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Blocus de bab-el-oued : 23-27 mars 1962 - les pieds noirs : le documentaire

Témoignage d'internaute trouvé sur france3 - 26/07/10 | Mis en ligne le 25/04/12
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Fortement représentatif du petit peuple des Français d' Algérie, fournissant à l' O. A.S. Le gros de ses troupes et de ses commandos, Bab el-Oued, quartier populaire européen situé à l' est de la capitale, est le foyer de l'insurrection des forces conservatrices qui, pour certaines, en dépit du contexte politique désastreux, continuent à lutter pour la survie de l' Algérie française ; concentrant à ce titre les attaques des forces de l' ordre, ce quartier est soumis, à partir du 23 mars 1962, à un blocus qui durera quatre jours. Dans le cadre de cette opération, Bab el-Oued se voit imposer un couvre-feu de vingt-trois heures sur vingt-quatre au cours duquel sa population de soixante mille âmes dispose d' une heure par jour pour sortir et faire des courses, les forces de l' ordre ne laissant passer le ravitaillement qu' au compte-gouttes. Un événement tragique, dès le début du blocus, vient donner au commandement le motif de précipiter l'intervention, d' écraser l' insurrection par la force et d' exercer des représailles sur la population : à la suite d' une méprise due à un caporal autochtone qui, à partir d' un camion militaire, menace de faire ou fait usage de son arme (les deux versions diffèrent selon les sources) , les commandos O. A.S. Ouvrent le feu, tuant un lieutenant, sept soldats appelés et blessant quinze autres appelés. La journée avait pourtant bien débuté pour l' O. A.S., un de ses commandos ayant réussi à désarmer une patrouille d' appelés sans tirer un seul coup de feu. La riposte du commandant en chef est sans appel : à côté des escadrons de gendarmerie mobile, des compagnies républicaines de sécurité (C. R.S.) et de la troupe, il fait intervenir des blindés, des avions de chasse et des hélicoptères armés ; la population est avertie que toute circulation dans les rues, toute présence aux fenêtres et sur les balcons l' exposeront au feu des forces de l' ordre ; deux escorteurs d' escadre, le Surcouf et le Maillé-Brézé, avec leurs pièces d' artillerie jumelées de cent vingt-sept millimètres, mouillent à vue en rade d' Alger. Durant l'assaut, les façades et les terrasses des immeubles sont pilonnées aux obus de trente-sept millimètres et à la mitrailleuse lourde, faisant des victimes et des dégâts dans les habitations. Deux commandants de régiment, arguant de la clause de conscience prévue dans le règlement général des armées, déclarent qu' ils ne participeront pas au nettoyage de Bab el-Oued ; le premier est mis sur le champ à la retraite et le second renvoyé en métropole avec soixante jours d' arrêts de forteresse ; voici ce que Georges Fleury écrit sur cette phase de la bataille : "Jamais sans doute les gendarmes et les C. R.S., manoeuvrant sous la protection serrée de bataillons d' infanterie, de blindés et d' hélicoptères, n'ont mis autant de hargne à exécuter une mission. Ayant pour certains le sentiment de venger enfin les morts des barricades, ils saccagent des centaines d' appartements, dont ils ont parfois défoncé la porte sans attendre qu' on leur ouvre. "L' insulte facile, usant de coups au moindre geste suspect, bousculant des femmes qui tentent de les empêcher de vider leurs tiroirs ou d' éventrer leurs matelas, les gendarmes et les C. R.S. Ratissent immeuble après immeuble en subissant encore de-ci de-là le tir de quelques desperados qui s' attirent une intense réplique des mitrailleuses des blindés." L' historien Jean Monneret précise qu' " à17 heures, l' Armée de l' Air intervint avec des T6 et mitrailla les immeubles." Le sous-lieutenant Rémy Madoui rapporte que faisant partie, avec sa section, des troupes de bouclage du quartier, il a été relevé de son commandement et renvoyé dans son corps avec un rapport de nature à le faire comparaître devant une cour martiale pour avoir permis à des familles françaises, contraintes de camper sur les trottoirs dans le froid et la nuit, de rentrer chez elles. À l' issue de la bataille, le 27 mars 1962, les commandos O. A.S. Ne devront leur survie qu' à la complicité d' un officier commandant d' unité et de gradés qui les laisseront s' échapper au travers de l' étanche dispositif de bouclage, ce qui démontre que les troupes engagées dans cette lutte ne sont pas toutes acquises à leur mission et que, tout en se soumettant aux exigences du service, une partie d' entre elles mettent leurs actes en accord avec leurs convictions. Faute de statistiques fiables, le nombre des victimes de ces journées n' est qu' approximatif : il serait de vingt morts (trente-cinq prétendent les habitants) et de trois à quatre fois plus de blessés ; parmi les tués figurent des enfants, dont une fillette de dix ans. Bab el-Oued est le quartier du petit peuple et des gens pauvres qui, issus majoritairement de l' immigration étrangère, n' ont pas de liens avec la métropole ; l' épreuve qu' ils subissent leur révèle une réalité qu' ils tenaient pour impensable : ils réalisent soudain que la guerre qui leur est livrée est totale, que l' O. A.S. Est vaincue et que la lutte est devenue inutile ; leur souci principal est désormais de quitter l' Algérie, mais la France étant pour eux une terre inconnue, une question les hante : où aller ? Le massacre de la rue d' Isly : 26 mars 1962. Dans l' un des derniers sursauts de l' O. A.S., une fraction de ses membres tente une riposte à la défaite de Bab el-Oued et met sur pied une manifestation d' envergure destinée à démontrer que l' ensemble de la population algéroise est solidaire des habitants du quartier qui subit l' assaut des forces de l' ordre : les résidents des quartiers bourgeois et des faubourgs des classes moyennes sont appelés, le 26 mars 1962, à une marche silencieuse vers Bab el-Oued, le but des organisateurs étant de faire manifester la population algéroise massivement, pacifiquement et sans armes ; voici le tract distribué la veille et le matin de la manifestation. Une opération monstrueuse, sans précédent dans l' histoire, est engagée depuis trois jours contre nos concitoyens de Bab-el-Oued, on affame 50 000 hommes, femmes, enfants, vieillards, encerclés dans un immense ghetto, pour obtenir d' eux par la force, par la famine, par l' épidémie, par "tous les moyens", ce que le pouvoir n' a jamais pu obtenir autrement : l' approbation de la politique de trahison qui livre notre pays aux égorgeurs du FLN qui ont tué 20 000 soldats français en sept ans. "La population du Grand Alger ne peut rester indifférente ; laisser se perpétrer ce génocide. Déjà un grand élan de solidarité s' est manifesté spontanément par des collectes de vivres frais. "IL FAUT ALLER PLUS LOIN : En une manifestation de masse, pacifique et unanime, tous les habitants de Maison-Carrée, Hussein-Dey, El-Biar, rejoindront ce lundi, à partir de 15 heures, ceux du centre, pour gagner ensemble et en cortège, drapeaux en tête, sans aucune arme, sans cri, par les grandes artères, le périmètre de bouclage de Bab-el-Oued. "NON LES ALGEROIS NE LAISSERONT PAS MOURIR DE FAIM LES ENFANTS DE BAB EL OUED. ILS S' OPPOSERONT JUSQU' AU BOUT A L' OPPRESSION SANGUINAIRE DU POUVOIR FASCISTE. "Il va de soi, que la grève sera générale à partir de 14 heures." Le succès de l' opération n' est pas acquis d' avance, les autorités civiles et militaires ayant la maîtrise de la situation : elles disposent pour cela d' importantes troupes de maintien de l' ordre urbain (équipées de véhicules blindés et de moyens antiémeutes) composées d' escadrons de gendarmerie mobile, de C. R.S. Et des régiments français stationnés à Alger ; toutefois, d' une façon encore inexpliquée à ce jour, ces troupes seront tenues à l' écart de la manifestation. La mission est confiée à une unité opérationnelle à base d' appelés autochtones, le 4e régiment de tirailleurs algériens (R. T.A.) ; il y a trois jours, ces hommes étaient en opération dans les djebels et, encore équipés pour le combat en montagne contre les katibas, ils sont engagés depuis en maintien de l' ordre à Alger, sont harassés et n' ont pas dormi depuis plus de vingt-quatre heures. Voici ce qu' écrit, à leur sujet, l' historien Jean Monneret qui qualifie la présence d' un régiment de tirailleurs ce jour-là rue d' Isly d' " énigme historique ": " […] que faisait [sic] à Alger, rue d' Isly, des tirailleurs du 4ème R. T. [régiment de tirailleurs] dont le P. C. Se trouvait à Berrouaghia à 120 km de la capitale ? "Cette troupe n' avait aucune expérience du maintien de l' ordre en ville. Encore moins en zone européenne. Les officiers le soulignent dans leurs rapports : ces hommes étaient accoutumés aux opérations dans le bled ; ils étaient frustes, certains parlaient peu ou pas du tout le français. Leur théâtre d' opérations était la Zone Sud Algérois. Que faisaient-ils là ? Question que la presse de l' époque n' a pas posée. A quoi s' en ajoute une autre : celle que le général Goubard [ce jour-là colonel commandant ledit régiment de tirailleurs] pose lui-même, dans un commentaire personnel qu' il a ajouté aux pièces du dossier sur le 26 mars [1962]: "Pourquoi avoir pris un dispositif de combat (armes individuelles approvisionnées et chargées) et non de maintien de l' ordre ? " [ munitions séparées de l' arme] […] "Ceux qui les ont placés là, dans une ville où les tensions raciales sont vives, ont pris une décision fatale". Au début de la manifestation, il semble que l' opération s' annonce bien : malgré les barrages périphériques destinés à bloquer les entrées du centre de la ville, plusieurs milliers de manifestants parviennent jusqu' aux lieux de rendez-vous ; ils se présentent drapeaux en tête, décorations pendantes et souriants face aux tirailleurs dont les rangs, faute de moyens, sont clairsemés ; quelques centaines d' entre eux, passant au travers d' une brèche du dispositif, s' engagent dans la rue d' Isly, l' artère qui mène à Bab el-Oued et aux troupes qui l' encerclent. La foule est pacifique, mais les cadres des tirailleurs s' inquiètent : jusqu' à l' échelon section, ils ont reçu l' ordre d' "arrêter les manifestants au besoin par le feu [et de] riposter au fusil-mitrailleur en cas de tirs provenant des balcons"; ils rendent compte à leurs chefs, demandent des instructions, ne reçoivent aucune réponse et, finalement, avec des moyens matériels, renforcent le dispositif central qu' ils rendent imperméable ; puis ils stoppent, à l' aide d' un élément disposé en profondeur, les manifestants ayant réussi à passer au travers du cordon. Sur la grande place de l' Hôtel des Postes (en contrebas de l' endroit où s' était déroulé le drame des barricades) , la foule maintenant bloquée s' entasse… et ses premiers rangs parlementent avec les soldats : des officiers de réserve, arborant leurs décorations, vont d' un homme à l' autre, tandis que des femmes d' âge mûr, s' accrochant aux bras des tirailleurs, s' adressent à eux avec des " mon petit " ; les officiers, parmi lesquels se trouvent des Français d' Algérie, leur répondent qu' ils sont eux aussi Algérie française, mais qu' ils ont des ordres et qu' ils doivent les exécuter. Certains manifestants, hommes et femmes confondus, ne voulant pas comprendre ce qu' il leur arrive, s' entêtent, tentent de passer en force et provoquent des bousculades ; les clameurs devenant assourdissantes, les tirailleurs et leurs cadres s' affolent ; soudain, un sous-officier autochtone lâche une rafale de pistolet-mitrailleur en l' air. Ces coups de feu sont-ils le signal du déclenchement du drame ? Toujours est-il que, comme lors des barricades, où un mystérieux fusil-mitrailleur avait ouvert le feu à l' improviste, le tir de deux non moins mystérieux fusils-mitrailleurs se déclenche soudain… semant la confusion et la mort. Le premier fusil-mitrailleur, à partir du balcon d' un immeuble situé derrière les rangs des militaires, prend la foule pour cible, blessant des tirailleurs au passage : des tirailleurs étirés en un maigre cordon, totalement dépaysés et affolés, les nerfs à vif, se sentant individuellement menacés face à une foule nombreuse dont ils ignorent les intentions pacifiques ; leur réaction est immédiate : sans ordres de leurs chefs, ils déchargent leurs armes à bout portant sur la foule, certains s' acharnant sur des corps qui gisent à terre ; les cadres, comme ce jeune sous-lieutenant tout frais émoulu de l' école, se saisissent des canons brûlants de leurs hommes et les dirigent vers le ciel. Selon mon expérience du feu, je déduis qu' en déclenchant le phénomène de la " double détonation ", phénomène bien connu des troupes aguerries et inconnu de ceux qui n' ont pas subi le baptême du feu, les projectiles du fusil-mitrailleur, en passant au-dessus ou à proximité des têtes des tirailleurs et des manifestants, ont amplifié la panique et le désordre. Les balles de fusils modernes et de fusils-mitrailleurs étant en effet dotées d' une vitesse de déplacement (vitesse initiale) supérieure à celle du son, elles provoquent une onde de choc (comparable au " bang " des avions supersoniques) qui se traduit par un claquement sec semblable à celui du départ d' un coup de feu ; dans le jargon militaire, ce phénomène est appelé " tac-co ": " tac " pour la perception auditive de la balle passant dans le champ de l' oreille… et " co " pour le départ du coup qui, se déplaçant à la vitesse du son, parvient aux oreilles après le " tac ". De ce fait, tirailleurs et manifestants ont cru être pris entre deux feux : celui, réel, du fusil-mitrailleur et celui, imaginaire, de tireurs dissimulés dans la foule. Le deuxième fusil-mitrailleur, à partir d' un bosquet, ouvre le feu sur les manifestants ; il est servi par trois hommes en tenue militaire de combat qui, après avoir tiré quelques rafales dont il est difficile de connaître le nombre de victimes qu' elles ont faites, disparaissent avec leur arme. Les rapports officiels sur cette journée, contradictoires sur bien des points, sans pouvoir le prouver ni le démontrer, imputent la fusillade à l' O. A.S. Dont les membres auraient ouvert le feu les premiers ; inversement, les récits des témoins, qui manquent d' une vision d' ensemble, accusent les tirailleurs d' avoir ouvert le feu sans raison. Georges Fleury écrit que lors du procès des conjurés du Petit-Clamart, au cours de sa plaidoirie, maître Tixier-Vignancour, faisant par là allusion aux barbouzes dont les effectifs comportaient un fort pourcentage de Vietnamiens, déclare que le tireur du fusil-mitrailleur placé sur le balcon - et abattu par un tir de riposte des tirailleurs - était un Vietnamien dont il donne l' identité complète. Le nombre de victimes chez les manifestants, comme l' indique Georges Fleury, est encore une fois différent selon les sources : " […] les autorités n' en annonçant [le nombre de victimes] que quarante-six, il est certain qu' au moins soixante-sept civils dont les plus jeunes, [ …], avaient dix et quinze ans [une fillette et un garçon], sont morts au centre d' Alger. Parmi eux et les cent deux blessés par balles […], aucun membre de l' O. A.S. N' a été reconnu. " Dans son rapport, le chirurgien d' un hôpital écrit que ce fut "une véritable chirurgie de guerre" qu' il eut à pratiquer. Pour ce qui est du nombre de victimes dans les rangs des forces de l' ordre, il s' élève à trois blessés chez les tirailleurs, auxquels il y a lieu d' ajouter un tué et trois blessés dans les rangs d' une C. R.S. Non présente sur les lieux de la manifestation. Les Algérois sont comme pétrifiés par cette tragédie : ils n' arrivent pas à comprendre comment l' armée, celle avec laquelle ils ont libéré la France il y a moins de vingt ans, a pu ouvrir le feu sur eux, des hommes et des femmes désarmés arborant drapeaux et décorations ; à tel point que s' ancre l' idée dans leur esprit que des djounoud* de l' A. L.N., à des fins bien précises, ont été infiltrés dans les rangs des tirailleurs. Au soir de cette journée, les Algérois prennent subitement conscience de la réalité de la situation : ils réalisent que l' armée, avec laquelle ils pensaient avoir des liens particuliers, n' est plus en mesure de les défendre ; sachant que l' O. A.S. Est inexistante sans le peuple qui est vaincu, ils se rendent compte que la lutte est désormais inutile. Dès lors, leur seul souci est de rester vivants… et de quitter l' Algérie avant que le G. P.R. A. S' empare du pouvoir. Selon Georges Fleury, le ministre des Armées, Pierre Messmer, en visite en Algérie le 4 avril 1962, informe le colonel Goubard, commandant le 4e régiment de tirailleurs, qu' aucun de ses hommes ne sera récompensé pour cette affaire et qu' il ne les félicite pas pour leurs tirs ; cela signifie que les activités de maintien de l' ordre contre l' O. A.S. Et les populations qui la soutiennent, au même titre que pour les combats contre les forces armées du F. L.N., donnent lieu à l' attribution de citations et de décorations. Lieutenant-colonel Armand Bénésis de Rotrou. Georges Fleury, Histoire secrète de l' O. A.S. Jean Monneret, La phase finale de la guerre d' Algérie. Rémy Madoui, J' ai été fellagha, officier français et déserteur - Du FLN à l' OAS.
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246305
b
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