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... croire ?...

Témoignage d'internaute trouvé sur psychologies - 30/05/11 | Mis en ligne le 03/04/12
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Salut, vous tous… ça va ? Une fois de plus, je vous cause. Pourquoi ? Dans l'éventuelle idée d'un feedback intéressant. Qu'est-ce j'entends par "intéressant". Ma foi, quelque chose qui ne viendrait pas de moi, une entrée dans le système un peu nouvelle. Un truc qui me surprendrait. Je ne sais pas trop. Vous savez ce que je pense, en ce moment ? Enfin, pour ceux que ça intéresse éventuellement… Je l'ai dit ailleurs, et dans ma petite tête, j'ai pensé que c'était quelque chose qui devait s'adresser plutôt à vous. Alors voilà, en gros : Curieux, quand on y pense : quand j'étais jeune, j'ignorais de quoi l'homme était capable. J'admirais ses oeuvres, sculptures, symphonies, romans… Puis j'ai découvert ce qui s'était passé pendant la seconde guerre mondiale, et j'ai, en quelque sorte, perdu mon innocence. Je me suis efforcé de conserver ma foi en Sapiens Sapiens, mais elle s'est émoussée à mesure de mes déceptions… Je m'efforçais de penser à Stravinsky, à Phil Dick, aux réalisateurs ou plasticiens que j'admirais, mais je n'oubliais pas ce que j'avais vu dans le documentaire d'Alain Resnais. Cela filtrait, j'oscillais, j'étais "variable". Maintenant, avec le temps, je me rends compte que toutes les symphonies du monde ne pourront jamais contrebalancer l'abjection de l'homme. Je me dis aussi que, non content de faire du mal à son prochain, il détruit tout sur son passage. Et je me dis : abject ou pas, l'homme et tout le boxon qu'il met autour de lui, tout ça va disparaitre. Certes, pas demain. Mais allez savoir… A une échelle de temps qui nous échappe, dans le meilleur des cas. Dans le pire, avec tout ce qui se trame, et on l'a vu récemment au Japon, ça pourrait venir plus vite que prévu. Comment conserver la foi en l'humanité ? Comment croire encore en soi ? La foi… Vaste question. La mienne est entamée. Je ne crois pas au Catholicisme, qui a une vision de la vie culpabilisante, moraliste et quelque peu bornée. L'Islam, avec son sexisme et son rigorisme, ne m'inspire pas plus. Le Judaïsme me parait lui aussi extrêmement prescriptif et enserre l'individu dans un réseau de contraintes pesant, sans la moindre concession. Le seul système de pensée qui me conviendrait, serait le Taoïsme, qui ne juge pas, mais se contente d'observer les liens entre causes et effets. En tous cas, la pensée Orientale. Mais on ne peut pas dire que ça soit présent à mes côtés à chaque instant. La religion est une affaire de croyance. Elle place la réponse dans un être supérieur, extérieur à l'homme, en qui on peut croire ou pas, ça dépend des moments. Moi, je suis très variable. Une fois, j'ai eu le sentiment que Dieu me parlait. Ce fut très net. Mais lui c'est un compte, l'église c'en est un autre. Le dogme catho me débecte complètement. Le plaisir y est vu comme sale, la souffrance y est décrite comme une valeur supérieure, un passage obligé, comme si souffrir toute sa vie pouvait permettre de collecter des "bons points" pour l'au-delà. Bref, sans religion comme béquille, j'aurais juste besoin de croire en moi, assez pour avancer. Et croire encore un peu en l'humain, idem, pour avancer, pour avoir encore envie de faire des choses, en relation avec les autres. Ces derniers temps, j'en viens à penser que survivre dépend de la capacité à se leurrer soi-même. Se faire avancer comme l'âne, devant lequel on agite une carotte. Chacun se fabrique sa propre carotte… Qu'il n'atteint jamais. Et l'agite comme il peut. On est largués là, sur cette planète plus ou moins hostile, et on doit jouer selon les règles, qui ne sont pas écrites et qu'on découvre peu à peu, en cercles concentriques. Les plus évidentes, qu'on nous enseigne dès le plus jeune âge… les plus complexes, liées à l'état d'esprit de tel ou tel cercle. Les croyances, les valeurs, les codes… Peu à peu, ce qui a été donné est repris, comme il est dit dans les écritures. On perd ses amis, ses parents, ses proches… on se racornit, comme une tranche de jambon oubliée dans un frigo. Et puis, un beau jour, adieu Berthe, on tire sa révérence. La boucle est bouclée. J'ai perdu mon innocence. J'ai vu, compris, de quoi l'homme était capable. A présent, je l'étudie, pour l'exorciser, dans un roman. Cela fait deux ou trois matins que je me réveille, après des rêves pénibles, douloureux, qui tentent, vainement, de tirer un trait sur le passé. Cela m'entame énormément. Chaque fois, je dois encaisser, digérer, lentement, longuement, laborieusement. Soit je rêve de mes enfants, perdus à jamais ou probablement. Soit je rêve de mon ami Pierre, qui m'a tourné le dos quand j'ai eu mes problèmes, et pourtant, jamais je n'aurais cru ça, et j'y tenais tellement, nous avions tant partagé, de rêves, d'espoirs, de discussions à l'infini… Sans parler du groupe de musique qu'on avait formé, et auquel on croyait vraiment… Cela filtre peu à peu. Je vois mes parents vieillir. Je sens qu'ils ne sont plus là pour longtemps. Ils s'inquiètent pour moi, constatent que je m'en sors mal, que le coup qui m'a été porté m'a bien atteint. Ils voient aussi que je risque de plonger économiquement, vu mon état de santé, vu aussi ma fragilité. J'ai commencé récemment un bouquin qui a déjà de la bouteille, mais j'ai eu l'impulsion de l'acheter : pères manquants, fils manqués, de Guy Corneau. Cela doit parler à certains d'entre vous. Dingue, je me retrouve à fond dans une bonne partie de ce qu'il dit. Avec mon père, je n'ai quasiment rien partagé. Il était distant. On ne l'entendait que lorsque il poussait une gueulante. Je me rends compte à quel point ça m'a influencé : manque de confiance en soi, impossibilité de s'identifier à un modèle masculin, manque de combativité… Je suis resté hétéro, c'est le seul truc qui ne colle pas avec ce que dit ce psy. Remarquez, il n'a pas dit que c'était une obligation, tout ça est statistique, la loi des grands nombres. Mais bon, je me reconnais dans un profil qu'il décrit, entre autres : l'éternel adolescent. Ou on pourrait dire encore : Peter Pan. Non pas par choix, mais par une succession de non-choix, ou d'incapacités à choisir. Bref, sans devenir assommant, mais voilà. Le besoin de se leurrer pour pouvoir avancer. Croire, en Jésus ou autres, un leurre, une béquille ? Croire en son avenir, s'imaginer qu'on va faire ceci ou cela, pouvoir s'accomplir, donner le meilleur de soi-même ? Oui, pendant longtemps ça a été mon truc. J'aurais voulu faire parler de moi, en bien. Sans doute parce que, incapable d'obtenir du respect pour ma personne, j'espérais qu'au moins, on respecterait ce que j'accomplirais. Ce fut un échec, dans les buts que je m'étais fixé. Mieux encore, avec les magouilles de mon ex et mes enfants, un peu plus et je passais pour un salaud. Alors, croire en quoi ? En l'humain ? Souvent, dans le contact individuel, dans le cadre de l'amitié, de la famille (et encore, il y aurait long à dire) , on a des contacts chaleureux, sympa. Mais dès qu'on est en groupe, ça change. Plus il y a d'humains, plus ils deviennent féroces, moqueurs, ironiques, blessants. Je n'aime pas les groupes, finalement. La dynamique des groupes file souvent des gnons. L'homme a des facettes lumineuses, et d'autres très sombres. Le problème est que plus il y a d'hommes, plus leur côté noir ressort et prend l'avantage. Croire en quoi ? La seule chose de stable, dans laquelle on peut croire, aveuglément, sans se tromper, c'est notre propre finitude. La mort aura le dernier mot, sans doute aucun. Alors ? ? ? ? Ubik.
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236123
b
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