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Témoignage d'internaute trouvé sur psychologies - 30/01/11 | Mis en ligne le 23/05/12
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Bof… Pas terrible. Disons qu'après des années de galères (tu connais, en principe) , j'ai fini par quitter mon boulot, pas le choix, ils ne voulaient absolument pas me proposer un reclassement. Et moi, pas question que je rebosse avec des gamins, avec mes casseroles au cul, même si j'ai été lavé de tout soupçon, je sais très bien qu'au moindre incident, tout repartirait à fond les ballons. Et puis, je ne me sens plus, ils sont à chaque génération plus jobards et gâtés, pourris, que la précédente, et moi, je n'ai plus les nerfs pour encaisser ça, et la pression autour, les parents, les programmes, les inspecteurs de mes deux, tous ces gens qui ont l'air si sérieux et qui sont des jean-foutres, en fait, qui ne vont jamais au charbon et sont pleins de théories et savent toujours, eux, ce qu'il faudrait faire… Merde, je les ai assez vus, tous ces enculés. Donc reprise du congé maladie et à la clé, mise en invalidité. Je connaîtrai le taux en Mars mais en attendant, perte sèche sur les revenus, et la pension alimentaire continue d'être versée, piquée directos sur le salaire. Faut que je la fasse réduire, si ces putains de juges sont d'humeur. En attendant, je survis. J'avais commencé un projet super important, un roman fleuve énorme, mais je bute sur des difficultés internes (ça a trait à l'histoire et apparemment, il y a contradiction entre certaines choses que j'ai déjà posées et le cursus classique que devraient suivre mes personnages). Je coince et plus le temps passe, moins je vois de solution. Et ça me pèse. Il y a des extraits qui se baladent encore sur le forum écriture, je crois. Un roman inachevé, c'est comme un cadavre, c'est un véritable poids mort, une épine dans le pied. Je peins beaucoup en attendant, et j'espère que d'ici deux ans maximum, je trouverai une galerie qui misera sur moi. Mais faudrait que je me bouge et avec le froid, le mal de dos et tutti quanti, je me sens bien diminué. Tout le monde me dit que je devrais trouver un petit boulot pour m'en sortir, mais dans l'état où je suis… Et puis il y a plein de gens qui cherchent à gratter des ronds, qui savent faire plus de trucs que moi et sont plus jeunes, en meilleure santé, avec un bagage technique… sans compter que j'habite un coin perdu… Moi je me dis que ce serait un scandale que je m'use la santé à bosser dans un truc merdique, pour trois clopinettes, alors qu'à côté de, ça, plein de gens me disent : vous devriez exposer, vous tenez un sacré bon truc… Je suis certain que si un galeriste me faisait confiance, les emmerdes de fric seraient finis pour moi, et puis j'en ai besoin, de cette reconnaissance, pas tant pour la gloire et la fortune, ou pour mon ego, que sur le plan identitaire : je suis un créateur, rien d'autre. J'avais déjà besoin de ça plus jeune, maintenant plus que jamais, surtout depuis qu'on a essayé de me faire passer pour un salaud, je suppose que tu comprends. Je veux pouvoir dire : je suis un créateur, vous aimez ou pas, peu importe, mais je ne suis rien d'autre. C'est ça mon truc. Je voudrais que les gens se disent : ah ouais, lui ? Le mec qui peint ? Et pas : ah ouais, lui, il parait qu'il a tripoté ses gosses, il est passé à traviole, il avait un bon bavard, la justice est mal faite, bla bla bla… Disons que je suis sorti de mon histoire vivant, libre, mais cassé moralement autant que physiquement. Je souffre de mon isolement, je ne suis pas relié à ma "tribu", aux gens qui verraient un intérêt à ce que je fais. Bien au contraire, ma famille se fout éperdument de la création, ce sont des gens très matériels, qui ne s'intéressent à rien, ras les pâquerettes. Je me sens isolé, fatigué, usé… Miné. Mon environnement social, ce sont les péquenots autour, qui me prennent ouvertement pour un doux dingue dans le meilleur des cas, pour un individu nuisible dans le pire, suivant ce qui leur a corné aux oreilles. Déjà, je ne suis ni foot ni rugby, je ne chasse pas, je ne pochetronne pas au bar du village et je ne vais pas ni dans les bals, ni dans les bastons du dimanche. Bref, un alien. Sans compter tout ce que mon ex, l'empaffée, a barjaqué tant qu'elle pouvait sur mon dos, dans toute la région. Récemment, ma gamine de 16 ans m'a recontacté, elle a avoué que c'était elle qui avait tout combiné… Moi je croyais que c'était sa mère, vu comme l'autre enfoirée m'avait enfoncé, mais non, c'est la gamine. Elle a dit aussi que jamais elle ne le dirait officiellement, qu'elle ne "ramperait pas" devant moi, qu'elle a déjà assez payé (auto-punition si j'ai bien suivi). Reste que mon nom est souillé, moi qui voulais faire parler de moi en bien… Résultat inverse. Pas de ma faute mais en attendant, c'est comme ça quand même. Quand j'ai dit à ma gamine qu'elle devrait, un jour ou l'autre, cracher la vérité officiellement, elle s'est fermée comme une huitre et n'a plus donné signe de vie. Sur le plan économique, pendant 2 ans, ma mutuelle va compléter mon défunt salaire, après ce sera soit la dèche, soit j'aurais réussi à produire assez d'oeuvres pour en montrer, et trouvé une galerie qui m'aura dit banco. Je ne vois, à ce stade, aucune autre solution. Je ne sais plus si je t'ai montré ou pas ? Me rappelle pas… Je mets un lien en fin de message. T'as rien refait avec ton pote peintre ? Ou avec un autre ? C'est une expérience intéressante. Pas de libido, tu dis ? Bon, moi je suis tenté d'y voir quelque chose de positif. Tu es moins dépendant des autres, plus détaché. Quand tu es là, en rade après les nanas, tu souffres. Sans compter que certaines, ça les fait jouir de te voir tirer la langue, elles en profitent. Au moins, tu peux dire merde à qui tu veux. C'est une forme de liberté. Moi à une époque, j'étais seul, j'en bavais, mais quand je me retrouvais dans des lieux fréquentés, certains soirs je prenais le parti de ne rien voir, je sortais en me disant : je vais voir un bon groupe de salsa, j'y vais pour la musique (à l'époque, je jouais les percus latines) , je n'ai d'yeux que pour les zicos, et merde, les nanas je ne les calcule pas. Et je me sentais merveilleusement libre d'avoir pris cette décision. Mais ça n'était pas tous les soirs, hélas. A d'autres, je me sentais seul, aux abois, et le problème c'est qu'elles aussi, le sentent. Beaucoup de femmes équilibrées se détournent, en tel cas. Mais tu attires les autres, les petites putes, qui sont décidées à en tirer profit pour te rendre dingue, se payer ta fiole, en tirer un avantage, réel ou symbolique, au gré de leur esprit tordu… Je vis comme un reclus, je sors peu. Moi, ma libido fonctionne, trop sans doute, mais ma compagne est crevée, elle a trois gosses à éduquer (et des pas fastoches, quelle bande de petits branleurs) , entre ça, sa piaule pleine d'humidité, son boulot, les soucis de fric… Résultat, quand on se voit, 9 fois sur 10 elle est trop crevée, soucieuse, angoissée ou que sais-je… Des fois j'aimerais bien avoir la libido en berne, ça m'arrangerait. Niveau création, à part le roman en carafe, j'ai mes oeuvres, mais comme les gens se méfient de la peinture numérique (ils ont l'impression de ne rien acheter de concret, ou qu'alors ils pourraient en faire autant avec un ordinateur - peuvent s'accrocher, je te le dis, ça n'est pas si facile que ça, loin s'en faut) , du coup j'incruste mes images dans un boulot plastique : vieux volets, portes ou caisses, enfin, du bois, que je perce d'une fenêtre dans laquelle apparaît le tirage photo de mon boulot infographique. Je délimite la zone, la recouvre de matériaux, que je peins à l'aéro, le tout dans un esprit très proche du contenu au centre, donc harmonie des tons, des matières, intégration, fluidité, répétition de mes gimmicks favoris, etc. Mais ça prend du temps et demande de la place. En fait, je dois avoir une trentaine d'images terminées, facile, et seulement une oeuvre complète. Peindre virtuellement je peux le faire, même quand je suis fatigué. Alors que sortir tout le bordel, les outils, les matériaux de récupération, ça fout un bronx pas possible et ça demande plus d'énergie, je ne l'ai guère, alors je peins souvent, mais je bricole peu. Décalage énorme entre une production qui devient abondante d'un côté, embryonnaire de l'autre. Et puis, dans ce contexte d'inquiétude familiale, d'urgence économique, on se dit à quoi bon, ça ne marchera pas, etc. La poisse nous colle aux doigts. Ce genre de pensées.- Je me sens comme un clodo en sursis. Soit ça décolle, soit je coule. Et puis il y a le côté artiste maudit : on sait que les gens qui ont réellement fait preuve de créativité ont été reconnus, dans le meilleur des cas, post-mortem. Les Dali, Giger et autres font partie d'une minuscule élite, assez exceptionnelle. J'ai l'impression que j'ai assez de choses originales en moi pour susciter un rejet pour non-conformité, assez pour créer une appréhension, une méfiance, de la part des gens "mainstream". Et pas assez pour être adopté par les autres. Le cul entre deux chaises, quoi. Partout, et nulle part. Trop pour se taire, mais pas assez pour prendre la parole et être pris au sérieux. Sans parler de la pesanteur qui me tire en arrière, celle des années noires, des années survie, où j'étais présumé salaud… J'ai gagné tous mes procès, mais ça n'est pas écrit sur ma figure et puis les gens aiment bien ne retenir que ce qui les émoustille, ce qui croustille, et leur donne l'illusion, à contrario, d'être, eux, des gens bien. J'étais plein d'allant, à une époque, optimiste, passionné, enthousiaste, et les mensonges d'une gamine de neuf ans m'ont plombé, ont accroché une gueuse de fonte à mes semelles, m'ont cassé les reins. Cela, plus les déceptions : les amis qui m'ont tourné le dos, les potes musicos qui m'ont trahi, les gens qui se disaient des potes et dont j'ai découvert qu'ils n'étaient que des sangsues, des gens intéressés, des girouettes qui sortent avec toi parce qu'ils ont peur de s'emmerder seuls dans leur coin, et non pas parce qu'ils ont envie d'être avec toi. Qui te critiquent ensuite dans ton dos, etc. Sans compter ceux qui disaient, "eh, moi j'en sais rien, s'il l'a fait ou pas"… Vaut mieux être seul que mal accompagné. J'ai fait du vide, j'ai largué les faux culs, les pauvres cloches. J'ai moins de potes, très peu même, mais ceux que j'ai, c'est des mecs droits, au moins. Et encore, même si c'est des vrais potes, très peu sont capables ou ont la culture pour ressentir vraiment un intérêt pour ce que je crée, je les déboussole, je les surprends, ils ne pigent pas vraiment. Gino, qui est un très bon ami, est largué, il n'a pas le background culturel pour apprécier ma démarche. Je me sens seul, isolé, cerné. Autour de moi, il n'y a que des machos à la noix, avec chiens, fusil, 4x4 et treillis. Ces gens-là, quand on n'est pas comme eux, en déduisent qu'on est forcément une tafiole. Tu vois le style ? La France profonde dans toute sa splendeur. Et je ne veux pas partir : ma maison est tout ce que j'ai et j'aurai jamais. C'est ma base, c'est là que je stocke et que je crée. Depuis des années. Bref, c'est une course contre le temps. D'un côté, mes oeuvres grandissent, je m'enhardis, je fais des choses dont j'aurais été incapable avant. De l'autre, je m'use, je me décrépis, mon allant s'émousse, et mon fric fond comme neige au soleil. Je suis comme un basketteur qui essaierait de mettre un ballon dans un panier trop haut placé : plus il essaie, plus il tente sa chance, plus il se fatigue. Ses essais sont meilleurs que les premiers parce qu'il a appris de ses erreurs. Mais il y a perdu pas mal d'énergie. Voilà la situation, en gros. Si tu as des trucs à me dire, des idées lumineuses, c'est le moment de les sortir. Bises camarade. Ubik.
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258411
b
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