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Divorce

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Je voudrais faire part de mon témoignage… Je suis prête à le faire aujourd'hui et peut-être que certains réaliseront que se n'est pas facile du tout. _________ Cher Vous, Je vous écris cette lettre pour vous confier mon vécu, pour partager un passé dont je ne suis pas fière mais que j'ai décidé de révéler ici. Divorce. Oui, on entend ce triste mot tellement souvent qu'il en devient presque banal ! Il est banal ! Que représente-t-il dans votre esprit ? Deux parents qui se séparent en se confiant tour à tour les enfants dans des laps de temps presque chronométrés ? Sans oublier la liquidation du nid familial où ils avaient élevés ensemble ces mêmes enfants, et le partage houleux des meubles. Vous pouvez aussi penser aux prises de bec quand ça se passe mal. Vous imaginez aussi l'un des parents en bonne ordure qui abandonne les enfants ou les séquestre. Ce sont des échos que l'on condamne sans chercher ! Mais vous ne vous doutez pas un seul instant que cette banalité ne l'est pas quand on la vit particulièrement mal. Je pense sincèrement que mon histoire n'est sans doute pas la pire, mais je suis également sûre qu'elle est chargée d'assez d'horreur pour que le fait d'en parler soit légitime. Si vous avez la patience de lire cette lettre, peut-être que vous comprendrez. Peut être condamnerez-vous les acteurs de cette situation d'horreur, ou même moi. Ou alors vous y serez totalement indifférent. Peu m'importe autre chose que le fait d'en parler et de dénoncer car jamais je ne dirai mon nom et jamais vous ne pourrez me juger¿ Vous devez juste savoir ce qui s'est passé. Car j'ai besoin de l'écrire, j'ai besoin de le dire, j'ai besoin de ne pas rester dans ce silence glacial que je n'arrive pas à briser. Et même si parfois je pense que c'est inutile, je le fais quand même¿ Donc je le fais sous la forme d'une lettre. Une lettre. Une lettre pour Vous¿ Pour moi ? Personne ne saura que c'est moi qui l'ai écrite, mais j'ai peur tout de même… Et puis, je me sens seule, horriblement seule. Pourquoi rester dans cette froide solitude baignée des cendres d'un passé qui me ronge jour après jour ? Pourquoi y rester alors que je peux l'évacuer ainsi ? Oui, je vous entends ! Je suis désespérante, je crie que j'ai mal, que je ne veux plus vivre ! Allez, dites-le : je suis égoïste ! Je me fiche que vous dites cela, moi je souffre et peut-être qu'à la fin de cette lettre, lorsque vous saurez mon histoire, vous vous direz que les malheurs n'arrivent pas que là où les gens meurent de faim. Nous pouvons aussi mourir d'autres douleurs qui à défaut d'être physiques sont mentales¿ Ne tardons plus, sinon vous allez vous détourner de moi, éc¿uré avant d'avoir eu le fin mot de l'histoire. Tout a commencé il y a longtemps¿ Un divorce n'arrive pas par hasard du jour au lendemain. Tel un séisme, il prévient les sismographes progressivement. J'étais jeune et la scène à laquelle j'assistai m'avait parue insignifiante, bien que troublante. Oui, vers huit ans, on ne fait pas vraiment attention, on préfère se soucier de soi ! Plus tard on se soucie encore de soi mais en ne reléguant pas ce qui évolue autour de nous au second plan. Ce fameux soir était banal. Mon père travaillait et ma mère avait invité la voisine et son plus jeune fils. Moi et ma s¿ur jouions avec lui dans la cuisine mais l'heure du repas approchait et j'avais vraiment faim. Ces petits détails peuvent vous faire sourire, vous exaspérer, mais c'est de cette soirée que j'ai vu l'engrenage se mettre en place sans vraiment le comprendre à l'époque. Je suis donc allée dans le salon où les deux adultes s'étaient installées. Mais j'ai eu le malheur d'attendre deux petites secondes avant d'entrer, intriguée par le fait que j'entendais ma mère qui pleurait. Et elle pleurait, ce n'était pas qu'une sensation. Je ne sais plus ses mots exacts mais en résumé, elle disait que mon père l'avait revue (quelqu'un d'autre dans le contexte) , qu'il la trompait et qu'il parlait de divorce. Divorce. Retenez bien ce mot, c'est lui mon bourreau ! Oui il y en a plein d'autres, mais des comme celui-là je ne mettrais pas ma main au feu qu'il y en ait des centaines même si je suis partisante de l'idée qu'il existe toujours pire que l'horreur¿ Sur le coup j'ai marqué un temps d'arrêt. J'avais une amie, enfin je crois qu'à l'époque c'en était une qui avait vécue ce mot. Je savais qu'il signifiait que les parents se séparaient. Mais je n'y croyais pas ! C'était impossible à mes yeux ! Tout simplement parce que j'étais encore trop jeune pour déceler ce qu'on nous cachait¿ Ce qui se passait pendant que je dormais profondément. Puis il ne s'est plus rien passé pendant plusieurs années. Nous avons déménagé pour le travail de mon père. Le changement d'école ne m'emplissait pas de joie, surtout qu'il ne me restait plus qu'une année en primaire. Mais je m'y suis faite. Je suis ensuite rentrée au collège. Et là, j'ai commencé à voir. La nuit, je ne dormais plus aussi facilement, d'abord par choix, du fait de lecture en cachette, ou de jeux clandestins à la lueur des lampes-torches avec ma s¿ur qui dormait dans la même chambre. Mais elle, elle continuait à s'endormir rapidement, contrairement à moi. Et là j'ai commencé à entendre leurs cris. Ils se battaient, ils se criaient dessus à tel point que j'en venais à me demander pourquoi je ne l'avais pas entendu avant ! Car le mot divorce revenait à mon esprit à chaque fois¿ Si ma mère en parlait déjà à cette époque, c'est que cela se passait certainement de la même façon¿ Et ils criaient et je n'osais même pas descendre. Je pleurais doucement, en silence. J'avais peur qu'ils m'entendent, j'avais peur de réveiller ma s¿ur. J'avais peur de tout. Cette peur, mesquine et cruelle. Si j'avais su qu'elle empirerait ! Cela a perduré encore et encore. Puis après les cris vinrent les destructions. Un coup de poing sur la table en verre¿ Plus de table en verre. Je suis descendue à ce moment là, et j'ai vu le squelette de bois de la table au milieu des débris. Cela m'a plus marqué que l'image de ma mère comateuse¿ Non, mon père ne l'avait pas tapée elle, mon père avait frappé la table. Je l'appris plus tard, le vrai poison dans cette histoire est l'alcool. Ma mère était cuite comme on dit. Ce n'était pas nouveau je les avais déjà vu bourrés, en soirée chez la meilleure amie de ma mère notamment, ou quand on allait chez l'oncle de mon père. Mais jamais je n'avais su l'alcool chez eux aussi néfaste qu'à partir de ce moment. Il y avait cette fois là aussi, marquante¿ Mon père venait de terminer une journée de travaux dans la maison qu'il retapait de main de maître depuis l'emménagement. Nous sommes allé chez son oncle, et comme je l'ai précisé au-dessus, ils y sont toujours très ¿festifs'. A l'époque je ne connaissais pas le sens des expressions utilisées mais étant donné les réactions qui s'ensuivirent, je devinais leur gravité et le dictionnaire m'éclaira le plus vite possible. Ma mère a prétendu que mon père possédait une serviette pour s'essuyer après ses ¿masturbations'. Mon père n'a pas apprécié ce mensonge et s'est levé. Nous sommes partis. Dans la voiture, engueulades en direct. Mon petit frère et ma s¿ur ne les avaient jamais entendus et je cédais à mes pleurs mêlés aux leurs. Nous avions peur. Si peur : par colère mon père roulait excessivement vite¿ Très vite. Si vite ! Nous arrivâmes enfin à la maison, sains et saufs. Comme il s'occupait de nos chambres, ma s¿ur et moi dormions dans le lit de la chambre d'ami qui communiquait dans le couloir près de la chambre parentale. Nous étions trois, nous n'avions pas pu laisser notre petit frère tout juste en maternel pleurer seul dans son lit. Et nous entendions, les pourquoi, les parce que¿ Et ma mère est tombée, nous l'avons entendue vomir. Et leur dispute se poursuivait dans le temps. Ma s¿ur et moi avions décidées d'aller voir. Courage futile et destructeur qui continuera à nous dévoiler les bassesses de ceux que nous avions toujours pris comme modèle auparavant. Plus jamais des modèles¿ Plus jamais ! La vision n'était pas belle à voir, pas plus que l'odeur de la gerbe dans laquelle baignait ma mère qui tentait de se relever mais glissait toujours, s'étalant toujours un peu plus dans ce bain atroce. Nous sommes repartis vite fait, laissant notre père s'occuper d'elle, le laissant nettoyer. Il y avait cette odeur qui s'était propagée, et j'avais moi-même très envie de vomir. Atroce ! Le temps file encore et toujours. Et ils font comme si de rien n'était ! Plus rien ! Pas un mot ! Pas une excuse ! Pas une explication ! Rien ! Sauf quand ils recommençaient à consommer de l'alcool ! Alors là tout à coup, ils se souvenaient et ça recommençait ! Une conversation parmi tant d'autre : nous regardions un film. Les mots changent le sujet¿ Ma mère reçoit une claque parce qu'elle disait être enceinte¿ Et elle soutenait avoir perdu un enfant¿ D'après ce que j'ai vu, ce que j'ai lu, l'enfant en question qui aurait dû naître avant mon petit frère n'était guère plus qu'un amas de cellules inviables. Ma mère a reçu une claque. Un soir, on nous appelle¿ J'avais entendu leurs cris, j'avais entendu ce qui s'était passé, et je tremblais d'horreur, je ne savais même pas si je devais descendre ! Je voulais avoir la certitude que ce n'était qu'un cauchemar que j'avais fait, mais j'étais bien vivante ! J'étais bien là ! J'avais bien entendu ! Ma mère avait prit le fusil de tir à mon père (c'était son seul loisir) et avait tenté de lui tirer dessus. Heureusement qu'il n'était pas chargé. Mon père a massacré l'arme au marteau pour la rendre inutilisable. Ma mère avait tenté de tuer mon père ! Ma mère avait tenté de tuer mon père ! Cela ne pouvait pas être pire ! C'était déjà éprouvant ! J'en étais convaincue dans les moments de paix où ils faisaient comme si de rien n'était ! Mais que j'étais bête ! Début 2006. Mon père a un accident de voiture en état d'ébriété. Des côtes fêlées ou cassées, je ne sais plus mais en tout cas, ce n'est pas le genre de chose dont on se remet du jour au lendemain. En plus de mal de dos, de mal de cou, etc. Bref, foncer dans un arbre ce n'est pas vraiment prescrit¿ Toujours l'alcool, les verres s'enchaînent, les discussions dérapent, les cris s'élèvent, les âmes dégénèrent et se perdent. Et moi et ma s¿ur, c'est presque devenu une habitude, que ce soit en semaine ou pendant le week-end, nous descendions. Et nous assistions¿ Nous finissions par participer… Nous n'avions pas le choix ! Car ma mère profitait que mon père était immobilisé par ses côtes pour le frapper. Pas des petites tapes je vous le jure ! En bonne furie, elle le mettait à terre et le bombardait de coup de pieds. Et elle devait se tenir aux meubles pour ne pas tomber. Et nous nous jetions pour les séparer, nous criions, nous pleurions ! Rien n'y faisait ! Jamais ils ne comprenaient ! Jamais ils ne s'arrêtaient ! Ils puaient l'alcool. Toujours l'alcool ! Je hais cette maudite boisson ! Mon père a essayé d'appeler la police pour en parler. Mais ils ne l'ont pas cru. Ils lui ont répondu qu'ils n'étaient pas des assistantes sociales. Ils ne voulaient pas croire qu'il se faisait battre par une femme, c'était aussi simple que ça ! C'est horrible¿Quand vous entendez la réponse des policiers à travers le haut-parleur et que vous voyez votre père pleurer, votre mère ricaner, jubiler ! Vous êtes là et vous vous demandez ce que vous êtes. Sur qui compter quand les représentants de la loi n'écoute pas ? Si ma mère avait appelé ce jour là, pour dire qu'elle était battue alors que ce n'était pas vrai, ils seraient venus, ils auraient arrêté mon père ! J'en suis sûre ! Vive la France ! Et parfois, ma mère voulait appeler quelqu'un d'autre et nous lui arrachions les téléphones. Qui allait-elle appeler à minuit ? Pour lui dire quoi dans son état ? Où cela la mènerait-elle ? Une fois nous lui avions passé un petit portable en plastique. Elle était tellement bourrée qu'elle a essayé d'appeler avec. J'en aurais ri dans d'autres circonstances¿ Mais ce n'étaient pas d'autres circonstances. Elle me l'a balancé à la figure en m'insultant quand après cinq minutes elle s'est rendu compte de la supercherie ! Je l'avais enregistrée avec mon portable quand elle m'avait insultée, mais malheureusement, comme par hasard elle se souvenait de cela le lendemain (alors que d'ordinaire elle ne se souvenait pas du reste !) j'ai dû effacer ou sinon je perdais mon téléphone ! Mais que j'étais bête de l'avoir fait ! Si je l'avais gardé, si je ne m'étais pas laissée déstabilisée par ce matérialisme dévorant pour ce vulgaire tas de puces électroniques, j'aurais eu une trace pour prouver¿ Une trace pour parler devant le tribunal. A temps ! Mis à part ce moment, elle disait ne jamais se souvenir de rien. Et je n'osais pas la questionner, lui demander si elle se souvenait d'autres choses. Aujourd'hui je doute fortement de son innocence alcoolique¿ Pour moi, l'oubli total me paraît improbable, peu importe l'état d'avancement dans lequel on se trouve¿ Il reste toujours quelques traces¿ J'en suis certaine ! Je n'osais donc pas la questionner car je savourais les moments de paix¿ La semaine était maintenant calme. Mon père avait perdu son permis de façon provisoire et il passait sa semaine à St Quentin pour son travail. Ma mère en bonne épouse allait le chercher ¿de bon c¿ur' mimant un couple heureux qu'ils n'étaient plus¿ Cela me rendait malade ! Et le week-end, dès le vendredi soir tout recommençait ! En un cycle infernal ! J'écrivais des journaux intimes à l'époque et je me souviens avoir fait la comparaison de la situation avec des tornades. Elles viennent, vous déchirent puis repartent vous laissant un moment de quiétude pour rassembler les morceaux et s'angoisser de la prochaine vague¿ Et peu importe les vagues pour échapper à ces spirales de tourmente, il arrivait toujours un instant où nous devions sortir de nos chambres pour descendre assister à cela, quand cela ne commençait tout simplement pas devant nous¿ D'autres personnes les ont vus¿ Ma grand-mère paternelle, et l'oncle de mon père. Je ne me souviens plus très bien de ce qui s'est passé mis à part que c'était en plein après-midi¿ Certainement un samedi. Mais bon, leur venue n'a rien changé au comportement de ma mère qui persistait dans son délire, à vouloir téléphoner à tout le monde. Les autres témoins sont mes grands-parents maternels. Ce jour là, j'étais en bas, sur internet¿ Vous savez ça en devient tellement banal et redondant que je pouvais faire quelque chose en même temps qu'ils se battaient¿ Cela peut vous paraître surnaturel, mais si vous n'avez pas vécu, vous ne pouvez pas comprendre. Je ne pleurais plus, je ne tremblais plus comme une malade, je me contentais de répéter les mêmes choses, empêcher ma mère de prendre les téléphones et d'appeler tout et n'importe qui pour débiter des choses sans aucun sens au premier numéro venu dans son état d'ivresse. Mon père se remettait de ses côtes et elle ne le frappait plus mais continuait à l'insulter. Parfois, j'avais la sensation qu'elle voulait qu'il la tape. Ce qu'il n'a jamais fait (hormis la première et dernière claque précédente) ! Donc, un jour, mon père excédé, ne sachant plus quoi faire pour l'empêcher de continuer ses conneries, a appelé ses parents. Le temps qu'ils arrivent, ma mère était parti s'écrouler sur son lit. Mes grands-parents sont entrés, j'étais toujours à l'ordinateur dans le salon. Ma mère les a entendus arriver et mon père a à peine eu le temps d'expliquer ce qui se passait que la furie redescendait. Elle était en robe de chambre, nue en dessous. Elle était en robe de chambre est une façon de parler¿ Elle est descendue comme cela sans la fermer, laissant à qui veut le voir ce qu'il y a en dessous ! Elle est descendue comme ça devant ses parents et elle a commencé à engueuler tout le monde. Dans ma tête je me disais : "ça y est, ils savent enfin, ils vont pouvoir faire quelque chose !" Mais non¿ Ils étaient d'abord atterrés d'apprendre que cette situation ne datait pas de la veille. Et ensuite, ils se sont mis dans l'optique que si ma mère, leur fille, était comme ça, c'était de la faute de mon père ! Alors ces témoins ne servent à rien, et il ne restait que nous qui pouvions parler. Maintenant mon grand-père parle de mon père en disant le salopard ! Mais comment aurait-il changé ma mère en quelque chose qu'il n'est même pas ! D'accord, quand j'avais huit ans, mon père avait trompé ma mère, mais d'après ce que je sais, la situation n'allait pas du tout et ma mère avait disjoncté à cause de ce prétendu bébé qui n'a jamais existé. Bien que je ne cautionne pas l'erreur de mon père, ils s'étaient pardonné et pendant 7 autres années ils avaient continués à vivre ensemble. Et en sixième, quand je me suis rendu compte de ce qu'on nous cachait, mon père ne voyait plus son ancienne maîtresse¿ Pourquoi ma mère agissait-elle comme ça alors ? Pourquoi rendait-elle la situation intenable ? Et moi, pourquoi est-ce que je ne faisais rien pour faire bouger les choses ? Pourquoi est-ce que j'étais conne au point de croire que tout allait s'arrêter alors que ça continuait encore et encore ? Je regrette de n'avoir rien fait tout de suite ! J'aurais du parler au lieu de nourrir un vain espoir ! Ma mère ne se calma pas comme vous avez pu le comprendre ! Non, elle continuait de plus belle. Jusqu'à se corrompre dans une sorte d'automutilation pour faire croire aux autres que mon père la battait. Elle s'est jetée contre la porte d'entrée (constitué d'une sorte de plastique, vous savez, ce sont les portes blanches que tout le monde a). Je vous garantie que la porte est fendue. La porte est fendue sur le bas et ma mère avait des bleus. Il y avait aussi cette fois là, une des rares fois où on ne nous avait pas encore appelés pour être les spectateurs de leurs disputes orales et des tentatives de ma mère pour blesser mon père, qui ne ripostait toujours pas car il savait qu'au moindre faux-pas elle irait porter plainte contre lui, donc je n'ai fait qu'entendre. Ils criaient encore l'un sur l'autre. Ma mère l'accusant de la tromper à nouveau¿ Mais c'était faux ! J'en suis sûre pour avoir rencontré la dite maîtresse¿ C'est quelqu'un de droit et d'honnête qui dit le fond de sa pensée sans chercher à prendre de gants. J'ai rarement rencontré des personnes aussi franches et j'apprécie. Je suis certaine qu'à l'époque des faits que je vous relate, mon père ne couchait pas avec comme ma mère le prétendait ! Et mon père s'est exclamée qu'elle arrête ses conneries. Et ma mère a éclaté de rire. Un rire qui m'a effrayé tant il était monstrueux. Savoir que c'était ma mère, même en sachant l'emprise de l'alcool sur elle, me révulsait au plus haut point. Elle s'était griffé le cou en jubilant qu'aucun témoin ne pouvait dire que ce n'était pas mon père qui l'avait fait. A jeun, elle ne s'en est finalement pas servit¿ Il y a eut cette fois où mon père allait récupérer un permis provisoire. J'ai été choquée par la révélation de ce jour là. Mon père est un amateur de café. Il en boit matin, midi et dès qu'il le peut en fait. Et ma mère le savait bien. Ce jour là je m'occupais de mon oiseau, une perruche callopsitte que j'adorais. Que penser des animaux, calme et fidèle (tout et relatif, il s'est sauvé de sa cage) quand on voit le comportement de deux êtres qui s'étaient mariés par amour ? Mon père a demandé à ma s¿ur de venir et de prendre un café avec lui. Elle aimait bien cette boisson. Elle a accepté mais avant qu'elle n'ait eu le temps de boire, ma mère s'est précipité et a vidé le bol dans l'évier. Nouvelle dispute : qu'est ce qu'il y avait dans le café pour que ma mère ne veuille pas que ma s¿ur en boive ? Depuis un bon mois, elle versait une certaine dose de cognac en espérant que cela empêche mon père de récupérer son permis de conduire ! Ce jour là ma mère a dit (et je cite, ce n'est pas le genre de phrase que l'on oublie aussi facilement) : "Je préfère voir un père mort qu'un père divorcé !" Elle était à jeun ! J'aurais dû comprendre ! J'aurais dû bouger en sachant cela ! Mais je me hais ! Je me hais pour mon immobilité ! Si j'avais bougé et parlé, j'ai la sensation que je serais plus sereine maintenant ! Triste et futile entreprise, mon père a récupéré son permis. Mais en y songeant, qu'est ce que ma mère aurait pu mettre dans le café ? Aurait-elle eu le cran de mettre du poison à terme ? Cette perspective m'effraie au plus haut point ! La rentrée arrive. La seconde. La procédure de divorce est lancée. Et le ballet continue. Je continue à me fourvoyer dans mon stupide espoir sans faire attention à cette situation qui me rongeait de plus en plus. Je pensais constamment à cela ! Je me sentais mal ! Je n'appréciais pas ma classe de seconde ! Je ne voulais pas en parler ! Je ne voulais plus écouter ma mère qui se plaignait constamment de mon père ! Je ne voulais plus l'entendre dire que c'était lui le monstre ! Et je savais que c'était elle, mais je doutais encore et toujours ! C'était affreux ! Je ne savais plus qui j'étais. Le 18 décembre, le premier jugement serait décidé¿ Et mon père savait qu'il allait bientôt partir. Ce qu'il fit, l'un des derniers soirs, ternit la compréhension que j'avais. Nous étions dans nos chambres encore une fois et il gueule : "La carotide, je n'en ai que pour deux minutes ! Deux minutes pour te dire ce que j'ai à dire avant de partir !" Je ne savais pas ce que c'était que la carotide mais j'ai compris où il voulait en venir quand notre mère nous a demandé de descendre, à moi et à ma s¿ur. Notre père était assis à côté d'elle, un couteau sur la gorge ! Il voulait se suicider. Et il nous a regardé, et je tremblais comme une folle, je pleurais comme une folle. Et il nous a simplement demandé s'il devait le faire ! Et nous nous sommes écriées que non ! Mais il insistait encore et encore. Nous nous sommes enfuis dans nos lits. J'ai pris mon portable et j'ai demandé à la fille de la meilleure amie de ma mère si je devais appeler la police, les pompiers pour leur dire que mon père voulait se suicider. Seulement, il venait de dire à ma mère de ne pas appeler sinon il le faisait. Mon contact m'a répondu par l'affirmative mais j'hésitais. Si je ne le faisais pas et qu'il se tuait, je m'en voudrais toute ma vie. Si j'appelais et qu'il se massacrait à cause de ça, je m'en voudrais également. J'ai lâché mon téléphone et j'ai pleuré¿ Ma mère était à jeun cette fois là¿ Je lui laissais donc sa lucidité. De plus, je n'étais pas très emballée à l'idée de devoir raconter le divorce à d'autres personnes, étrangères. Mon père est resté en vie. Et puis, le 18 décembre, la première procédure de divorce a décidé que mon père avait la possibilité de partir du domicile. Il est parti s'installer dans l'appartement de St Quentin que sa société lui avait loué lorsqu'il n'avait plus son permis. Et dans un premier temps, nous ne le voyions plus qu'une fois par mois pendant trois moi. (Une fois = un week-end de 14h le samedi à 19h le dimanche). Puis cela passait à 2 fois, puis au bout de quelques mois, avant les vacances d'été, le schéma traditionnel des week-ends : 1, 3, 5 pour mon père, 2, 4 pour ma mère et la moitié des vacances scolaires pour chacun. Ma mère avait trouvé du travail mais nous n'avions pas le droit de le dire à mon père. Depuis le mois de février elle voyait un ancien petit copain de collège¿ Elle me disait être amoureuse. Je lui répondais "oui, amen." à tout ce qu'elle disait car étant moi-même amoureuse, je ne voulais pas la froisser et briser ses rêves par mes ressentis. J'étais un peu chiffonnée par le fait que cela faisait deux mois que mon père était parti¿ Et en plus, elle disait qu'ils ne faisaient rien alors qu'ils dormaient ensemble la nuit. Je savais qu'elle me mentait. Mais qu'est ce que vous vouliez que je fasse ? La séparation de mes parents avaient ramené un certain calme et même si ma mère continuait de pester, de dire qu'elle allait faire ¿cracher' mon père, nous étions enfin au calme. Sauf que les week-ends ne se passaient pas bien avec mon père. Je ne sais pas, quelque chose me bloquait. Nous avions vécus tant de choses atroces que j'avais oublié ce que c'était que de discuter simplement. Il y avait sa tentative de suicide qui me butait ! De plus, maman était formelle, nous n'avions pas le droit de parler de ce qui se passait à la maison. De quoi parler alors que nous passions notre vie à la maison ? Des cours ? Alors que mes résultats étaient en chute libre ? Parler de mes échecs consécutifs¿ Je ne voulais pas admettre que je chutais à cause de cette situation parce que j'avais l'impression que le passé était bien pire¿ Mais en fait, le passé s'accumulait de plus en plus et devenait si lourd, si présent que je ne savais plus me concentrer. Je n'arrivais plus à écrire des choses gaies. Ce n'était qu'un symptôme de ce qui se passait en moi. Je m'étais amusé à modifier l'expression "Ma vie est un long fleuve tranquille bordé de calme et de sérénité" (quelque chose approchant) en : "Ma vie est un torrent furieux bordé de colère et de guerre." Et lorsqu'un de mes professeurs me demanda pourquoi je chutais, je ne lui répondis pas. Il hasarda que c'était dû à un problème familial et là les larmes ont coulées toutes seules. J'avais cessé de me voiler¿ Et je ne pouvais plus me cacher¿ J'avais la possibilité de parler. J'en parlais donc à un aide de la vie scolaire qui m'emmena voir le directeur. Je leur racontais ce qui me paraissait le moins terrible. J'avais envi de déverser tout le poison de ce passé. Mais je ne savais pas, j'avais envie de protéger mes parents, c'est ridicule¿ C'est ridicule ! Mais encore aujourd'hui je veux les protéger, d'autant plus que la situation semble se stabiliser de plus en plus. Le directeur m'apprit que lui aussi avait vécu un divorce et que je devais surmonter les épreuves, me soucier avant tout de ma scolarité pour leur prouver que j'étais plus forte qu'eux. Il me dit que je ne devais absolument pas prendre parti¿ La psychologue s'intéressa particulièrement au conflit, aux week-ends mouvementés chez mon père et me conseilla de lui faire une lettre pour lui expliquer ce que j'avais sur le c¿ur. Je l'ai fait, sans me ménager. Et les choses s'améliorèrent un tant soit peu, même s'il s'énervait encore quand nous ne lui parlions pas, toujours pour les mêmes raisons. Mais ça s'était amélioré. Je devais beaucoup au lycée. Si je n'avais pas choisis l'anonymat, je l'aurais cité volontiers. Je tiens juste à dire que ce lycée est Une Famille Formidable. Et puis les vacances d'été arrivèrent. Même si j'avais su me redresser à la fin, je venais de massacrer mon année de seconde. Et j'avais résisté à l'envie de tout révéler, je n'étais jamais allée jusqu'au bout, j'avais toujours limité mes dires mais ils étaient en somme assez important pour qu'on croit que j'avais révélé l'intégralité du pourquoi, du comment. Malgré la lettre salvatrice, la perspective de passer un mois avec mon père m'angoissait. Ma mère continuait de le maudire, de le déprécier sans arrêt¿ Elle nous interdisait toujours de dire ceci, de dire cela. C'était lourd et angoissant. La peur que les vacances se transforment en premiers week-ends était trop importante. J'étais mal ! Cependant, lorsqu'il est venu nous chercher il y eut une sorte de déclic. Nous étions à quatre et pour un mois. Le lendemain, nous ne serions pas de retour auprès de maman et sa haine virulente. Nous étions tous ensemble, tous détendus, comme si rien ne s'était jamais passé ! Rayon d'espoir réel mais troublant car je me souvenais quand même. Les mauvais souvenirs s'estompèrent. Mais ils restaient encore ces bêtes noires qui attendent le bon moment pour resurgir, cruels et mesquins ! Ce furent des vacances magnifiques ! J'avais un père ! J'apprenais à le redécouvrir à l'apprécier. Chose qui n'aurait jamais dû être brisé par ce divorce hideux ! La haine qui subsistait du bourrage de crâne de ma mère disparut. Je regrette amèrement de m'être laissée corrompre par sa violence ! J'avais vécu, je savais la vérité et pourtant je m'étais laissée entraînée comme une idiote ! Comment ceux qui n'avaient jamais vu ou qui avait entrevu pouvaient-ils lui résister ? J'étais décidé à ne plus me laisser faire ! Et je me demandais s'il était encore trop tard pour changer les gens ! Durant ces vacances, le soleil de l'amour brilla sur moi. Cela peut vous paraître désuet en comparaison du sujet mais il n'en fut pas ainsi. Ce divorce était problématique dans tous les aspects de ma vie. Il l'est encore dans certains d'ailleurs. Ma mère n'acceptait pas mon petit copain parce que mon père l'acceptait. Par principe stupide, elle va en détestant tout ce qu'il aime un tant soit peu. Cela va même jusqu'à rejeter les recettes de cuisines, certaines astuces que j'ai le malheur d'énoncer parce que j'adore ; aux réunions parents-profs, elle refuse de nous faire gagner du temps en passant en même temps que lui¿ Le mois de juillet s'acheva et nous retournâmes chez notre mère. Et là, blocus ! Impossible d'avoir de dialogue avec notre père. Il rentre de son travail vers 18h. Ma mère faisait exprès d'étaler l'apéro et le repas dans le temps pour avoir un alibi pour l'empêcher de nous parler. Ensuite, quand il pouvait enfin appeler, elle disait qu'il était trop tard et elle débranchait la ligne téléphonique ! Le week-end, en journée c'était impossible. Une fois j'ai réussi à ne pas partir en balade avec les autres pour lui parler. J'étais vraiment en colère ! Ajouté à cet isolement forcé le fait que ma mère dénigrait, insultait et rejetait mon copain ! Ajouté à cela que ma s¿ur semblait avoir oublié les vacances magnifiques avec mon père ! Elle, manipulée au point d'écrire une lettre contre mon père dans le dossier du divorce ! Un tissu d'immondes mensonges aussi grotesques les uns que les autres ! Le seul problème c'est que, malgré les ripostes véridiques de l'entourage de mon père, le juge a cru ma mère ! Le juge a cru cette lettre improbable ! A cause de cela il a payé ! Mais nous n'y sommes pas encore. Le jugement est pour le 6 avril 2009 et nous sommes en automne 2008. Je suis maintenant en première. Je me souvenais du discours du directeur. La neutralité ? Je devais rester neutre et accepter ce que ma mère faisait ? Je devais accepter ce qu'elle avait demandé de faire à ma s¿ur ? Je devais vraiment rester neutre ? Je devais me taire alors que mon silence coûtait déjà cher ? Parler au-delà de l'aspiration à la paix en ne remuant pas le passé, le présent ? Et le dialogue alors ! Je devais dialoguer avec ma mère m'a-t-on dit ! J'avais envie de rire (et pas de joie). Vous croyez que je n'ai pas essayé ? Ma mère était un vrai mur ! Rien ! Nada ! Toute conversation ne pouvait trouver d'aboutissement car elle montait sur ses grands chevaux en moins de temps qu'il ne faut pour le dire ! Entre pseudo-poètes, j'ai essayé les poèmes. On aurait dû pourtant se comprendre et il n'en fut rien du tout ! C'était à en pleurer ! Je contestais et on m'étouffait (au sens figuré, mais qui est tout aussi efficace !). J'en avais marre ! Marre d'entendre salir mon père ! Marre d'entendre être salie parce que j'avais le malheur de lui demander d'arrêter de parler de lui ! Après en avoir marre de tout ça, j'en ai eu marre de me voir écrasée à chaque fois que je l'ouvrais pour protester contre tout ! J'en avais marre que la vérité tombe dans l'oreille des sourds ! Et j'ai voulu partir ! Partir où ? J'ai souvent été tentée par la mort. J'avais un foulard, c'était ma mère qui me l'avait acheté. Je le mettais autour de mon cou en imaginant que c'était ses mains. Et quand les idées noires se massaient en essaim bourdonnant je serrais de plus en plus fort. Je serrais encore et encore. C'est horrible la sensation qui en découle ! Vous vous sentez mourir ! Je me sentais mourir ! Je fermais les yeux, j'avais envie de respirer ! Mais le désir d'en finir était plus fort, si fort, que ce besoin naturel était relégué au second plan. Et je commençai à avoir mal. J'avais de plus en plus l'impression que ma tête était serrée dans un étau. J'avais l'impression qu'elle allait exploser. Les yeux aussi ! J'avais l'impression qu'on massacrait, qu'on écrasait mes yeux. Et puis soudain, vous relâchez. Vous ne savez pas pourquoi dans un premier temps. Je restais là, haletante, étalée inerte, avec l'impression de flotter. J'avais les yeux ouverts mais je voyais des millions de points flotter dans mon champ de vision. Et quand enfin, je revenais à un état de conscience normale, je me mettais à pleurer. Je maudissais le peu de choses auxquelles je me raccrochais car je savais que c'était elles qui m'avaient empêché d'aller au bout de mon geste. Je me haïssais ! Je me maudissais ! Je me sentais lâche ! Parfois j'avais eu la dangereuse pensée que seule ma mort pourrait faire bouger les choses. J'avais l'impression que seule ma mort leur ferait comprendre à quel point je souffrais ! Mais je n'ai jamais eu la folie ou le courage d'y aller jusqu'au bout ! Alors où pouvais-je partir pour fuir l'enfer de ma mère ? Si la mort m'était interdite, je ne voyais plus que mon père. Et j'ai averti ma mère, de vive voix, mais elle m'a ri au nez ! Un jour, j'attendais le bus près de la gare et j'ai envoyé un sms à ma mère : "Laisse-moi partir." Elle n'a pas compris que c'était pour aller chez mon père et non dans je ne sais quel coin pommé pour me cacher ! Elle a appelé le lycée ! Et un nouvel enfer s'est développé ! J'ai su qu'elle racontait des choses quand mon prof principal m'a glissé à la fin d'un cours : "Le conflit perpétuel n'est pas une solution !" Pas besoin de tableau j'avais compris où il voulait en venir ! Je suis partie prendre le bus pour rentrer. J'avais envi de courir ! J'avais envie d'hurler ! J'ignore ce qu'elle lui a raconté ! J'ignore ce qu'il pense de moi de ce fait ! J'ignore tout bonnement ce que l'ensemble du corps enseignant pense de moi à cause de ma mère. Je ne sais ce que son talent de manipulatrice à créé ! Personne ne s'imagine à quel point une phrase d'aspect insignifiant peut résonner en moi ! C'est regrettable ou bénéfique je ne sais pas, mais ce divorce m'a appris à me méfier de tout ! Et cette phrase : "Le conflit perpétuel n'est pas une solution !" elle me blessait, elle me rongeait ! Toujours pour les mêmes raisons : devais-je vraiment me taire ? Devais-je laisser les mensonges tuer mon père ? Pourquoi est-ce que c'était à mon prof de me dire ça ? Pourquoi est-ce que ma mère ne faisait pas la part des choses ? Pourquoi ne se rendait-elle pas compte de ce qu'elle faisait ? Pourquoi est-ce qu'elle ne se calmait pas ? Pourquoi est-ce qu'elle a parlé, pourquoi est-ce qu'elle a intégré des gens que j'admire à ce tourbillon ? Je ne sais pas ce qu'ils pensent de moi maintenant et je brûle de savoir ce qu'elle leur a bien raconté ! Certes, je ne suis pas blanche et ma mère n'est pas toute noire ! Il n'y a pas d'extrême ! Mais vous reconnaîtrez que tant qu'elle n'admettra pas ses fautes, elle ne pourra pas se vanter d'être juste et honnête comme elle le fait si souvent ! Moi, je reconnais les miennes : je n'ai pas parlé de tout ceci assez vite. Je n'ai pas été à la hauteur de ce que j'aurais dû être pour empêcher la situation de devenir ce qu'elle est ! Parfois, je m'imagine être la fille de quelqu'un d'autre. Je vais même jusqu'à envier ceux qui se plaignent d'une vie calme ! J'ai envie de leur crier dessus ! Ils ne se rendent pas compte de leur chance, de la douleur qui leur est épargné ! Mais cette vie de chien, ce divorce pourri en profondeur aura au moins un avantage ! Je sais vraiment à quoi je ne veux absolument pas ressembler ! Je préférerai mourir plutôt que de ressembler à ma mère ou même mon père par certains aspects ! Que je brûle éternellement dans les flammes de l'enfer si mes enfants vivent cela ! Il n'y a rien de parfait, rien d'immuable, tout peut changer. Ce sont les mots que j'ai le mieux arrangé ensemble de toute ma vie ! Ils sont devenus ma philosophie, mon étendard et ma bouée de sauvetage. Ce sont mes mots ! Le 6 avril 2009. Le jugement, le dernier il me semble. J'étais en Normandie avec le lycée pour le programme d'histoire. Mon père m'apprend le verdict par téléphone. La première chose que j'apprends, c'est que je peux choisir où aller. Mais maintenant que je sais que j'ai le droit à tout ce que j'ai souhaité depuis longtemps, je pleure¿ Parce que je suis malgré tout obligée de rester avec ma mère ! Pourquoi ? Parce que même si mon père n'est pas la moitié d'un chômeur, ma mère lui pompe tant de fric qu'il n'en plus qu'à peine pour sa propre vie ! Comment pourrait-il m'assumer ? Impossible¿ Et je vais donc continuer dans ma petite vie merdique ! Éa ne sert plus à rien de se battre maintenant que tout est fini au niveau juridique. Je laisse tomber le combat contre ma mère sachant que je n'ai plus le choix. Je tente de restaurer la paix que j'avais chassée pour la faire réagir¿ Ma s¿ur n'allant plus chez mon père, tout se passe bien. Elle n'est plus là pour jouer les balances accomplies au retour le dimanche soir. Tout va bien, et je bénis le ciel que tout retrouva un certains équilibre car ainsi je pus passer mon bac français dans la sérénité. Les deuxièmes vacances d'été à la sauce divorce se passent bien. J'ai parfois l'impression que je ne devrais pas reléguer ce passé de plus en plus loin dans ma mémoire, c'est soulageant, vous n'imaginez même pas. Mais les ombres continuent à planer. Ma mère va récupérer 50.000 ¿ (non vous avez bien lu) et elle continue à se plaindre, à dire qu'elle est pauvre. Me parents sont en médiation et parfois j'ai envi d'aller voir la médiatrice pour lui parler de ce qui se passe encore. Par exemple, je voulais faire du théâtre, et comme par hasard cette année, un atelier est ouvert au lycée. C'est un soir toutes les deux semaines et ma mère ne voulait pas m'y rechercher¿ Mon père doit faire 1h30 de route 1 jeudi soir sur deux pour me reconduire et repartir chez lui parce que ma mère ne veut pas faire 30 minutes de routes. Le lycée proposait une formation science Pô. Ne sachant pas vraiment ce que je veux faire plus tard, je voulais la suivre. Elle a d'abord refusé en prétendant que c'était une école privée, qu'elle ne veut pas me payer d'école privée. Ensuite son deuxième argument était qu'elle ne pouvait pas payer les 15¿ d'inscription, alors que comme vous l'avez lu plus haut, elle sera bientôt détentrice de 50.000 ¿ ! Quand je l'ai dit à mon prof, je ne sais ce qu'il en a pensé mais sa tête en disait long ! J'étais honteuse d'avoir dû dire ça ! Surtout qu'ensuite il s'était proposé de payer les 15 ¿ ! J'avais l'impression de faire pitié. D'être une mendiante ! Alors qu'en fait ma mère pouvait payer ! Il fallait que je trouve quelque chose mais je ne pouvais accepter que mon prof titulaire de terminale me fasse la charité ! Je ne suis pas tranquille, à tout moment, ma mère peut trouver une maison¿ Non pas que déménager m'effraie, mais je voudrais réviser mon bac ailleurs qu'au milieu des cartons¿ Enfin, c'est une question de confort mais il s'agit de mon bac ! Et puis, l'histoire de l'ancien domicile familial dans lequel nous vivions avec ma mère (nous = mon frère, ma s¿ur et moi) , crée encore plus de tension. Mon père dit ci, ma mère dit ça ! Ils veulent la vendre un coup, ils ne veulent plus la vendre l'instant d'après ! C'est à en devenir fou ! Ma mère continue à soutenir ses mensonges quand le sujet a le malheur de revenir sur la table¿ J'en ai marre¿ Elle est bornée et ne veut rien entendre, rien admettre¿ Mon père me reproche de plus en plus mon silence, laissant la honte et le regret me ronger un peu plus encore. Et c'est en partie pour cela que je me décide à parler, même si vous ne savez pas qui je suis. On m'a déjà dit que je n'avais pas à m'en vouloir, mais c'est plus fort que moi… Je parle ! J'écris plutôt… Pour évacuer cette honte ! En même temps, j'ai toujours peur de me plaindre¿ D'exorciser ma souffrance parce que j'ai peur de ternir le bonheur des autres ou de passer pour l'insatisfaite de service qui ne voit pas qu'il existe plus grave. Comment dire ? Vous êtes dans une conversation animée, vous broyez du noir, et quand enfin quelqu'un le remarque, que faites-vous ? Vous plombez l'ambiance en révélant ce que je viens de révéler ? Ou vous gardez cela pour vous, laissant les autres en paix et évitant d'être jugé par un passé détestable ? J'ai peur que remuer ce passé provoque un nouveau jugement ! Je ne veux absolument pas de cela ! Je n'en veux pas ! Malgré mes séquelles et mes remords, je ne veux pas replonger en procédure ! Ce qui est fait est fait et je vis avec désormais ! C'est la dernière fois que j'ouvre la boîte de Pandore. Si vous savez qui je suis, respectez-moi et ne cherchez pas à m'aider autrement qu'en vous taisant, ou, si vous tenez vraiment à en parler : en comprenant. Vous m'avez crue ou non je m'en fiche ! C'est ma vie et je suis soulagée d'avoir réussi à me confier au lieu de continuer à me taire comme trop souvent ! Pour les dubitatifs je vous souhaite juste une vie clémente qui ne se charge pas de vous prouver que telle situation est possible ! Pour les autres je refuse d'être prise en pitié ! Je refuse d'être un objet de tristesse ! Cela ne m'aidera pas à faire la paix ! C'est pour cette auto-sauvegarde de moi-même que j'ai choisi l'anonymat ! Anonymat ayant pour but de me protéger aussi de ma mère qui refuse toujours d'admettre ses torts et dont je dépends encore pour mon avenir. Il serait fâcheux qu'elle m'abandonne à ma majorité parce que j'ai osé dire la vérité ! J'ai encore des études à mener avant de pouvoir réclamer mon indépendance ! Cordialement, Une fille dévastée par le passé qui se forge un avenir : A l'image de ceux qu'elle admire, Aux antipodes de ceux qu'elle fuit ! Une enfant de divorcés¿ Ce message a été modifié par Akarja - 09 novembre 2009 - 00:19. Raison de l'édition : lien vers un blog dans le corps de texte prohibé. Donjuan.
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260910
b
Moi aussi !
Vous avez peut-être vécu la même histoire ?

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