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Mais elle n'en a guère l'occasion.

Témoignage d'internaute trouvé sur psychologies
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Salut, Si tu l'écoutes, elle te dira qu'elle n'est douée pour rien. Moi je trouve qu'elle écrit bien, qu'elle est agréable à lire. Mais elle n'en a guère l'occasion. Sinon, elle a une énorme patience (il en faut sans doute pour me supporter) et beaucoup de gentillesse (trop à mon avis, certains en abusent). Mais elle est profondément persuadée, en tous cas, de n'être douée pour rien. Elle aussi aime bien cuisiner. Moi également, mais en inventant des trucs à ma façon. Quand j'étais encore en famille, mes enfants préféraient ce que je combinais aux recettes de mon ex-femme. Encore un truc qu'ils ont perdu au passage. C'est la vie. Je suis fracassé. J'ai encore passé une mauvaise nuit, à chercher le sommeil longtemps, puis à faire des rêves fatigants et débiles. La journée va me paraître longue. En ce moment mon univers se rétrécit. Sont-ce les illusions qui s'envolent ? L'âge ? Je trouve que la vie est bien tristounette, tout se ramène à des réalités bien prosaïques. Je cède la parole à un personnage du roman que j'écris, voilà ce qu'il dit : "Certaines personnes sont persuadées qu'il n'y a pas de hasard, que tout ce qui nous arrive est nécessaire, incontournable, et que nous nous retrouvons forcément à faire ce pour quoi nous sommes faits. Comme si notre apparition sur terre était liée à quelque but, que nous devrions atteindre ; à un accomplissement qu'il nous appartiendrait de mener à bien. D'autres ont intégré définitivement l'idée du chaos comme principe fondateur de l'existence, la notion d'une sorte de gâchis, de rebut, de pagaille indescriptible, qui serait inhérente à notre condition. Selon cette vision, chaque être vivant n'est qu'une graine à la dérive, poussée par les vents, qui retournera au néant, passera à pertes et profits, et dont la seule justification est biologique : sous l'impulsion de son instinct, l'espèce se reproduit, c'est aussi stupide que cela. Personnellement, je n'arrive pas à me prononcer et oscille constamment entre ces deux systèmes de pensée". Voilà ce que dit mon personnage principal. Je pourrais tout aussi bien le reprendre à mon propre compte. Et très souvent, ces derniers temps, c'est l'idée de chaos et de gâchis qui prédomine. Je regarde souvent les documentaires sur les animaux, il y a des images magnifiques mais ce qui en ressort, c'est que beaucoup d'espèces font plein de rejetons parce qu'ils savent qu'une bonne partie sera dévorée par des prédateurs avant d'arriver à l'âge adulte. La vie de chacun de ces rejetons a-t-elle un sens ? Non, elle ne parviendra à en prendre un que pour ceux qui auront traversé les épreuves. Je me dis que je suis moi aussi un rejeton, parmi tant d'autres, que mes parents n'ont pas calculé tout ça, qu'ils ont agi par instinct… Un collègue disait l'autre jour qu'un homme peut se passer d'avoir des enfants, mais que chez les femmes, c'est inscrit dans les tripes. Les collègues qui étaient présentes ont toutes été d'accord. Donc ma mère m'a porté parce que c'était inscrit dans son instinct de survie, de maternité. Mais il est possible que ma présence n'ait aucun sens et peut-être n'y a-t-il, chez Sapiens Sapiens, que très peu d'hommes utiles à la survie de l'espèce ? Et des ratés en grand nombre, des gens qui, placés sous le signe d'une relative et normale médiocrité (car après tout, la médiocrité est normale, c'est le génie et l'héroïsme qui sont l'exception) , se contentent d'être ce qu'ils sont, de vivre, de passer les épreuves tant bien que mal, sans briller, juste passer à travers. J'essaie de me voir objectivement. Pendant longtemps je me voyais comme "le héros du film". Chacun de nous traverse la vie comme un film dont il serait le héros, un film sans ellipses, avec tous les temps morts, un film en continuité, dont on ne peut refaire les prises ratées. Et dont il serait le "bon", le "gentil". Souvent on a tendance à croire que, comme dans les bons films, ceux qui finissent bien, on aura gain de cause au bout du compte. En réalité, des fois on perd alors qu'on est parfaitement dans son bon droit, et puis les faits sont plus mitigés, moins directement lisibles, en demi-teintes. On est obligé de lâcher pas mal de lest en route et le sens qu'on donnait aux choses n'est souvent, en dernière analyse, qu'une construction de notre imaginaire. C'est plus la pagaille qu'autre chose, on voit les êtres chers se racornir et disparaitre, on voit nos espoirs s'envoler, on accumule les déceptions, les retours brutaux au principe de réalité… Bon, j'arrête là. On va me dire que je vois la bouteille à moitié vide et on n'aura peut-être pas tort. A plus tard… et merci. Ubik.
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281504
b
Moi aussi !
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