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Je te l'ai dit, je rêvais de suivre les traces de christian vander.

Témoignage d'internaute trouvé sur psychologies
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Cousine, Merci de tes encouragements. Le problème, c'est que je me suis donné un but, il y a longtemps. Je te l'ai dit, je rêvais de suivre les traces de Christian Vander. Jouer une musique qui s'inspirerait de Magma comme Magma s'est construit à partir de John Coltrane. Mais faut croire que je n'étais pas taillé pour ça. Ou alors que je m'y suis mis trop tard. Bref, maintenant je comprends que certaines choses, qu'avant je croyais incontournables, que je pensais sûres, sont tout à fait improbables. Je me disais justement que je n'étais pas sur terre pour rien, que j'avais un don, quelque chose à dire. Je comprends à présent que même si j'ai un quoi que ce soit en moi, je n'ai peut-être pas assez pour en faire quelque chose. Juste suffisamment pour que ça me complique la vie, me rende assez différent pour que les autres me le fassent payer, mais pas assez pour que ça crée une différence positive. Je me dis qu'il n'y aucun caractère obligatoire à l'épanouissement des talents, que ce monde est basé sur le gâchis (par exemple les tortues de Galapagos, plein d'oeufs au départ, très peu de survivants dans les minutes qui suivent l'éclosion) , sur le n'importe quoi. Le monde se fout bien que j'aie ou pas quelque chose à dire, ce qui lui importe en réalité, c'est que je sois consommateur, pour faire tourner le système, éventuellement producteur (parce que maintenant, le travail, il n'y en a plus pour tous, même ça, tellement le système va au bout du rouleau). Ce qui compte, c'est que je fasse ce qu'on attend de moi, et tout le monde sauf quelques rares individus, se fout bien que par ailleurs j'aie une richesse intérieure à exprimer. Les Van Gogh et autres, c'est une fois qu'ils sont morts qu'éventuellement on se préoccupe de ce qu'ils avaient à dire. Surtout si on leur découvre une valeur marchande. Mais de leur vivant, tout le monde se foutait de leur gueule et les prenait pour des fatigués. Voilà la vérité. Ces même Van Gogh qu'on s'arrache maintenant, et dont on est si fiers… A l'époque, on leur aurait lâché le chien dessus, sans remords. Et ça n'a pas changé. Pire encore : maintenant, avec les chaines de télé abrutissantes et leur lessivage constant, on prend les gens pour des abrutis, on fait tout pour qu'ils le restent et on inonde la culture avec des musiques de merde, des films de merde, en tellement grande quantité et en y mettant tellement les moyens que plus une place ne reste pour rien, rien n'existe plus à côté, ou en tous cas ça passe inaperçu. Des clampins qui n'y connaissent rien viennent se foutre de toi si tu écoutes des choses qui simplement ne sont pas à leur niveau, et ils te mettent le dernier tube à la mode en te disant "voilà, c'est ça de la vraie musique". C'est vraiment navrant… pour eux. En gros, ils sont bornés et en plus, contents d'eux. Incultes et fiers de l'être. Bravo, le conditionnement fonctionne à merveille ! J'atterris tardivement (presque cinquante balais, mieux vaut tard que jamais, hein) sur le constat que non, ici, dans ce monde qui accélère de plus en plus vers la connerie universelle version Aldoux Huxley, mon univers intérieur et ma sensibilité n'ont qu'une place exigüe, ne sont pas dans l'air du temps. Alors oui, j'ai le sentiment que je fais les choses juste pour ne pas renoncer, sur la vitesse acquise plus que par réel élan, mais sans trop y croire. Je crois en moi, en ce que je peux réaliser. Enfin, avec les petits moyens d'un mec seul, pas avec les tonnes d'effets spéciaux des cinéastes qui font du commercial. Je peux faire des petits trucs pas mal. Aboutis, même, à mon échelle. Mais ma place dans ce monde, mon identité sociale, je ne l'ai pas acquise. Ce n'est pas tant un besoin de reconnaissance en terme de gloire, de fortune, de fierté, qu'il s'agit. C'est plutôt que mon identité profonde est celle du créateur, rien d'autre, et donc rien d'autre ne marche. Tant que je ne réussis pas à faire accepter cette identité de créateur, je suis constamment en butte aux autres qui soient dénient mon identité (en se foutant de moi et en me traitant comme un fada) , soient réutilisent ça contre moi (en essayant de me faire passer pour un salaud par l'équation : il est différent, donc bizarre, donc susceptible d'avoir commis ce qu'on lui reproche) , soit plus quotidiennement en exigeant de moi que je mette de côté ma sensibilité pour faire ce qu'on attend de moi (on vous paie pour produire, pas pour rêver). J'ai besoin d'un minimum de reconnaissance mais en termes d'identité profonde. Je ne peux pas me sentir moi complètement si les autres, autour de moi, me dénient ce droit d'être ce que je suis. Je le sentais déjà avant mon histoire, mais le fait qu'on ait nié (le président du tribunal en personne, pour ne parler que de lui) mon identité de créateur, le fait qu'on se soit servi de ça pour en faire un signe, une preuve d'une supposée déviance en moi, m'a profondément affecté. J'avais déjà du mal à trouver ma voie avant, mais ça, disons que ça écarté les lèvres de la plaie et ça y a déversé du poison en grandes quantités. De l'acide sulfurique qui me ronge, encore et encore. C'est une série de clichés, mais efficace : de créateur on passe à farfelu, ça reste gentil, juste moqueur. Mais de farfelu, on passe à fatigué, c'est déjà nettement moins sympa. Et de fatigué, on passe pour un pervers et là, ben on a du mal à avaler la pilule. Moi j'ai intériorisé cette notion de pervers, je ne le suis pas, mais je sais que des gens le croient et je n'arrive pas à accepter ça, c'est trop injuste et trop à l'opposé de ce que je suis. Je rêvais de faire de grandes et belles choses, et pour un peu je passe pour ce que la terre a de plus détestable. Il y a de quoi l'avoir mauvaise, non ? … et dans mon dos, mon ex femme et mes ex enfants enfoncent le clou chaque fois qu'ils le peuvent. Je vais mettre des mois à faire un truc bien, abouti, qui va toucher deux pelés et un tondu. Pendant ce temps, mon ex petite famille va, en quelques minutes et sans efforts, baratiner des centaines de gens qui vont gober leurs histoires, en toute bonne foi. Comment accepter ça ? Simplement en se disant qu'on n'y peut rien. Ouais, c'est vrai. Mais on a quand même les glandes, voilà. Voilà, cousine. J'avais des rêves, un idéal, pas tant l'idée de moi au firmament en costume à paillettes, non. Mais un idéal de ce que je devais faire, accomplir sur terre. Et n'ayant pas réussi à être à la hauteur de ces rêves, je végète dans un boulot où je suis déconsidéré, un boulot qu'on m'a bricolé par pure pitié, et dans lequel je m'emmerde à moitié, me sentant tout à fait hors de mon univers. J'ai perdu le lien avec les gens qui devraient faire partie de ma tribu, les créateurs, mes pairs. A la place de quoi, j'ai été en contact avec des gens qui non seulement n'en avaient rien à foutre de ce que je créais, mais que ça gonflait. A mon boulot ça ne m'a fait que des problèmes, avec mon ex femme idem, finalement j'ai fourni aux autres, en montrant ce que je faisais, le contraire de ce que j'attendais. Non seulement ils n'ont pas apprécié, mais ils s'en sont servi pour me faire trébucher, pour essayer d'avoir ma peau. J'aurai besoin, pour me sentir bien dans ma peau, pour me sentir enfin à ma vraie place, que ma carte d'identité sociale ne soit pas celle du fonctionnaire déclassé qu'on ne sait plus comment recaser, qu'on a toujours mal noté et qui est passé pour un jobard tout le long de sa carrière. Ni celle du présumé salaud qui s'en est bien tiré parce qu'il avait un bon avocat. Mon identité, c'est le créateur, ça ne veut pas dire qu'on soit obligé d'apprécier ce que je fais, mais juste qu'on ne conteste plus. Dans mon patelin, il y a une artiste peintre, je ne pense pas que tout le monde apprécie son travail, mais personne n'essaie de faire croire qu'elle est autre chose. Pour tout le monde, si on dit son nom, les gens disent "ah ouais, la peintre"… Je n'en demanderais pas plus. Je voudrais qu'à mon nom, à mon image, soit associée celle de créateur, c'est ça mon personnage, ça l'a toujours été, du jour où je suis né. Rêveur, créateur, hypersensible. Rien d'autre. Le fait que j'ai essayé de faire un boulot et que ça n'ait pas marché ne me concerne que très incidemment et ne met pas en jeu mon identité profonde. Ce n'est qu'un accident de parcours, manque de bol, voilà. Et ça n'a aucun intérêt. Quand aux histoires de pédophilie, alors là, je ne me sens pas le moins du monde concerné, ça c'est carrément de la connerie, du pipeau, pure calomnie, mais qui a la vie dure. J'ai pas fini de me le coltiner, tout ça. Je voudrais ne laisser derrière moi, quand je ne serai plus, que le souvenir d'un créateur, de quelqu'un qui a toujours cherché, avec passion, sa voie dans le plaisir de créer, de mettre au monde. Et tant que je ne suis pas ça officiellement, ben je suis obligé d'être autre chose. Si encore cette autre chose n'était pas dégradante, ma foi… Ce serait juste un contre sens. Mais là, c'est infamant. Mes supérieurs m'ont toujours mal noté, je suis considéré comme un emmerdeur, un nul, un type qui ne fout rien, qui n'a jamais compris ce qu'il fallait faire, etc. Voilà pour l'administration qui m'emploie. Et pour le reste, c'est carrément le salaud qui a réussi à passer à travers. Qui voudrait de ça ? Qui aurait envie de se récolter un truc pareil ? Sans parler du deuil de mes enfants. Encore autre chose, ça aussi. Je ne devrais pas être en train de faire de la paperasse dans un établissement où, qui plus est, les gens autour se demandent pourquoi je suis là. Je devrais être en train d'exposer des images, ou de jouer sur scène, ou de participer à des décors pour des films de S. F, enfin, des choses qui soient en rapport avec mes capacités réelles. Mais qui a dit que notre monde avait quoi que ce soit à fiche des capacités réelles des gens ? Enfin, en tous cas des créateurs. Ah, si j'étais ingénieur en armement, là on s'intéresserait à mes talents. Là, on me ferait des contrats. Si j'étais patron d'un grand groupe pétrolier, que je sache faire fructifier les profits, alors là… Si j'étais un super boursicoteur, un "décideur", ah, pas pareil… Je ne suis qu'un créateur et notre monde leur marche sur la gueule. Les laisse crever dans la misère. Je ne vois pas pourquoi il ferait exception pour moi. Je n'ai pas choisi d'être créateur. Je le suis, jusqu'au bout des ongles. Quand je me sens bien, je crée. Il n'y a que si ça va mal que je ne produis plus rien. La seule chose que je sais faire à peu près correctement, c'est ça. C'est ça qui m'est spécifique, en tant que personne, parce que ça fait partie de mon identité profonde. Et je me bats pour faire reconnaître cette identité profonde. Ou plutôt, non. Je me battais. Maintenant j'ai compris que c'était peine perdue. Mes chances je les avais, elles sont derrière moi, il est trop tard. Je resterai jusqu'à ma mort pour certains un fonctionnaire incapable, une épine dans le pied, un mec qu'on se refile de service en service sans réussir à statuer sur son cas… pour d'autres un fatigué inoffensif, un foulandre un peu zinzin mais pas méchant… pour d'autres encore un fatigué nuisible, un gibier de potence, un salaud qui a tripoté ses propres gosses. Bref, tout sauf moi, quoi. Je peux me tromper, hein. Mais j'analyse la situation en me disant qu'il y a plus de chances statistiquement pour qu'on me traite comme un pauvre mec, plutôt que de s'apercevoir de la valeur de ce que je porte en moi. Ici, c'est différent. Les gens du forum n'ont pas l'approche de monsieur tout le monde. Les clampins que je croise dans mon patelin, ou ailleurs, enfin, les gens que je croise dans la rue, dans ma vie, ou à mon boulot, n'ont rien à voir avec les gens qui fréquentent un forum psycho. Ici, les gens font l'effort de comprendre, ils prennent le temps. Mais ailleurs, ils se vautrent dans le lieux communs, ils n'écoutent pas, sont trop remplis de jugements à priori. Ils vont au plus facile, donc les clichés, et ils ne cherchent pas à comprendre. Le chercheraient-ils, qu'ils n'en seraient pas forcément capables. Les gens ne sont pas forcément méchants, pas tous. Mais souvent, qu'est-ce que le système les rend cons, pauvres de nous… Voilà pour ce soir. A demain… Ubik.
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274323
b
Moi aussi !
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