compris par moi-même qu'au fond de moi, j'étais jalouse du corps de ma soeur qui, avec 3 ans de moins, était celui d'une enfant. D'où mon refus de la féminité. En creusant un peu plus, j'ai réalisé que j'avais touours été secrètement jalouse de ma soeur. Par exemple, à l'école primaire, ma soeur était toujours première de la classe, alors que moi, j'étais alors bonne élève mais me situais dans les 4 premiers (pas forcément première). Par conséquent, dès le collège, j'ai étudié à outrance pour avoir les meilleurs résultats de la classe dans toutes les matières, comme si je voulais égaler ma soeur qui était encore en primaire. J'ai conscience que si j'étais brillante au collège et au lycée en me consacrant aux études sans relâche, c'est grâce ou à cause de ma soeur… De même, je la trouvais plus jolie que moi. Or, elle avait un corps de fillette et était très mince. Par conséquent, j'ai voulu la battre en minceur, en reniant en même temps mon corps de femme (qu'elle n'avait pas). Cela m'a beaucoup aidée de découvrir par moi-même les causes de la maladie. Si vous n'y arrivez pas vous-mêmes, le psy vous aidera à le découvrir. Ne pensez pas que dès que j'ai découvert la source de mes problèmes j'ai repris du poids. Il a fallu un déclic, et ce déclic a été la peur de détruire ma famille. Pour simplifier à l'extrême, j'ai vu la réelle souffrance de toute ma famille et j'ai eu peur que mes parents ne se suicident par exemple ou ne tombent dans la dépression. Je leur faisais vraiment du mal et je les voyais déprimer de jour en jour. Ma peur de détruire ma famille a trimphé de ma vénération pour la maigreur… En plus, je savais que si je dépassais le suil des 40 kg, on allait m'envoyer dans un centre et alors j'allais gâcher ma vie… J'ai repris du poids, progressivement, et ma famille a été là pour moi, en m'encourageant et en acceptant de manger avec moi des petits "extras" (un bout de chocolat en milieu d'après-midi…) notamment. Vous ne pouvez pas vous en sortir seules. Allez voir un psy et laissez-vous aider par vos familles, qui vous aiment et souffrent énormément. Battez-vous avant qu'il ne soit trop tard ! Surtout, au lieu de se focaliser sur la nourriture en elle-même, il faut que vous découvriez les facteurs de la maladie. Voilà ce que j'avais à vous dire. Courage !
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274937
b
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