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Huit ans.

Témoignage d'internaute trouvé sur forumados
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Salut, c'est le prologue d'un roman que j'écris en ce moment. Merci de me dire votre avis ! Prologue. Thomas Rantin descendit de l'hélicoptère en se cachant les yeux du soleil. Le champ de ruines qu'était devenu Paris était trop ensoleillé ce jour-là. Il n'aimait pas ça, les prisonniers allaient être endormis par la chaleur. Alors déjà qu'entendre un prisonnier pleurer quand il fait bon est horrible, mais alors, quand il fait chaud ! Ce jour-là, on l'avait appelé pour faire parler une jeune femme de dix-neuf, sans nom à priori. Elle avait refusé de le donner mais ferait peut-être partie d'une résistance. Alors il fallait qu'elle parle. Thomas soupira. Il en avait marre des résistants. Huit ans qu'il les faisait parler, au début, c'était un vrai défi, mais avec la fatigue accumulée sous ces huit anées de guerre, la plupart des prisonniers parlaient sans qu'on les ait supplié. Un ennui mortel pour Thomas qui était sans cesse appelé pour des stupidités d'une facilité déconcertante. Trois soldat vinrent l'accueillir et l'emmenèrent dans ce qui avait été le Louvre, il y a déjà longtemps. A l'intérieur, pas de clim. Juste une chaleur encore plus horrible que dehors. On l'emmena dans une petite cour où une femme d'une cinquantaine d'années vint vers lui et se présenta : "Allie McMilan, directrice de cette prison. Vous êtes ici pour une jeune femme non-identifiée qui refuse tout. Même de se nourrir. Elle n'est pas grosse du tout, ne soyez pas surpris en la voyant. Elle a quelques blessures sur les bras, nous pensons qu'elle s'automutile. Pourquoi ? Nous n'en savons rien alors ne me posez pas cette stupide question. Suivez-moi." Thomas leva un sourcil mais obéit sans poser de questions. Ils retournèrent dans l'intérieur surchauffé et montèrent au dernier étage. Dans l'ascenseur, Allie reprit la parole. "Je vous préviens M. Rantin, cette demoiselle est soupçonnée de nombreux meurtres. Elle est dangereuse, faites attention à ce que vous dites et à ce que vous faites, je ne… - Je connais mon métier, merci madame McMilan." La femme se tut un instant et l'ascenseur arriva à l'étage. Ils sortirent et traversèrent un long couloir. Thomas se demanda pendant une seconde ce qu'étaient devenues les oeuvres d'art. Mais il dut rapidement stopper ses pensées car il arriva devant la jeune femme en question. Elle était enchaînée au mur, avait la tête baissée, les cheveux sales, les ongles rongés, les vêtements puants. A côté d'elle : une assiette pleine et un verre d'eau vide. Elle leva lentement la tête et Thomas découvrit un visage creux, des yeux verts totalement vides, une bouche fine et recouverte de sang, une peau recouverte de saleté. Puis il remarqua les nombreuses entailles sur le bras. Ils pensaient qu'elle s'automutilait ? Pourquoi le penser ? Cette gamine se tailladait, c'était évident. Pourquoi lui laissaient-ils de quoi le faire ?! En arrivant à Paris, Thomas n'aurait pas pensé se retrouver devant une jeune femme dans cet état. La plupart du temps, les prisonniers ont ne serait-ce qu'une lueur de folie dans l'oeil. Elle, rien. Le vide. Thomas demanda à McMilan de partir, la directrice tenta de refuser mais l'homme était prêt à devenir brutal pour être seul avec la fille. Quand enfin ils ne furent plus que deux, il s'assit devant elle et pencha la tête sur le côté. "Qu'est-ce que vous voulez ?! " Thomas sursauta. Il pensait qu'il entendrait une toute petite voix, faible. Mais il s'était trouvé face à un ton agressif, empreint d'une haine sauvage. "Vous comprendre mademoiselle. Entendre votre histoire, savoir comment et pourquoi vous refusez de manger et vous vous entaillez les bras. - Je ne refuse pas de manger, c'est eux qui ne me nourrissent pas. Parce que j'ai tué le mari de madame McMilan." Elle avait prononcé ce nom avec un mépris palpable. Thomas leva les sourcils. Premier indice : elle avait déjà tué. Mais la fille comprit vite son erreur et s'enferma dans un silence compact. Thomas n'eut même pas besoin de lui parler pour savoir qu'elle ne répondrait pas. Enfin une "patiente" divertissante. Il resta aussi immobile qu'elle et ils s'affrontèrent du regard. Thomas finit par se lever. Il commença à s'éloigner, feignant l'indifférence. "Attendez ! " Il sourit avant de se retourner. Il revint lentement vers la jeune femme et se remit à la même place. "Qu'est-ce que vous voulez savoir, exactement ? - Pour commencer, votre nom, répondit-il. - Je ne l'ai jamais dit à mon meilleur ami, vous croyez vraiment que je vais vous le dire à vous ? Qu'est-ce que vous voulez d'autre ? Ne me posez pas de questions stupides du genre : "Fais-tu parti de la résistance ? " . Est-ce que j'ai l'air d'encore en faire parti, là, aujourd'hui ? - Non. C'est pour ça que je vais te demander si tu faisais parti d'une résistance. - Devinez." Thomas soupira et la regarda attentivement. Elle voulait qu'il devine, et bien il allait deviner : "Tu me parles sur un ton provoquant, tu refuses de donner ton nom : un instinct que tout le monde n'a pas. Tu… sembles résister à la douleur, à la faim, et même à la saleté. En fait, rien n'a l'air de te faire peur, je pense que c'est parce que tu faisais vraiment parti d'une résistance, et que tu en as vu de bien pire que ça." La réaction de la fille fut des plus inattendues : elle plongea en avant et attrapa Thomas par la chemise. A quelques centimètres de lui, elle parla. Son haleine était affreuse, mais l'homme s'en fichait, il était mort de peur. "Oui, j'en ai fait parti, et oui j'ai connu bien pire. Avez-vous déjà senti la mort près de vous docteur ? Avez-vous déjà senti son odeur ? Avez-vous déjà eu l'impression que le froid vous emprisonnait et tentait de vous étouffer ?! J'ai connu tout ça, et bien plus encore : l'abandon, la rue, la trahison. Donc oui, vous pouvez dire que je résiste, mais je n'en ai rien à foutre de vos stupides conclusions ! Renvoyez votre costume chez le teinturier, et revenez me voir en homme, pas en pantin, remarque, "pantin" , Rantin, il n'y a pas de grande différence ! Dégagez d'ici, et laissez-moi crever en ayant fait quelque chose de bien pour les autres ! " Elle le poussa en arrière et retourna contre le mur, le regard plein de haine. Thomas la regarda, paniqué. Mais il tenta de masquer sa peur. Cette fille était folle. Il n'y avait pas d'autre mot. "Si vous me croyez folle, vous avez tort, je suis juste à bout. A bout d'avoir tout perdu, je n'arrive pas à comprendre comment je suis arrivée ici, je ne vois pas mon erreur, qu'ai-je fait pour me faire prendre ?! Je… Je n'ai… Je ne comprends pas… - En racontant, peut-être que vous comprendriez… - Tiens, de retour au vouvoiement ? Demanda-t-elle, un sourire aux lèvres. M. Rantin, laissez-moi vous dire quelque chose : je suis une femme de dix-neuf ans, qui, dans quatre jours, va mourir. Alors à quoi cela me servirait-il de vous raconter mon histoire puisque de toute façon vous n'en ferez rien. - Je serai au procès juste avant l'exécution, si je vous connais, si vous me dites tout et vite, je peux avoir le temps de récolter de quoi vous faire libérer. Vous avez vraiment tué le mari de madame McMilan ? - Oui. Il a été ma dernière "victime" . Vous savez pourquoi j'ai fait ça ? - J'aimerai le savoir. - Parce que ce salaud a tué ma fille. Oh et ne me regardez pas comme si j'avais commis le plus terrible des péchés ! Je suis tombée enceinte et ce sale type a tué un bébé âgé de quatre semaines, sous mes yeux. Bien sûr, il l'avait brûlée avant de l'achever. Il a tué mon bébé. Ma petite fille… - Et si vous me racontiez tout depuis le début ? " La fille soupira et hocha doucement la tête. "J'avais onze ans au début de la guerre… Le début du premier chapitre : I. J'étais une fille de médecin et ma mère était instit. Bref, nous ne manquions pas d'argent. Nous avions un joli petit appartement à Paris. Pas très loin des Champs Elysées. C'était un matin de février. Il faisait particulièrement froid, tout le contraire d'aujourd'hui. J'allais au collège à pieds, ma mère m'accompagnait toujours. Souvenez-vous : février 2011. Le début de la guerre. Il se trouve que la première bombe à être tombée sur Paris est tombée dans ma rue. Je marchais aux côtés de maman quand nous l'avons entendue. Heureusement, nous étions déjà assez loin. Mais quand j'ai vu le regard de ma mère, j'ai compris que quelque chose de vraiment grave se passait. Ma mère m'a dit de courir et m'a prise par la main. Nous avons traversé beaucoup de rues pour finalement tomber nez-à-nez avec des soldats Canadiens. Les premiers à nous avoir tirés dessus. Ils ont attrapé maman par les cheveux. Elle tout juste eu le temps de me hurler de fuir. Pendant un instant, je n'ai pas pris conscience que ce qu'il se passait. Je n'avais pas saisi que ma mère allait être en prison pour avoir caché, avec l'aide de mon père, les informations sur les dégâts causés par les bombes nucléaires françaises. Moi aussi, je devais aller en prison, les soldats le savaient, alors l'un d'entre eux s'est lancé à ma poursuite. J'ai couru. Que pouvais-je faire d'autre ? Me rendre ? Alors que ma mère m'avait dit de fuir et que je tenais particulièrement à ma liberté ? Impossible. Plus petite, je pouvais me faufiler partout, le soldat a rapidement compris que je lui échapperai s'il ne m'attrapait pas le plus tôt possible. Mais je n'ai pas ralentis et j'ai glissé un peu partout… Pour me retrouver dans un cul-de-sac. J'ai désespérément cherché un planque, mais il n'y avait rien, pas même une poubelle pour moi. Le soldat est arrivé à son tour. Il a levé son arme vers moi et un coup de feu à résonné. Mais c'est le soldat qui est tombé, derrière lui, j'ai vu mon père. Mon coeur s'est gonflé de joie et j'ai couru vers lui. Il a jeté son arme et m'a regardée. Puis il m'a serrée dans ses bras en me soufflant que tout allait bien. Je l'ai cru. Pendant un moment je l'ai cru. Puis il m'a prit la main et m'a dit de me taire. Nous nous sommes mêlés à une foule qui tentait de se cacher. J'ai regardé autour de moi. Rien ne m'a plus choquée que ça. Contre un immeuble, une femme serrait contre son coeur un enfant mort, devant nous, un adolescent embrassait la petite amie en pleurant. A notre droite, un homme tentait désespérément de réunir ses trois enfants près de lui pour n'en perdre aucun. Le pire spectacle de ma vie. Sur chaque visage, on voyait la peur, la panique. On entendait les cris, on sentait la fumée des bombes. Je ne lâchais pas la main de papa. Soudain, nous nous sommes arrêtés, mon père s'est agenouillé devant moi et a séché les larmes qui coulaient sur mes joues roses. Puis il m'a dit qu'il devait continuer seul. Au début, j'ai cru qu'il plaisantait, mais un jeune homme est arrivé et m'a prise avec lui. Il m'a demandé d'avancer. Quand je me suis retournée, mon père avait disparu. Je l'ai vu pour la dernière fois ce jour-là. Trois semaines plus tard, j'apprenais qu'il avait été tué pendant son sommeil, étouffé. Le jeune homme qui m'avait emmenée s'appelait Damien. Il avait alors dix-neuf ans. Aujourd'hui, il en a vingt-sept et la police s'arrache les cheveux en voyant qu'il reste introuvable. Bref, Damien m'a emmenée. Nous avons marché pendant, longtemps, alors, tandis que nous faisions une petite pause, je me suis endormie. Quand je me suis réveillée, Damien marchait en me tenant dans ses bras. J'ai discrètement regardé autour de moi et j'ai vu que nous étions en pleine campagne. Dès que Damien s'est aperçu que j'étais réveillée il m'a posée par terre et m'a regardée. Puis il a soupiré et nous sommes repartis. Nous étions seuls, à marcher sur une route en terre battue. Le soir tombait quand nous avons vu une ferme isolée. Damien m'a dit que c'était là que j'allais. J'ai su qu'il ne resterait pas avec moi. Je l'ai suivi jusque là bas et j'ai fait la connaissance d'une femme d'environs cinquante ans et de son mari, de dix ans de plus. Ils m'ont fait entrer et m'ont servi à manger. Ils m'ont demandé mon nom. J'ai hésité une seconde avant d'opter pour le mensonge : "Anna." La femme n'a rien demandé, mais son mari a froncé les sourcils et m'a fixée intensément. J'ai baissé la tête et j'ai mangé. Ils se sont aussi présentés, la femme s'appelait Sandra, lui c'était Milo. Ils m'ont dit qu'ils allaient avoir besoin de mon aide dans la ferme, je n'ai pas tout de suite compris ce que ça voulait dire. Dès que j'ai terminé mon diner, Milo m'a montré ma chambre, je me suis endormie sans problème, j'étais épuisée. Le lendemain, ils m'ont laissée dormir, mais ce fut bien la seule fois. Je me suis réveillée en fin d'après-midi et j'ai aidé à préparer le diner. Puis nous avons mangé et j'ai encore dormi. Cette fois, ils m'ont réveillée à six heures du matin pour nourrir les chevaux, l'âne, les poules et les oies. Milo m'a tout expliqué, puis il m'a emmenée dans les champs et m'a expliqué l'entretient. Puis, en fin d'après-midi, il a sorti une vieille jument de l'écurie. Elle s'appelait Mirage. Elle était entièrement noire. Milo m'a proposé une petite leçon d'équitation. Voyant que j'hésitais, il a choisi à ma place et m'a fait panser la jument. Puis je l'ai montée, sans selle ni filet. Milo la tenait. Ce fut le meilleur moment de ma vie. Mais le lendemain, Milo partait au marché avec Mirage. La jument est revenue seule, du sang sur sa robe noire. Je n'ai plus jamais revu Milo. Sandra a tenté, encore et encore, de savoir ce qu'il s'était passé, mais rien n'était là. Il avait été pris, tout simplement. Pour cette femme, ignorer si son mari était en vie ou non ne devait pas la troubler. Il allait revenir. Je sais qu'il est revenu, mais je l'ai raté de peu, je me suis fait arrêter juste avant de pouvoir le revoir. Pas de chance, hein ? Pendant un long mois, Anna et moi avons assuré, puis le travail est devenu trop dur, alors nous avons dû engager un ouvrier. Léo est arrivé trois jours plus tard. Voyez-vous Rantin, aujourd'hui, j'étais censée me marier avec Léo. Ne me regardez pas comme ça ! Ce n'est pas parce qu'on n'est résistant qu'on ne fait que résister ! Nous aussi sommes humains. Sans doute plus que les soldats d'ailleurs. Donc Léo est arrivé, mais il n'est resté que deux petits jours. Je n'ai pas vraiment eu le temps de faire sa connaissance. Bref, nous avons recommencé à travailler à deux. Nous étions en mars 2011 et la guerre était déjà bien lancée. Mais je n'en savais encore rien, Sandra ne voulait pas écouter la radio. Mais un soir, je lui ai demandé pourquoi il y avait la guerre. Je n'oublierai jamais ce soir-là. Sandra s'est assise devant moi et m'a tout expliqué, prenant gentiment le temps de répondre à mes questions peu nombreuses. Quand elle a terminé, j'avais compris. Je savais que je ne reverrai sans doute jamais ma famille, je savais ce que mon père faisait de ses journées, je savais aussi que j'étais dans la liste de ceux recherchés, mais que je ne voulais pas mourir. Alors je lui ai demandé pourquoi elle m'accueillait. Sa réponse reste gravée : "Parce que, moi non plus, je ne veux pas mourir." Je n'ai toujours rien compris.
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270756
b
Moi aussi !
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