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La fin des romanof

Témoignage d'internaute trouvé sur france2 - 22/02/10 | Mis en ligne le 22/04/12
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Instrument de la version du massacre dans la maison Ipatief, le juge Sokoloff n'intrigue pas moins que son "protecteur" , le prince Orloff. Nicolas Sokoloff est né le 21 mai 1882 à Moskhane. Il était de taille moyenne, maigre et légèrement voûté. Son teint pâle mettait en évidence son regard sombre et sa moustache assez épaisse sur une lèvre un peu lipeuse. Borgne à la suite d'un accident de chasse, il ne fixait jamais son interlocuteur qui ressentait un certain malaise devant ce personnage étrange. Son oeil valide était d'un noir de jais et celui en verre curieusement fendillé. Ses gestes trahissaient une grande nervosité. Il avait des tics, comme cette manie de passer ses doigts dans ses cheveux très bruns et clairsemés qu'il ébouriffait ce qui lui donnait un air ahuri. Sokoloff a enseigné le droit à Kharkov en Ukraine (la Petite Russie) avant de devenir enquêteur judiciaire pour les affaires de particulière importance. Il avait la réputation d'un homme courageux et intègre et celle d'un enquêteur doué. Il a pris l'orientation de juge d'instruction pour participer à la répression des exactions commises dans sa région par des soldats déserteurs de l'Armée rouge en guerre contre l'Allemagne. Ultra monarchiste, nationaliste et fervent partisan de l'ordre établi de droit divin, Sokoloff n'a pas admis l'abdication de l'empereur Nicolas II. Il était convaincu de la restauration du tsarisme et voulait absolument y contribuer. Selon ses dires, il aurait décidé de quitter seul sa région natale en abandonnant maison et famille pour voler au secours de son Tsar emprisonné à Ekaterinbourg. Déguisé en paysan, il aurait fait le trajet à pied et en charrette (environ 2000 km ! ). Le prince Orloff, haut responsable de la police secrète tsariste, disposait d'un réseau d'agents particulièrement dense pour assurer la protection dans cette région du sud de la Russie où vivait l'impératrice douairière, mais aussi sa propre femme (il s'est marié à Haraks en Crimée en avril 1917 et leur première fille y est née en mars 1918) et où la Famille impériale se rendait en villégiature. D'une façon ou d'une autre, il connaissait le juge, au moins de réputation. Devant le fiasco de la tentative d'évacuation des Romanof vers l'Allemagne qui a mal tourné, le camp des contre-révolutionnaires devait d'urgence accréditer une version officielle de leur mort (à une exception). Les premiers enquêteurs écartés ou plutôt éliminés pour incompatibilité de leurs conclusions avec la thèse voulue par les Blancs, Sokoloff est apparu l'homme de la situation, tant en raison de ses convictions monarchistes que de sa réputation professionnelle ; en plus, il était un juge civil ce qui était censé lui donner l'apparence d'une totale indépendance vis-à-vis du pouvoir militaire de l'amiral Kolchak, chef du gouvernement provisoire blanc. C'est donc sur la base d'un scénario préétabli que Sokoloff a été missionné pour aller enquêter et procéder à des fouilles aussi gigantesques qu'inutiles à Ekatérinbourg. Là, alors qu'il avait une peur panique (à la moindre alerte, il voulait s'enfuir vers Omsk avec ses valises et les militaires le retenaient de force) d'être capturé par des bolchéviques qui rôdaient dans les bois où il menait ses vaines recherches, il s'est marié avec une très jeune fille le 20 juin 1919. Moins de 15 jours plus tard, la ville était reprise par les Rouges. Ce mariage qui constitue une information inédite est pour le moins surprenant. Après des péripéties, le couple Sokoloff est arrivé à Paris en début d'année 1920 et ont résidé à l'hôtel ‘Le Bon La Fontaine' où leur première fille Natacha est née. Auprès du juge se trouvait : son secrétaire et garde du corps Paul Boulyguine (ancien chef de la garde personnelle de l'Impératrice douairière qui s'est exilé au Paraguay où il a été assassiné d'un coup de pistolet !!! ) – le Suisse Pierre Gilliard (le précepteur du tsarévitch et "l'otage" d'Orloff) et le journaliste anglais Robert Wilton (agent secret au service des Américains). Ces quatre hommes avaient comme occupation celle d'écrire chacun un livre sur la fin des Romanof en restant fidèle à la version du juge. Les Sokoloff et leur bébé ont ensuite été hébergés dans la propriété familiale du prince Orloff à Fontainebleau (son grand-père a été ambassadeur de Russie en France avant la Grande-Guerre). Ensuite, ils ont rejoint Salbris (Loir-et-Cher) où Orloff a acquis le château du Buisson-Luzas puis le juge une maisonnette qu'il ne connut que quelques semaines avant d'être assassiné (il n'est pas mort d'une crise cardiaque comme annoncé officiellement et c'est le prince qui a déclaré le décès en commentant une bévue (nous y reviendrons). La mairie de Salbris détient la petite fiche transcrite (je n'ai pu intégrer l'original) ci-après et signée par Natacha, la fille du juge. Il est fait état du maire Roger Corrèze que j'ai bien connu (alors, il était aussi député et premier questeur à l'Assemblée nationale). S'agissant le prince Orloff, il est intéressant de noter que les informations sont inexactes : le couple Sokoloff n'est pas parti avec Orloff - l'épouse du prince n'était pas avec lui (elle se trouvait en Crimée et elle a rejoint Berlin sous la protection des troupes allemandes qui évacuaient la région) et leur fille Irène (la seconde Xenia est née en mars 1921 !!!) était avec sa mère. Les maigres informations concernant le prince Orloff sont donc fausses, c'est dire l'opacité qu'il entretenait autour de lui. Quant aux "certains Russes" , il s'agissait pour la plupart d'agents secrets chargés de la protection d'Orloff : ils n'ont pas empêché l'assassinat du juge, à moins que… A première vue, rien ne justifiait ce meurtre. La fille du juge a maladroitement dénié cette hypothèse tout comme le voyage de son père aux États-Unis et elle a tenté en vain de récupérer ses archives confisquées à sa mère par Orloff. Il est intéressant de noter que la femme de Sokoloff n'a jamais retrouvé l'acte de mariage que seul son mari détenait comme un secret et que son unique pièce d'identité était un livret de famille établi par le maire de Salbris… Une famille russe à Salbris. Dans le cimetière de Salbris, une tombe très bien entretenue, portant une double inscription en langue russe et en langue française, intrigue les visiteurs. On peut lire : Nicolas Sokoloff. Né à Mokshane en 1882. Décédé à Salbris le 23 novembre 1924. Juge d'instruction du tribunal d'Omsk. À qui fut confiée l'enquête sur l'assassinat de la famille impériale russe. Grâce à sa fille Natacha et à l'intervention de notre maire, Monsieur Roger Corrèze qui a bien connu la famille, il a été possible de reconstituer la suite des évènements, touchant à la fois la grande Histoire et notre histoire locale. Suite à la Révolution russe et à l'avance bolchévique, Nicolas Sokoloff et son épouse avaient quitté la Russie et étaient arrivés à Paris en 1920. Ils étaient partis avec le prince Orloff, la princesse son épouse, née Romanov, nièce du tsar et ses deux filles. Un an plus tard, le prince Orlof acheta à Salbris la propriété du Buisson Luzas et la famille Sokoloff une petite maison route de Pierrefitte. Natacha raconte : À titre personnel je voudrais parler de l'accueil des Salbrisiens pour cette famille et même pour tous les Russes qui venaient à Salbris. Tout d'abord à la mort de mon père, un prêtre orthodoxe était venu de Paris pour ses obsèques. Monsieur le curé nous a prêté son église, assista aux obsèques et accompagna la famille jusqu'au cimetière ; il n'y avait à l'époque pas d'oecuménisme. Maman m'a dit que tout le village était présent et que tous les commerçants avaient fermé leur magasin. J'ai des extraits de presse russe pouvant le confirmer. Maman, jeune veuve de 23 ans avec deux enfants (15 mois et 4 ans) , seule en France, sans famille, n'a jamais passé une "veillée" seule pendant un an, jusqu'à son départ pour Paris, pour travailler. Tous les jours un voisin venait près d'elle pour puiser de l'eau, scier du bois, allumer la cuisinière, une voisine lui faisait sa lessive. Lorsque nous revenions pour les grandes vacances, nous trouvions toujours notre petite maison propre, et sur la table des fleurs, des fruits, des légumes, une volaille, tout cela gracieusement. Je remercie les familles Beaulande, Laleul, Monan, Marcos…et j'en oublie certainement. Certains Russes vivaient à l'hôtel du midi, d'autres louaient des chambres chez l'habitant, mais nous nous retrouvions tous rue de Pierrfitte et toujours avec des chansons, et tout le monde avait l'air heureux de nous voir. C'est pourquoi la Sologne et Salbris auront toujours une place de choix dans mon coeur. Sentiment partagé par ma mère qui s'est toujours opposée à la demande de la colonie russe de Paris, de transférer mon père au cimetière russe de Sainte-Geneviève-des-Bois, car mon père avait choisi la Sologne en souvenir de son pays. Signé : Natacha Rullon-Sokoloff. Élie DUREL auteur de : "L'autre fin des Romanof et le prince de l'ombre" aux éditions Lanore (France) - Site d'Elie Durel : eur/
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b
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