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Le mythe de gaïa

Témoignage d'internaute trouvé sur forumados - 07/01/11 | Mis en ligne le 04/04/12
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Avant de présenter plus précisément ce texte, j'aimerais connaître les avis des lecteurs motivés qui se lanceront dans sa lecture. Tous les avis sont les bienvenus, surtout les négatifs. Il s'agit du début d'une longue, longue, très longue histoire, et si elle plaît la suite sera mise en ligne régulièrement. Bonne lecture ! 23 avril 2000. Premier jour au centre. Je découvre avec impatience mon nouvel environnement. Pour une fois, les installations sont à la hauteur des financements, tous les locaux bénéficient des systèmes technologiques de dernière génération. Mes nouveaux collègues sont aussi ébahis que moi face à telle construction. Pour un peu, je croirais avoir passé les portes vers le futur. C'est d'ailleurs pour ça que nous sommes là, je n'arrive pas à y croire. Je mènerai des recherches à visée futuriste dans un bâtiment futuriste, pour un meilleur monde futuriste, en compagnie de scientifiques… Oui bon, les autres chercheurs sont plutôt de la génération précédente… Mais bon, on ne peut pas tout avoir. Un diplôme en recherche cellulaire, c'est tout ce qu'on leur demande, en l'occurrence. Le général qui nous a fait visiter les lieux nous a fait part des attentes de l'armée et des services spéciaux. Je crois que je n'oublierai jamais cette vision. Un haut gradé aux sourcils froncés dans un inusable sérieux, qui parvient avec un calme inouï à prononcer la phrase : "Les Etats-Unis d'Amérique seront fiers d'avoir formé les précepteurs de la magie moderne" . J'ai cherché la caméra et attendu l'habituel "coupez ! " . Je crois qu'à présent je commence à comprendre. Ce n'est pas un film, mais bien la réalité, et je me sens fébrile à l'idée de ce que nous devons accomplir. Je me sens un peu comme un astronaute visant la lune, nous sommes les premiers dans notre domaine, et nous ne savons pas du tout à quoi nous attendre. Une chose est sûre, nous sommes tous très excités et impatients de commencer les recherches. Le projet que l'on nous a soumis présente un intérêt certain, bien qu'il paraisse absurde au premier abord. Les découvertes que nous pourrions faire révolutionneraient de nombreux domaines, à commencer par l'histoire de l'espèce humaine. 14 octobre 2000. Les premiers mois ont été difficiles, surtout pour les autres. J'ignore ce qu'on leur a dit pour les convaincre de participer, mais il apparaît que cette aventure abstruse n'est pas à la hauteur de leurs attentes. Ils semblent croire que notre entreprise porterait ses fruits après seulement quelques mois de recherche. Je ne sais pas où les services secrets les ont dégotés, mais pour moi il est clair qu'ils ne présentent pas l'étoffe de scientifiques. Notre champ d'action reste encore limité, nous progressons lentement et sans résultat, si bien que la tension commence à monter au sein du centre. Les fonds alloués par l'armée sont conséquents et nous avons l'autorisation de gérer nous-mêmes les recherches et le personnel, alors nous avons augmenté nos effectifs en accueillent deux nouvelles recrues : un mécanicien et un journaliste. Le mécanicien n'est pas très utile, deux de nos confrères avaient pensé qu'il serait plus simple de créer une machine capable de dénicher des sujets potentiels, mais le pauvre homme n'a abouti à aucun résultat concluant. Comme s'il était possible d'inventer une telle chose… Finalement, il s'est reconverti et est devenu cuisinier. Il n'est pas si mauvais. Le journaliste en revanche se débrouille bien. Il enquête pour nous dans des affaires qui ne paraissent pas claires, et qui pourraient nous intéresser. Mais je dois avouer que jusqu'ici, ça n'a guère été utile dans nos travaux. 12 mars 2001. Nous ne progressons pas. Nos laboratoires de recherche n'apportent aucun résultat encourageant, les enquêtes ne mènent nulle part, et la population du centre est un peu à cran ces derniers temps. Les sorties du centre sont limitées en dehors des heures de travail, alors nous avons aménagé notre propre salle de sport à l'intérieur même du bâtiment. Certains commençaient à devenir violents, ça leur permettra de se défouler autrement que sur les collègues. Des pièces annexes ont été aménagées et la surface habitable du centre a gagné quelques mètres carrés. Pour ma part, j'arrive à conserver mon calme, mais le ciel me manque. Je n'ai pas l'occasion de sortir aussi souvent que le journaliste, je suis en permanence assigné au laboratoire, tentant vainement de dénicher la mutation qui pourrait conduire aux résultats escomptés. Je regrette les grandes étendues verdoyantes qui longeaient le village, les bouffées d'air pur en sortant de la maison. Tout ça me paraît si loin. Evidemment, rien ne m'empêche de résilier le contrat avec l'armée, mais si le centre découvrait quelque chose après mon départ, je ne pourrais pas me le pardonner. Je veux être là quand on découvrira ce pourquoi nous sommes enfermés depuis tant de temps. Si jamais on découvre quelque chose… 16 juin 2001. Nous n'avons plus de journaliste. Il purge sa peine dans une prison du Canada pour avoir attenté à la vie d'un citoyen et de sa femme. Nous avons eu les images par internet. Ce nouveau système de recherche est parfois bien pratique, mais nous aurions préféré éviter une telle propagation. Ce n'était pas beau à voir. Il était totalement aliéné. "Vous êtes tous dans le coup ! Je le savais ! On va tous vous trouver ! " C'était en gros ce qu'il déblatérait sans cesse. Personne n'est venu au procès. Nous ne le connaissons pas, et il n'a jamais travaillé ici… ça nous a causé un sacré choc. Nous devenons tous un peu fous, enfermés ici à chasser les chimères, mais lui n'était pas le pire. Suite à cette affaire, deux des scientifiques ont démissionné, l'un d'eux s'est marié, et a changé de métier. Malgré ces déboires, notre train-train quotidien a peu à peu repris le dessus. Notre équipe reste soudée et plus décidée que jamais à aboutir à des résultats concluants. 1 septembre 2001. Nous sommes en effectif réduit, le cuisinier a maintenant deux fois moins de travail. Mais nous ne désespérons pas. Nous avons orienté nos recherches dans une région autour du Loch Ness, les légendes absconses qui y font référence nous intriguent et nous avons décidé d'exploiter cette piste. L'armée finance toujours nos recherches et nous avons pu établir une surveillance vidéo sur tout le pourtour du lac. Ça nous repose un peu. Un seul membre de l'équipe reste au centre, devant les écrans retransmettant les images. Tous les autres sont sur place, en attente d'un signal. Cette semaine, c'est moi qui suis chargé de la surveillance. Je mange moins bien depuis que le cuisinier est parti, et j'ai pris du poids. Mais quelle importance de toute façon… Je resterai sans doute enfermé ici jusqu'à la fin, entouré d'une bande de scientifiques dans un état proche de la folie, à échafauder des théories oniriques sur des choses qui n'existent pas. A moins que l'armée n'annonce qu'elle abandonne le projet, et que tout ceci n'est qu'une mauvaise blague. Mais quelle blague ! J'ai un salaire qui ferait des millions d'envieux, mais je ne peux pas fonder de famille, je n'ai pas le droit aux congés, ni aux sorties. Démissionner… Cette idée me tente toujours. Mais je veux savoir, la curiosité me ronge… Je veux savoir, savoir si tout ça est vrai, s'il existe réellement des êtres supérieurs capables de tels prodiges. Et si c'était le cas, pouvons nous seulement les trouver ? L'expression "chercher une aiguille dans une botte de foin" ne conviendrait même pas. Une botte de foin, ce n'est pas si grand que ça. La Terre elle, est énormément vaste, et le temps qui joue contre nous l'est encore plus. La sempiternelle question de la machine traceuse me taraude. Serait-ce possible, par un quelconque moyen, d'inventer un engin capable de localiser nos proies ? Au point où nous en sommes, ça semble être la seule solution. Je me sens las de tout ça. Je crois que je raconte n'importe quoi, mais quelle importance ? Personne ne relira derrière moi. J'écris uniquement dans le but de prouver que tout ceci existe bel et bien et pour que, si le centre venait à disparaître, il puisse reste quelques traces. L'isolement n'est pas bon contre la folie. J'ai hâte de rejoindre le grand air. J'en profiterai pour demander une augmentation de personnel dans les locaux. 6 octobre 2001. Un messager est venu nous avertir que nous devions nous hâter de montrer des résultats encourageants, sans quoi le budget alloué aux recherches serait supprimé. Nous avons deux mois pour présenter des résultats concluants. C'est finalement arrivé. Je pensais qu'ils réagiraient plus vite. On dirait que la blague parvient à son terme. 29 octobre 2001. Tout le monde est rentré, c'est plus convivial je trouve. La pluie et le froid sont mauvais pour le moral, alors nous avons préféré observer tout ça derrière nos écrans. Plus que 37 jours et tout sera fini. 18 novembre 2001. Il est arrivé quelque chose au lac. Nous ne savons pas encore ce qu'il se passe. Nous disposons encore d'un jet privé. Trois d'entre nous sont partis, ils y seront dans six heures. Je n'ose pas y croire. Après tout ce temps, juste à la limite de se faire renvoyer, ça paraît trop beau pour être vrai. Je passe en boucle l'enregistrement réalisé plus tôt dans l'après-midi. Ce jour-ci la visibilité est plutôt bonne, un coup de chance pour nous. Une chose a émergé de l'eau, à presque un kilomètre de la rive. Vu d'ici ça ressemble à un gros bouchon, mais un bouchon qui fait de belles étincelles ! Par moment on dirait un crâne humain, rattaché à un début de tronc, mais l'eau trop sombre nous empêche de distinguer le reste du corps. Il se rapproche peu à peu de la berge, il doit y avoir un peu de courant. Notre équipe pourra le cueillir à son arrivée, en espérant que personne ne le découvre avant nous. En y repensant, il pourrait très bien s'agir d'un corps mort depuis déjà quelque temps qui remonterait à la surface, et les étincelles auraient elles aussi une signification rationnelle. Mais c'est notre dernière chance, autant aller vérifier, on ne sait jamais. 19 novembre 2001. Enfin nous le tenons ! Notre premier sujet ! J'en aurais presque pleuré d'émotion. C'est un homme d'une quarantaine d'années, brun, les yeux bleu pâle, de taille moyenne. Il ne présente aucun signe apparent révélant une quelconque différence. L'équipe l'avait trouvé sur les rives du lac, nu et inanimé, mais bien vivant. Notre première interrogation concernait sa longue apnée. Avait-il développé des capacités aquatiques ? Après tout ce temps la tête plongée dans le lac, il aurait dû être mort noyé. La deuxième nous intriguait plus encore : d'où venait-il ? Nous ne l'avons jamais vu entrer dans ce lac, depuis que la surveillance avait été établie. Vivait-il sous l'eau ? Pourquoi alors ne l'avait-on jamais découvert, comment avait-il échappé aux radars ? Pourquoi était-il remonté à la surface maintenant ? Et enfin, quelles sont ces étincelles bleues qui recouvrent son corps ? Nous attendons avec impatience le réveil du sujet, afin d'en apprendre un peu plus. De mon côté, j'ai profité de son inconscience pour prélever son ADN. Le matériel extrêmement performant du laboratoire me livre l'information qui me laisse perplexe : son génome ne présente aucune anomalie. Ça m'amène donc à deux hypothèses : soit ses aptitudes ne sont pas dues à la génétique, soit nous possédons tous un talent caché. 24 novembre 2001. Première nouvelle : l'armée continuera à financer les recherches. Dernière nouvelle : le sujet est mort. Comme tous les autres… De l'ensemble de l'équipe il ne reste que le cuisinier, et moi. Je me sens vide. Tout est à refaire. Mes collègues sont décédés, et j'ai moi aussi failli y passer. Cette fois ce sont mes dernières lignes, je démissionne aujourd'hui. Je pensais chercher des êtres fabuleux, mais nous avons trouvé un véritable monstre. Je ne veux pas contribuer à de telles recherches, qui ne sont que futiles et délétères. Le 20 novembre, il y a quatre jours, le sujet s'est réveillé. Nous l'avions installé dans une chambre et l'avions nourri, avant de tenter d'en apprendre plus sur lui. Il ne savait pas parler. Les seuls sons qu'il produisait étaient proches des grognements d'un chien enragé. Puis il a voulu partir et s'est énervé, saccageant tout sur son passage. L'équipe a dû l'attacher à une chaise pour essayer de le calmer. Je me souviens encore de son cri. Un cri bestial, à glacer le sang. La tête du scientifique le plus proche a éclaté d'un coup. Je ne sais pas lequel c'était. Je ne me souviens que du sang qui recouvrait les murs. Ma mémoire sera à jamais marquée par cette vision d'horreur, et j'en tremble encore en écrivant ces lignes. Mais ce qui a suivi était pire. Un feu s'est déclaré, aux pieds de cet étranger. Il s'est vite propagé, je ne sais par quel artifice, le long des murs en béton et des poutres métalliques. Le système anti-incendie s'est déclenché, évidemment, mais contre toute attente il s'est avéré inefficace. Même les extincteurs étaient inutiles. En revanche, ceux qui se sont approchés trop près du feu pour tenter de l'éteindre se sont fait prendre par les flammes insatiables et se sont consumés. Le feu s'est vite étendu, ne nous laissant aucune échappatoire. Il a pris ma main droite, la jambe du cuisinier, et la vie de tous les autres présents dans la salle. Droit sur sa chaise, je voyais cet inconnu fondre petit à petit, brasillant d'une étrange lueur, jusqu'à disparition complète. Le feu s'est arrêté alors qu'il commençait à entamer mon avant-bras. Je n'aurai pas d'indemnités, car je n'ai jamais travaillé ici… Mais je suis heureux de m'en tirer à si bon compte. Je devrai cependant garder en moi toute l'horreur de cette scène, et tenter d'oublier la douleur de ce triste passage. Quant à nos recherches, il est évident que les agissements du sujet numéro un dépassent de loin l'entendement humain, et que nous avons grandement rempli notre mission, mais je dirais qu'il y a des choses qu'il vaudrait mieux ne pas connaître. Je laisse ce manuscrit, en espérant que l'expérience accumulée sur ces pages évite à d'autres de commettre les mêmes erreurs. M. Henry. Maxime Troley referma le cahier aux feuillets ternis par l'usage en soupirant. Ce n'était pas la première fois qu'il lisait ces lignes, loin de là, mais il éprouvait toujours un sentiment d'inquiétude en relisant les derniers mots de monsieur Henry. Ce dernier lui avait légué son carnet lorsqu'il avait pris sa suite, dix ans plus tôt, ce qui faisait de Monsieur Troley un des plus vieux résidents du centre. Il se faisait appeler docteur Troley, pour la simple et bonne raison qu'il avait été recruté pour s'occuper d'un patient essentiel pour les recherches du centre, même si le patient en question était en fait… une machine. Au fil des années le personnel s'était renouvelé, les restrictions s'étaient assouplies, l'ancien règlement jugé drastique par les chercheurs ayant vite été remis en question, et Maxime avait préféré se retirer dans un petit bureau isolé, loin des va-et-vient incessants et des conversations bruyantes des nouveaux scientifiques. Son bureau, c'était son refuge. Aussi lança-t-il un regard assassin à l'intrus qui venait de s'y inviter, sans même se donner la peine de frapper. Une brève analyse lui permit de se faire une idée du personnage. Jeune, cheveux blonds en bataille qui se voulaient coiffés, un sourire idiot et des yeux bleus. Tout ce qu'il détestait. "Une belle tête à claque" , songea-t-il avec mépris. — C'est pour quoi ? Demanda-t-il sèchement à l'effronté. — Heu… C'est euh… pour la machine, elle a détecté quelque chose, ils vous demandent… Le scientifique toisa le jeune homme d'un air mauvais, reniflant de dédain face au manque d'assurance de son interlocuteur. — Les surveillants sont des incapables, ils ne comprennent rien aux signaux. Je ne me déplace que sur demande du docteur Dewey, tâchez de leur faire comprendre ça une bonne fois pour toutes. En attendant, je voudrais ne plus être dérangé ! — B… bien monsieur, je vais leur dire… — Allez, sortez de mon bureau ! Le tança monsieur Troley d'un air gourmé. Le messager recula confusément et referma précipitamment la porte derrière lui. — Tss, débutant ! Grommela le scientifique entre ses dents. Oubliant cet intermède, il se repencha sur son travail, prit le temps de lire le rapport détaillé affiché à l'écran, et pianota avec agilité une dizaine de mots sur le clavier de son ordinateur. Sa recherche prit plusieurs secondes, pendant lesquelles il tapota sur la tablette avec impatience. Une carte du monde s'afficha bientôt à l'écran, et il étudia avec attention la position des quelques points rouges qui la parsemaient. — On peut donc exclure l'Amérique, réfléchit le docteur à haute voix. L'Afrique aussi… Voyons… Il cliqua sur un bouton et de petits diagrammes apparurent aux cotés de chaque point. — Je vois… Soudain la porte s'ouvrit violemment, et un homme massif en blouse blanche entra, essoufflé. — Mais qu'est-ce qu'il vous arrive à tous aujourd'hui ? S'emporta le propriétaire du bureau. — Troley… on a besoin de toi ! Faudra vraiment… rétablir cette ligne téléphonique… On t'avait pourtant… envoyé le jeune… bref… Le docteur Dewey… a trouvé quelque chose ! Le scientifique se leva d'un bond, bouscula presque l'homme à l'entrée, et courut sur toute la longueur du couloir comme s'il tentait de battre le nouveau record du cent mètres. Puis il poussa la lourde porte battante en s'y appuyant de tout son poids et longea sans ralentir le deuxième couloir qui traversait l'aile E. Il était long ce couloir… Viendrait ensuite un escalier, deux étages à descendre, puis un ascenseur, du moins pour ceux qui en avaient la carte d'accès, ce qui économisait de précieuses minutes qui auraient pu être perdues à descendre quatre étages supplémentaires. Et enfin, deux portes très sécurisées, que peu de personnes travaillant dans ce bâtiment étaient autorisées à franchir. Ce chemin, Maxime Troley le connaissait parfaitement, pour l'avoir parcouru des centaines de fois. Mais on le faisait souvent déplacer pour de fausses alertes, il avait alors refusé de se déranger si les données n'étaient pas au préalable vérifiées par un spécialiste. Il força l'allure. Cette fois ça y était, il en était sûr. Dewey ne pouvait pas se tromper. Mais alors pourquoi ressentait-il ce besoin de courir si vite, comme si le signal allait disparaître s'il ne se dépêchait pas ? Cela faisait tellement longtemps qu'il n'y en avait pas eu… Quand il parvint enfin devant les deux dernières portes, son coeur fit un bond dans sa poitrine. Avec ça, il pourrait compléter la carte, et pourrait sans doute confirmer son hypothèse. Son attention fut soudain toute concentrée sur le voyant lumineux qui vira au vert, provocant l'ouverture de la deuxième porte. — Docteur Troley ! L'accosta aussitôt un de ses collègues, Babe a trouvé quelque chose ! Venez vite voir ! Maxime grinça des dents. Il détestait le surnom que les autres avaient donné à la machine. Sa machine. Faite de divers matériaux et recouverte de câbles, branchée à des dizaines d'ordinateurs, et surmontée de centaines de diodes, autant dire qu'elle ne ressemblait à rien. Elle n'était même pas esthétique. Pourtant les autres lui trouvaient un air de ressemblance avec une tête de cochon, d'où le surnom Babe. Le scientifique traversa le grand hangar circulaire avec émotion, les yeux rivés sur l'immense machine qui trônait en son centre. C'était lui qui l'avait créée, et lui seul avait le pouvoir de la faire fonctionner. Voilà quelle était sa fonction au sein de l'institut de recherche et de détection d'évènements paranormaux. Soudain son regard se figea sur la couleur des diodes. Elles étaient blanches. — Nous avons un fort signal cette fois-ci, je ne pense pas qu'il s'agisse d'une fausse alerte, commenta le dénommé Dewey, j'ai essayé de trouver la source, mais il n'y a pas de doute, cette machine n'obéit qu'à son créateur. — Evidemment… marmonna monsieur Troley, agacé. C'est une technologie bien trop avancée pour vos crânes de moineaux… Il s'assit à un poste informatique et activa diverses commandes. Le docteur Dewey s'approcha, et s'agrippa au dossier de sa chaise, fébrile. — Alors c'est ainsi que vous vous y prenez… J'avais pourtant essayé… A bout de nerfs, monsieur Troley se retourna et envoya balader le gêneur, qui finit par s'éloigner, outré. Le docteur mécanicien lui jeta un regard noir et se concentra sur sa tâche. L'opération consistait à déterminer avec de plus en plus de précision le lieu d'émission du signal. Ses mains reproduisaient machinalement les gestes répétés des centaines de fois lors de son arrivée. Cela faisait des années qu'il ne s'en était pas servi, mais une telle chose ne s'oubliait pas. Le docteur Troley jubilait. Enfin, quelque chose de puissant… il fallait qu'il le trouve, coûte que coûte. Cela faisait plus de dix ans que le centre avait découvert que certaines personnes émettaient des ondes psychiques plus ou moins fortes. Depuis le jour de l'accident, le vingt novembre 2001, le centre avait continué à traquer les personnes présentant de tels dons. C'était pourquoi le docteur Troley avait été recruté, pour créer la machine capable de les trouver. Ce que beaucoup avaient dit être impossible, lui l'avait réalisé. Nul ne savait comment il s'y était pris, et jamais il ne leur avait fourni d'explication, mais les résultats étaient là : la machine fonctionnait réellement. En dix ans, une vingtaine de cas similaires avaient été répertoriés, mais afin d'éviter que le désastre ne se répète, les informations étaient désormais prises sur le terrain. La population du centre s'était donc élargie en accueillant un groupe d'espions qualifiés, chargés d'établir une surveillance soutenue des quelques sujets étudiés, et parfois d'effectuer quelques prélèvements. Rien de très légal, mais le centre avait l'aval des services américains qui les employaient… La première recherche parvint à son terme. L'image se projeta sur un écran géant, à la vue de tous ceux présents dans le hangar, et l'engouement général s'accrut. Maxime Troley eut un sourire triomphant. L'Europe… Il se rapprochait du but. Cette fois c'était pratiquement sûr, la source de tous ces pouvoirs se trouvait en Europe. Contrairement aux autres, il était persuadé que quelque chose conférait des pouvoirs aux humains, et seul comptait pour lui de trouver ce qui en était responsable. Dewey, lui, penchait pour la théorie de la génétique. Monsieur Troley regarda ce dernier du coin de l'oeil. Il fixait l'écran d'un regard avide, et affichait un sourire carnassier. "Encore un fou furieux" , songea Maxime. — Quand aurons-nous le résultat final ? Demanda alors le docteur Dewey. — Dans une vingtaine de minutes je pense, le signal est fort, alors ça devrait prendre moins de temps que d'habitude. — Alors messieurs, dit un scientifique d'une voix forte, on prend des paris ? Homme ou femme ? — Moi je parie un mec, la vingtaine, un allemand ! S'exclama un autre. — Non il doit forcément être écossais, répliqua un troisième. C'est là bas qu'ils ont trouvé le premier… Maxime les écouta prononcer leurs pronostics hasardeux d'une oreille distraite. D'après lui, il s'agirait plutôt d'une femme, jeune. Les pourcentages parlaient d'eux mêmes, les femmes avaient plus de prédispositions à ces dons extraordinaires. Pendant ce temps, les recherches s'affinaient. A l'écran apparut bientôt le pays concerné. La partie nord de la France. — Ah… Si c'est Paris, on va avoir du mal à le suivre, il y a plus de touristes que d'habitants là-bas… Docteur Troley fronça les sourcils. Leur équipe manquait encore de réactivité. Si le sujet en question n'était que de passage à Paris, il leur faudrait du temps pour retrouver sa trace. L'équipe de scientifiques sombra dans le silence en attendant un résultat plus précis. Maxime tapota impatiemment sur la tablette du clavier, songeant déjà à toutes les investigations qui suivraient si le sujet leur échappait. La dernière fois que ça leur était arrivé, les recherches avaient duré plus de cinq mois, et n'avaient jamais abouti. Il était hors de question de perdre ce sujet là ! Après de longues minutes d'attente pesante, l'écran précisa la ville dans un bourdonnement. Le docteur Troley se prit la tête dans les mains en soupirant. — Envoyez les agents sur place, nous leur transmettrons les renseignements complémentaires plus tard, ordonna-t-il. Une poignée de scientifiques s'empressa de passer des appels, faisant comprendre le caractère urgent de la mission. En raccrochant, l'un d'eux confirma que les espions se mettaient déjà en route, ce qui ne rassura cependant pas Maxime Troley, pour qui l'affaire ne serait réglée que lorsque le sujet serait sous totale surveillance. Quelques minutes plus tard, un visage apparut au milieu de la carte de Paris, et tous les yeux se rivèrent vers lui. La chasse pouvait commencer.
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b
Moi aussi !
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