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Témoignage d'internaute trouvé sur psychologies
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Salut cousine, Tu as parfaitement le droit de déprimer, d'être triste, de ceci ou de cela. Et je ne pense pas que personne se dise, "encore une qui"… ou alors, on n'en a pas fini avec ce genre de comptabilité. Perso, je ne me sens pas triste, mais usé, cassé. On dirait qu'à présent j'atteins une maturité qui me permet de faire vraiment des choses abouties sur le plan créatif, d'une part. D'autre part, de faire le deuil de l'impossible, ce qui permet, une fois allégé de ces attentes sans retour, de consacrer son énergie à ce qui est possible. Par exemple, je ne cherche plus à rassembler des musiciens autour de mes compositions, car j'ai compris que sauf à appartenir à une "tribu" particulière, rasta pour reggae, rocker pour rock'n'roll, bikers pour blues et tutti quanti, ou sauf à proposer du fric, personne ne bronche. Ah, si tu as des plans pour jouer quelque part et qu'il y a du pognon à la clé, même si c'est pour faire du balloche, du "tiens-voilà-du-boudin", là tu as du monde. Mais sinon, rien. Donc j'ai renoncé et la musique restera mon jardin secret. Tellement secret que j'en viens à me dire que si je maîtrise un jour le sax soprano, peut-être que ça ne changera rien et que je n'en ferai rien d'autre que jouer dans mon coin, m'enregistrer et faire mes morceaux sans rien demander à personne, comme un sauvage. Trop déçu par l'inconsistance de certains, l'hypocrisie d'autres, leur manque de culture, d'ouverture musicale, et surtout leur côté à fond sur le rentable, qui fait qu'il est quasiment impossible de voir autre chose sur les affiches annonçant des concerts, que de la variété, du rock, du rap ou du reggae. Des forces sont là, qui agissent, essentiellement économiques, et qui font que tout conduit toujours au même résultat. J'ai cru pouvoir lutter contre ces forces, par le seul biais de ma force de conviction, par l'entremise de ma créativité et mon inventivité. Je me suis rendu compte que créativité et inventivité n'étaient pas des atouts, mais des handicaps. On ne demande pas aux gens d'être créatifs dans la musique, mais de répondre à une demande, de venir s'inscrire dans un créneau porteur. Donc exit mes attentes irréalistes. Il y a des places à prendre, certains les occupent, à foison, il y a pléthore en la matière, des Bénabar ou des Obispo, et ils se bousculent. Tous ne réussissent pas, et pourtant c'est dans le commercial à fond la caisse. Alors dans le reste, c'est encore plus la misère et moi, dans ma région pourrie, je sais que rien n'est possible si on n'est pas un tant soit peu dans des démarches soit commerciales à bloc, soit parce qu'on est jeune et jouant de la musique pour les jeunes (donc, en fait, un "effet ghetto" en dernière analyse) , soit en appartenant à un genre particulier visant un public particulier (ce qui est encore un effet ghetto). Moi, me situant à la confluence du jazz-rock, de la musique Zeuhl et des musiques répétitives inspirées de Steve Reich, je suis inclassable et du seul fait d'essayer de trouver l'interface entre ces différentes influences, je me situe dans un créneau qui déjà déçoit les puristes de chacun de ces genres, et me met hors d'atteinte sauf pour une éventuelle élite éclairée, laquelle manifestement n'est pas très présente dans ma région. Donc inutile de se fatiguer plus, je composerai encore mais pour moi, basta. De ce fait, maintenant je consacre mon énergie à des projets plus réalistes : écrire un roman, créer des oeuvres. Donc finie la triple casquette d'écrivain, de musicien et de plasticien. Ne restent que l'écriture et les arts plastiques. Je me suis recentré. Pour autant, je disais maturité et recentrage, mais je dois faire avec l'usure. Je me lève tous les matins cassé, mal partout. Je n'ai plus la forme, vraiment plus. Les épreuves que j'ai traversé ont laissé des traces, des stigmates. Paradoxalement, j'ai le sentiment d'être enfin arrivé à maturité, capable de proposer un projet cohérent et fort, de tenir quelque chose qui vraiment peut cogner, peut envoyer un maximum, laisser sans voix, cloué, émerveillé. Mais je le fais avec ce qui me reste de forces et je me sens diminué. Je n'ai plus revu mes enfants, qui m'ont renié, qui m'ont fait passer pour le pire salaud de la terre. Certes ça n'est pas vrai, et les personnes au premier rang, j'entends par là les juges, n'ont pas été dupes. Mais reste que beaucoup d'autres, ceux que je croise au quotidien quand je sors de chez moi, ont plus ou moins accordé crédit à cette histoire et que je me sens souillé. Les gens qui ont participé à l'enquête sur moi, mais n'avaient pas la pertinence et le recul nécessaire, n'ont vu que ce qui me chargeait, et non pas ce qui permettait de conclure à mon innocence. Pour eux, je suis un salaud qui s'en est bien tiré. Je comprends, c'est humain. Mais ça me blesse et me souille. J'ai demandé, dans le cadre de mon boulot, à ne plus être au contact d'enfants, pour ne plus courir le moindre risque. J'avais fait, en bonne et due forme, une demande de poste adapté. Il semblerait que, aux dernières nouvelles, ma demande ait été rejetée. Cela signifie qu'à la rentrée prochaine on va me demander de prendre à nouveau des responsabilités en milieu éducatif et là je refuserai, purement et simplement. On va droit au clash et je ne sais pas ce que je vais devenir. Je me suis inquiété de ça et maintenant je me dis, inch'Allah, on verra bien. Si je dois survivre, vivoter avec pas grand-chose, d'un autre côté je serai créateur à plein temps. Et tant pis si je ne revois jamais mes enfants. Je ne peux pas lutter contre leur aliénation. S'ils doivent comprendre un jour, ils se manifesteront. En attendant, je dois faire ma vie. Avec les séquelles, mais c'est ainsi. Tu vois cousine, je suis triste quelque part, mais surtout, surtout, profondément écoeuré, déçu. En même temps, exalté par ce que je crée, en pleine effervescence parce que je sais que je tiens un truc, un truc vraiment balèze. Mais je n'ai plus l'énergie ni la forme comme autrefois. Je fais comme je peux, tout doucement. Voilà. Je te comprends. Il y a des moments où on voudrait en finir, cesser de lutter, où on se dit, mais putain, à quoi ça sert tout ce binz ? ? ? Je réponds que certaines petites choses, certes ténues mais importantes, font sens et nous donnent envie, à d'autres moments, de tenir le coup. A chacun de trouver ces petites choses. Pour moi, c'est ma compagne, merveilleuse créature, qui est mon petit ange sur terre. Son sourire illumine ma vie, quand elle est heureuse, quand je lui dis des mots doux et qu'elle me souris, quand ses petits yeux brillent, je suis le plus heureux des hommes. Et puis il y a ma maison, que j'aime tant, même si elle me donne beaucoup de boulot et que je n'ai plus la force de m'en occuper comme je le devrais. Mes amis, mes proches, mes parents. Et cette chose curieuse, déconcertante, que je porte en moi, indéfinissable, et qui fait qu'émergent de moi des scories, des bribes, des fragments d'un monde intérieur qui est marqué du sceau de ce que Freud appelait "l'inquiétante étrangeté"… Je me dois de continuer d'en accoucher, jour après jour, tant bien que mal. Voilà cousine. C'était mon témoignage amical. J'espère que ça t'aura apporté quelque chose, même si je serais bien en peine de dire quoi. Bises. A bientôt. Ubik.
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269688
b
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