Histoire vécue Poids - Régime > Obésité > RA      (65535 témoignages)

Préc.

Suiv.

La dictature du seniorat

Témoignage d'internaute trouvé sur psychologies - 28/06/10 | Mis en ligne le 30/04/12
Mail  
| 126 lectures | ratingStar_248612_1ratingStar_248612_2ratingStar_248612_3ratingStar_248612_4
Heureux comme un senior en Europe ! Presque partout sur le Vieux Continent, les réformes des systèmes publics de pensions ménagent, voire exonèrent, ceux qui sont déjà à la retraite des efforts réclamés au reste de la population. Contrainte à une austérité sans précédent, l'Espagne est l'un des rares pays à faire exception à cette règle implicite, puisqu'elle prévoit de revenir sur les modalités d'indexation des pensions. A l'inverse, même la rigoureuse Allemagne s'est convertie à l'idée de garantir le pouvoir d'achat des retraités. Le gouvernement français ne fait donc pas autre chose, lorsqu'il s'abstient, dans le cadre de son plan de réforme, de mettre les retraités à contribution. En effet, ceux-ci n'auront pas à financer une réforme qui, pour l'instant, ne profite qu'à eux. Car, contrairement à une idée reçue, si les salariés sont contraints de cotiser plus longtemps - conséquence du relèvement de l'âge légal de départ, de 60 à 62 ans -, ce n'est pas pour financer leur propre retraite mais celle de ceux qui ont déjà cessé leur activité. C'est le principe même de la répartition. Et nulle contrepartie n'est demandée aux retraités : non seulement ils conservent leurs taux minorés de CSG, mais ils se voient garantir l'indexation de leur pension sur les prix. Tandis que le niveau des futures retraites, lui, est appelé à baisser par rapport aux salaires. A ce constat, il faut apporter deux nuances. La première est que les retraités seront plus touchés que les jeunes par l'augmentation des prélèvements sur le patrimoine. La deuxième est qu'ils devront financer la prise en charge de la dépendance des personnes âgées, dont le gouvernement entend faire une nouvelle branche de la Sécurité sociale. A défaut de contribuer aux retraites de leurs enfants, les seniors devront mettre la main à la poche pour leurs vieux parents, et c'est déjà beaucoup leur demander au regard du temps et de l'argent qu'ils leur consacrent déjà… Ces bémols n'effacent pas cependant l'impression d'un déséquilibre générationnel dans l'effort de financement des retraites. Il n'est pas fortuit que ce phénomène, prononcé en France, soit commun aux vieux pays européens. Les choix politiques collectifs opérés en faveur des seniors y portent la marque du vieillissement des populations. Un habitant européen sur six est désormais âgé de plus de 65 ans. Fait sans précédent, la France de 2010 compte presque autant de plus de 65 ans (23 millions) que de moins de 20 ans (24 millions) , alors qu'ils étaient trois fois moins nombreux il y a un siècle. En 2050, ils seront 25 % de plus. Et le poids électoral des seniors s'impose directement au politique de deux manières. Quantitative : c'est flagrant en Allemagne, où les retraités représentent un tiers de l'électorat (28 % en France). Qualitative : les électeurs de 60 à 70 ans participent plus massivement et, surtout, plus systématiquement aux élections. En 2007, 65 % des 60-69 ans se sont déplacés aux quatre tours de scrutin, présidentiel et législatif (1). Bien sûr, l'âge n'est pas en lui-même un facteur décisif du vote, lequel est le produit de bien d'autres déterminants, à commencer par le revenu. Il contribue de façon non négligeable mais secondaire à modifier le rapport de force gauche-droite. L'économiste Jean-Dominique Lafay a ainsi montré que si l'électorat de 2007 avait été aussi jeune que celui de 1981, Segolène Royal n'aurait pas gagné mais comblé un tiers de l'écart la séparant de Nicolas Sarkozy (2). Par rapport à d'autres conflits traditionnels (producteurs/consommateurs, riches/pauvres, urbains/ruraux…) , la fracture générationnelle devient dominante dans les sociétés européennes car tous les gouvernements y sont confrontés au même dilemme : celui de faire financer par une population active toujours moins nombreuse et toujours moins riche des droits sociaux acquis, dans les années fastes (les Trente Glorieuses) , par des générations qui n'ont rien provisionné pour financer ces engagements, comme aurait dû le faire n'importe quelle compagnie d'assurances. "C'est autour de la question du budget de l'Etat et des transferts publics que naîtront les conflits sévères" , pronostiquait l'an dernier Jean-Dominique Lafay. Mais la guerre des générations aura-t-elle lieu ? A en juger par la réprobation quasi générale qui accueille toute suggestion d'une dégradation du niveau des pensions par rapport aux salaires -une idée qui n'a pourtant rien d'incongru dans des pays où le rapport actifs/inactifs tend vers 1 -, les retraités ont largement remporté la bataille idéologique. Certes, il n'y a pas, politiquement parlant, de majorité générationnelle. Mais dans des démocraties confrontées à des choix non binaires, les choix collectifs sont l'expression de préférences médianes (3). "L'offre de bien public est déterminée par la demande de l'électeur médian, supposé décisif lors des élections" , analyse Mathilde Lemoine, chef économiste de HSBC France. Or, en France, l'âge médian (qui sépare la population en deux parties égales) , qui progresse plus vite que jamais dans notre histoire, est déjà de 40 ans, supérieur de dix ans à ce qu'il était en 1981. Autrement dit, la retraite devient une perspective plus proche pour une majorité croissante de la population. "Le vieillissement risque d'engendrer une chute de la croissance et une forte aversion à l'inflation pour privilégier le patrimoine. Il est donc peu probable que la réduction de l'endettement public soit une priorité constatable" , analyse Mathilde Lemoine, qui pronostique pour les années à venir un triptyque : stabilisation de la dette, hausse des impôts, faible croissance. Un scénario économique qui exprime une préférence collective pour le troisième âge. La dictature du seniorat est plus forte que la dictature du prolétariat.
  Lire la suite de la discussion sur psychologies.com


248612
b
Moi aussi !
Vous avez peut-être vécu la même histoire ?

Signaler un abus
Les titre et syntaxe du témoignage ont pu être modifiés pour faciliter la lecture.


Histoires vécues sur le même thème

25 kilos a perdre! qui me suis? - j'ai decide de maigrir

image

Bonjour tout le monde ! Je me présente, je m'appelle Hélène, j'ai 24 ans, une petite fille de 13 mois et beaucoup de kilos en trop ! Alors depuis le 1er février je me suis mise à un rééquilibrage alimentaire, avec en prime 1h30 voir 2 h de...Lire la suite

Les regimeuses(groupe en reequilibrage alimentaire)2

image

Et beh MArline fiouuuuu quel con ce mec ! Et puis tu les as accumulé en +… comment tu te sens aujourd'hui ? Il y a des jours comme ça où tout part en cacahuète ! Nadège, je te préfère avec le short, je te trouve plus sexy. Et garde le moral...Lire la suite


 
Voir tous les  autres témoignages