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J'avais un ami...

Témoignage d'internaute trouvé sur psychologies
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Amis, Pardonnez la longueur de ce texte. Mais je ne me vois pas expliquer tout ça en faisant court et je suis si bouleversé… Avez-vous jamais fait des rêves à répétition ? Des rêves que vous reconnaissez en cours de route en vous disant : mais je le connais, celui-là. Je l'ai déjà fait… Et ils se répètent dans les moindres détails. Mais à chaque fois, on a l'espoir qu'on trouvera la clé. Oui, car clé il y a. Une clé qu'ils devaient livrer, qu'on a échoué à découvrir jusqu'à présent, et on se dit, avec un peu de chance, que le rêve voudra bien aller jusqu'au bout. Cette nuit, je l'ai fait encore. Je ne me souviens pas de tout, mais voilà, je vais tenter de le reconstituer, en partie. Tout d'abord, le background, sans lequel ce rêve ne pourrait se comprendre : J'avais un ami, il y a quelques années. On pourrait presque dire, un ami d'enfance. On s'est connus, on devait avoir 12 ou 13 ans. Nous étions inséparables. Je n'ai jamais connu quelqu'un comme lui. Fantasque certes, mais empli d'une poésie, d'une imagination sans bornes. Capable de donner une vie extraordinaire à tout ce qu'il racontait. Empli d'une étrangeté mais saine, belle. Noble. Son père était sculpteur, plasticien, un créateur fascinant, qui avait ramené, d'Afrique et d'Asie, une impressionnante collection d'armes, de masques, de statues, d'animaux empaillés, tous objets qu'il avait restaurés, réparés. Il avait conçu, dans les années 1900, une des premières bandes dessinées, qu'il avait entièrement peinte à l'aquarelle, incroyablement lumineuse. De temps en temps, il m'en montrait des extraits. Il nous parlait, nous livrait quelques impressions. Mais je ne faisais que passer, je venais chercher son fils. Je me figurais, en ce temps, qu'on avait l'éternité devant nous, qu'on aurait tout le temps de voir et de discuter, de tout ce qu'il fallait. Ils étaient une famille nombreuse : des frères, des soeurs… Moi j'ai surtout connu son jeune frère, qui est lui aussi devenu plasticien, par la suite. A partir du moment où nous nous sommes connus, Pierre et moi, il m'a accompagné dans tous mes projets, il était mon confident, j'étais le sien. Il savait tout de moi. Nous avons évolué ensemble, plusieurs années. Je l'ai littéralement embarqué dans ma passion pour la musique. Moi j'avais besoin de concrétiser. Lui pouvait se contenter de rêver. Il s'éparpillait facilement, alors que je persévérais. Mais nous étions indissociables. Souvent le soir, il ne parvenait pas à me quitter. Il me raccompagnait à pieds jusque chez moi, et arrivé sur place, c'était moi qui le ramenais chez lui. Et ainsi de suite ; et souvent, après le repas du soir, il revenait encore me chercher, passer une partie de la soirée dans ma chambre, à discuter, à se confier, à échafauder toutes sortes de projets. Quand il a eu sa première basse, c'était un type qui connaissait qui la lui a offert, elle était orange, moche… On l'a entièrement démontée et repeinte, en noir mat. A cette époque, on avait colonisé le cabanon de mon père, au bout du jardin, on l'avait insonorisé tant bien que mal, on y avait trimballé mon piano acoustique et on en avait fait notre studio. Une fois, on y avait joué à 11, alors qu'il devait mesurer 3 mètres sur 4, au grand maximum. On avait un chanteur passionné de blues, énorme, un Corse, Doumé, il bégayait, mais quand il se mettait à chanter, terminé, et quelle voix puissante, grasse, profonde… Je me souviens d'une fois où il pleuvait, il était reparti sous un minuscule parapluie qui ne le protégeait presque pas, ses épaules trempées, un ampli sous le bras… Un genre d'Obélix, super sympa et complètement décalé, improbable. On jouait et avec ma première voiture, on partait le soir sur le site du théâtre de Châteauvallon, là où nous avions vu Magma sur scène pour la première fois, et là on imaginait nos projets futurs. Plus tard, il a connu une fille qui était, en quelque sorte, jalouse de notre complicité, y voyait une menace. Cela nous a un peu éloignés. Puis j'ai entrepris des études, pour tenter de m'en sortir. J'étais loin, dans une ville universitaire, dans un autre monde, avec la pression de ne pas être largué, de suivre, de réussir mes examens, à tout prix. Lui, est resté en arrière. Je m'efforçais de le voir chaque fois que je redescendais, mais ça n'était pas aussi souvent que je l'aurais voulu. J'étais conscient du fait que la voie que j'avais choisie, celle de suivre des études, constituait en quelque sorte une trahison vis-à-vis de lui, de notre envie de faire de la musique ensemble. Mais il fallait être réaliste, nous nous y étions mis, aussi bien lui que moi, un peu tardivement, et mon idéal commençait à se fendiller. Nous avions vu, au tout début, Magma sur scène et il était resté sonné, comme moi, en était de transe, et depuis ce jour nous avions passé tout le temps possible à essayer de rassembler des gens, à monter des groupes, etc. Nous avons vécu plein de choses ensemble, très fortes. Des répétitions, des rencontres, des aventures humaines avec toutes sortes de jeunes de notre âge. Des galères, aussi. Quand je suis parti reprendre des études, je l'ai laissé en arrière, d'une certaine façon. De l'autre, ça a apaisé aussi les choses avec sa compagne, qui a fini peu à peu par m'accepter. On se revoyait. Quand j'ai eu fini mes études, j'ai été content de revenir dans le coin, de renouer avec lui. Ils avaient eu des enfants. Moi aussi. Il a été parrain d'une de mes filles. On passait des après-midi, des soirées ensemble. Nos gosses jouaient et formaient une joyeuse pagaille. C'était la fine équipe. Et moi j'étais avec mon ami, que j'aimais tant. Mais quelque chose s'était produit : il avait perdu son père. Et moi, je n'étais pas là quand il l'a mis en terre. J'étais en plein dans mes examens, mes fameux examens. Je n'ai appris la nouvelle qu'un mois ou deux plus tard. Et que faire, après coup ? Je pense qu'il m'en a voulu. Et puis, peu à peu, les soucis se sont installés. D'abord, sa femme a eu une aventure avec quelqu'un. Leur couple a failli éclater. Mon épouse s'est investie, a réussi à recoller leur relation. Cela les a liés à elle, peut-être plus qu'à moi, qui ne suis pas intervenu, ne sachant trop quoi faire, puisque je les connaissais tous deux. Je ne pensais pas qu'ils parviendraient à sauver leur couple. Je m'étais tenu à distances, non pas par désintérêt, mais parce que je me sentais trop impliqué, et je ne savais quoi leur conseiller. De mon côté, j'ai été victime de harcèlement sur mon lieu de travail. A l'époque, le concept n'avait pas d'existence officielle, mais ces choses ont toujours existé, n'est-ce pas ? Alors j'ai plongé dans l'isolement, la dépression. Peu à peu, je me suis retrouvé dans une telle impasse, sur le plan professionnel, que ça a tourné à la crise totale. Je me suis retrouvé arrêté pour dépression. Les relations avec mon épouse se sont détériorées. Depuis que nous avions des enfants, elle avait, de toutes façons, considérablement changé. Je me suis mis à avoir une vie étrange : elle me rejetait sexuellement, ne voulait plus de moi. Je sortais, je fuyais cette maison où je n'étais plus rien, plus désiré, en trop. Elle avait gagné les enfants à sa cause, qui me faisaient des reproches. Je tournais, je virais, je ne rentrais que lorsque je ne pouvais plus faire autrement, quand je savais que chez moi, tout le monde dormirait et personne ne me demanderait des comptes. Etrange vie, oui. Coupée du monde du travail, coupée aussi de mes proches qui s'étaient peu à peu transformés en juges, en persécuteurs. Mon ami, je l'ai perdu de vue. Puis, tout à éclaté : la séparation devenait inévitable. J'avais eu une aventure, de mon côté, qui m'avait ouvert les yeux : cette relation, avec ma femme, était morte. En se détournant de moi, en se refusant à moi pendant de semaines, des mois, elle m'avait perdu. Peu à peu, non seulement j'ai cessé de l'aimer, mais je ne pouvais plus la voir, il faut être honnête. Alors j'ai accepté que femme et enfants partent. Je savais que normalement, je les reverrais, eux, un petit peu, comme tout père divorcé. C'était peu, mais le contact se maintiendrait. J'étais naïf. En fait, ma femme s'était trouvé, sans rien me dire, un nouveau compagnon, un type qu'elle n'aurait jamais du rencontrer. Un ex taulard, qui avait fait de la taule soi-disant après avoir tué un type. Mais je soupçonne qu'en réalité, son séjour en prison, il l'a fait pour pédophilie. Un garçon qui était dans l'entourage de mes enfants m'a appris beaucoup de choses sur ce type, car il le connaissait de longue date. Le type en question avait déjà provoqué des histoires, toujours avec des jeunes gens, mais s'était toujours arrangé pour qu'il n'y ait pas de dépôt de plaintes, notamment parce qu'il avait de l'argent. Il en donnait aux parents, l'affaire était étouffée. Voilà avec qui mon ex femme refaisait sa vie. Moi, je n'ai su tout ça qu'après. Quand femme et enfants sont partis, nous étions convenus qu'elle me laisserait son adresse, un téléphone. Et puis, dans l'intervalle, la tension entre eux et moi étant devenue palpable, elle a persuadé un ami musicien de m'accueillir chez lui. Je suis donc parti. En revenant, maison vide, tags sur les murs, ordures partout, plus un meuble ou presque, et pas d'adresse ni de contact. Rien. Je cherche à revoir mes enfants, personne ne voulait rien me dire. Personne ne savait, ou ne voulait savoir. Et puis, convocation chez les gendarmes : j'y vais les mains dans les poches, tranquille, sûr de mon bon droit : pour moi, c'était elle qui était en tort, puisque partie sans laisser d'adresse. Et là, fouille au corps, garde à vue, perquisition : j'étais accusé d'avoir violé mes enfants. Je passe sur les sept longues années de procédures, véritable harcèlement par système judiciaire interposé, je passe sur l'angoisse, les cauchemars, la situation catastrophique, les résultats abominables en termes de santé, de moral, le tsunami professionnel, etc. Et là, j'ai constaté que mon ami, dans un premier temps, semblait sur la réserve. Comme il avait des enfants, et que j'avais injonction de ne pas m'approcher d'enfants, je ne l'ai pas trop revu. Plus tard, quand peu à peu s'est dessinée l'issue des procédures judiciaires, je l'ai eu au téléphone et là, il m'a confié que l'histoire était un peu grosse, qu'il ne l'avait pas crue. Quand tout a été fini, que les juges ont enfin compris que je n'avais rien fait, j'ai tenté de reprendre contact avec mon ami Pierre, en vain. Il faisait le mort. Il avait tourné la page. Le rêve, maintenant : Dans ce rêve, je me trouve dans un grenier, il y a des choses effrayantes, qui me font vraiment très peur. Je ne sais pas, c'est lié à un contact avec quelque chose de démoniaque, de très inquiétant. Mais il y a un rêve dans le rêve, et un carnet. Je sais que sur ce carnet, à un moment donné, dans ce rêve en abyme, un numéro me sera révélé, qui me permettra d'appeler Pierre, dans la dimension autre où il se trouve. Un peu comme si un médium, un démon, une puissance ambiguë pouvait me donner le numéro d'un autre monde, si l'on veut. Là, j'aurai le numéro d'un portable peut-être, en tous cas le moyen de parler à Pierre, de renouer le contact. Dans ce "rêve dans le rêve" , je n'attends que ça : entendre les numéros pour pouvoir me réveiller, et les noter, vite avant de les oublier ; et c'est ce qui se produit, je ne sais comment, j'ai en ma possession les numéros, et vite, je me "réveille" , c'est-à-dire que je sors de ce rêve enchâssé dans l'autre, et là je me saisis d'un papier et je note, tremblant à l'idée que je pourrais oublier la fin, me tromper, mal recopier. Vite, vite, je note mes chiffres. Et puis j'essaie d'appeler Pierre et là, soit que les chiffres soient inexacts, soit qu'il refuse de me parler, je n'y parviens pas, encore un coup pour rien. Il y a toujours une raison qui fait que ça ne fonctionne pas. Je suis berné, et je sens que ça amuse beaucoup les forces qui m'entourent, qui jouissent de cet échec. Je ne sais pas vraiment comment finit le rêve, si le démon se moque de moi, je sais seulement que je suis dans ce grenier, au milieu d'objets inquiétants, et que je comprends que jamais je ne reverrai mon ami. Et je me réveille en larmes, secoué de sanglots, déchiré par la perte de mon ami que j'aimais tant, et qui ne reviendra jamais vers moi. C'est ce qui s'est produit encore cette nuit. Il me manque. Il était l'innocence, l'enthousiasme, les projets, les envies, et puis cette AMITIE, cette chaleur que je n'ai jamais retrouvée depuis. J'ai bien eu quelques copains quand j'étais en fac, mais ce sont resté des relations plutôt intellectuelles. J'ai essayé par la suite de remonter des groupes, de faire de la musique, mais il n'y a jamais eu moyen : je tirai les wagons, j'étais celui qui proposait, qui fédérait, qui apportait l'enthousiasme, mais je me heurtais sans arrêt à l'inertie, à la résignation de ceux qui avaient compris, sans doute avant moi, que lorsque on veut faire quelque chose qui n'est pas commercial, quand on est dans l'utopie, on est voué à l'échec. J'ai eu une bande de copains à un moment donné, j'ai un peu retrouvé cette chaleur, cette solidarité entre potes. Mais nous nous étions construits sur des bases fausses, certains étaient là mais prenaient sans donner en retour. Versatiles, ils étaient parmi nous quand ça les arrangeait, mais il n'y avait pas de véritable lien. J'ai été déçu. Certains, quand j'ai été accusé, on émis des doutes. D'autres n'ont pas été corrects à tous moments. La bande a volé en éclats. Il n'est resté de cette bande que mon ami Gino, qui entre temps s'est mis en couple avec ma jeune soeur. Cette amitié me manque. Je la refoule le plus souvent, c'est comme mes enfants : Pierre a choisi de tourner la page, qu'y puis-je ? Je ne peux pas l'obliger à revenir vers moi s'il a décidé de me laisser en arrière. Est-ce une façon de se venger, parce que je n'étais pas là quand son père est mort ? Est-ce que, lorsque mon ex a sauvé leur couple, ça les a rapprochés d'elle au point qu'ils prennent définitivement son parti ? Je ne suis pas loin de croire qu'en tout état de cause, comme j'ai été sali par cette histoire d'accusations, ils réagissent l'un comme l'autre par une prudente distance, car après tout, "on ne sait jamais" , "il n'y a pas de fumée sans feu" , etc. La fille de Pierre, un jour, m'a croisé, m'a reconnu, est venue vers moi. Personnellement, je ne l'avais pas du tout remise. Elle m'a laissé un téléphone, une adresse, je ne sais plus. Chaque fois que j'appelais, Pierre n'était jamais là. J'ai écrit, on ne m'a jamais répondu. Quand les gens ont tourné la page, on ne peut rien y faire. On ne peut que se résigner. Mais, de même que pour mes enfants, qui reviennent me "hanter" dans des rêves où j'essaie de leur parler mais ils n'écoutent pas, sont trop petits, s'endorment pendant que je leur parle, semblent comme anesthésiés… Dans mes rêves, je n'ai pas les bons numéros et je ne peux pas parler à Pierre. Comme s'il était mort, disparu, englouti dans une autre dimension, pour moi inaccessible. Et je me réveille en pleurant, comme lorsque je rêve de mes enfants. Et la sale impression dure plusieurs jours, pendant lesquels je me sens si fragile, si démuni, si bouleversé, si injustement traité, si seul tout à coup… Voilà. Rien de plus à dire. Et le tout écrit à travers un écran de larmes. Simple témoignage. Juste besoin de le dire. Paix à vous, Ubik.
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271400
b
Moi aussi !
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