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Témoignage d'internaute trouvé sur psychologies - 27/06/10 | Mis en ligne le 10/05/12
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Extrait écrit tiré du 'forum Jade39'… 2007-2008. Le silence, un silence total…Son silence. Le mur se trouvait devant moi. Un mur de briques grises, immense. Un mur aux distances infinies, inébranlable, inévitable sans doute…mais ma conscience avait obéi à l'ordre impérieux donné par l'âme et je n'avais plus eu le choix. Je devais absolument me détourner du mur. JADE tenait le revolver appuyé sur ma tempe. Elle ne me regardait pas. Mon unique et vraie compagne me menaçait de mort. Il fallait que je me retourne… De l'autre côté il y avait la mer, l'eau, la rivière qui coulait, les nénuphars blancs qui glissaient…, comme sur la photo. J'entendais le clapotis frais des vaguelettes sur les pierres rondes…le ricochet des gouttes bleues sur les galets grisâtres, le frémissement des roseaux qui penchaient doucement sur les eaux leurs têtes fines. Mais la réalité était devant moi, horrible, assourdissante…, angoissante…et JADE sentait mon coeur se serrer comme une éponge trop pleine. Mais les larmes coulaient à peine. Elles couleraient plus tard peut être. JADE n'entendait pas la rivière. Elle ne me regardait pas… Elle fixait le mur intensément. Je sentais la froideur douce du bout du calibre sur ma peau et j'étais certaine que ce revolver n'était pas chargé. Aussi je prenais mon temps. Je ne voulais pas frustrer JADE de son idée morbide. A moment donné elle relèverait la tête et me regarderait. Plus tard j'arriverais à lui sourire et toutes les deux nous nous retournerions. Le mur n'était pas pour moi et elle le savait… Elle se rendrait à la raison et l'imaginaire nous sauverait. Nous avions trop de choses à penser et à rêver. La réalité n'était qu'un passage sinistre…, un couloir gris ou Orphée désespéré, recherchait Eurydice au milieu des morts vivants…Tous ces êtres qui croyaient vivre mais qui en fait était morts et tristes. Sur la photo, la rivière était lisse et vide. Ophélie n'était pas dans la rivière. Et pourtant je savais que dés que JADE aurait baissé son arme je me précipiterais vers Ophélie. Je rêvais de la tirer de la rivière… Ce tableau de Millais me fascinait. Je pensais à Elisabeth SIDDAL posant dans la baignoire pleine d'eau de Millais, vêtue de sa robe longue et lourde de chagrin, s'imprégnant de l'idée de la folie amoureuse, ses yeux verts grands ouverts et écarquillés par la recherche mentale de l'état d'aliénation que le peintre désirait. Ophélie…pourquoi ? J'irais voir Ophélie et je lui demanderais juste "pourquoi" ? Le silence était toujours là, définitif…, on avait laissé la porte de son bureau ouverte mais il était absent. Il semblait faire moins froid à Londres qu'à Paris, Internet me le disait. Ma pensée allait vers lui sans arrêt…J'avais l'impression qu'un vide horrible étreignait le bâtiment. Je n'entendais plus son rire, ni sa voix… Je me demandais même comment j'en étais arrivé là et étant donné son absence de réaction… , son silence avec moi. Je m'en voulais maintenant…, mais c'était fait. Je me rendais bien compte aussi qu'il était stupide de regretter mon geste… Tôt ou tard, sous l'impulsion de JADE ma volonté aurait baissé les bras. Non il ne fallait pas regretter… JADE était toujours auprès de moi mais elle avait baissé son arme. Elle était épuisée. J'étais beaucoup trop forte pour elle et surtout je la connaissais trop bien. JADE agenouillée, vaguement en larmes à mes pieds, j'en profitais pour me retourner un peu…je ne trouvais pas la rivière derrière moi, mais bien cet amoncellement de tours grises sous ce ciel sinistre. Je ne parvenais pas à voir la rivière… Aucun rêve ne sortait. Mon âme était comme ankylosée, sinistre, pas un brin de soleil. Depuis quelques jours je ne rêvais plus, donc impossible de noter ou d'étudier quoique que ce soit. Mon psychisme était comme embrumé…et pourtant je savais que je rêvais puisque les savants le disent, …toutes les nuits, il paraît, au-moins pendant quatre vingt minutes…, nous rêvons. Mais là rien… J'appréhendais et espérais son retour à la fois. J'avais quitté le bureau où je me sentais glacée par son absence… Plus que trois jours et j'allais le revoir… J'avais un peu peur de son attitude avec moi. Allait-il m'éviter totalement, pousser sa porte, venir me tenir des propos conciliants… ? De toute manière, il ne me sermonnerait pas. J'en étais certaine. Il avait suffisamment d'estime pour moi pour ne pas me traiter en gamine. Du moins je l'espérais. En fait, je pensais que sans doute un peu déstabilisé, il allait m'éviter soigneusement… Et je l'éviterais aussi. Le problème résidait dans cet amour qui était là, très fort, très tendre… et dont je ne parvenais pas à me libérer… , pour le moment. Faudrait-il que je lui suggère d'être dur avec moi ? Probablement en aurait-il lui même l'idée… Le problème, c'était l'amour. Je tenais trop à l'amour. L'amour était vital pour moi… mais il n'intéressait pas les autres… ce qui les intéressait, c'était ce que les autres voyaient à leur sujet… , que du conforme enfin. Pour vivre normalement, l'amour devait être absent, la passion n'en parlons même pas. L'essentiel pour eux, c'était de trouver un (une) partenaire conforme, tenter de le (la) , supporter, faire les "concessions" , se passer de l'admiration, de l'essentiel sentimentalement profond. Il fallait faire comme les autres… à tout prix. Et j'entendais encore la voix de mon père me questionnant _ "pourquoi ne peux 'TU' pas faire… comme les autres ? "… Mais les autres m'attristaient, m'ennuyaient,… à mourir. Les autres me donnaient des idées suicidaires… Ils vivaient, calculaient, pensaient sans songer, sans réfléchir, sans se retourner. Ils étaient morts… ils n'aimaient pas… , ou faisaient semblant comme pour tout et tout était normal ainsi, aucune flamme noble et réelle n'animait leurs âmes mesquines… , ils ne vivaient que pour le pouvoir, l'argent, la domination, les pulsions. Ils étaient des morts vivants et Orphée fou amoureux d'Eurydice, au milieu d'eux dépérissait rapidement et sûrement. Chercher l'amour c'était plus ou moins chercher la vie au milieu des fantômes, je le savais… et d'ailleurs les autres ne le cherchaient pas ou savaient bien désespérément qu'ils ne le trouveraient pas de toute manière… , autant se torturer en vain, la nature est ainsi, cruelle pour les âmes et les corps. L'essentiel pour tous ces êtres que je finissais pas mépriser, c'était d'avoir une situation… , sociale, normale, conforme et débilitante et tant pis pour les sentiments authentiques et pour la vie. L'amour s'était glissé dans nos films pour nous distraire, mais dans la réalité il ne fallait pas y compter… , quite à supporter une vie conjugale insoutenable… et si pénible car elle vous laissait croire que vous étiez quelqu'un… , comme toutes ces femmes qui poussent un chariot à bébé, emplie d'une forme vivante et qui se croient ainsi vivantes parce qu'elles se sont enfin photocopiées… , cela leur donne le droit de vous écraser les pieds, de vous rouler dessus… , elles ont travaillé pour la patrie, on les comprend. Je ne savais même plus comment vivre au milieu de ces êtres, comment leur parler, comment ne pas les agresser ? Comment ne pas les haïr ? Je devinais toutes leurs angoisses, tous leurs désirs vils de pouvoirs et de domination, de désirs d'humiliation inconscients, toutes leurs petites névroses et frustrations qu'eux-mêmes ne voulaient même pas connaitre… , toute leur peur, leur terreur devant le vide leur existences conformes et vides de sens. Le mépris que j'avais pour leurs désirs purement cupides et bas m'effrayait moi même… , leurs désirs de puissance surtout m'épuisaient. Et 'Lui' était peut-être pour moitié un peu comme eux… , il se trouvait en face d'une décalée authentique et désespérée et ne savait que faire pour la consoler de l'horreur de la vie réelle et surtout de son incapacité à y faire face. Je cherchais partout une beauté qui ne pouvait qu'être que très éphémère. La beauté est dans tous nos rêves mais elle ne dure pas. La réalité cauchemardesque revient au moindre prétexte un peu égoïste ou matérialiste. La vulgarité est toujours derrière la porte, guettant une ouverture propice à la distillation de son poison haineux. La vraie beauté, elle,… celle qui émouvait… faisait peur aux sordides. Elle les angoissait tant dans les certitudes qu'ils s'étaient contées, qu'ils tentaient de la détruire absolument quand elle risquait de se trouver sous leurs pas. La beauté intérieure ou extérieure, ma beauté, sa beauté, notre beauté… , on avait inventé le mot sa majesté, sa seigneurie etc… mais pas 'sa beauté'… , pourquoi ? Tout simplement car la beauté n'était pas la règle, elle était l'exception… , cette exception tabou qui faisait peur et renvoyait tout à distance. La beauté tel un monstre, diffusait ses rayons de peur et de lumière et les autres s'enfuyaient autour d'elle fascinés, terrifiés jusqu'à l'envie de la noyer car ils étaient tous pour la plupart laids… , si laids, intérieurement et extérieurement… , ils étaient de cette laideur surhumaine… , qui aurait stupéfié certains philosophes… Intrinsèquement laids, laides. Ma hantise était d'être devenue comme eux, comme elles… , rongée par la jalousie, par l'horreur, l'ennui de vivre, sa propre gêne devant les autres et la haine… Je saisis la difficulté instantanée de me lire à cet instant de vérité sordide… mais si la beauté était à ce moment là en moi, elle n'était encore que latente, mystérieuse, intérieure, effacée d'un coup de stabylo noir brutal… , car ma douleur était trop grave.
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253065
b
Moi aussi !
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