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Vers une anorexie?

Témoignage d'internaute trouvé sur sante-az.aufeminin - 07/10/11 | Mis en ligne le 13/04/12
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Salut ! Ton message me touche, Laura. Si tu t'arrêtes pas maintenant, tu vas droit vers l'anorexie. Ton histoire me rappelle la mienne et malheureusement moi j'ai connu le calvaire. En effet, cela a commencé quand j'avais 16 ans. J'avais toujours été mince (1m64 pour 48 kg) mais certaines remarques m'ont incitée à faire un régime, des remarques pourtant anodines (par exemple, un jour que j'étais en maillot de bain, ma tante m'a dit que je commençais à prendre des hanches, tout ça parce que j'étais en pleine adolescence, je comprends aujourd'hui que c'est normal ! ). Avec tout ça, ma soeur qui a 3 ans de moins que mois restait avec un corps de jeune fille (elle commençait à peine la puberté) , ce qui me rendait un peu jalouse. Bref, un jour d'été, à 16 ans, j'ai ressenti le besoin de me purifier : je ne me sentais pas spécialement grosse (curieusement, avec 48 kg je me croyais rondelette) mais j'en ai eu marre de tout ce gras qui était susceptible de couler dans mes veines si je continuais (alors que j'avais des repas équilibrés ! ) , je me suis aussi dit qu'il ne fallait pas que je me laisse aller (en faisant la paresseuse, en mangeant…). En gros, je me suis dit qu'il fallait que je reprenne les choses en main pour me purifier, assainir mon corps : je devais me lever très tôt le matin, ne rien manger par gourmandise, me coucher tôt, aider ma mère dans ses tâches ménagères… C'est ce que j'ai fait. Et j'ai perdu en 1 mois 2 kg : 46 kg pour 1m65, c'est pas beaucoup ! Eh bien cela ne me suffisait pas. C'est devenu un cercle vicieux : plus je perdais des kilos, plus mon envie d'en perdre grandissait. Or, je faisais du sport 2 fois par semaine depuis mon plus jeune âge (ce qui m'autorisait à manger quelque chose avant d'y aller). Au début, mes performances se sont accrues : j'étais en effet plus agile. Mais petit à petit, j'ai perdu de l'enduance et mes performances se sont au contraire effondrées. J'ai dû arrêter le sport quelques mois plus tard : en effet, tu perds en premier tes muscles et non la graisse quand tu es au régime, et en plus tu perds ton énergie. Et non satisfaite des kilos perdus, avant chaque repas je montais les ascaliers, faisais un peu de gymnastique dans les toilettes ou nageais l'été à outrance. Comme ça, je brûlais des calories. Je me pesais 10 fois par jour et je ne mangeais pratiquement que des légumes et des fruits (et parfois du poisson). Je dépérissais, en quelque sorte. Souvent, je partais me coucher sans rien dans l'estomac, en prétextant à mes parents une douleur ou un mal de tête. Le pire, c'est que je pensais à la nourriture à longueur de journée et de nuit : avant chaque repas, penser à ce qu'on allait manger me faisait saliver mais, une fois à table, je refusais de beaucoup m'alimenter. La nuit, je pensais à ce que je mangerais le lendemain. Mais finalement, je crois qu'on prends plaisir à rester le ventre vide toute une journée : personnellement, j'en suis arrivée à un stade où ne rien manger me permettait de me sentir très bien. Mes parents s'inquiétaient beaucoup pour moi, les pauvres, et moi je leur promettais chaque fois que j'allais grossir : le repas d'après, je mangeais mieix mais ensuite mes promesses s'envolaient. Je comptais sas arrêt les calories de tout ce que je mangeais. Le paradoxe c'est que c'est là que j'ai commencé à adorer cuisiner avec ma mère (pour ne presque rien manger ensuite). Ma mère se cassait la tête pour faire de bons petits plats, en s'arrangeant pour forcer la dose de graisses (contrairement à son habitude) et moi j'usais 1000 stratagèmes pour éviter de manger, pour mettre dicrètement une partie de l'assiette dans celles de ma famille ou pour cacher la nourriture que j'étais censée manger. Résultat : je suis arrivée à peser 41 kg et, en revanche, mes parents et ma soeur ont pris des kilos, eux, par ma faute. J'avais tellement peur que mes parents ou ma mère deviennent eux aussi anorexiques (en s'alignant sur ce que je mangeais moi-même) que je ne souhaitaient qu'une chose : qu'ils mangent, et je me régalais chaqe fois que je les voyais manger quelque chose un peu calorique. Moi, en revanche, j'avais peur de prendre un seul gramme (il fallait que je dépense toutes les calories ingurgitées). Mes parents étaient désespérés : ils avaient peur pour moi, en particulier pour mes études mais aussi pour ma vie (ils craignaient que je franchisse le seuil des 40 kilos) , Et ils pensaient que je passerais pas le bac puis mes examens à l'université. Curieusement, j'ai eu mon bac mention Très Bien, puis mes examens à l'université avec mention Très Bien aussi. Je ne sais même pas comment j'ai pu arriver à cet exploit, vu que je n'avais pas la tête aux études (à force d'être obsédée par la nourriture et les calories). Je suis arrivée à me sortir de mon anorexie au bout de 4 ans. Je me demande encore comment j'ai fait pour m'en sortir, mais c'est une autre histoire, et il y a très peu de gens qui remontent la pente. C'est terrible comme maladie : on ne se voit pas de la même manière que les autres, on est obsédé par la nourriture, on perd la joie de vivre, on inquiète nos proches et on ne fait plus rien. Alors Laura, pour répondre à ta question, à partir d'un simple régime on peut basculer dans l'anorexie. Arrête tout tant qu'il est encore temps. Tu parles de "terrain" pour sombrer dans l'anorexie, je ne sais pas s'il y a en a un : sans doute faut-il être un peu fragile ou ne pas se sentir bien dans sa peau ; mais personnellement, ce n'était pas mon cas. C'est sûr qu'en général les anorexiques n'aiment pas leur corps à la base (et c'était mon cas puisque je me trouvais un peu rondelette alors que je ne pesais que 48 kg et que c'était dû aux changements de l'adolescence ! ) , ce qui les incite à faire un petit régime. Il paraît que cela touche davantage les filles brillantes qui ont une très grande force de volonté (c'est pour cette raison qu'elles s'acharnent à vouloir maîtriser leur corps, afin de le dominer et d'obtenir ce qu'elles veulent : perdre le plus possible de kilos). Ce critère, je le retrouve chez moi, car j'ai toujours été première de ma classe, au collège et au lycée ; et mes proches m'ont souvent dit que j'avais une très grande force de volonté : j'ai toujours lutté pour ce que je voulais obtenir. Enfin, les psys disent que l'anorexie serait une conséquence des relations fille/mère. J'ai toujours eu de très bonnes relations avec ma mère mais c'est vrai qu'elle a toujours été une "mère-poule" et qu'elle a toujours fait attention aux graisses et ce qui était mauvais pour la santé. Je ne sais pas si cela a un lien ; en tout cas, j'adore ma mère et je ne veux pas la mettre en cause, Si tout a dérapé, je ne peux m'en prendre qu'à moi-même. J'ignore quel est ton profil et si tu remplis tous ces critères mais recommence à manger comme avant, tant qu'il est encore temps. Sinon, cela risque de déraper et tu seras amenée à arrêter le sport, à terme, tellement tu te sentiras faible. C'est dur, au début, de se dire qu'on est anorexique (pour moi, c'était comme une tare, or je voulais être une fille parfaite, sans tare). J'ai mis du temps à admettre que je l'étais : au départ, quand j'ai eu des doutes sur l'emprise qu'allait avoir mon obsession des kilos, je me suis dit que moi j'étais différente, que ne pas manger était un choix, simplement un petit régime, que dès que je le voudrais je pourrais arrêter de maigrir (quelle utopie…) , bref que j'étais plus forte que les anorexiques. J'ai fini par appeler un chat un chat et admettre que j'étais anorexique. Et quand je voyais le regard de compassion des gens qui me regardaient, j'avais honte. Désolée pour la longueur du message mais je tenais à t'avertir, Laura, des dangers de ton comportement. N'hésite pas à me poser d'autres questions.
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240884
b
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