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Témoignage d'internaute trouvé sur psychologies - 21/01/11 | Mis en ligne le 06/04/12
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Est-ce que tu te souviens de ce jour ? C'était en Novembre, l'automne touchait à sa fin et avait laissé des traces de son passage sur les arbres. Un vent glacial faisait danser mes cheveux autour de mon visage mais on aurait dit que tu ne le ressentais pas. Tu me serrais simplement dans tes bras, insensible à ce qui nous entourait. Et tu paraissais si triste… Tu m'avais amené à cet endroit que nous aimions tant. Cette clairière que l'on atteignait après avoir traversé les bois, un lieu paisible car peu connu des gens. Il y avait un gros rocher sur lequel nous nous asseyions, comme ce jour-là. Ça faisait quelques semaines déjà que j'avais remarqué un changement. Tu paraissais moins enjoué, plus pensif. Mais à chaque fois que je t'en parlais la même réponse revenait : "C'est rien, juste une passade ne t'inquiète pas." Mais tu me mentais. Comme je t'en ai voulu… J'aurais pardonné n'importe quel autre de tes mensonges, sans exceptions mais celui-ci… Les choses auraient peut-être été différentes si tu l'avais fais. Le soleil brillait pourtant il n'y avait aucune trace de chaleur. Nous étions enlacés sur ce rocher, on aurait pu se croire seuls au monde, aucun bruit ne venait troubler le silence qui régnait. Et puis… -Estelle. J'ai tourné mon visage face au tien, aucun son ne semblait pouvoir franchir mes lèvres. -Il faut que je te parle de quelque chose. Je pensais pouvoir retarder ce moment mais c'est impossible à présent. -Je t'écoute… -Pardonne moi pour l'attitude que j'ai eu ces derniers temps. Pardonne moi également de ne pas t'avoir parlé de ça plus tôt mais je ne pouvais m'y résoudre tout en sachant ce que cela engendrerait. Mais… ça ne peut pas continuer… -Qu'est-ce qui ne peut pas continuer ? Seul ton visage comptait pour moi à cet instant. Ce visage que je connaissais si bien, celui que j'avais connu souriant, joyeux, confiant. A présent j'avais devant moi le visage d'une personne perdue, désespérée. Et peu à peu mes larmes trouvaient un écho dans tes yeux clairs. -Je… Voilà, j'ai passé des examens il y a deux mois. Et les médecins ont décelé une malformation cardiaque. Ils ne savent pas exactement ce que c'est, tout ce qu'ils savent c'est que cette saloperie fait son bout de chemin depuis longtemps… -Mais pourquoi est-ce que tu ne m'en as pas parlé avant enfin ? Tu sais bien que tu peux tout me dire ! -Parce qu'il ne me reste que quelques mois… C'était comme si un tremblement de terre s'était produit en moi. Tout s'écroulait, l'amour qui m'habitait criait à l'injustice, le froid semblait avoir disparu mais c'était simplement la douleur qui l'avait remplacé. Les pensées s'entrechoquaient dans ma tête. Je n'aurais pas du craquer, je n'aurais pas du laisser mes larmes s'échapper, j'aurais du être forte. Pour toi comme pour moi. Mais c'était plus que je ne pouvais supporter. L'idée que notre bonheur soit écourté d'une manière aussi brutale m'était insupportable. Puis j'ai repensé à ce que tu m'avais dis : -Tout à l'heure tu m'as dis "ça ne peut pas continuer", de quoi est-ce que tu parlais ? -Je parlais de nous. -Je ne comprends pas… Quel est le rapport ? -Comprends moi bien Estelle, je n'ai jamais cessé de t'aimer depuis que nous sommes ensemble, jamais je n'ai douté de ça. A vrai dire c'est la seule chose dont j'ai toujours été sur… J'aurais tellement aimé que nos projets se réalisent et que… -Stop ! -… -Epargne moi ton discours s'il te plait. Viens-en au fait. Pourquoi ? -Je ne veux pas que tu me voie dépérir durant les quelques mois qu'il me reste. Je ne veux pas voir de pitié à mon égard sur ton visage. Je ne veux pas que tu sois encore plus malheureuse que tu ne l'es maintenant. J'aurais tellement voulu que les choses se passent autrement, mais il ne sert à rien de discuter, rien ne peut changer à présent. -Si je suis avec toi ce n'est pas seulement pour les bons moments mais aussi pour t'épauler lorsque ça ne va pas. Et en aucun cas il n'est question de pitié tu devrais t'en douter. -Quand bien même, je ne veux pas que tu te morfonde pour moi. Je ne le mérite pas. -Ah non ! Ne me dis surtout pas ça, tu sais que j'ai horreur de ce genre de phrases. C'est une excuse facile et grotesque et tu sais très bien que c'est faux ! La colère prenait le dessus sur la tristesse. Je t'en voulais d'avoir pris cette décision que je ne trouvais pas justifiée, j'en voulais à tout ce qui nous entourait, j'en voulais aux arbres dont les branches claquaient, j'en voulais à l'herbe qui bruissait doucement, j'en voulais aux oiseaux de siffler lentement au lieu de crier. Crier le désespoir qui m'habitait et qui m'étouffait. Je n'arrivais plus à me contenir à présent, je n'essayais même plus de retenir mes larmes, mon corps était envahi de sanglots incontrôlables. Je m'étais levée sans m'en rendre compte et m'étais mise à faire les cent pas. Quant à toi tu me regardais impuissant, ne sachant quoi faire. -Je suis vraiment désolé… C'est tout ce que tu as su me dire. Désolé… Le mot était faible pour moi. J'aurais tellement voulu te dire que tout ça m'importait peu, que je resterais auprès de toi quoiqu'il advienne car tu le méritais plus que quiconque, quoique tu dise. J'aurais également voulu te dire qu'en me disant ça tu m'avais blessé d'une manière inimaginable. A mes yeux c'était comme si tu mettais mon amour en doute. Ce n'était pas ça bien sur, mais c'est la signification que je lui ai donné sur le moment. Tu ne me croyais pas capable de faire face à cette maladie avec toi alors qu'avec toi j'étais capable de tout. Et alors que ce flot de pensées affluait dans mon esprit je te vis te lever et t'approcher de moi pour me prendre dans tes bras. J'enfouis mon visage dans ton cou, je respirais ton parfum, je sentais la douceur de ta peau et ton coeur battre contre le mien. Moi dans tes bras et le vent autour de nous, c'était comme s'il y avait une barrière infranchissable pour lui. Je ne sentais plus le froid, juste toi. Et un sentiment de sécurité m'envahit, comme à chaque fois que cela se produisait. Tu avais constitué ma plus grande force jusqu'à présent, je savais que quoiqu'il arrive tu serais là pour moi. Mais les choses n'étaient pas si simples qu'on pouvait le penser et la réalité avait brutalement remis mes idées en place. Pourtant je n'arrivais pas à concevoir ma vie remplie de ton absence, surtout en de telles circonstances… -Je t'aime. -Moi aussi, je t'aime tellement si tu savais… Mes pleurs faisaient trembler ma voix et je ne pus me résoudre à dire autre chose. Et puis, comme dans un rêve, comme si le temps défilait lentement tu pris mon visage dans tes mains et tu m'embrassas. Je pris soudainement conscience que c'était la dernière fois et mes pleurs redoublèrent pendant que je sentais tes lèvres contre les miennes, ces lèvres qui ne seraient bientôt plus qu'un souvenir. Au bout de quelques minutes tu te libéras de mon étreinte, et tu te retournas pour partir, sachant que tu ne pourrais le faire si tu me regardais une fois de plus. Je te regardais t'éloigner, comme clouée au sol, mes larmes rendaient ta silhouette floue et après que tu aie disparu je continuais à fixer ce point invisible où je te vis pour la dernière fois. -Du moins c'est ce que je pensais… Est-ce que tu t'en souviens ? -Bien sur, comment aurais-je pu l'oublier ? -Mais finalement tout ne s'est pas aussi mal passé que je ne le pensais. -Tu n'aurais pas du… -Je n'aurais pas du ? Pourtant nous sommes à nouveau réunis, c'est tout ce que j'espérais. -Non… Tu avais tellement de choses à vivre encore, tu étais jeune, comme moi, à la différence qu'il n'y avait aucune raison pour que tu ne t'envole. -Si, toi. Et peu importe ce qu'il me restait à vivre, sans toi c'était la vie qui prenait la signification de mort. A présent tout ira bien, j'en suis convaincue…
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b
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