Histoire vécue Poids - Régime > Obésité > RA      (65535 témoignages)

Préc.

Suiv.

Nouvel economiste 17.07.08 elisabeth badinter

Témoignage d'internaute trouvé sur france2
Mail  
| 154 lectures | ratingStar_260736_1ratingStar_260736_2ratingStar_260736_3ratingStar_260736_4
Le nouvel Economiste - n°1441 - Du 17 au 23 juillet 2008 - Hebdomadaire. "L'utopie d'une éducation toute puissante battue en brèche" Archéologue du siècle des Lumières, Elisabeth Badinter interpelle les errements de l'éducation française en 2008. Et s'interroge sur la transmission de la connaissance. Par Benoit Delmas. "Le déclin de l'éducation commence dans les années 80" Elisabeth Badinter confie : "il y a vingt ans, j'étais convaincue du rôle crucial de l'école, du culturalisme, celui de Bourdieu et Passeron". Non sans douleur, elle avoue : "aujourd'hui mon optimisme est battu en brèche". Convaincue que l'instruction est "notre seul levier pour améliorer la condition humaine", elle constate les ça­rences actuelles en la matière. Et date cette remise en question de l'efficacité de l'école "au milieu des années 80, quand j'ai vu que les élèves en droit ne voulaient plus être avocats, mais avo­cats d'affaires". Elle répète "avocats d'affaires" à deux reprises pour souligner la dérive d'une société. En clair : ne plus défendre celui qui n'en a pas les moyens mais s'enrichir en factu­rant 1000 euros de l'heure à des patrons du CAC 40. "La gauche a une large responsabilité dans ce déclin avec la diffusion de l'idéologie différenciante qui a mis fin à l'égalité" Ce signal fort l'a interpellée. Son mari, Robert Badinter, également. Est-ce la faute à l'école ? A Bernard Tapie ? Un peu des deux sans doute, dans une civilisation du "moi je" de plus en plus repliée sur le consumérisme et l'envie de s'enrichir, pas de façon intellectuelle. L'une des raisons de ce dérapage ? Elle trouve ses racines dans l'ambition "d'amener 80 % d'une classe d'âge au Bac". La décision prise sous la présidence de François Mitterrand, mise en musique par Jack Lang, alors ministre de l'Edu­cation nationale, eut pour effet "l'embauche massive de très jeunes professeurs afin d'enseigner aux centaines de milliers de futurs bacheliers". Résultat : "on a recruté des enfants de vingt ans, sans aucune expérience autre que théorique, pour atteindre ce résultat comptable". Ce qui va "à l'encontre du rôle du professeur, qui doit avoir du talent, connaître excellemment bien sa matière, être capable de vous tirer au-delà de ce que vous êtes". Chose qu'un débutant ne peut faire. "Arriver à intéresser à l'abstraction des élèves défa­vorisés nécessite du talent, croire que c'est fonda­mental." "On a tous eu un professeur qui nous a entraînés, nous a extirpé le meilleur de nous-mê­mes ", poursuit la biographe de Condorcet. À catapulter des profs débutants dans des établissements dits, de façon politiquement correcte, difficiles, "voilà qui est contreproductif. Pour l'enseignant comme pour l'élève. Le premier ressort laminé de cette confrontation, le second n'aura pris aucun plaisir au savoir. Du perdant-perdant, pour parler comme la prési­dente de la Région Poitou-Charente. "Les hussards de la République sont mal en point" Autre point noir, l'inéquité entre professeurs. ''Ceux qui sont encore les hussards de la République sont mal payés", assène cette femme de conviction. "Qu'ils enseignent à Henri IV ou dans des zones défavorisées, leur salaire est le même. Si l'on veut sortir du déterminisme dans lequel nous nous enfermons, il va falloir changer de méthode", dit-elle en insistant sur "ce savoir si bénéfique, seul levier capable d'élever l'homme." Si le siècle des Lumières, qu'elle connaît comme sa poche, a construit les valeurs de la démocratie française, il semble que l'on commence à s'en éloigner à grands pas. Pour Elisabeth Badinter la gauche a une large responsabilité dans ce déclin avec la diffusion de l'idéologie différencialiste qui a mis fin à l'égalité". En outre, "en dévalorisant systématiquement les filières littéraires au profil des filiè­res scientifiques, on a fabriqué des chercheurs par milliers". Autre cible du réquisitoire de cette républicaine, "les IUFM (Instituts universitaires déformations des maîtres) auxquels je suis très hostile". "On a tout fait pour tuer l'élitisme" A l'instar d'Alain Finkielkraut qui rejette la théo­rie de "l'école, c'est sympa", vulgate très en vogue dans certains milieux enseignants, Elisabeth Badinter réfute les discours des années 80 et 90 qui prônaient les vertus d'apprendre en s'amusant, on a vu le résultat d'une pareille politique".'Elle qui parcourt les bibliothèques européennes à la recherche d'une lettre, d'un manuscrit vieux de trois siècles, est formelle : "apprendre demande un effort". Et de fustiger "une société qui ne respecte plus le savoir, l'effort, mais ne privilégie que l'argent, l'avoir, le prestige bref le bling-bling" . Jean-François Revel dès 1985 s'interroge dans "La Connaissance inutile" , chez Grasset, sur le fait que désormais tou­tes connaissances sont accessibles et qu'en retour ladite connaissance régresse. Pour la philosophe, l'explication tient en peu de mots : "le savoir n'est pas utile ; financièrement parlant". Apprendre, transmettre, avoir le plaisir de s'enrichir de dizaines de siècles de connaissance ne semblent pas être un atout dans une société qui "pratique le relativisme culturel, où les tags sont considérés comme de l'art". Pire, "on a tout fait pour tuer l'élitisme, on n'a pas encouragé les bons et on a disculpé les médiocres". Et de souligner que "les étu­diants disent avoir Bac+5, je ne comprends pas ce que ça veut dire Bac+5 ce n'est pas un savoir ni un métier cela ne rime à rien… " "Quand Sarkozy insulte la Princesse de Clèves" Ultime coup de canif dans le contrat éducatif, les récents propos du président de la République es­timant que lire La Princesse de Clèves n'a pas grande utilité. "Comme si c'était une purge que de lire ce joyau de la littérature, l'un des plus beaux textes jamais écrits", s'insurge cette femme au tempérament modéré. "Je crois que le président de la République peut avoir une influence : agissant ainsi, il torpille le travail des enseignants " poursuit-elle avant de l'alpaguer par journaliste interposé, "de quel droit peut-il dire cela ? Dans une République, "les symboles comptent et un discours solennel du Président aurait son rôle pour réanimer le goût de l'effort" Pour l'heure, ce n'est pas le cas.
  Lire la suite de la discussion sur france2.fr


260736
b
Moi aussi !
Vous avez peut-être vécu la même histoire ?

Signaler un abus
Les titre et syntaxe du témoignage ont pu être modifiés pour faciliter la lecture.


Histoires vécues sur le même thème

25 kilos a perdre! qui me suis? - j'ai decide de maigrir

image

Bonjour tout le monde ! Je me présente, je m'appelle Hélène, j'ai 24 ans, une petite fille de 13 mois et beaucoup de kilos en trop ! Alors depuis le 1er février je me suis mise à un rééquilibrage alimentaire, avec en prime 1h30 voir 2 h de...Lire la suite

Les regimeuses(groupe en reequilibrage alimentaire)2

image

Et beh MArline fiouuuuu quel con ce mec ! Et puis tu les as accumulé en +… comment tu te sens aujourd'hui ? Il y a des jours comme ça où tout part en cacahuète ! Nadège, je te préfère avec le short, je te trouve plus sexy. Et garde le moral...Lire la suite


 
Voir tous les  autres témoignages