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Mais avec d'autres arguments.

Témoignage d'internaute trouvé sur psychologies
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Salut, Je crois que l'âge n'a qu'une portée, pas plus. Je veux dire que peut-être quelqu'un de jeune, aussi jeune que toi, aurait pu me convaincre quand même. Mais avec d'autres arguments. Enfin, passons. Comment j'étais avant ? Eh bien c'est difficile de le dire. Il y a une histoire de paliers de décompression, comme les plongeurs qui remontent. Sauf que c'est l'inverse, je me vois plutôt sur une pente descendante. Disons que c'est un peu comme le mec qui "redescend" d'un trip - enfin, d'après ce qu'ils disent, moi je n'ai pas expérimenté ça. Quelque chose de douloureux. Mettons que peu à peu, des désagréments se transforment en gênes, lesquelles deviennent des douleurs. A partir de quand prend-on conscience de ces taches dans le décor ? A partir de quand estime-t-on que la vue en est gâchée ? C'est un peu l'histoire de la bouteille à moitié vide ou à moitié pleine. Le fait est qu'à cet argument de la bouteille, j'oppose l'idée du temps. La parabole de la bouteille n'intègre par le temps, elle pose une bouteille comme dans l'éternité. Or, dans la vie bien réelle, le bouteille se vide, inexorablement. Il est donc bien compréhensible qu'on la sente, qu'on la voie se vider, qu'on anticipe sur la suite. Non ? Là encore, à vingt ans on s'en fout. On croit qu'on a l'éternité devant soi. Bref, c'est le vieux gaga qui se lamente, faut pas faire gaffe. C'est un discours de vieux qui en a trop pris dans la tronche et qui en revient, comme disait Pagnol, "tout escagassé par la dure leçon de la vie"… Quand j'étais jeune je me projetais dans un avenir qui, nécessairement, intègrerait mes… aptitudes ? Talents ? Ma foi, je ne sais quel mot employer. Mais en tous cas, ce dont j'étais porteur faisait sens, ne pouvait qu'éclater au grand jour. Maintenant, j'ai compris que je suis une créature de l'ombre. Et qui restera dans l'ombre, sauf miracle. Je ne suis pas un artiste, parce que ce terme est galvaudé, dévoyé, connoté pour moi négativement. Les "artistes", ce sont tous ces guignols sensés faire rire, les méchants animateurs (oui car la télé devient méchante depuis plusieurs années) , les brèles qui bêlent des rimes à trois balles, genre Bénabar - avant, je me doutais que c'était de la merde mais je ne m'autorisais pas à le dire, vu que je n'avais pas eu l'occasion d'en entendre. Maintenant qu'on m'en a fait subir, je peux le dire bien clairement, c'est de la merde, et en plus par moments il est limite de chanter faux. Ahurissant, on se demande si le professionnel qui a mixé ça s'en est rendu compte, comment il a laissé passer un truc pareil. Décidément, tout part en couilles, avant on avait de la merde emballée dans du papier de soie, maintenant, on a de la merde emballée dans du papier journal. Bénabar, maintenant que j'ai entendu ce que c'est, je peux le citer en exemple quand j'ai envie de parler de ces branleurs qui n'ont aucun talent ni aucun univers personnel, qui exploient un créneau, point. Sauf qu'en plus, lui, il n'a pas de voix et par moments, il chante même faux. Quand à ses paroles… Enfin, ça sort du même tonneau que beaucoup d'autres qui m'emmerdent autant, c'est de la rimaille à trois ronds comme il en vient facilement pendant qu'on trie les pois chiches, et basta. Je ne suis pas artiste. Je suis un créateur. Autrement dit, quelqu'un qui ne sert à rien sur le court terme. Les choses ont filtré peu à peu. D'abord, j'ai eu des déceptions, j'ai essayé de monter des trucs dans la musique et j'ai bien été obligé de reconnaître que quand on n'a rien de commercial à proposer, quand on ne fait pas partie d'une tribu qui a un public, surtout un public jeune, quand on n'est pas dans la chansonnette et autres produits grands public, on va droit dans le mur. Ensuite, il y a des gens qui m'ont trahi, des potes qui m'ont largué, désavoué, ont fait des choses dans mon dos, alors que je les croyais honnêtes. Et puis, après il y a eu la tête encastrée dans le béton, comme tu le dis si efficacement, belle image. Disons que ça a fait plus que me rabattre le caquet. Si je l'avais cherché, si j'avais fait ce qu'on me reprochait, je me serais dit, mon coco, tu as cherché, voilà tu trouves. Mais là… comment vivre avec ça ? Et le simple fait que je puisse subir une telle injustice a achevé de me convaincre de l'existence généralisée de ce que les Américains, dans leur grande sagesse, appellent "bullshit", la merde de vache, en fait, le chaos de l'existence. Non, ce dont je suis porteur ne sert à rien, ne me sauvera ni de le dégénérescence, ni de l'oubli, ni de l'injustice. Le monde s'en branle complet, l'ami. Voilà la règle. De temps en temps, il y a des exceptions, des gens dont on reconnait, le plus souvent à titre posthume, qu'ils étaient porteurs de quelque chose. Mais ce ne sont que des exceptions pour confirmer la règle. Rien de plus. Ce monde était déjà matériel et égoïste. Depuis quelques années, il devient cynique et méchant. Et idiot… L'idiotie galopante et frénétique nous bombarde les neurones par écrans interposés. La connerie triomphe. Un exemple ? Ma compagne a le câble et je tombe parfois sur ce que sont sensés regarder les ados. Eh bien c'est édifiant. On voit ça, on comprend que le monde ne peut aller qu'à sa perte. Oui, on est bien un certain nombre de personnes à s'intéresser à l'homme, à l'humanisme, à sauver l'environnement… Mais la connerie est là, elle avance à pas de géant alors que les belles et nobles idées, elles, grignotent tout doucement. A moins d'un changement massif, radical et de nature profonde dans la vision politique des choses, à mon avis tout aura pété par toutes les coutures avant qu'on soit rendus. Peut-être même que de mon vivant je verrai tout merder. J'ai beau souhaiter qu'au moins, par pitié pour moi ça n'arrive qu'après, mais je crois que je vais y avoir droit quand même. Alors évidemment, en tant que créateur je suis hypersensible, et susceptible de tomber dans le spleen. Mais si le monde autour de moi n'était pas si engagé dans la connerie galopante, ça ne me ferait pas autant d'effet. Disons que l'injustice de ce que j'ai vécu a achevé de me convaincre de l'état de Bullshit généralisé. Non, ça ne sert à rien ce que je porte en moi. C'est certes un privilège, mais à titre privé, que dans le meilleur des cas les autres autour considèreront comme un "loisir"… Pfff… C'est surtout une croix, parce que ça me donne des devoirs envers certaines choses (si mon psy était là, il me dirait que je n'ai pas de devoirs, que c'est moi qui m'imagine en avoir, rien de plus) , et éventuellement il est vrai que ça peut me permettre d'éprouver du plaisir, oui, peut-être. Hier, je discutais avec une nana qui fait de la céramique, elle me demandait si j'y trouve du plaisir, à faire des statuettes et tutti quanti. J'ai dit je ne sais pas, par moments tout est tellement compliqué qu'on ne sait plus si c'est du plaisir ou pas. C'est ce qu'on pense devoir faire, c'est un besoin de faire, ma foi. Pourquoi ? Mystère. Plaisir ? Par moments. Si on ne stresse pas trop devant la difficulté, d'une. De deux, si on ne pense pas aux autres, à ce qu'ils vont en penser, si on n'espère pas être compris ou apprécié. Là, peut-être. Le plaisir immédiat de faire, de jouer avec ce qui peut sortir de soi. Mais je crois fondamentalement, maintenant, que non seulement ça ne sert à rien ce que je porte en moi, sauf à éventuellement, pour moi, m'amuser, jouer de cette capacité à créer et m'en étonner… Cela peut rester neutre, dans le meilleur des cas. Souvent c'est même négatif. Il y a plusieurs années, on s'est déjà servi contre moi de mon côté atypique, pour me descendre dans mon boulot, me faire dégringoler. Je vois que par la suite, quand madame a voulu me faire aller au en gnouf, elle n'a pas hésité à s'en servir aussi. Je vois au quotidien que, comme dit le dicton, "il ne faut pas défier l'ordinaire"… A savoir que les gens sont vite jaloux, faut pas se montrer différent d'eux, faut faire profil bas, c'est donc mon père qui avait raison, quand il me disait de me faire tout petit, de trouver la sécurité, de ne pas la ramener, etc. Tous ces gens, ces animaux enfermés dans un corps d'homme enserré comme un corset par les conventions, l'hypocrisie, la gêne et le besoin de toujours se montrer propre et impeccable… Ces gens, les pauvres, sont ensemble mais ne l'ont pas choisi, ils cohabitent dans le cadre d'un boulot, d'un voisinage, d'un quoi que ce soit, et ils n'attendent que l'occasion de bouffer le voisin, de le mordre en tous cas. Et quand tu montres une fragilité, une sensibilité, tu indiques que tu es une proie potentielle. Quand tu as quelque chose en toi que les autres n'ont pas, ça les fait chier, ça les rend jaloux et soit ils ricanent et se moquent, ce qui est une façon pas trop méchante de se protéger, bien que ça blesse. Mais le plus souvent, ils accumulent dans leur coin, attendent leur heure et le moment venu, se servent de tout ce que tu es contre toi, façon boomerang. Et tu te reçois en pleine poire toutes tes différences, tes particularités, tes singularités, vues sur un mode négatif, tu es catalogué, épinglé, étiqueté, réduit à deux ou trois entrées dans leur système simpliste. Tu imagines ? C'est comme si moi je mettais dans le même sac Edgar Varèse, Albert Einstein ou Hubert Reeves en disant : bah, c'est des vieux schnocks à lunettes qui font des maths ou un truc comme ça… Ce serait grossièrement stupide, non ? Eh bien j'ai souvent le sentiment que les autres me voient comme ça, de très très loin, d'une façon exigüe, mesquine, étriquée, dans une logique tellement étrangère à la mienne qu'ils ne peuvent non seulement rien comprendre, mais qu'émettre des clichés et des crétineries, rien de plus. Réagir par la moquerie, c'est finalement la réaction la moins négative. Pendant des années j'en ai souffert, maintenant, ça me rassure. Avant j'étais outré quand les gens ricanaient en entendant ma musique ou en voyant ce que je fais. Maintenant, je me dis, ouf, pendant qu'ils ricanent, au moins ils ne font que me mordiller, ils n'essaient pas de me sauter à la gorge pour me déchirer, me lacérer, me saigner et me laisser pour mort. Voilà. J'en ai dit assez. Je ne manquerai pas de lire avec plaisir ton éventuelle réponse. Tu étudies quoi ? Enfin, si ça n'est pas indiscret… A te lire, Ubik.
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280291
b
Moi aussi !
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