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Mauvais souvenirs remontent au plus mauvais moment !

Témoignage d'internaute trouvé sur psychologies - 26/10/10 | Mis en ligne le 24/06/12
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Dix ans, c'est très jeune pour un abus sexuel ! Je pense (même si tu ne donnes pas de détails donc je me trompes peut-être…) que tu as dû bloquer ces sensations, les mettre hors de toi lorsque ça t'es arrivé pour pouvoir tenir, même si évidemment tu savais objectivement ce qui s'est passé et que tu n'as pu l'oublier. Ce phénomène de distanciation, de compartementalisation est normal chez les victimes de viol et/ou d'abus sexuels. Une personne qui commet de tels abus cherche à posséder sa victime, la traite en objet, et c'est malheureusement quelque chose qui reste une fois l'événement passé : tu te repasses les choses dans ta tête, ou alors, si tu bloques ces souvenirs, tu peux faire des cauchemars, avoir des réactions de méfiance… Et ces phénomènes persistent tant que tu n'as pas réussi à faire véritablement face à ce traumatisme : ce n'est pas quelque chose qui s'évacue et c'est probablement ton corps qui réagit pour que tu laisses ces sensations désagréables faire surface… car ce n'est que comme ça que tu pourras guérir. Si tu cherches sans cesse à chasser ces souvenirs, ces sensations, elles ne cesseront de revenir ou de te bloquer, parfois sans que cela paraisse évident… Flor27 a sans doute raison : peut-être sens-tu instinctivement que cet homme pourrait être celui auprès duquel tu pourras t'épanouir sexuellement et sentimentalement… et pour cela il faut que tu arrives à faire face à ce qui t'es arrivé. Est-ce que tu avais suivi une thérapie à l'époque ? Est-ce que tu en avais parlé à quelqu'un ? Ces personnes t'ont-elles soutenues ou non ? Quelle a été ta réaction suite à ces événements ? Tu devrais te poser ces questions. J'ai vécu une situation d'abus sexuel de 18 à 19 ans, avec mon 1er amour sérieux, un homme qui était beaucoup plus âgé que moi, qui avait de bons aspects (généreux, sensible) mais qui avait surtout de gros problèmes psychologiques dûs à une histoire familiale et personnelle lourde, qui se haïssait, se détruisait mais malheureusement cherchait à entraîner dans sa chute ceux qui tentaient de lui venir en aide. Notre relation est devenue malsaine, il ne supportait pas que je lui dises non et me manipulait et me harcelait pour que je cède à ses fantasmes pervers. La 1ère fois que c'est arrivé, qu'il a eu ce comportement avec moi et qu'il est parvenu à me faire faire des choses qui me dégoûtaient à force de harcèlement et d'humiliation, cela m'a tellement révulsée, d'en être arrivée là même s'il m'avait piégée et que je n'étais pas fautive (après tout je n'avais aucun moyen de rentrer chez moi car il n'y avait plus de transports et je n'aurais jamais de la vie pu appeler mon père car j'avais trop honte) que j'ai tout de suite voulu évacuer la chose de mon esprit, même si j'avais pleinement conscience de ce qui s'était passé. Seulement, comme je n'en ai pas parlé à mes amis, que je leur racontait d'autres versions de nos soirées pour garder la face et que mon ami ensuite se comportait de nouveau comme d'habitude, comme si rien ne s'était passé, j'ai choisi d'ignorer mes sensations, ce que me disait mon intuition et mon corps et l'année qui a suivi, je suis devenue une coquille. Dès que mon copain adoptait un comportement abusif, dès lors que je n'arrivais plus à le repousser, mon esprit se dissociait de mon corps, je me comportais comme il voulait mais comme un automate, ce n'était pas moi, je n'étais pas "là" car autrement… je me serais effondrée psychologiquement, je ne sais pas ce que j'aurais pu faire. Et cette culpabilité et la manière dont je m'étais dissociée de mon propre corps, de mon ressenti (moi qui en plus faisait du théâtre, écrivait des nouvelles) a été une arme à double tranchant jusqu'à ce que mes sensations reprennent le dessus pour me donner la force de partir et de voir cet homme pour ce qu'il était : une âme perdue qui était en train de me vampiriser et de me détruire. Mais le cauchemar ne s'est pas arrêté de suite lorsque je l'ai quitté : il me restait le plus dur à faire, à savoir faire face complètement à ce qui m'était arrivé. Et ça a mis plus de deux ans. J'ai fait le principal du "travail" sur un an et demi (sans suivre de thérapie cependant) : j'étais assaillie de cauchemars récurrents où il cherchait à me tuer, à me kidnapper pour me punir de lui avoir échappé et me signifier que j'étais sa chose, que je ne pouvais pas m'enfuir… ces cauchemars étaient horribles, je finissais toujours par ramper, complètement paralysée, sans pouvoir crier… Ces rêves me disaient que je n'avais pas encore fait face, je ne lui avais pas encore échappé même si j'étais partie loin de lui, et pour cause : je continuais à mentir à mes amis, je modifiais la manière dont les choses s'étaient passées pour construire une autre histoire où je n'avais pas été aussi vulnérable… Je n'arrivais pas à me pardonner ma vulnérabilité, je savais que ce n'était pas ma faute mais dans mon for intérieur, je me sentais sale, coupable, je ne pouvais pas accepter cette partie de moi abusée car cet homme avait profité de mes fragilités pour me prendre dans ses filets : il m'a tenue par la honte et un harcèlement psychologique, pas avec une arme, pas directement par la force même s'il m'intimidait physiquement quand je lui résistais et qu'il pétait un câble et cognait dans les murs, hurlait… J'avais l'impression d'avoir été faible. Grâce à des lectures, à des films et une artiste, Tori Amos, qui a beaucoup parlé dans ses chansons des abus sexuels et de la manière dont la société (de manière culturelle, au travers de la religion entre autre) inculque la honte du corps et de la sexualité aux femmes (même s'il y a eu des progrès au XXème et XXIème siècle) , j'ai lentement laissé remonter ma colère et ma souffrance à la surface, y compris la rage que j'avais contre moi, j'ai réussi à écrire des textes où je me réappropriais mon ressenti et ma dignité, et les choses ont commencé à rentre dans l'ordre. Durant ce processus, je suis tombée amoureuse de mon meilleur ami, nous avons emménage ensemble, j'étais enfin sexuellement épanouie… mais mon corps a recommencé à me faire signe, à sommatiser, car j'avais été incapable d'avouer toute la vérité à mon ami au sujet de mon ex, j'avais peur de l'image qu'il aurait de moi si je lui disais maintenant… Je savais qu'il comprendrait, mais je craignais que ça le "refroidisse", qu'il ne voit qu'un corps meurtri et abusé auquel il aurait peur de faire mal… Je ne voulais pas qu'il me voit comme une victime ou une malade à soigner, que son désir pour moi s'éteigne alors que nous venions de nous mettre ensemble et que nous étions pleins d'ardeur. J'ai recommencé à faire des cauchemars mais de manière moins fréquente, j'étais épanouie auprès de mon ami et très heureuse mais il y avait toujours ce "truc" qui était là parfois, lorsque nous faisions l'amour, même si je me sentais pour la première fois vraiment bien au lit avec quelqu'un dont j'étais si proche, qui me comprenait… Je me suis fait confiance en me disant que je ne lui dirai que lorsque je me sentirai prête et que je le jugerai nécessaire… j'ai fini par lui dire près d'un an plus tard, les cauchemars ont cessé. Il y avait quelques petites choses, des détails, que je n'avais pas forcément révélés et qui sont ressortis ensuite, en fait, je lui en parlais lorsque ces pensées me revenaient, après avoir regardé certains films ou parlé de certaines choses qui me ramenaient à ça. Il s'est toujours montré compréhensif, il n'a jamais insisté pour être sûr que je ne lui cachais rien d'autre. Aujourd'hui, je vais bien, même si je ne m'estime pas forcément à 100% guérie… il me reste pas mal de choses à découvrir à propos de moi-même. D'une certaine manière, j'ai encore parfois peur un peu de mes sensations, de mes fantasmes et de ce que je peux ressentir en étant 100% disponible dans nos rapports sexuels même si je lui fais entièrement confiance. C'est plutôt à moi à qui je dois arriver à faire confiance à 100%. J'en suis probablement à 92%… ce qui est déjà très bien. Je sais que je parviendrai à surmonter le reste, j'ai déjà fait le principal en compagnie de mon homme. Et il n'y a pas de raison que tu n'arrives pas à surmonter cette épreuve, même si le chemin sera sans doute long et même si ton histoire est sans aucun doute différente de la mienne. Si tu fais confiance à cet homme, suis ton instinct et confie-toi à lui ou alors écris ce que tu ressens, ne cherche pas à intellectualiser pour comprendre ce qui t'arrive tout en mettant les choses à distance… Si tu en as besoin, cherche de l'aide auprès d'un thérapeute pour que tu puisses entreprendre ce travail en te sentant en sécurité. J'ai fait trèèès long, mais j'espère que cela aura pu t'aider et/ou te réconforter.
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271438
b
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