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Le chaos, principe fondateur ?

Témoignage d'internaute trouvé sur psychologies
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Bonjour, En ce moment mon univers se rétrécit, prend une teinte en dégradés de gris. Sont-ce les illusions qui s'envolent ? L'âge ? Je trouve que la vie est bien tristounette, tout se ramène à des réalités bien prosaïques. Je cède la parole à un personnage du roman que j'écris, voilà ce qu'il dit : "Certaines personnes sont persuadées qu'il n'y a pas de hasard, que tout ce qui nous arrive est nécessaire, incontournable, et que nous nous retrouvons forcément à faire ce pour quoi nous sommes faits. Comme si notre apparition sur terre était liée à quelque but, que nous devrions atteindre ; à un accomplissement qu'il nous appartiendrait de mener à bien. D'autres ont intégré définitivement l'idée du chaos comme principe fondateur de l'existence, la notion d'une sorte de gâchis, de rebut, de pagaille indescriptible, qui serait inhérente à notre condition. Selon cette vision, chaque être vivant n'est qu'une graine à la dérive, poussée par les vents, qui retournera au néant, passera à pertes et profits, et dont la seule justification est biologique : sous l'impulsion de son instinct, l'espèce se reproduit, c'est aussi stupide que cela. Personnellement, je n'arrive pas à me prononcer et oscille constamment entre ces deux systèmes de pensée". Voilà ce que dit mon personnage principal. Je pourrais tout aussi bien le reprendre à mon propre compte. Et très souvent, ces derniers temps, c'est l'idée de chaos et de gâchis qui prédomine. Je regarde souvent les documentaires sur les animaux, il y a des images magnifiques mais ce qui en ressort, c'est que beaucoup d'espèces font plein de rejetons parce qu'ils savent qu'une bonne partie sera dévorée par des prédateurs avant d'arriver à l'âge adulte. La vie de chacun de ces rejetons a-t-elle un sens ? Non, elle ne parviendra à en prendre un que pour ceux qui auront traversé les épreuves. Je me dis que je suis moi aussi un rejeton, parmi tant d'autres, que mes parents n'ont pas calculé tout ça, qu'ils ont agi par instinct… Un collègue disait l'autre jour qu'un homme peut se passer d'avoir des enfants, mais que chez les femmes, c'est inscrit dans les tripes. Les collègues qui étaient présentes ont toutes été d'accord. Donc ma mère m'a porté parce que c'était inscrit dans son instinct de survie, de maternité. Mais il est possible que ma présence n'ait aucun sens et peut-être n'y a-t-il, chez Sapiens Sapiens, que très peu d'hommes utiles à la survie de l'espèce ? Et des ratés en grand nombre, des gens qui, placés sous le signe d'une relative et normale médiocrité (car après tout, la médiocrité est normale, c'est le génie et l'héroïsme qui sont l'exception) , se contentent d'être ce qu'ils sont, de vivre, de passer les épreuves tant bien que mal, sans briller, juste passer à travers. J'essaie de me voir objectivement. Pendant longtemps je me voyais comme "le héros du film". Chacun de nous traverse la vie comme un film dont il serait le héros, un film sans ellipses, avec tous les temps morts, un film en continuité, dont on ne peut refaire les prises ratées. Et dont il serait le "bon", le "gentil". Souvent on a tendance à croire que, comme dans les bons films, ceux qui finissent bien, on aura gain de cause au bout du compte. En réalité, des fois on perd alors qu'on est parfaitement dans son bon droit, on se fait casser la gueule par un salaud, on essuie de cuisantes défaites dans des combats pourtant justes (moi j'ai perdu mes enfants et mon honneur, alors que je n'avais rien fait de mal) … Et puis les faits sont plus mitigés, moins directement lisibles, en demi-teintes. On est obligé de lâcher pas mal de lest en route et le sens qu'on donnait aux choses n'est souvent, en dernière analyse, qu'une construction de notre imaginaire. C'est plus la pagaille qu'autre chose, on voit les êtres chers se racornir et disparaitre, on voit nos espoirs s'envoler, on accumule les déceptions, les retours brutaux au principe de réalité… Il n'y a pas de justice immanente, pas de happy end, tout tourne en biberine, en eau de boudin. N'en déplaise à ceux qui voudraient croire (et j'aimerais le croire avec eux, moi aussi, si je le pouvais) que tout est téléguidé par une force bienveillante, qu'il y a une téléologie supérieure qui guide nos actions, moi je me dis, foutoir, tout n'est qu'un incroyable foutoir. Sapiens Sapiens est en train de bousiller la planète, très content de lui, il saccage joyeusement son monde, pétri de sa propre importance. Il massacre son prochain dès que l'occasion s'en présente - quitte à la provoquer. Il exploite et détruit. Il est le "peuple termite" dont parlent les ethnies de l'Amazonie. Il bouffe tout sur son passage. Notre vie a-t-elle un sens ? Je ne parle même plus de notre vie personnelle, mais de notre vie en tant qu'espèce. Il y a une évolution, une complexification, mais chaque fois qu'une espèce développe ses capacités, c'est pour mieux se soustraite à ses prédateurs, assurer une dominance sur d'autres espèces. Sapiens Sapiens, tel qu'il se surnomme, est arrivé en haut de l'échelle, qu'il croit. Il a tellement bien asservi les autres espèces qu'elles sont même en train de disparaître à vue d'oeil. Lui-même va s'auto-détruire s'il continue. La perte de l'humanité serait-elle tant que ça une catastrophe ? La vie reprendrait, sous une autre forme. Nous ne sommes pas le centre de l'univers. De toutes façons, dans quelques milliers ou milliards d'années, le soleil implosera et notre système solaire sera réduit à néant, et nos monuments, nos oeuvres d'art, notre culture, tout ça, en un instant, sera transformé en poussière. Nous nous jugeons si importants… Vanité, tout n'est que vanités. Je radote, ou c'est la sagesse qui me vient, sur le tard ? Bah, un peu des deux, docteur. C'est l'âge… Ubik.
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b
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