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Témoignage d'une anorexique guérie...

Témoignage d'internaute trouvé sur sante-az.aufeminin - 07/10/11 | Mis en ligne le 15/04/12
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Bonjour à toutes et à tous, J'imagine ne pas être la 1ère à témoigner mais chacun s'en sort à sa manière et je sais que les témoignages des autres m'ont aidée dans ma guérison et m'ont donné du courage et de l'espoir. J'ai commencé mon anorexie vers 16-17 ans, à l'époque j'étais normale, nous avons des gros os dans la famille donc je ne suis pas fine de nature mais j'étais tout à fait normale. Je vivais en Thaïlande à l'époque, c'était ma dernière année de terminale, bref, beaucoup de chamboulements dans ma vie, le bac qui approchait, l'idée du départ, me réacclimater à l'Europe, quitter mes amis. J'étais donc assez fragile émotionnellement et complexée par la taille mannequin des Thaïlandaises et des remarques de mes amis et surtout de ma mère qui ne supporte pas les gens en surpoids. J'ai donc commencé un régime, je me suis dit que je me sentirais mieux dans ma peau et que les gens arrêteraient de me faire des remarques. J'ai regardé les sites internet pour me donner des coups de pouces pour mon régime, très vite j'ai tout éliminé : la graisse, les sucres, l'alcool, sans faire la part des choses. A côté de ça, 1h de natation tous les jours, boulot à fond, je me reprochais à chaque fois le temps que je passais inactive, j'aurai fait n'importe quoi pour bouger 24/24h pour éliminer ces traîtres calories. Ça marchait, je perdais 1, 2, 3,4… Kg, mais je n'étais jamais assez fine. Je suis donc entrée dans cette machine infernale qu'est l'anorexie. J'ai commencé le régime en mai, j'étais alors à 58 kg pour 1m63, mi-juillet, je ne pesais plus que 49 kg. Je me trouvais énorme. Je ne mangeais plus rien : une biscotte, une figue sèche et un kiwi au petit_déjeuner, une salde verte au vinaigre et un fruit à midi et pareil le soir. Je jetais ou cachais ma nourriture dès que l'occasion se présentait, prétextais des activités pour ne pas aller au restaurant tout en essayant d'être la mailleure partout que ça soit au boulot, en sport ou avec mes amis. Avec la perte de l'appétit s'est peu à peu instaurée une perte de la joie de vivre, moi qui étais gourmande d'habitude, le genre de fille à commander un dessert même si le repas avait été copieux, très gaie, j'avais beaucoup d'amis, je croquais la vie à pleine dents ; je suis devenue un fantôme, rire était devenu un effort, mes amis me voyaient changer sans rien pouvoir faire, mes parents ont mis du temps à réagir, je n'avais qu'un but ultime que mon cerveau soit toujours plus fort, toujours de meilleurs résultats, plus de volonté, plus de courage et moins de calories. Mes règles se sont arrêtées… En août je suis rentrée en France, je pesais 46 kg, je perdais tous mes muscles car je ne mangeais plus de protéines du tout. Moralement, j'étais anéantie, triste, le regard vide, des pensées suicidaires… J'ai entamé une 1ère année de médecine en septembre, parfait pour me surpasser mentalement. Je me suis mise à bosser de manière acharnée tout en continuant à me sous-alimenter. Je me levais à 6h du matin et me couchais à 2h du matin, j'enchaînais les cafés, descendais 2km avant mon arrêt de bus pour faire du sport et ne savais jamais faire une pause. Ma mère très inquiète à commencer à me menacer de m'interner à l'hôpital. Ses menaces ne m'impressionaient pas du tout, elle appelait tous les jours ma soeur médecin, ne dormait plus à me voir me tuer lentement, mais peu m'importais que mon entourage souffre, je me trouvais toujours énorme. Je devais désormais mettre des ceintures à tous mes vêtements, j'étais devenue un tas d'os, filiforme, aforme, les joues creuses, les os saillants, une branche sèche qui aurait pû se casser au premier coup de vent. J'ai eu froid tout l'hiver avec mes 41 kg. Me peser était devenu mon obsession, dès que je gagnais 100 g, j'en étais malade. L'anorexie était devenue ma drogue, mon délire, ma paranoïa, cette petite voix qui me disait MAIGRIS MAIGRIS me hantait nuits et jours. Ma mère a instauré des pesées quotidiennes, elle voulait surveiller mon poids, me voir regrossir, alors je me mettais à tricher, je cachais sous mes vêtements amples multiples objets qui tromperaient mon poids réel et ma mère. Je n'ai pris aucun jour de congé à Noël ni au Nouvel An, n'ai pas touché aux mets pourtant si alléchants des festivités et ai présenté les concours en janvier. Je perdais mes cheveux par poignées, avait des douleurs osseuses et des escarres tellement je restais assise à bosser sur mes os dépourvus de graisse. Je flottais dans le 36… En février je ne pesais plus que 38, 5kg. Je n'ai pas été classée au concours, ce qui a été une tragédie pour moi. S'est ensuivie une 2 ème tragédie qui n'en est pas une réellement mais tragédie dans ma vision d'anorexique. Ma mère m'a un jour demandé de me peser à l'improviste, je n'ai pas eu le temps de tricher avec mon poids. Et là ça a été le choc pour elle, 38, 5kg, je devais aller à l'hopital, je ne tenais presque plus debout, mon corps ne suivait plus ma tête. Elle a explosé en pleurs, a appelé tous ses amis, sa famille en versant des torrents de larme, elle s'est effondrée dans les bras de mon père, je crois que ça a été le délic pour moi. Je lui ai dit que je voulais guérir, que je voulais m'en sortir car je n'avais plus d'amis, plus aucun goût de vivre, bref, la mort était plus souhaitable que cet état de dépérissement avancé. Mon 2 ème quadrimestre a été consacré à ça. Ma mère voulait que je consulte un psychiatre mais je voulais à tout prix m'en sortir seule, ne pas faire subir une psychothérapie à ma famille entière. Alors progressivement, je suis passée d'un régime à 200-300 KCal à un régime à 1200KCAL (ce qui est un pas énorme pour une anorexique). J'ai peu à peu réintroduis les lipides, les protides et les sucres dans mon alimentation. Je me suis reposée, j'ai récupéré mon sommeil, j'ai essayé de me faire plaisir, ne pas me dire que parce que j'avais mangé un carré de chocolat je devais aller faire 3h de jogging après. Ça a été très dur, il y a des jours où je lachais complètement où j'allais me faire vomir, oùje reprenais tous mes vieux réflexes. Mais j'ai tenu le coup, je savais qu'au fond de moi-même je ne voulais plus mettre mes parents dans un tel état et surtout que je voulais vivre, sortir, avoir des amis, faire la fête comme tous les autres jeunes de mon âge. Le plus dur est de se voir grossir dans le miroir en sâchant qu'on ne peut pas se faire vomir après. Mais à force de remanger des aliments-plaisir, je me suis mieux acceptée dans mon corps, mes nouvelles rondeurs me plaisaient, la joie de vivre est revenue avec l'appétit, ça forme un tout. En juin je pesais 49kg, en août 53kg et j'ai récupéré mes règles. Maintenant je sais que je suis complètement guérie, je pèse 67 kg, je suis ronde, je suis loin d'avoir une silhouette de mannequin mais pour rien au monde je ne changerai mon poids, j'attire de nouveaux les garçons, je suis bien dans ma tête, bien dans mon corps, je m'accepte avec mes formes, mes défauts, mes rondeurs, mais je suis redevenue cette fille gourmande, pleine de vie, d'amis, d'espoir. J'ai beaucoup de chance de m'en être sortie seule, d'avoir réussi à affronter cette petite voix intérieure qui te pousse à maigrir. Le chemin est long et dur, la guérison est lente, il est tout à fait normal d'avoir des moments de rechute pendant cette période de guérison mais l'effort vaut le coup, la vie est trop précieuse pour être gachée par une simple question de poids. Il faut en parler, il faut se confier aux autres et chercher le plus d'aide et de soutien possible, ce chemin ne peut pas être parcouru sans l'aide de son entourage. Je souhaitre bon courage à toutes les anorexiques qui veulent s'en sortir, ne baissez pas les bras, cette maladie peut être vaincue. Il est très facile de tomber dans l'anorexie mais extrêmement dur de s'en sortir, alors j'espère que mon témoignage dissuadera toutes celles qui empruntent cette voie. Cette maladie est un fléau, elle entraîne des états dépressifs importants, interfère dans les études, les relations sociales, entraîne des carences importantes… Je tiens à dire aux parents qu'ils sont un élément majeur dans la voie de la guérison, l'anorexique tient très à coeur leurs commentaires. Je me souviens que dès que ma mère me faisait des commentaires désobligenats sur ma prise de poids trop lente à son goût pendant ma guérison, je n'avais plus qu'une envie : me réenfermer sur moi-même et reprendre le chemin de l'anorexie. Il faut être encourageant vis-à-vis de l'anorexique, ne pas espérer que du jour au lendemain elle passe d'une pomme comme repas à une fondue bourguignonne. Il faut la féliciter sur tous ses efforts et la conseiller avec subtilité et non pas de manière agressive. J'ai dit cela à mes parents lors de ma rémission, ça m'a vraiment aidée à guérir qu'ils soient positifs avec moi et non pas qu'ils me gavent comme une oie. Je sais que ça a été très dur pour mes parents et que nos relations en ont pâti pendant un moment mais je pense qu'il est nécessaire d'avoir des dialogues sur la cause de la maladie, car elle est souvent dûe aux parents. Je suis ouverte à tous ceux qui ont des questions sur ma guérison, des peurs, des commentaires… j'espère aider des lectrices grâce à mon témoignage comme tant d'autres m'ont aidées auparavant.
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241607
b
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