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Fière de mon parcours

Témoignage d'internaute trouvé sur doctissimo 26 ans
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On me demande des fois… c'est quoi ton truk ? Comment tu fais ? Ma méthode, mon combat, ma quête d'équilibre : Nous sommes tous très différents, et ça, déjà c'est un énorme point qu'il faut prendre en compte. (Pas forcément facile à accepter d'ailleurs ! ). Nous avons des goûts culinaires divers, une relation dissemblable au sport, à la nourriture, une vie distincte… Nous sommes tous différent, c'est pour cela que j'ai décidé de prendre en compte toutes mes distinctions pour me battre contre cette maladie qui me poursuit depuis des années… Et peut être arriver à m'accepter telle que je suis, en essayant de découvrir aussi le meilleur de moi-même. Il n'y a pas une méthode miracle, mais il y a une longue recherche personnelle, très personnelle de son propre équilibre, de ses propres peurs, de sa propre relation avec la nourriture. Et de plus, nous avons tous une certaine morphologie, et un métabolisme propre. Apprendre et arriver à son équilibre, c'est aussi se redécouvrir, apprendre à se connaître. Et s'accepter. Voilà bien des mots faciles à écrire … Avant, il y a 8 mois, je n'avais aucun équilibre (que ce soit physique, ni mental vis-à-vis de la nourriture) , c'est-à-dire, je passais des fois plus de 20 heures devant un ordinateur, à manger que quand j'y pensais. J'allais m'acheter des sandwich &ndash ; steak frite mayo- à la sandwicherie d'a coté ou camembert, salamis, pain au lait, Yop à l'épicerie d'en bas. Je faisais rarement les courses, et mon alimentation était des plus anarchiques. Je ne mangeais pas des fois d'un jour, voire deux, je faisais nuit blanche sur nuit blanche (mon cycle de sommeil était chaotique) , puis le lendemain je mangeais 800 grammes de pâtes avec énormément de beurre, avec du salami et camembert. Etant au RMI, et n'ayant pas vraiment beaucoup d'argent, j'étais perpétuellement en frustration de ne pas avoir assez à manger. J'avais peur de ne pas avoir assez d'argent pour manger à ma faim, j'avais peur de tomber malade. (Et qui dit frustration, dit compulsion). Et dés que je remplissais mon frigo avec des produits un peu plus &lsquo ; sains', je ne pouvais m'empêcher de tout manger d'un coup, tellement j'étais heureuse d'avoir enfin ce que je voulais. J'étais victime de crises d'hyperphagie (compulsions alimentaires). Ces compulsions s'attaquaient à tout ce qu'il passait sous ma main. Le goût n'était pas le plus important, je me goinfrais, j'en mettais beaucoup dans la bouche, le plus possible, pour me remplir. Je n'éprouvais même pas de plaisir gustatif, et à la fin, j'étais persuadé que j'étais une merde, qu'une conne, capricieuse, incapable de faire quoi que ce soit de bien (ce que me répète mes parents depuis 26ans). Ces compulsions, sont le résultat d'un passé compliqué familial lié à la bouffe, et de mon adolescence où je suis passé par anorexie (très peu de temps) puis boulimie, pendant un moment même je me faisais vomir. Puis arrêter. Disons que j'ai pris conscience de ce poids en primaire, mais je n'ai rien fait, alors à la rentrée au collège j'ai commencé les régimes. Ma mère elle, faisait des cures, machin trucks pour maigrir, pendant que mon père à table, continuait de lui dire &lsquo ; arrêtes de bouffer t'es déjà pas assez grosse comme ça ? &lsquo ; Puis elle s'est mise à manger en cachette. … Si je devais faire un bilan lié a l'alimentation avec ma famille, ce serait pas très joli, joli. Du côté de ma mère, on l'obligeait à manger, jusqu'à des fois la faire vomir. Du côté de mon père, c'était une famille très nombreuse d'agriculteurs, qui pensaient &lsquo ; manger = richesse = santé'. Mes parents ont de sérieux problèmes relationnels avec la nourriture, et je doute qu'ils s'en rendent compte. Mes deux frères et moi-même avons du coup, reçu une éducation alimentaire complètement chaotique. On attachait mon frère aîné sur sa chaise pour qu'il finisse son assiette. Et aujourd'hui avec le recul, je vois ce que mes grands frères inculquent à leurs enfants niveau alimentation. ET je vois leur alimentation. Toutes ces répercutions me font réfléchir. D'autant plus que j'apprends à peine il y a 3 mois que mon grand père qui était devenu aveugle, n'étais pas devenu aveugle par la raison qu'on m'avait donné il y a des années, mais c'était simplement car il était diabétique ! Idem pour mon grand père maternel, où l'on m'avoue à peine maintenant, qu'il se cachait pour manger des sucreries ! Combien d'autres choses m'a ton caché ? Quels autres mensonges sur cette relation à la nourriture ? Maintenant je veux briser les maillons de cette chaîne infernale. J'ai vu tout un tas de diététicienne, nutritionniste, fait tout un tas de régimes hypocaloriques, hyperprotéinés, tous ont été un échec. Car, on m'imposait des choses, on n'écoutait pas mon désespoir. Et à 25 ans, je suis arrivé à peser 87 kgs pour 1m64. Alors qu'à 16ans j'oscillais entre 58 et 65 kilos, et je pensais à l'époque être énorme. Voilà encore un autre élément important. Le mental, la vision qu'on a de soit. Aujourd'hui je fais le même poids de mes 16 ans et j'hallucine. Comment ai-je pu me sentir aussi mal à cette époque en faisant ce poids là ? C'est fou. Bref … En janvier 2004, le 25 pour être très précise, j'ai eu un déclic, comme jamais je n'avais eu auparavant. Un véritable, ras le bol de toute cette merde, j'ai eu envie d'un équilibre, mental et physique. (Car dans ma tête cela devenait trop lourd à porter) Alors je me suis mise à faire plein de choses importantes. J'ai décidé de ne pas faire un régime, mais de ré apprendre a manger, et que ce serait a vie ! Essayer d'être saine au moins vis-à-vis de ça. Sur Internet j'ai commencé à lire plein d'article sur les aliments, comprendre leurs mécanismes, c'est très important de comprendre son corps, comprendre pourquoi on a faim. Et dissocier les &lsquo ; vraies' faims, celles qui viennent de l'estomac, et l'appel compulsif qui vient de la bouche. Comprendre d'où viennent les crampes, ses insomnies, ses angoisses, comprendre pourquoi il faut boire, et quelle sorte d'eau, comprendre aussi l'impact de nos hormones, l'impact de certains traitement médicamenteux. Comprendre certaines de nos envies, de nos rêves, certaines façons de pensées. Je me suis mise à lire les étiquettes de tous les produits que j'achetais, pour me rendre compte de leur apport énergétique. Je me suis mise à faire des courses, des vraies, je me suis mise à manger de tout. Je me suis mise à calculer des repas équilibré. J'achète dorénavant les fromages en portion pour être sûre de manger exactement la bonne quantité. Et tout un tas de chose en portion, pour réapprendre les quantités. (Chose que j'ai encore du mal à jauger, pourtant ça fait 7 mois ! ) Après tout est une histoire de discipline. Se lever à heure fixe, pour pouvoir déjeuner avant 10h. Manger à heure fixe, faire 3 repas, manger des sucres lents, des fruits, des légumes, du poisson, du poulet, des crustacés, du fromage. Mais tout ça en quantité raisonnable. Eviter le sucre, éviter le gras, éviter le sel autant que possible. En fait j'ai réappris à savourer les légumes sans rien y rajouter dedans, idem pour les yaourts, idem pour le thé, dorénavant, j'ai réussi à manger des salades sans vinaigrette, et la saveur des crudités simples me suffit. Ré apprendre à manger c'est ré apprendre aussi le goût des choses. Et aussi apprendre a cuisiner soi même ! D'ailleurs maintenant j'ai trop de mal a digérer les plats trop gras ! Alors évidemment, c'est très très personnel encore une fois. Mais, moi c'est ma façon de m'en sortir. Ré apprendre un équilibre alimentaire, c'est aussi manger ce que l'on aime. Je me suis mise, en ne pensant plus forcément à l'argent (car au bout du compte faire des courses même en achetant ce que j'aime me revient au même prix voire moins cher des fois, que les sandwich que je me m'achetais ! ) , à me faire plaisir en mangeant des crevettes (que j'adore) , de la feta que je glisse dans ma salade… Et du coup je m'aperçois qu'en mangeant ce que j'aime, en portion raisonnable, je perds quand même du poids ! J'arrive dorénavant à avoir un frigo plein, et a le garder longtemps plein ! Ensuite évidemment y a l'activité physique, je ne reste plus devant mon ordinateur. Je bouge beaucoup plus, j'essaie de faire des exercices chez moi (j'ai fait l'acquisition d'altères, et steppeur, et je vais a la piscine). Et maintenant je ressens le besoin de bouger. Là aussi c'est comprendre comment fonctionne son corps. Après, le plus dur a été d'inhiber les compulsions, mais là c'est vraiment autre chose. C'est un soin &lsquo ; mental' qu'il faut. Pour ma part, j'ai beaucoup fait d'introspection, beaucoup lu de bouquins de psychanalyse, ce qui m'a beaucoup aidé. Pour ma part, actuellement j'ai peur de tomber malade, ça c'est du a un éducation complètement focalisé sur manger= santé. Mon frère (qui a 6ans de plus que moi) , qui est un exemple dans ma famille (car très bon niveau en études) , après avoir perdu 20 kilos a fait une dépression de 3ans. Et chaque fois que je parle de perte de poids, toute ma famille est violente, blessante… c'est un peu tabou en somme… bref. Du coup, comme quand j'étais ado, je ne mangeais plus rien dés que je faisais un régime, évidemment je tombais malade… alors il faut que je fasse comprendre à mon inconscient que non je ne tomberais pas malade… la preuve… je vais mieux ! Mais bon c'est perso encore une fois… on a chacun ses phobies… ces peurs à 'travailler' avec soi même. Pas facile… j'en suis consciente. Et c'est vrai que des fois, on replonge. Mais si je regarde aujourd'hui, j'ai une compulsion environ tous les 20/15 jours, et la &lsquo ; valeur' nutritive de cette compulsion est 4 fois moins importante qu'avant. Je peux être fière de moi. Oui, car je suis sur la voie de la guérison, même si c'est dur, même si c'est trop long des fois… je vais m'en sortir ! En bref je dirais qu'il faut (pour moi en tous cas) : - du temps à consacrer à comprendre son corps, et l'écouter, tenter de déceler ce qu'il nous dit. Prendre du temps pour faire les courses, pour calculer ce qu'on peut manger, pendre du temps pour se bouger, faire du sport, mais aussi quelque chose qui est important pour moi, prendre du temps pour me faire plaisir, me masser, me pomponner, me faire belle. Acheter des jolis vêtements avec une taille au dessous, pour que je sois belle, et fière de moi quand j'aurais cette taille. - Manger de tout, et surtout choisir dans ce qu'on aime, mais manger raisonnablement. - Travailler sur soit, énormément. Comprendre notre relation avec la nourriture. - Etre patient. - et toujours, essayer de relativiser. Ne pas oublier d'être heureuse … Ce que je suis intrinsèquement. Février 2005. Je note avec ravissement une nette amélioration dans mon quotidien, dans mon rétablissement, et surtout dans mon mental. Je me surprends moi-même, ahurissant. Comme la savoureuse et fabuleuse sensation d'être un éphémère f&oelig ; tus qui donnera naissance à un surprenant bébé vigoureux, dont la puissance sera hors du commun. Métissage assez alambiqué en somme, d'énergies, d'éclats, d'humilité, et surtout de détermination. Tout ça, autant intérieurement qu'extérieurement. Je me redécouvre, je me savoure, je me délecte, j'apprends petit à petit à admettre mes efforts, à estimer avec allégresse ce que je deviens, c'est hallucinant, étonnant, frappant, bouleversant, toute la force que j'ai aujourd'hui en moi, une sphère brûlante et douce à la fois, toute condensée en énergies, un instrument organisé qui pourra corriger la crainte, un dispositif malicieux pour manier le bonheur avec aisance et sans limites. Ce serait presque effrayant, cet état de béatitude, je ne voudrais surtout pas sombrer dans une complaisance d'autosatisfaction grossière, ni une pseudo élite que j'aurais fantasmé. Mais je me sens au dessus, en extase, claire voyante pour certaines choses. J'ai atteins un sommet, je sais qu'il m'en reste beaucoup d'autres encore, et que la montagne est élevée. Les chemins seront peut être encore plus tortueux, encore plus pénibles, ardus, laborieux, encore, et encore, toujours pires, mais peu importe, je suis prête, ultra décidée à continuer dans cette voie, j'ai choisi ma propre route, j'ai choisis d'en baver certes, mais je suis enfin, et pour de vrai, ce que je suis au fin fond de moi, dans mes tripes, mes entrailles, c'est-à-dire moi tout simplement avec mon hypersensibilité, avec mes défauts, et mes qualités. Je ne crois plus du tout à la fatalité. Ca c'est ma vérité à moi, quoi qu'on en dise, certes mais j'y crois dur comme fer, et elle me permet de construire, et de m'investir dans des projets personnels incroyables. J'ai envie de foutre un gros coup de pied à ce carcan que les gens s'auto inculque par renoncement, parce que tout le monde le dit "c'est comme ça" … et probablement par peur de changer les choses bien établies. C'était moi "avant" , c'était ce que je pensais "avant" . Plus maintenant. Les choses peuvent changer, les choses changent, oui, mais si on le veut avec les entrailles, avec tout son saoul, tout cette merde qui stagne là, toute cette pourriture de nos vies elle est là, tout simplement parce qu'on se "chie" trop dessus, parce qu'on nous assomment de merdes tous les jours. Je pense vraiment que si on nettoie méticuleusement, nous même, si on prend vraiment le temps, de nettoyer petit à petit, sans se mentir, si on met les doigts, les bras, voire la tête entière pile là où ça nous éc&oelig ; ure, nous fait mal, tout ça même si l'odeur fait vomir, même si on a l'impression que c'est insurmontable, et que le résultat est tellement incertain, même si des gens, des amis trouvent ça immonde, et inconcevable… Même si cette lutte entraîne des douleurs atroces, des pertes, des compréhensions sur soit insoutenables, … Toutes ces immondices ne pèsent plus &lsquo ; lourd' sur la balance quand le résultat est là. Au contraire !!! Ça consolide, ça renforce, … Si je devais le refaire… je le referais. Les miracles ne tombent pas du ciel. Mais on peut les provoquer, j'en suis intimement persuadée. Vraiment … Je me sens parée aux attaques, … Je me sens tellement mieux, et je sais que je remettrais les mains dans la merde, pour toujours me surpasser, pour atteindre d'autres sommets. Nous sommes tous différents, ça je le sais pertinemment, et nous avons tous nos difficultés, nos prédispositions, mais chacun a le droit d'être heureux, c'est indéniable. Nous de naissons sûrement pas égaux et libres… mais il reste encore le choix intérieur d'être intègre avec soi même, d'être franc avec soi même, c'est le projet que j'ai envie de tenir, être moi, et ne jamais me mentir, plus jamais me mentir. Oui, aujourd'hui je suis assez fière de mon parcours, même si tout n'a pas été rose, même si j'ai fait de grossières erreurs, mais les erreurs ne permettent elles pas de comprendre ? Cet apprentissage est quasi obligatoire. Il me tarde d'atteindre d'autres sommets, et peut être cultiver en moi, ces paradoxes d'ultra sensibilité exacerbée. Ma méthode n'est pas universelle, loin de là, en tous cas, elle me convient à 100%.
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148468
b
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