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Poètes d'europe

Témoignage d'internaute trouvé sur forumfr - 25/02/11 | Mis en ligne le 08/05/12
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Vinko Kalinić, poète, journaliste et militant pour les droits de l'homme. Né en 1974 à Split, Croatie. Il vit dans l'île de Vis, Croatie. Il édite le portail Internet de Moj otok Vis (). Il met quotidiennement à jour son journal poétique sur Facebook. ;/pa… ic/110184921886. Il est l'auteur de cinq livres de poésie. Il est vivant, en bonne santé, et il écrit! Deux poèmes traduits du croate en français par Athanase Vantchev de Thracy, révision par Marc Galan. ALLONS-Y. Donne-moi ta main, allons-y, sortons de ce quotidien banal, - C'est vrai, nous ne pourrons jamais à nouveau être des enfants. Dont les visages luisent d'une insouciance innocente, Mais nous pouvons toujours être des personnes. Totalement extraordinaires et sortant totalement du lot, Nous pouvons toujours quitter les rails et nous évader des routes bien tracées. Nous pouvons toujours faire, oui, nous pouvons toujours faire. Tout ce qu'un enfant ne pourrait jamais réaliser. Donne-moi ta main, allons-y, c'est folie de vivre sans imagination, Nous marcherons en silence, nos visages tournés vers le Soleil. Nous ne suivrons que sa trace et continuerons de nous effacer. Jusqu'à ce que nous disparaissions totalement en lui. Jusqu'à ce que nous devenions comme le vent, le nuage et la tempête, Jusqu'à ce que nous arrivions de l'autre côté du monde. Là où le temps n'est pas mesuré par le tic-tac des horloges, Où tout est dépourvu de sens, là où tout est tissé. Des fibres du pur altruisme, de la plus candide appréhension. Et des croyances humaines les plus intimes. Viens, donne-moi ta main, allons-y, Nous ferons tomber les masques et resterons dignes de nous-mêmes. Nous nous coucherons l'un contre l'autre sur le sol nu et muet, Nous écouterons les silences se multiplier, Nous saurons comment l'impossible devient possible, Nous créerons une nouvelle religion, une nouvelle nation, rien qu'à nous, Son drapeau sera le ciel, son hymne, tes yeux qui ignorent la fatigue, Je le chanterai sans trêve, chaque jour, A mi-voix, comme on chante les prières les plus sacrées, Et nous pleurerons ensemble. Donne-moi ta main, allons-y, quittons le langage ordinaire, Laissons vivre libres les mots, laissons-les grandir par eux-mêmes, sans nous, A leur place nos doigts croisés parleront. Par la chaleur de nos paumes, et nous connaîtrons. Avec plus d'intensité et mieux qu'en suivant les leçons de la mousse. Comment le jour se fait nuit et la nuit se fait jour. Tout ce que nous devons savoir, nous le découvrirons. Dans les pulsations de notre sang. IDEMO. Daj mi svoju ruku, idemo, izađimo iz ove banalnosti. - istina, mo¿da nikada vi¿e nećemo biti djeca. čija se lica iskre od nevine bezbri¿nosti. Ali jo¿ uvijek mo¿emo biti ljudi. Posve neobični, i posve drukčiji. Jo¿ uvijek mo¿emo zaobći pruge i mimoići ceste. Jo¿ uvijek mo¿emo… jo¿ uvijek mo¿emo… Sve ¿to nikada nije moglo niti jedno dijete. Daj mi svoju ruku, idemo, ludost je ¿ivjeti bez ma¿te. - hodit ćemo u ti¿ini, lica okrenuta prema suncu. Slijedit ćemo samo njegov trag, i nestajati. Sve dok ne nestanemo u potpunosti. Sve dok ne postanemo isto ¿to i vjetar, oblak i oluja. Sve dok ne stignemo s'onu stranu svijeta. Gdje se vrijeme ne mjeri po otkucaju sata. Gdje sve biva besmisleno, ¿to nije satkano. Od čiste nesebičnosti, strepnje. I najintimnijih ljudskih vjerovanja. Dođi, daj mi svoju ruku, idemo. Skinut ćemo ove maske i ostati dostojni sebe. Leći ćemo oboje na gluhu i golu zemlju. Slu¿at ćemo kako se razmno¿avaju ti¿ine. Kako nemoguće stvari postaju moguće. Stvorit ćemo neku, sasvim svoju, naciju i vjeru. Zastava bit će joj nebo, a himna tvoje nemirne oči. Ja ću je pjevati, od jutra do sutra, bez prestanka. Nijemo, kao ¿to se pjevaju najsvetije molitve. A plakat ćemo zajedno. Daj mi svoju ruku, idemo, izađimo iz ovog jezika. Ostavimo riječi, neka rastu same, mimo nas. Umjesto njih progovoit će na¿i isprepleteni prsti. Po toplini dlanova prepoznat ćemo. Intenzivnije, i bolje nego li po mahovini. Kako se dan pretvara u noć, i noć u dan. Sve ¿to trebmo znati saznat ćemo. U pulsiranju vlastite nam krvi. REQUIEM POUR DEUX. Je ne peux rien écrire ce soir. La lune, les étoiles et le ciel tout entier. Cette nuit ne sont rien d'autre. Que des pantomimes cosmiques, Des tours ratés d'un magicien, Des graphèmes sarcastiques de notre civilisation, Des sons inarticulés, Qui ne nous laissent rien savoir. Des projets de l'univers silencieux. Et la Terre, Sèche comme de la poudre à canon, Cette nuit. Est immobile. Comme un point. Comme un grand trou noir. Dans lequel je gis dans les liens, Superflu et fini ! Comme auparavant, rempli d'une sensation irrépressible, Etendu. Sur la clairière. De ton nombril. Je ne grimperai jamais sur le bout de ton nez, Pas plus que je ne sauterai d'un de tes cils à l'autre. Je ne serai plus jamais baigné par ton regard. Qui éveillait en moi une multitude de contes de fées. Plus jamais aucun matin ne sera innocent. Ni sans un souvenir trouble. Le vent a emporté jusqu'à la dernière part de toi. Et rien de moi non plus n'est resté. Je ne renaîtrai jamais. Sous l'effet d'un simple toucher. Et ne me bercerai point dans le berceau de tes lèvres. Le c¿ur suit sans espoir l'horloge. Nous n'existons pas. Je ne peux entendre ta voix. Ni les pulsations de ton sang. Pas même là, où les choses gisent mortes, Nous n'avons laissé nos tombes. Ni nos os. Ce qui est resté n'était qu'éternité vide : Existence muette et longue comme l'ennui. Rien que des lettres mortes, Rien que des mots vides. Des pensées éparses flottent, un brouillard humide se répand. Sur les abruptes falaises des rêves. Les amas des coquillages pétrifiés et encore sensibles. Leur font écho et restent béants comme des murs de cités en ruine. Cette nuit est aveugle. Cette nuit est muette. Cette nuit la poésie est morte. Ce soir tout ce qui vit. Est creux comme un abîme. REQUIEM ZA DVOJE. Ove noći ne mogu napisati ni¿ta. I mjesec i zvijezde i čitavo nebo, Ove noći nisu ni¿ta drugo. Nego kozmičke pantomime. Iz neuspjelog mađioničarskoga trika, Podrugljivi grafičqui znaci na¿e civilizacije, Neartikulirani zvukovi. Iz kojih se ne mo¿e i¿čitati ni¿ta. O perspektivama gluhonijema svemira. I zemlja, Suha kao barut, Ove noći. Stoji nepomična. Kao točka. Kao velika crna rupa. U kojoj le¿im. Svezan - Suvi¿an i konačan! - kao nekoć, pun. Neukrotivog smisla, ¿to le¿ah. Na proplanku. Tvoga pupka. Nikada se vi¿e neću popeti na vrh tvoga nosa, Niti skakati od trepavice do trepavice. Nikada vi¿e neću biti okupan pogledom. Koji je budio sve moje bajke. Ni jedno jutro vi¿e neće svanuti posve nevino, Bez mutnog sjećanja. Odnio je neki vjetar i posljednji komadić tebe, I od mene nije ostalo ni¿ta. Nikada vi¿e neću biti. U jednom dodiru ponovno rođen, I odnjihan u koljevci tvojih usana. Uzalud srce prati otkucaje sata. Nema nas. Ne čujem ti glas, Ni pulsiranje krvi. Ni onamo gdje le¿e mrtve stvari, Ne ostavismo niti svoga groba. Niti svoje kosti. Ostala je samo isprazna neka vječnost : Nijemo i podmuklo trajanje. Samo mrtva slova, Samo prazne riječi. Razbacane misli lebde, suklja vla¿na para. Nad provalijama strovaljenih snova. Gomile okamenjenih osjetilnih lju¿tura. Odjekuju i zjape kao zidine razru¿enog grada. Ova noć je slijepa. Ova noć je gluhonijema. Ove noći poezija je mrtva. Sve ¿to je ¿ivo u ovoj noći. - prazno je kao bezdan.
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252361
b
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