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Témoignage d'internaute trouvé sur psychologies - 21/01/11 | Mis en ligne le 13/04/12
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-Tu n'as pas de raisons de t'inquiéter, je te le promets. Et puis il n'y a aucune raison pour que ça arrive, jamais ça ne s'arrêtera, jamais… J'y avais cru pourtant, vraiment. Jamais je n'avais aussi peu douté en disant quelque chose, aussi peu douté de mes sentiments envers une personne. Elle était tout ce que je désirais, je n'aurais pu rêver mieux, sincèrement. La douceur, la joie de vivre, l'écoute, la compréhension, la générosité… Toutes ces choses que je n'avais trouvé chez personne d'autre auparavant, toutes ces qualités, elle les possédait. Une perle rare, la mienne, et j'étais Ô combien heureux de me le répéter sans cesse. Ça faisait deux ans que nous étions ensemble. Comme tous les couples nous connaissions des hauts et des bas mais jamais mon amour pour elle n'avait été remis en question. Il était toujours présent, pur et sincère, grandissant chaque jour. Jamais je n'aurais pu, ne serait-ce qu'imaginer, que cette histoire se terminerait un jour… -Comment peux-tu en être aussi sûr ? Ni toi, ni moi ne savons ce qu'il se passera demain. Tout peut changer, qu'on le veuille ou non… Je ne l'espérais pas, bien au contraire. Il pensait que je cherchais des excuses, que je ne l'aimais plus comme avant, mais c'était totalement faux. C'était simplement une peur qui me torturait l'esprit et le coeur. Une peur indicible, à m'en donner des maux de ventre lorsque j'y pensais. J'avais une telle crainte de le perdre, il était ce que j'avais de plus cher et la simple idée qu'il ne soit plus là, à mes côtés, pour me parler, rire ou m'écouter me donnait des frissons. Au moins on ne pourra pas me reprocher d'avoir cru que tout m'était acquis, c'était l'exact contraire justement. Je ne pouvais m'empêcher de penser qu'un jour il rencontrerait quelqu'un qui lui ouvrirait les yeux, quelqu'un de mieux… Qui l'écouterait mieux que moi, qui le rassurerait mieux que moi, avec qui il se sentirait mieux tout simplement. J'avais beau le croire sur parole lorsqu'il me disait qu'il m'aimait plus que tout et que rien ne changerait ça, cette pensée me suivait sans cesse, m'obsédait même… -Regarde moi… Tu es celle que j'aime, l'unique, la seule qui compte. Le temps avait passé, tout se déroulait à merveille comme ça avait toujours été le cas. Nous avions en tête des projets à n'en plus finir et nous espérions bien les réaliser, peu importe le temps que cela nous demanderait. Il nous arrivait même d'évoquer le sujet d'un bébé. Ce n'était pas prévu pour tout de suite mais nous y pensions. Elle avait fait de moi un homme confiant, épanoui et tout l'amour que je pouvais lui apporter ne suffirait jamais à la remercier de ce qu'elle avait réussi à faire de moi. Puis un jour, lors d'une réunion au sein de mon entreprise était présente une femme que je n'avais jamais vu. Ce qui m'a sauté aux yeux en premier c'était sa beauté. On pouvait dire de certaines qu'elles avaient du charme, elle, était extrêmement belle. Elle en avait sûrement conscience mais n'en jouait pas outre mesure. C'est ensuite son aisance au milieu de tous ces hommes, sa façon de s'exprimer à la fois douce et ferme qui m'ont interpellé. Un bijou solide et précieux dans un écrin candide. Nous avons échangé quelques regards et j'avoue ne pas avoir beaucoup suivi ce qu'il se disait, j'étais profondément troublé. A la fin de la réunion je ne pouvais m'empêcher de l'observer, je n'étais pas d'un naturel timide mais à cet instant je ne pouvais me résoudre à aller la voir. Après tout je n'avais rien de particulier à lui dire. Et une femme merveilleuse m'attendait à la maison. Alors pourquoi est-ce que je ne pouvais chasser son image de mon esprit ? … -Je t'aime. Je ne sais vraiment pas ce que je ferais sans toi… Plusieurs mois après ma peur ne m'avait toujours pas lâché, ce qui ne m'empêchait pas pour autant de vivre les choses à fond. Parce que quoique je puisse penser nous nous aimions et sa présence effaçait toutes mes angoisses. J'étais heureuse, sereine, mais dès que l'on se quittait c'était comme si… Comme si tous mes repères disparaissaient, comme si un voile glacé s'abattait sur moi, j'étais perdue. On pourrait dire que j'étais "dépendante", et cela renforçait d'autant plus ma crainte de le perdre. Qu'est-ce que je ferais sans lui ? Qui le remplacerait ? Personne, c'était une évidence. Qui faisait autant de bien que de mal. Mais je m'efforçais de ne pas trop y penser et les jours s'écoulaient… Ce soir-là, comme la plupart du temps, j'étais en train de préparer le repas lorsqu'il est rentré du travail. La soirée s'est déroulée normalement dirais-je, mais sans pouvoir m'expliquer pourquoi, je le sentais ailleurs. Il était moins réceptif à ce que je disais qu'en temps normal, il avait les yeux dans le vague. Je n'ai pas osé lui demander ce qu'il se passait de peur qu'il ne me reproche encore de craindre ce qu'il appelait une "faiblesse" de sa part. J'aurais attribué le mot "faiblesse" à n'importe qui d'autre mais pas à lui. A son égard j'aurais trouvé ça compréhensible à vrai dire. Mais après tout peut-être que je me faisais des idées. Il avait sûrement eu une journée pénible. En tout cas si j'étais dans le vrai, nombreuses des journées suivantes furent pénibles pour lui… Les marques d'affection dont il usait et abusait d'habitude étaient de moins en moins présentes, il parlait moins également et quand il le faisait on aurait dit qu'il se forçait pour me faire plaisir. C'est à ce moment que j'ai commencé à sombrer… "L'amour supporte mieux l'absence ou la mort que le doute ou la trahison." André Maurois. -Je voulais te dire… Je suis vraiment désolé… Suite à cette fameuse réunion, la jeune femme qui m'avait littéralement chamboulé se faisait plus présente dans les locaux. Je n'osais me l'avouer mais j'en étais plutôt content. Nous avons fini par entamer une discussion un jour et j'ai découvert que sous sa beauté se cachaient des choses bien plus profondes. Elle avait énormément souffert mais elle en parlait avec un détachement feint, elle ne voulait pas que l'on s'apitoie sur son sort. Cette force qu'elle semblait avoir acquis au fil de ses expériences c'était ce que ma petite amie n'avait jamais eu. Elle avait toujours été en proie au doute quoiqu'il arrive. On ne pouvait pas tellement le lui reprocher mais pour être franc c'était une chose qui me lassait et me peinait en même temps car je n'arrivais pas à les effacer. Effacer… C'était comme si ce que nous avions vécu était en train de se fondre dans un passé proche, un passé qui ne me tenait plus autant à coeur. Je ne pouvais pas m'empêcher de voir les choses sous cet angle pourtant rien ne m'avait jamais fait aussi mal jusqu'à présent. Je m'enfuyais lentement, malgré toute ma bonne volonté pour lutter contre ça, je ne parvenais pas à m'accrocher à cet amour qui avait été ma raison de vivre durant plusieurs années. Je ne me comprenais plus, c'était vraiment une sensation atroce. Mais je ne pouvais pas nier que cette histoire m'enthousiasmait de moins en moins… Mais pourquoi ? A cause d'une simple femme que j'aurais rencontré ? Ça n'était pas une raison valable pour moi qui ait toujours cru que personne ne remplacerait jamais l'élue de mon coeur. Je m'accablais de remords, je passais mes journées à réfléchir et essayer de comprendre, venant même à m'insulter de ce que je faisais. Car les choses évoluaient avec cette femme. Nous étions de plus en plus proches, et l'attirance qu'elle vienne d'elle ou de moi était indéniable. Je ne parvenais plus à résister et vint le moment où nos deux corps se lièrent, empreints d'une passion que je n'avais jamais connu. C'était mal, je le savais plus que quiconque et jamais je ne me le pardonnerais car je m'étais juré de ne jamais lui faire de mal. Mais je ne pouvais plus faire semblant, c'était au dessus de mes forces. Plus pour elle que pour moi car en faisant ça j'entretenais son espoir de nous voir aller loin, "plus loin que personne n'aura jamais été" m'avait-elle dit un jour… -Désolé ? Mais de quoi ? Qu'est-ce qu'il se passe ? … Il était de plus en plus distant, paraissait moins enjoué qu'avant. Et malgré cela j'essayais tant bien que mal de me raisonner, me dire que ce n'était qu'une passade et que son humeur s'améliorerait. Je me raccrochais à ces paroles qu'il ne me disait plus, à ces projets que nous avions fait, à cet amour qu'il m'avait promis éternel. Mais l'éternel n'est accessible à personne et l'espoir ne m'est plus accordé… Chaque jour devenait une torture, c'était une souffrance permanente que de ne pas savoir. "Est-ce de ma faute s'il est comme ça ? " , "Pourquoi est-ce qu'il ne m'en parle pas ? " , des dizaines de questions m'assaillaient en permanence, la pire de toutes étant "Y en a t-il une autre ? " . Je me sentais impuissante, je ne pouvais rien résoudre si je ne connaissais pas la cause de ce changement. Je sentais qu'il m'échappait "lentement mais sûrement" comme on dit. Ses regards, ses gestes, ses mots, tout semblait empreint d'un amour triste teinté d'indifférence. J'avais connu bien des fois l'indifférence à mon égard, pour autant je ne m'y était jamais habituée et ce sentiment me faisait toujours aussi mal, surtout venant de lui… Je me renfermais peu à peu dans cette coquille que j'avais quitté en le rencontrant. J'assistais, impuissante, à la mort de notre histoire, l'homicide de mon espoir. Je ne savais pas qui avait tiré mais la balle m'avait atteint en plein coeur et mes chances de me relever me paraissaient bien maigres… Elle furent réduites à néant un soir de juin. Je m'étais installée sur la terrasse pour profiter de la douceur qui s'était installée depuis peu, la tête tournée vers le ciel clair et dégagé, je ne pensais à rien et me laissait emporter par la beauté des étoiles qui avaient consenti à se montrer. Cela faisait bien longtemps que je n'avais pas connu ce sentiment de quiétude, mais il fût vite troublé par la porte que j'entendis claquer derrière moi. Il resta quelques secondes sur le pas de la porte, les yeux fixés sur le sol, la lumière qui traversait la fenêtre de la cuisine affaissait ses traits. Cette vision me donna des frissons, j'appréhendais ce qui allait se passer, c'était comme si je le savais déjà, j'aurais tout donné pour être à un autre endroit. Mais je ne pouvais pas y échapper, et après tout n'était-ce pas ce que je voulais depuis plusieurs semaines ? Je poussais un soupir, il s'avança alors vers la chaise longue à côté de celle où j'étais installée et s'assit. -Je voulais te dire… Je suis vraiment désolé… Je m'étais attendue à tout sauf à ça. Mais ça ne m'a pas rassuré pour autant… -Désolé ? Mais de quoi ? Qu'est-ce qu'il se passe ? … -Tu avais… Raison. Tu avais raison, et j'avais tort… . Les mots franchirent le seuil de ma bouche sans que je ne le réalise vraiment. Je ne croyais même pas à ce que j'étais en train de faire, ou du moins à ce que j'étais sur le point d'accomplir. Cette scène que je n'avais jamais réussi à visualiser, j'étais en train de connaître une des pires douleurs de ma vie. J'avais beau ne plus ressentir les mêmes sentiments pour elle, elle restait tout de même la femme qui m'avait fait grandir, évoluer à tous les niveaux, celle qui m'avait soutenu dans les moments pénibles, et je ressentais toujours une grande affection pour elle. Mais les choses avaient changé, je ne pouvais plus reculer. Il fallait que je le fasse, la situation était devenue bien trop pénible à vivre pour nous deux. Car même si elle ne m'en parlait pas je voyais bien que mon attitude la peinait au plus haut point. Quoi de plus normal après tout… Je sentais que mon courage s'évaporerait si je la regardais, si je plongeais mon regard dans le sien qui, je le savais, était sûrement baigné de larmes mais je devais le faire. Ç'aurait été de la lâcheté et elle ne le méritait pas, surtout après ce que je lui avais fais subir. J'ai donc pris une longue inspiration et j'ai levé les yeux. Je l'ai alors vu baignée par la douce lumière de la lune, plongée dans une sorte de désarroi qu'elle contrôlait du mieux qu'elle le pouvait. Durant quelques secondes j'eus envie de la prendre dans mes bras, de lui dire que tout ça n'avait été qu'un cauchemar dont nous nous réveillerions bientôt tous les deux et que les choses reprendraient leurs cours, comme avant. Mais à quoi bon se réfugier dans des idées fausses ? La vérité était là, devant mes yeux, il ne tenait qu'à moi d'abréger au plus vite ce douloureux moment. J'ai alors commencé, sans rentrer dans les détails évidemment, je lui ai expliqué ce qu'il était nécessaire qu'elle sache pour qu'elle puisse comprendre, inutile de rajouter un poids inutile à cela. Elle ne me lâcha pas des yeux durant tout le temps où j'ai pris la parole, elle devenait livide au fur et à mesure de mes aveux, mais elle n'a pas cherché à me couper, elle m'écoutait et c'était tout ce que je désirais à cet instant. Puis mes explications touchèrent à leur fin. J'attendais, j'espérais qu'elle dise quelque chose, n'importe quoi, mais qu'elle ait une réaction. Au lieu de ça, je la voyais fixer un point invisible pour moi d'un regard éteint, vide… J'avais déjà connu cette expression sur son visage, je m'étais promis de l'en effacer à jamais pour y loger un sourire resplendissant et permanent. J'avais réussi, durant quelques années… Quelques années qui semblaient n'avoir jamais existé, je la revoyais comme au jour de notre rencontre, si triste, désespérée, comme si le coeur qui battait en elle avait cessé tout mouvement pour ne plus laisser qu'un corps inerte, vide. Je m'en voulais tellement d'avoir fait ressurgir tout ça, de redonner vie à un semblant de mort, une mort intérieure, de lui refaire connaître cette apathie terrifiante. -Dis quelque chose, je t'en prie… Les mots me parvenaient, prononcés d'une voix douce et peinée à la fois et pourtant ils me lacéraient le coeur d'une manière inimaginable. Je détournais le regard au fur et à mesure qu'il me parlait, ne supportant plus de voir ce visage troublé, ce visage qui autrefois portait sur moi un regard débordant de tendresse et qui, à présent, me semblait inconnu. Ce flux de paroles continu me donnait des vertiges, me serrait le coeur. L'insignifiante flamme d'espoir qui continuait à brûler en moi s'était éteinte en quelques secondes, il y en avait bien une autre. Paradoxalement j'étais soulagée, au moins les choses étaient claires à présent, je n'aurais plus à me torturer sans cesse à la recherche de réponses inexistantes. Mais le soulagement n'était rien comparé à la douleur que je ressentais… Il m'avait aimé sincèrement durant toutes ces années je n'avais aucun doute là-dessus, il avait toujours été honnête avec moi. Qu'avait-il donc bien pu se passer pour que tout change aussi vite ? Avais-je fait quelque chose de mal ? J'avais pourtant été égale à moi même, peut-être s'était il lassé dans ce cas. Ou alors ce dont je l'avais prévenu plusieurs fois venait de se produire tout simplement, à savoir qu'il avait finalement réussi à dénicher mieux que moi malgré ses certitudes… J'aurai voulu lui poser ces questions, mais parler me demandait beaucoup trop d'efforts à cet instant. Je n'arrivais pas à réaliser, à assimiler la vérité ou plutôt je ne le voulais pas, car je savais que la chute serait brutale et que je mettrais du temps à me relever, si toutefois j'y parvenais. Je m'efforçais de penser le moins possible à ces choses que j'avais tant redouté et qui avaient cruellement pris forme à mes dépens. L'image d'une autre femme partageant sa vie m'était tout bonnement insupportable. Tout ce que nous partagions, les heures passées à discuter, les caresses, les regards, la complicité, les câlins, les baisers… Tout ça m'était retiré et appartenait désormais à une autre. Il n'était plus mien, c'était fini… Des projets envolés, des rêves brisés, voila ce qu'il me restait. Comment pourrais-je jamais croire à quelque chose après ça ? Certaines choses étaient imprévisibles certes, d'autres incompréhensibles mais tout cela me dépassait. Désireuse de calmer un peu mon coeur qui me lançait, je retenais mes larmes tant bien que mal et fixait mon regard sur l'horizon, faisant de mon mieux pour occulter la présence que je percevais près de moi. Au moins quelques secondes… - Dis quelque chose, je t'en prie… Dire, dire… Mais dire quoi au juste ? Que je l'avais prévenu ? Ç'aurait été d'une puérilité monstrueuse, et il en était conscient de toute manière, inutile de le lui préciser. Alors… J'aurais pu tenter de le retenir, lui donner des raisons indiscutables qui le convaincraient que je saurais le rendre heureux plus que quiconque, lui dire que je l'aimais de tout mon être et que rien ni personne ne m'éloignerait de lui, que c'était simplement une passade comme en connaissent tous les couples et que les choses rentreraient bientôt dans l'ordre, il fallait simplement laisser du temps au temps. J'aurais pu oui… Mais c'était son choix après tout, et loin de moi l'idée d'aller à l'encontre de ses désirs. S'il était plus heureux comme ça je me plierais à sa décision et me contenterais de souvenirs, mais au moins je le saurais heureux. Loin de moi mais heureux… Non je ne réalisais toujours pas. Mais je sentais son regard sur moi, pesant, impatient. Une larme finit par m'échapper et roula le long de ma joue. Je pris une profonde inspiration et desserrait les lèvres difficilement. -J'aurais tellement aimé me tromper… Je ne supportais pas de la voir dans cet état, d'autant plus que la faute me revenait. Mais quelle faute après tout ? Je n'avais rien provoqué, je n'avais pas voulu lui faire de mal bien au contraire… Les choses avaient changé simplement et notre histoire n'y avait pas échappé. Je l'aimais encore malgré tout, je ne pourrais pas balayer trois ans de passion d'un simple revers de main. Le temps s'en chargerait, et j'espérais qu'il en fasse de même pour elle. J'aurais voulu lui dire que je serais toujours là pour elle, que tout ça ne changeait en rien le fait que je désirais son bonheur, mais j'avais l'impression que la moindre parole aurait pu la briser. Elle paraissait si fragile, désorientée, bouleversée… Et n'avait toujours pas prononcé le moindre mot. Ce silence était insupportable, j'aurais voulu qu'elle m'insulte de l'avoir si honteusement trahi, si profondément blessé, qu'elle me frappe même. Tout plutôt que ce mutisme… Mais j'attendais, patiemment, ne regardant qu'elle, insensible à l'éclat des étoiles qui brillaient au dessus de nos têtes, à la lueur de la lune qui nous enveloppait, à la brise qui se levait parfois et qui faisait voleter ses cheveux autour de son visage, si triste… J'aurais pu la croire morte si sa poitrine ne se soulevait pas au rythme des battements de son coeur, elle semblait avoir oublié que j'étais là et s'était probablement perdue dans je ne sais quelle réflexion. Puis un autre signe de vie apparut au coin de son oeil, une larme. Une seule et simple larme. Je redoutais que d'autres surgissent à la suite de celle-ci, affronter son chagrin était une chose, faire face à ses pleurs en était une autre… Mais ce ne fut pas le cas, pas tout de suite du moins. Elle entrouvrit les lèvres, ces lèvres qui se languiraient à présent de mes baisers, puis enfin… -J'aurais tellement aimé me tromper… Sa voix était faible, brisée. Je ne savais que faire, je la regardais, impuissant. Aucune objection, aucune question… Elle rendait les choses plus simples sans aucun doute mais je me sentais coupable sans pour autant savoir pourquoi. Sa tristesse était palpable, je voulais partir, fuir ce regard vide, oublier ce que je venais de faire. Un espoir vain, mais présent malgré tout. Parce que je venais de mettre fin à ses rêves, ses projets… Nos projets. C'était terminé à présent, la vie reprendrait son cours, d'une manière différente mais elle continuerait. Je me levais, les yeux toujours fixés sur elle. Puis les mots franchirent le seuil de mes lèvres sans que je puisse les retenir. - Je suis vraiment désolé, sincèrement. Si tu as besoin de quoique ce soit… C'était donc ainsi que se terminait notre histoire. Sous un ciel étoilé qui avait auparavant surplombé nos promesses, nos "toujours". Je ne savais pas sur qui rejeter la faute, mais peut-être n'incombait-elle à personne non plus. C'est la vie comme on dit, j'ai toujours détesté le sens fataliste de cette phrase pourtant. Comme si l'on devait subir ce qui nous arrivait, qu'il n'y avait aucun moyen d'y changer quoique ce soit, la vie nous montrait le chemin à suivre et, sans forcément approuver, nous prenions la route qu'elle nous avait indiqué et la suivions tête baissée. A cet instant je pris conscience que je devrais continuer seule, nous n'étions plus deux. Mes doutes, mes faiblesses ne seraient plus amoindries par sa présence. Une boule se forma dans ma gorge à cette pensée, il avait toujours tout effacé, d'une autre manière c'est ce qu'il continuait à faire en mettant fin à notre histoire. Mais je ne devais pas baisser les bras, ce n'était pas l'envie qui me manquait mais c'eut été trop facile. Pendant des années ma vie avait tourné autour de lui, de son amour et du bien qu'il me procurait. Aujourd'hui je devais changer tout ça. Ça n'allait pas être une tâche aisée mais j'en étais capable, après tout peut-être était-ce ce qu'il me fallait pour enfin pouvoir me prendre en main. Tout ne reposait que sur moi à présent… Je me sentais mal, aussi bien physiquement que mentalement, mais je repoussais mes larmes tant bien que mal tout en sachant que dès qu'il partirait elles se déverseraient d'elle même sans que je ne puisse rien faire pour les retenir. - Je suis vraiment désolé, sincèrement. Si tu as besoin de quoique ce soit… Je me demandais s'il mesurait vraiment le sens de ses paroles. Qu'aurait-il répondu si je lui avais dit que j'avais besoin de lui ? Je n'avais pas vraiment envie de le savoir au fond. Sa présence ranimait les souvenirs que nous avions et je connaissais trop ma capacité à vivre dans le passé pour savoir qu'être près de lui ne m'aiderait pas à avancer. Il fallait couper les ponts. Peut-être pas indéfiniment, juste le temps que je me relève et me prenne en main. Je ne me sentais pas capable de vivre sans lui, pourtant c'était la seule chose à faire. Je n'avais guère le choix de toute manière, alors tant qu'à faire autant l'accepter. Je m'étendais sur la chaise longue, la tête tournée vers le ciel, les bras repliés sur mon ventre, le coeur meurtri… - Pars. S'il te plait… Je ne le vis pas mais j'entendis ses pas se diriger lentement vers la sortie et marquer un temps d'arrêt. Je m'efforçais de fixer attentivement cette étoile qui semblait briller un peu moins que les autres pour ne pas le regarder. Puis je l'entendis partir d'un pas lourd, et la porte se referma. Mes larmes se mirent à couler, je fermais les yeux et inspirais profondément. Il ne fallait pas que je craque… Je devais être forte, ne pas m'attarder sur la silhouette qui venait de franchir le seuil de ce qui fut notre maison. Garder le meilleur mais aussi le pire pour pouvoir encore apprécier les bonnes choses de la vie. Relativiser… Chose nouvelle qui n'allait pas être évidente. Enfin, un tas de remises en question m'attendaient. Et même seule, je ne devais pas baisser les bras. Jamais…
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