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Dérive. (histoire d'horreur)

Témoignage d'internaute trouvé sur forumados - 06/12/10 | Mis en ligne le 27/04/12
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Dérapage. "…Et soyez sages ! " nous dirent mes parents avant de claquer la porte. "Nous" , c'était ma soeur Naura, et moi, Tom, ainsi que nos amis, Ben et Sarah qui passaient la soirée chez nous, pendant que nos parents dînaient chez des amis. Quelques secondes après que la porte se soit refermée, après que ce soit fait entendre le son mélodieux de la voiture qui démarre, nous abordâmes des visages radieux, prêts a passer une soirée inoubliable. -Ta maison est tellement grande ! S'exclama Ben en faisant quelques pas. Ni lui ni Sarah n'étaient encore jamais venus chez moi, nous ne les connaissions que depuis le début de l'année, mais cette amitié commune nous avait rapproché, ma soeur et moi. Sous nos regards amusés, Ben continuait de s'extasiait sur les meubles, le jardin, tout ce qui composait notre maison. Il faut reconnaître qu'elle était vraiment spacieuse. La soirée commença avec une baignade semi nocturne dans ma piscine. On se laissait porter doucement par les remous artificiels du bassin, rigolant à propos de n'importe quoi, parlant de tout en sirotant des bières… un samedi soir détendu, entre amis, ou on oubliait tout nos soucis. Sarah commença à m'arroser, je répliquait avec fougue, Naura vint a son secours et Ben au mien, et c'est ainsi que l'on passa un long moment a s'éclabousser, a se couler, en riant de bon coeur. Puis nous nous séchâmes et on emporta les bières au salon, les discutions reprirent et les rires aussi. -Eh, les amis, ça vous dirai qu'on se regarde un film la haut ? Demanda Ben. Je sentait que Sarah en avait aussi envie, mais elle attendais ma réponse ou celle de Naura pour le dire a haute voix. Mais nous étions tout les deux évidemment d'accord. Il faut dire que mon père a une collection impressionnante de DVD, dont la diversité n'avait d'égale que sa quantité. Une fois en haut, Ben arpenta les rayons de l'étagère de la chambre de mon père, comme un enfant lâché dans une réserve de bonbons. Après quelques minutes, il s'exclama : -Bon, j'ai fait une petite sélection. -On t'écoute, lui répondit Naura. -Alors, il y a Scary Movie… -Oh non, sérieux je les ai tous vu et puis on a passé l'age, non ? Se plaignit Sarah. Ben ne semblait pas du tout d'accord, mais il ne dit rien. -Requiem For a Dream… -Celui la, je crois qu'on a tous vraiment vu trop de fois, dit-je, et puis on va tous déprimer après, c'est pas la but de la soirée. Quand Naura s'aperçu que le prochain DVD que Ben allait nous proposer était "Fight Club" , elle décida qu'il était temps de prendre les choses en main. -Les gens, ça vous dirais qu'on se regarde un film d'horreur ? Demanda-t-elle avec un petit sourire. Vous savez, c'est ce même ton que les parents emploient pour demander a leur enfant s'il veut le jouet qu'il admire dans la vitrine depuis 10 minutes. En effet Sarah adorait les films d'horreur, et Ben aimait tout les genre de films. -Oh ouais, carrément ! S'exclama Sarah. Mais pas un petit film pour ados prépubères comme on en a trop vu, un bon gros film bien effrayant ! -Ouais, bonne idée, ça fait longtemps que j'en ai pas vu un ! Ajouta Ben. Je n'aimais pas trop la tournure que prenait la soirée. -Ouais, ou sinon un film d'aventures… Suggérai-je timidement, mais personne ne fit attention a moi, ils étaient tous emballés par l'idée de Naura. -On peut voir REC, proposa Naura. -Je l'ai vu il n'y a pas longtemps, répondit Sarah. On chercha donc, parmi l'imposante collection de DVD de mon père un film de préférence peu connu et effrayant, qu'aucun d'entre nous n'ai déjà vu. On en trouva un. Le nom du film, l'image sur la jaquette et la description au dos semblait tout à fait correspondre a ce que mes amis recherchaient. Honnêtement, je n'avais pas du tout envie de voir un film d'horreur. Mais je voyais que cela leur tenait a coeur, et, ne voulant pas gâcher la soirée, je gardai le silence, allant même jusqu'à simuler un semblant d'enthousiasme. À contrecoeur, j'insérais le DVD dans le lecteur, pendant que ma soeur et nos deux amis s'installaient confortablement, visiblement très excités. J'appuyais sur Play. -J'espère qu'il fait vraiment peur, dit Ben, ça fait une éternité qu'un film ne m'a pas réellement foutu les jetons. Après un court silence, Naura s'exclama : -Non, ça ne va pas, met en pause, Tom ! Je m'exécutais en soupirant. -On peut savoir ce qu'il y a ? -Ben a raison, on veut vraiment avoir peur, il faut qu'on se mette en condition. Je ne savais pas trop ce que "en condition" signifiait exactement, mais la perspective de retarder le moment on regarderai le film, donc d'entamer encore plus la soirée ne me disais rien. J'espérais que Sarah se rangerai de mon coté, mais en voyant les lueurs d'excitation briller dans ses yeux, je su que je ne devait pas compter la dessus. -Déjà, on va éteindre toutes les lumières. Proposa Naura. -C'est la base, acquieça Sarah, et on pourrait aussi allumer des bougies ! -Je sens que cette soirée va être mémorable, s'exclama Ben avec un grand sourire. Ils s'exécutèrent donc. -Bon, est ce qu'on peut commencer ? Demandai-je avec une pointe d'agacement. Je devait reconnaître que le rendu était plutôt bon, étant donné l'objectif de mes amis : les lueurs des bougies donnaient un charme mystérieux a tout les objets se trouvant dans la pièce, rendant l'atmosphère plus secrète, plus intime, et finalement légèrement inquiétante. Mais manifestement pour Naura ça n'était pas encore assez. -Non, ça ne suffit pas, répondit-elle. Il faut que l'immersion soit totale, il faut qu'on ait peur avant même qu'on lance le film. Aucun de nous n'est terrifié, la, il faut qu'on trouve autre chose. Ben, qui était en médecine, était toujours ravis de pouvoir apporter des connaissances que seul un étudiant en médecine pourrait apporter. Ainsi, il lança : -C'est scientifiquement prouvé qu'une basse température augmente la capacité de réception à la peur, d'où le phénomène de "Chair de poule" qui nous permet de constater que le corp peut avoir la même réaction a la peur qu'au froid. -Et ? Lui demandai-je, tu veut qu'on regarde le film à poil ? -Non, mais on pourrait ouvrir les fenêtres en bas, ça ferait un doux courant d'air qui nous ferai juste frissonner assez, sans avoir complètement froid. Et puis avec un peu de chance le vent éteindra une a une les bougies pendant le film, et ça ce serait vraiment angoissant. Ce dernier argument acheva de convaincre les filles, qui approuvèrent très fortement. Je soupsonnait la bière d'influencer quelque peut leur décision. -Super, s'exclama Naura, on va en bas et on ouvre tout ! On prend chacun une partie de la maison pour aller plus vite, et on se retrouve dans 10 minutes en bas de l'escalier. Peu de temps après, nous remontions, accompagné de la légère brise qu'avait entrainé l'ouverture des fenêtres. -On peut commencer ? Demandai-je, dissimulant de plus en plus mal mon exaspération. -Ouais, répondit Naura en appuyant sur play, toute exitée. Dehors, il commença a pleuvoir. -Maintenant c'est parfait ! S'exclama Ben, ravi. Comme pour lui répondre, la pluie s'intensifia. Le menu du DVD s'afficha, la toile de fond était une chambre vide ou les rideaux voletaient doucement, et ou des cris étouffés venaient ponctuer ce spectacle. Mais le son était beaucoup trop fort. -C'est pas un peu fort ? Demandai-je a Naura, en haussant la voix pour me faire entendre. -Tu veux être vraiment immergé dans le film oui ou non ? Me répondit-elle. Au moment ou j'allait répondre, Ben s'exclama : -Non, c'est parfait comme ça, lance le film ! Je ne dis plus rien, mais je ne me sentais plus aussi enjoué qu'au début de la soirée. Je ne comprenais pas ce désir si fort d'avoir peur que ressentaient mes amis, la lueur étrange des bougies que la brise faisait vaciller, le volume anormalement élevé, tout commençait a me mettre mal a l'aise. -J'espère que le film va être a la hauteur ! S'exclama Sarah. Et il le fut. Le film fut terrifiant. Plusieurs minutes après la fin du générique s'écoulèrent avant que l'un de nous ne dise quelque chose. -Waou… quel trip ! S'exclama Ben. T'en as pensé quoi, Tom ? -J'avoue que c'était intense, chuchotai-je, pas tout a fait remis de mes émotions. -Je me demande si c'était une si bonne idée que ça, dit Sarah. Peut-être que ça a trop bien marché. Elle n'avait pas tord, nous nous sentions a présent mal à l'aise et peu confortables. Ben tenta de faire une blague, mais personne ne réagit. La pluie continuai de tomber, et les gouttes d'eaux s'éclatant sur les tuiles faisaient un bruit peu rassurant. Le grondement d'un orage se fit entendre. -Je…je vais allumer la lumière, dit Ben, pendant que Naura se dirigeait vers le lecteur de DVD pour en extraire le film. -Tom, je ne trouve pas l'interrupteur ! S'exclama-t-il. Les lueurs de la nuit étaient pour le moment notre seule source de lumière, car le vent avait éteint toutes les bougies, et la pluie avait rendu l'atmosphère humide. Je me levais pour aider Ben. L'interrupteur était visible malgré la semi obscurité, je ne comprenais pas comment il pouvait ne pas le voir. "Le film a du vraiment le secouer" , songeai-je. J'allumait donc la lumière, et l'ambiance devint soudainement beaucoup plus rassurante. Quelques minutes plus tard, l'atmosphère, a la différence de l'air ambiant, commençait a se réchauffer. -N'empêche, on est des génies, dit Sarah avec malice. -J'avoue, dit Ben, c'était grandiose. On a poussé la peur dans ses derniers retranchements ! J'était vraiment mal juste a la fin du film. -Moi aussi ! On s'en souviendra de cette soirée ! Et tout aurait pu s'arrêter là. Ça aurait pu être un samedi soir sympa, avec une baignade dans ma piscine, de la bière et un film d'horreur légèrement trop effrayant, une soirée mémorable ou on aurait inventé une nouvelle manière de regarder les films, un super moment. Mais ce ne fut pas le cas. Rien ne s'arrêta la. Le téléphone sonna. Naura répondit, et au fur et a mesure qu'elle écoutait son interlocuteur, l'expression de son visage se transforma : elle affichait un grand sourire qui s'élargissait secondes après secondes. -C'était Maman, dit-elle en raccrochant : ils restent dormir chez leurs amis, et Ben et Sarah restent ici pour la nuit ! Nous poussâmes un cri de joie, ravis. Elle s'agenouilla devant le lecteur de DVD, et du appuyer sur Stop, car le générique du film laissa la place au visage du présentateur des infos. -Ah, le lecteur a basculé sur la télé normale, constata Ben. -Oui, il fait ça a chaque fois quand on appuie sur stop, précisais-je, ça doit être les infos nocturnes. D'une oreille distraite, j'écoutais ce que disait le journaliste. Il abordait les sujets habituels, quand tout a coup son ton devint plus grave. "…et un flash spécial a l'attention de tout les habitants de Aix-Les-Bains, on nous signale un cas de disparition…" Nous écoutions tous a présent. "… Il s'agirait d'un dément qui se serait échappé hier soir de l'asile des Pavés Bleus, il est dangereux et incontrolable. Il est recherché activement par tout les services de gendarmerie présents sur le territoire. Fermez vos volets, verrouillez vos portes et si vous habitez une grande maison munissez-vous d'une alarme. Evitez de rester seuls. Le point a présent sur la situation en…" Aucun de nous ne dit rien. Le silence emplit lourdement la pièce, et un nouveau grondement indiqua que l'orage se rapprochait. -Toutes les fenêtres en bas sont ouvertes… Chuchota péniblement Ben. Le volume était presque au maximum… Il aurait pu se passer quelque chose, on aurait rien entendu… -Écoutes, di-je, essayant tant bien que mal de contrôler le tremblement de ma voix, comme l'a dit le présentateur, avec un système d'alarme on ne risque rien. Mes parents ont la sécurité la plus perfectionnée qui soit, fenêtres ouvertes ou pas, si quelqu'un avait essayé de pénétrer dans la maison, on l'aurait su immédiatement, l'alarme sonne super fort. Il…il n'y a aucune raison de paniquer. Ben ne répondit rien, mais je constatais que ses épaules se décontractèrent légèrement. -Viens Naura, poursuivi-je, on va voir le tableau de commandes de l'alarme. Naura quieça sans rien dire. Le ventre serré, la respiration haletante, nous marchions lentement. Heureusement que la chambre de nos parents se trouvait a notre étage. Arrivé dans la chambre, un cri de surprise m'échappa en voyant le tableau de commandes. -Ok, maintenant tu peut paniquer. Le tableau était noir et traversé d'importantes traces de brulures, certains éléments avaient fondus : il avait du se prendre un éclair et disjoncter. -je n'y comprends rien, di-je, c'est pas le premier gros orage auquel on a a faire face, notre paratonnerre est au top ! Comment un simple éclair a-t-il pu le faire disjoncter ? Naura semblait trop effrayée pour même considérer ma question. On expliqua la situation aux autres du mieux qu'on pu. Un autre grondement retentit, plus proche encore que le précédent, et les lumières s'éteignirent. Les plombs avaient sauté. J'allumai une bougie. -Il faut qu'on descende, di-je. Il faut qu'on aille fermer les fenêtres. -Non ! Hurla Sarah qui n'avait pas prononcé un mot jusqu'alors. Je ne peut pas, pas dans le noir, comme ça, imagines qu'il soit la, qu'il rode dans ta maison, si ça se trouve il n'attend que ça ! Je la pris par les épaules. -Sarah, je suis sur qu'il n'y a absolument personne dans la maison ! On est tout seuls et on est en train de se faire un mauvais film ! -Et…imagine qu'il soit la ? Dit Ben d'une petite voix. Juste imagine…qu'il soit la. -Mon frère a raison, dit Naura, il faut qu'on descende, on a pas la choix, on doit fermer ces fenêtres, plus on attend plus ça devient dangereux. Après tout Ben c'était ton idée d'ouvrir les fenêtres. A contre coeur, Ben nous suivit, Sarah fit de même, ne voulant pas rester toute seule. Pendant la descente, un grondement terrible se fit entendre, suivit du flash d'un éclair. Chaque ombre sur le mur tremblotait à l'image de la bougie que j'avait dans la main. Tout prenais soudain une allure effrayante, oppressante. On descendait, préférant ne pas imaginer ce que le pire pourrait nous réserver une fois en bas. Arrivés a la dernière marche de l'escalier, Naura pris la parole. -ça fait très cliché de mauvais film d'horreur, mais on doit se séparer. Avant que quiconque n'ai pu dire quoique ce soit, elle ajouta : -Il y a au moins une vingtaine de fenêtres, rappelez vous : rien que pour les ouvrir, en se séparant ça nous a pris environ 10 minutes, si on reste ensemble ça nous prendra 4 fois plus de temps. Nous nous répartîmes donc les rôles, décidant de qui devait fermer les fenêtres se situant dans tel ou tel endroit de la maison. J'étais admiratif du calme et du sang froid dont ma soeur faisait preuve. En refermant la fenêtre du petit salon, j'entendais Sarah murmurer dans la pièce d'à côté : -Imagines qu'il soit là… qu'il nous épie, qu'il soit en train de sourire dans le noir… Elle était en train de sangloter. Ses litanies, le bruit de la pluie cognant sur notre maison et les grondements de l'orage, tout cela faisait un bruit considérable. Et malgré ça, la maison semblait atrocement silencieuse. Je me hatais de fermer les fenêtres qui m'avaient été attribuées, mais mes mains tremblaient et mon corp bougeait bien trop lentement. La maison étant plongée dans l'obscurité, on ne voyait rien dans les couloirs, je devais tatonner, aveugle, me repérant au toucher jusqu'à la prochaine fenêtre, priant pour que rien ne surgisse de l'ombre, et pour que mes doigts ne rencontrent pas une peau chaude et vivante mais reste bien au contact de ces murs froids et rassurants. A chaque pas il me semblait que le danger augmentait, jusqu'à ce que j'aperçoive la fenêtre, rassuré. Au moment ou je refermais la dernière fenêtre, j'entendi un cri strident provenant du garage. Terrifié, je rejoignit avec crainte le garage, et vit Sarah, a genoux, en larmes, fixant le mur, horrifiée. Sur le mur était écrit avec ce que j'espérais être de la peinture rouge : "jE sUis lA" Le battement de mon coeur s'accéléra dangereusement, et ne se calma pas. Les autres nous rejoignirent, ils hurlèrent aussi. -…Il faut qu'on retourne dans la chambre de Tom… dit Sarah d'une voix sourde. -Non ! Non ! Cria Sarah, il faut qu'on se tire d'ici ! -Regarde dehors ! Cria également Naura ! On ne ferait pas 10 mètres avec cette pluie ! Sarah commençait a devenir hystérique. -Et s'il est dehors ? S'exclama Ben. Et s'il est dehors a attendre qu'on sorte ? Naura pris une voix plus calme, et dit : -Il y a un téléphone d'urgence dans chacune de nos chambres, alors on remonte la haut, dans la chambre de Tom, on appelle la police et on attend. Aussi longtemps qu'on restera ensemble il ne nous arrivera rien. Nous remontâmes, toujours dans le noir, mais cette fois en courant, et a peine arrivés dans ma chambre, je me précipitait sur la ligne d'urgence cachée sous mon lit, et composait a taton le numero de la police locale pré enregistré. Aucune tonalité. La ligne était morte. Quelqu'un l'avait forcément coupée, ça ne pouvait pas être l'orage, car la ligne d'urgence était sur un autre secteur. Il était venu dans ma chambre. -Alors ? Demanda Naura. J'essayait d'expliquer la situation le plus calmement possible, mais avant même que j'ai finit de parler Sarah se remit a pleurer. Le visage de mes amis, en moins d'une heure, s'était littéralement transformé : la peur avait enlaidis chacun de le leurs traits. J'essayait de ne pas penser a quoi devait ressembler mon propre visage. -Il sait. Dit Sarah d'une voie tremblante. Il sais qu'on est la, il sait ou on est. -Il faut qu'on se tire d'ici, cria Ben. -Non, dit Naura, je t'ai dit qu'on ne pouvait pas à cause de la pluie ! -Je préfère ça a rester coincé ici avec un psychopathe ! -Imaginez qu'il soit derrière la porte, chuchota Sarah, qu'il écoute tout ce qu'on dit depuis le début, qu'il nous épie, attendant de voir comment on va réagir… -On doit sortir d'ici ! Hurla Ben. -On ne peut pas ! Cria Naura encore plus fort. Alors nous attendîmes. Les minutes étaient longues et douloureuses, aucun de nous n'arrivait regarder les yeux des autres. Je ne saurai dire combien de temps nous sommes resté comme ça, collé les uns aux autres, tremblants de tout les membres de notre corp. Puis on entendit un bruit sourd. Il venait de l'escalier. Puis un deuxième. Puis plus rien. L'atmosphère devint plus oppressante que jamais, instinctivement nous nous reculâmes tous, en nous agglutinant dans le coin de la chambre le plus éloigné qui soit de la porte, juste à côté de la télé. Et l'attente, longue, insupportable, et terrifiante repris, guettant le moindre bruit, dans l'obscurité, fixant la porte comme des déments. A ce moment précis, un détail attira mon attention : sur le lecteur de DVD branché sur la batterie externe, se trouvait un DVD dont la face était retournée. Je me penchais pour le prendre, et constatais qu'il s'agissait du film d'horreur que nous avions regardé. Or, pour arrêter le film Naura avait appuyé sur stop, c'est ainsi que nous étions tombés sur les infos, je ne comprenais pas comment, dans un moment pareil Naura avait eu la présence d'esprit d'extraire le DVD. Plus surprenant encore, la petite lumière rouge du cadran du lecteur était allumée, ce qui signifiait qu'il y avait encore un DVD a l'intérieur. Je n'y comprenais plus rien. Si je tenais le film que nous avions regardé dans la main, comment pouvait-il y avoir encore un DVD a l'intérieur ? J'appuyait sur Eject, mais le second DVD qui se trouvait a l'interieur était vierge. Je le replaçais dans l'appareil, pris la télécommande et appuyais sur play. En voyant ce que contenais le DVD mysterieux, mon coeur fit un tel bond que je du m'appuyer sur quelque chose pour ne pas m'afaler sur le sol, et malgrès le froid ambiant, de petites gouttes perlèrent sur mon front. Ce n'était pas des gouttes de sueurs, c'était la panique qui se matérialisait sur mon front. C'était le flash spécial qui se déroulait a l'écran. Celui qui avait lancé ce cauchemar, exactement le même. Le flash spécial était un DVD. En voyant cela, le visage de mes amis changea littéralement de couleur, et leurs bouches et leurs yeux s'agrandirent comme jamais je ne les avait vu s'agrandir, ils devinrent blêmes. -Oh mon dieu… Chuchota Sarah. Est ce que tout ça est réellement en train d'arriver ? -Je… je crois bien… Dit Ben. - Alors il n'y a pas de flash spécial, articulai-je, pas de fou, tout ça n'était qu'une horrible farce ! -Je me sens si soulagée ! Cria Naura. -Je ne me sens absolument pas soulagé, dit Ben d'une voix très grave. Au contraire, c'est pire qu'avant. Je ressentais la même chose que lui. -C'est vrai, di-je. Vous vous rendez compte de ce que ça veut dire ? Quelqu'un a mis ce DVD dans le lecteur, quelqu'un a cherché a nous faire peur toute la nuit, quelqu'un a sectionné la ligne d'urgence, et a écrit sur le mur de mon garage… -Et ce quelqu'un ça ne peut être que l'un de nous quatre, compléta Ben. À peine sorti d'un choc, cette nuit cauchemardesque me replongeai dans un autre. Qui avait fait ça ? Qui avait fait cette horrible farce ? -C'est Naura qui a proposé qu'on regarde un film d'horreur, dit Sarah avec agressivité. -Et c'est Ben qui a voulu qu'on ouvre les fenêtres ! Dit Naura. - C'est Tom qui est passé le plus près du garage avant les autres ! Cria Ben. -Je ne peut pas croire que vous me soupsonniez ! M'écriai-je . Nous nous regardions salement, et un autre de ces silences pesants et oppressant s'installa. Le silence perdura jusqu'à ce qu'un autre éclair vienne déchirer le ciel, suivant un terrible grondement. Il illumina la pièce pendant moins d'une seconde, mais ce fut suffisant pour observer l'expression que Naura affichait : elle souriait. -Naura…Haletai-je, pourquoi tu souri ? -À ton avis frérot ? -C'était toi ? Hurlai-je, paralysé par le choc et la terreur. -Eh ouais ! -Mais…À aucun moment je ne t'ai vu échanger les DVD ! -ça c'est parce que je t'ai distrait en te demandant ou était l'interrupteur, dit Ben, souriant lui aussi. Tu as vraiment cru que je ne l'avais pas vu ? Une sorte de vertige s'empara de moi, mon estomac se tordit d'une horrible manière. -Mais…que… ? -J'espère que la peinture rouge part a la machine, dit Sarah d'une voie ennuyée. Je m'en suis mise partout en écrivant sur le mur de ton garage. -C'est vous trois ? Vous avez tout mis en scène ? Tout ça, vous jouiez la comédie ! Bon sang mais vous êtes cinglés ! Vous êtes complètement fous tous les trois ! Naura comment t'as pu me faire ça ? -C'est pour la Fender de Papa. C'est a moi qu'il aurait du la donner. Maintenant on est quittes. -Moi c'est parce que je ne t'aime pas, dit Ben. -Moi je voulais juste m'amuser, dit Sarah en haussant les épaules, en souriant et en plissant les yeux. -Et on s'est bien éclatés ! Dit Ben. -Mais tu sais ce qui est marrant ? Me demanda Naura. C'est qu'on avait tout planifié, absolument tout, même l'orage avait été annoncé par la météo. Cet après midi je suis monté sur le toit et j'ai déglingué le paratonnerre, pour être sur qu'on se prenne du jus. Après j'ai cisaillé la ligne d'urgence. Je voulais vraiment que tu flippes. En fait il n'y avait qu'une seule chose qu'on ne pouvait pas prévoir, c'était si les parents allaient rentrer ou non. S'ils étaient rentrés a l'heure dite, rien ne serait arrivé. Mais tu vois, parfois dans la vie un petit détail peut tout faire basculer ! -Vous êtes complètement malades… Chuchotai-je. Le vertige se fit plus violent, et je commençais a me sentir mal, très mal. Un profond dégoût envahit alors tout mon être, et la terreur se mélangea a la répulsion. Puis une seconde réalisation m'emplit d'une frayeur encore plus atroce que celle que m'avait causé de fait de savoir que ma soeur venait de me faire vivre la pire soirée de ma vie. -Alors ce flash spécial, c'était quoi ? Demandai-je avec hargne. -Je l'ai enregistré au journal télé, c'était mon idée au départ, dit Naura, visiblement très fière. -Le JT de quand ? -Je ne sais pas, il y a quelques jours ! -Donc, il y a quelques jours, au JT ils ont annoncés qu'un fou c'était échappé. Comment tu sais que ce n'est pas réellement arrivé ? Comment tu sais qu'il n'est pas entré dans notre maison pendant qu'on regardait le film ? Ils étaient interloqués. Aucun des trois ne semblait avoir envisagé cet aspect la des choses. - Rappelle toi les deux bruits sourds qu'on a entendu tout a l'heure, ajoutai-je. -Haha, t'est tombé dans le piège ! Dit Ben. C'est juste un enregistreur que j'avais sur moi. Quand on est remonté après avoir fermé les fenêtres, je l'ai déposé discrètement sur une des marches et Sarah, qui était la dernière, a lancé la lecture : Sur la cassette on avait enregistré 10 minutes de silence, puis deux coups sourds. C'est ça que tu as entendu ! -Euh, en fait je n'ai pas fait ça, dit lentement Sarah. J'ai pas appuyé sur play, c'était a Naura de le faire. -Quoi ? Pas du tout, moi je devais juste m'occuper du DVD ! Et puis les deux coups sourds sont survenus bien plus tard que 10 minutes après qu'on soit remontés. -Mais alors qui a appuyé sur play ? Terrifié, je vis le visage de Ben, Sarah et Naura se décomposer lentement. Je crois que pour la première fois de la soirée, ils commencèrent réellement a avoir peur.
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