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30 ans, diplômées, mais seules

Témoignage d'internaute trouvé sur forumfr - 11/12/10 | Mis en ligne le 21/04/12
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Nonnina, Je pense que nous sommes dans l'incommunicable, surtout sur un forum, par écrit. Les propos de l'autre sont repris dans des démonstrations à visées, soit stratégiques, soit victimes de la pensée unique dominante. Je fais partie, à l'occasion, de commissions nationales sur la parité. J'ai la possibilité parfois d'agir, concrètement, pour l'égalité de traitement (pas que des femmes d'ailleurs). Donc tu comprendras que je ne me sente pas concerné par cette peur de la rivalité. Il m'est arrivé de laisser une place qu'on m'offrait et qui jouait également le rôle de promotion à une femme. Et non parce que c'était une femme, mais parce que je la jugeais plus compétente que moi à cet endroit, dans une vision d'ensemble de compétences distribuées pour plus d'efficacité globale, tout simplement. Je ne suis pas un saint, je ne cherche pas de lauriers. Je pose simplement les termes d'une compréhension mutuelle si celle-ci est voulue. Je n'ai pas dit que les femmes étaient des "putes". Une telle lecture est plus qu'abusive, elle déforme radicalement le sens de mon propos. De fait il n'y avait, dans ce que je disais, rien qui s'approche d'une femme devant assouvir les fantasmes masculins. Lire chez moi une persécution des hommes par les femmes est encore assez faux. N'utilises-tu pas un discours féministe convenu ? Penses-tu que tout discours critique sur le sujet des femmes (et donc également des hommes) est nécessairement une simple mise en accusation, quelques soient les arguments, et qu'il s'agit de ne répondre que par un travail prosélyte de la cause ? Le sujet du fil est intéressant car il permet justement de dépasser cette position évangélique de l'égalisation aveugle par les seuls indicateurs de salaire et de statut social. Je vais donc préciser mes propositions, en espérant que cela sera lu. Les hommes ne voient pas les femmes comme des prostituées. La Femme est cependant un mystère pour l'Homme, bien plus que le contraire. Elle est équivoque, femme jouissante, de ce désir violent qui crie, de cette agression violente des corps que le plaisir représente pour l'enfant, et mère, neutralisant, normalement et autant que faire se peut, la violence du monde pour protéger l'enfant, du moins tout petit. La Femme est ambivalente, c'est la première différence, naturelle, inévitable avec l'Homme. La seconde que je reconnais avec Françoise Héritier ressort de sa capacité à produire non seulement du même (des filles) mais également du différent (des fils). L'association de cette ambivalence et de ce pouvoir de création, produit une légitime sensation de vacuité chez l'Homme, ou parfois l'envie de devenir lui-même femme, d'acquérir cette existence supérieure. Car ce qui a surtout oublié de mes propos, c'est la supériorité ontologique de la Femme. Une inégalité originelle. Un grand nombre de société traditionnelle ont des rites cosmologiques historicisés de la présence du matriarcat avant le patriarcat. Les Selk'nam de la terre de feu ont donné un peu matière à retour sur cette réflexion il y a quelques années de cela, avec le rite du Hain où le soleil (masculin) doit tuer symboliquement la lune (féminine) , dans la réaffirmation du patriarcat abolissant le matriarcat antérieur et asservissant les femmes après qu'elles aient été les maîtres durant une époque première… Même type de souvenir chez les Baruyas, d'un matriarcat qui a été renversé et doit réaffirmer sans cesse une domination masculine extrême (assise sur une prise de pouvoir sur les femmes et l'affirmation de la supériorité du sperme créateur de vie sur la matrice qui était reconnue supérieure du temps du matriarcat…). On pourrait multiplier les exemples… Le mythe des amazones est un souvenir de la région du pont-Euxin (comme les grecs la mer noire) de sociétés matriarcales, soit qui se sont prolongées tardivement, soit de résurgence, soit de fiction menaçante pour imposer l'ordre social masculin (un peu comme le loup pour les enfants au moyen-âge). L'émancipation féminine a commencé avec les précieuses au XVIIe siècle. Il ne s'agit pas dans ses origines de libérer les femmes, mais de donner plus de pouvoir, plus facilement aux femmes nobles et, éventuellement, bourgeoises. Au XIXe et XXe siècle les alliances sacrées entre toutes les femmes ne procèdent pas linéairement (la féministe Georges Sand sait avoir des mots orduriers pour les ouvrières de la commune et leurs 'sales désirs'). L'opportunité est bien plus souvent la règle dans un climat ou la classe sociale prime largement dans les faits. Encore aujourd'hui, les 'sciencepotiches' (association paritariste de SciencePo) est loin de militer pour l'égalité des femmes entre elles… Mais uniquement pour avoir le droit de diriger à plus haut niveau et d'avoir des salaires de sportifs (comme y aspirent et y réussissent parfois les patrons) et des parachutes dorés, elles aussi. L'une d'elle m'a même dit naïvement une fois : "j'en ai assez dans la culotte pour virer une jeune mère si besoin", et je vous passe les commentaires sur la procréation dans les milieux défavorisés. La plupart du temps, l'unité féminine me fait largement sourire. La libération et l'émancipation des femmes n'est pas assez perçu, ou pas par suffisamment de monde comme la révolution très ambivalente qu'elle est pour les sociétés humaines. Les explications marxiste de la division technique du travail comme fondant la domination masculine pour des raisons productives et économiques parasitent encore peut-être cette prise de conscience que la société n'est pas une construction matérielle mais une histoire que se raconte la collectivité à elle même pour conserver ce que Kant appelait "l'asociale sociabilité" humaine ; une fiction qui donne du sens aux relations. Ont pourrait vouloir lire ici que la liberté des femmes détruit la société et qu'il faut alors revenir au plus vite à une domination masculine stricte. Ce serait une erreur aveugle et dangereuse. Inversement l'angélisme de la béate harmonie se dessinant entre les sexes l'est tout autant. Les femmes reprennent en réalité leur pouvoir, avec en prime celui de ne pas concevoir, ou de le faire seule, ou encore de choisir plusieurs géniteurs successifs, sélectionnés génétiquement. Un grand nombre de femme depuis les années 90 ont commencé de choisir un partenaire de reproduction qui ne sera pas le père social pour lequel elles ont des exigences différentes. J'ai réalisé des entretiens avec des femmes qui avaient choisit un père génétique noir (et parfois "noir mais pas trop non plus… ") et un père social blanc, installé, plus vieux et rassurant… Cet extrême n'est pas une norme mais il a cru ces dernières années. Et il révèle un climat général de grande liberté sans grandes considérations sur les conséquences à long terme de comportements individuels qui s'accumulent pour modifier l'ensemble de la société. A mon sens, fermer pudiquement les yeux sur la réalité engendrée par ce phénomène n'est pas seulement irresponsable. C'est suicidaire. Et ce phénomène est au moins autant si ce n'est plus dangereux et en développement rapide que le changement climatique. Dangereux non seulement dans ce que j'ai décrit de la condition des hommes qui a changé et continue de changer très vite mais par les réactions violentes qu'elles produisent : violences relationnelles certes mais également internationales, interculturelles, avec à la clés des guerres, dont le terrorisme est une expression déterritorialisée tant le phénomène n'a pas de frontière dans l'embrasement des structures sociales qu'il provoque. Les femmes diplômés le sont pourquoi ? On pourrait… Elles pourraient d'ailleurs poser aux hommes la même question… Est-ce pour l'argent ? Et en ce cas pour le confort ? Est-ce pour le pouvoir ? Est-ce pour un travail, une activité plus intéressante ? Quel sens à cette compétition générale pour les diplômes ? Qu'y acquiert-on individuellement et qu'y gagne la société sur le long terme ? Si une femme ne se pose pas ces questions, elle ne fait alors que remplir les cases d'une société vieillie, obnubilée par la croissance, la productivité, la réussite, l'excellence : Les plus hauts diplômes, le meilleur job, le meilleur mari, les plus beaux enfants, la plus belle voiture… La check-list même envisagée avec humour et un peu de recul reste un chek-list, triste comme la mort. Le monde, le vrai change rapidement. Si les femmes, et particulièrement celles en mesure d'accéder le mieux aux connaissances pour accompagner ce changement choisissent de jouer le jeu du vieux monde qui s'effondre lentement, elles pourraient provoquer pire que son simple effondrement… Les femmes ne seront pas responsables seules. Mais les hommes sont maintenant, qu'ils le veuillent ou non, qu'elles le croient ou non, dépendant d'elles plus totalement que jamais dans l'histoire du monde et de ce et ceux qu'elles choisiront, de concevoir, d'élever, de valoriser, de pousser, de regarder, d'aimer, de favoriser etc… Je suis déjà bien assez long. La lecture sera probablement trop rapide chez la plupart. On se demandera parfois ce que je viens faire ici. Peut-être la nostalgie d'il y a quinze ans. Les forum, tout nouveaux, me paraissaient être un lieu prometteur d'échanges et de démocratisation de ceux-ci. Je résiste aux analyses pessimistes, mais je cède du terrain, chaque fois que je reviens passer quelques jours sur un forum. Je ne sais pas pourquoi je conserve toujours quelques parcelles d'espoir, et vous ?
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244421
b
Moi aussi !
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