Histoire vécue Poids - Régime > Obésité > RA      (65535 témoignages)

Préc.

Suiv.

Premier chapitre d'un roman

Témoignage d'internaute trouvé sur forumados - 30/03/10 | Mis en ligne le 02/05/12
Mail  
| 211 lectures | ratingStar_249594_1ratingStar_249594_2ratingStar_249594_3ratingStar_249594_4
Voila j'arrive fraichement sur ce forum afin de vous présenter le premier chapitre d'un roman que je viens d'achever. Il n'y a pas beaucoup de forums de ce type qui semble t-il propose des critiques assez sérieuses (d'après ce que j'ai pu lire). J'attends vos réactions, bonnes ou mauvaises, avec impatience. Aveva. Prologue. Aveva, terre de richesses, terre de cultures, terre de toutes les promesses. En ce monde où les guerres et les conflits ne sont qu'obsessions courantes entre des peuples aux inimitiés désormais légendaires, il existe un continent, plus vaste qu'aucun autre, où se côtoient toutes les races intelligibles du monde : Merava. Ce continent abritait à l'origine la race humaine, puis avec le temps, d'autres ethnies firent leur apparition : les alfars, les nains, les orcs etc… Un tel mélange de culture créa rapidement des tensions donnant lieu bien trop souvent à des effusions de sang. C'est ainsi que les premiers anges décidèrent d'instaurer La Loi Unique, celle de la Paix. En Merava, il n'y a point de guerre, point de révolte, et si jamais le sang doit écouler, cela n'est jamais impunément car toujours les anges veillent à l'équilibre de cette Paix. Ainsi, lorsque l'on retrouve un gobelin étripé dans une taverne habituellement fréquentée par des nains, les coupables sont bien vite retrouvés puis châtiés en conséquence : une vie pour une vie. Cette intolérance aux crimes raciaux fit fuir bon nombre d'individus incapables de contenir leur haine ou leurs rancoeurs. Quant aux autres, ils ont appris à maîtriser leurs émotions… Bien que la Paix soit présente depuis des siècles, cela n'empêche pas que Merava demeure une terre de dangers abritant les pires renégats des quatre coins du monde que même leur propre patrie a rejetée. Ces personnages peu recommandables pullulent dans les villes, font prospérer les marchés noirs, les commerces lugubres et les assassinats… Bien que les anges disposent d'un pouvoir quasi infini et d'un réseau d'informateurs comparable, ces derniers ne peuvent venir totalement à bout du crime, l'essentiel étant de conserver une harmonie juste et droite… La capitale, Ibanos, abrite plus de dix millions d'habitants, toutes ethnies confondues. La grande majorité des habitants parlent leur langue d'origine et ce que l'on appelle le dialecte commun, un mélange de plusieurs langues qui permet à tous de communiquer facilement. C'est également là, à Ibanos, que se trouve le point névralgique et judiciaire de Merava : le conseil des anges. Cette assemblée est composée de douze êtres purs avec à leur tête un grand chancelier validant ou non leurs décisions. Ce sont eux, ces personnages au coeur juste et droit qui rendent depuis des siècles une justice équitable tout en administrant impartialement le continent. Chapitre 1. - Alors, que choisissez vous ? - Je suis mort il y a déjà bien longtemps… Vali Rind sera pendu demain matin au lever du soleil. C'est ce qu'on pouvait lire sur tous les écriteaux de la ville. - Ils ont enfin fini par mettre la main sur ce misérable ! S'écria un passant. - Il doit payer pour tous ces crimes ! Lança un autre. Sheela Na Gig, l'amie d'enfance de Vali Rind écoutait avec peine tous ces badauds débiter leurs lots d'anecdotes stupides dont la grande majorité étaient fausses ou infondées. Elle aurait aimé les faire taire avec un simple sortilège, mais il ne fallait pas se faire remarquer, du moins pas tout de suite… Délivrer son ami ne serait pas chose aisée et les autorités ne devaient pas avoir vent de sa présence dans la capitale. Sheela appartenait au peuple des svaltalfars, des êtres réputés pour la puissance de leur magie et leur intransigeance. Les svaltalfars, ou plus communément appelés alfars noirs, sont des cousins éloignés des alfars. Vivant sur le continent des Royaumes Oubliés, une région désertique et aux conditions climatiques épouvantables, les svatalfars évoluent en petite communauté d'individus, se déplaçant bien souvent comme des nomades au grès des tempêtes. Par ailleurs, les svatalfars n'ont de cesse de livrer bataille contre les duergars, des nains qui habitent la même contrée. Tous ces facteurs font que ce peuple ne compte qu'une poignée de représentants. Seuls les plus forts et les plus habiles parviennent à rester en vie. Les similitudes physiques entre alfars et svatalfars sont surprenantes. Leurs traits sont fins et longilignes, leurs oreilles sont taillées en pointes et leur langage, qui malgré quelques intonations différentes, est similaire. Ces deux espèces possèdent une acuité visuelle et auditive particulièrement développée et bénéficient une longévité hors du commun. De plus, leur talent pour manier la magie n'a pas d'égal dans tout Aveva. Néanmoins, contrairement à leurs cousins, les svaltalfars possèdent une peau noire comme le jais, leurs pupilles sont aussi sombres que la nuit et leur longue chevelure arbore des reflets violets ou bleus foncés. Les alfars sont aussi proches de la nature que les svatalfars de la désolation, aussi les étrangers qui ont eu la chance de comparer ces deux espèces n'hésitent pas à dire que les svatalfars ne sont que le double maléfique de leurs cousins. Les alfars noirs sont en fait peu connus car nul étranger qui a pénétré sur leur territoire n'en est ressorti vivant. Néanmoins, Sheela n'est jamais retournée auprès des siens. Elle fut bannie très jeune, alors qu'elle n'avait qu'une trentaine d'années (le niveau de maturité étant diffèrent des humains ordinaires) , pour avoir assassiné une de ses camarades d'étude qui estimait son aptitude à manier la magie plus élevée que la sienne. Étant encore une enfant selon la loi svaltalfar pour recevoir la peine capitale, Sheela fut chassée de son peuple et trouva refuge sur le continent de Mérava. Bien que jeune, Sheela était considérée comme surdouée dans l'utilisation de la magie, ce qui lui permis de trouver facilement de petits boulots plus ou moins glorieux afin de subsister, jusqu'au jour où un inconnu lui offrit sa chance en temps qu'apprentie magicienne. Elle apprit beaucoup auprès de ce professeur inespéré mais ne tarda pas à le surpasser. Lorsque ce fut le cas, le maitre jaloux la chassa et Sheela dut poursuivre à nouveau son errance. Bien de sombres années s'écoulèrent avant qu'elle ne fasse la rencontre de l'homme qui allait bouleverser sa vie… Enveloppée dans un épais manteau de fourrure à capuche, elle frappa sourdement sur une imposante porte de bois renforcée par des barres métalliques. Lorsque celle-ci s'ouvrit ce fut pour laisser place à un non moins imposant orc qui gardait l'entrée. Il dépassait la jeune femme de plusieurs dizaines de centimètres et son expression ne présageait rien d'accueillant. Sa peau verdâtre lui donnait un aspect repoussant et ses yeux globuleux ne semblaient brasser que le vide. - Les alfars ne sont pas admis ici, maugréa t-il. - Ta bêtise est aussi grande que toi Kator. Maintenant laisse moi passer tu veux. Sheela abaissa son capuchon et les yeux du colosse s'écarquillèrent. - Sheela, excuses moi je ne t'avais pas reconnue ! Il faut dire que ça fait si longtemps qu'on ne t'avait pas vu trainer par ici ! La jeune femme lui jeta un vague sourire et pénétra dans l'enceinte sur l'invitation du molosse. C'était une sorte de taverne clandestine qui faisait office de marché noir. La fréquentation y était très importante, mais personne ne lui prêta attention malgré ses origines svatalfars. Pourvu que le client ait une bourse bien remplie, il était accueilli comme un prince, quelque soit sa couleur de peau ou la forme de ses yeux. L'allusion à inadmissibilité des alfars dans établissement n'était qu'un prétexte pour éloigner les curieux et les inconnus. Sheela se présenta devant le comptoir sous le sourire ébahit du patron. - Je doute que Karkenrir soit ravi de te revoir Sheela. Il a filé dès avoir aperçu ton ombre. - Les meilleurs amis se fuient mutuellement, c'est bien connu. Ou est-il parti ? - Il y a une porte juste derrière moi. Tu ne peux pas le manquer. Je te remercie, lança t-elle avec un large sourire carnassier. Le tavernier s'écarta pour lui laisser place libre et Sheela pénétra dans un huis clos mal éclairé. Cependant, sa vision héritée de son peuple lui permettait d'y voir comme en plein jour. - Sheela ! Quelle bonne surprise ! Lança un gobelin assit en face d'elle. - Ta voix me parait mal assurée, je ne te dérange pas au moins ? Ironisa t-elle. J'espère ne pas t'avoir fait peur ? - Allons donc ! Retrouver une amie de longue date ne peut que m'emplir de joie ! Karkenrir était un gobelin qui avait rejoint Vali quelques temps après Sheela elle-même. C'était un compagnon légèrement farfelu, prolixe au possible qui excellait dans l'art de dépouiller autrui sans se faire prendre. A eux trois, ils avaient écumé bon nombre de villages, et fait main basse sur une fortune conséquente. Mais le passé était révolu et les temps avaient désormais bien changés. Karkenrir avait une quarantaine d'années, un age respectable pour un gobelin, qui contrairement aux svatalfars ou à l'inverse, aux humains, atteignait l'age adulte vers six ans. Il portait une armure en cuir et ceignait plusieurs dagues ainsi que différents outils plus ou moins connus de la jeune femme. N'ayant point de chaussures, Sheela distinguait parfaitement ses pieds sales et griffus. Ses dents étaient limées en pointes et lorsqu'il souriait cela contrastait curieusement avec sa peau verte. Chauve et au nez crochu, il possédait toutes les caractéristiques de son espèce. Sheela devina aisément que son ami était inquiet. Karkenrir était de nature craintive et voir rejaillir Sheela après tant d'années ne présageait rien de bon… Surtout qu'il avait eu vent de la pendaison de Vali… Connaissant la jeune femme, il était persuadé qu'elle ne laisserait pas les évènements se dérouler de la sorte. - Alors c'est reparti… Tu sais que j'ai pourtant arrêté ce genre d'expédition hasardeuse n'est ce pas ? A ce moment Sheela sut que son ami était partant. Comme pour confirmer sa pensée, il laissa échapper un profond soupire visant en fait à dissimuler son excitation par un certain dépit. - Et pour les deux autres, tu ne les as pas contacté ? - Pas besoin. Moins on sera, mieux ce sera. - Comme tu voudras. Le plan ? - Je t'expliquerai en chemin, il n'y a pas de temps à perdre et puis les murs ont des oreilles par ici… Sheela et Karkenrir sortirent de la taverne discrètement en frôlant les murs. La nuit tomberait bientôt sur Ibanos et il y avait de moins en moins de passants dans les rues. Les deux compagnons se faufilèrent à travers toute une série de venelles comme pour échapper à un prédateur invisible. - Je ne sais pas encore où tu m'emmènes mais tu disais m'exposer ton plan quand nous serions sortis. - C'est juste et c'est d'ailleurs très simple. Tout reposera sur l'effet de surprise. Je nous téléporterai sur échafaud et tu couperas la corde. - Pas plus !? S'étrangla le gobelin. Tu ne te rends pas compte du dispositif qu'il y aura en place. On ne pend pas un vulgaire voleur de poules, tu le sais mieux que quiconque. Il y aura des gardes aux quatre coins de la place ! On raconte que le grand chancelier en personne assistera à l'exécution. Si tu veux mourir avec Vali, je te serai grès de ne pas m'entrainer avec toi ! - Tu parles trop Karkenrir, et si j'avais voulu me suicider, je l'aurai fait il y a déjà bien longtemps. Retrouves moi demain matin sur la grande place avant que le soleil ne se lève. Je dois te laisser, j'ai à faire. - Quoi !? C'est tout ?! Beugla le gobelin. Sheela lui jeta un dernier sourire amical et disparut au coin de la rue. Karkenrir crut à un rêve tellement les choses s'enchainaient rapidement et curieusement. La grande place d'Ibanos était en général utilisée pour le marché quotidien de la capitale. Aux proportions démesurées, elle était à ciel ouvert et couverte de pavés noirs enchantés qui conservaient la chaleur l'hiver et restaient froids l'été. Cependant, il n'y avait pas d'étals ce matin. Le soleil se lèverait pourtant dans quelques dizaines de minutes, mais pas un commerçant ne pointait à l'horizon. Seuls quelques bruits sourds d'un maillet révélaient une activité humaine. Les charpentiers et les bourreaux s'apprêtaient à recevoir leur hôte de marque… La place serait comble dans peu de temps car tous attendaient depuis des semaines la pendaison du célèbre bandit et mercenaire Vali Rind. Lorsque le chariot transportant le condamné à mort s'avança au milieu de la foule, il y eut une vague spontanée de hourras. Des hurlements jaillissaient de toute part tandis que les gens trépignaient d'impatience. Le visage du criminel était dissimulé par un large sac de toile noire. Solidement attaché aux poignées et au cou et flanqué de deux mastodontes, il lui était impossible de tenter la moindre échappée. Soudain, le ciel s'obscurcit et une ombre vint masquer la lumière du soleil. Puis, comme une véritable apparition, un ange descendit lentement de toute sa grâce vers la foule. Le silence était absolu et tous retenaient leur souffle. La créature élue de Dieu portait une magnifique armure dorée et tenait dans sa main droite un livre aussi large qu'un bouclier. Le grand chancelier venait lui-même orchestrer la mise à mort du condamné. Ses longs cheveux blancs flottaient curieusement dans l'air alors que pas un souffle ne berçait la place. Puis, lorsqu'il se posa sur échafaud, seul le bruit lancinant du chariot qui transportait le prisonnier rythmait la scène. Une sorte de paralysie contemplative s'était emparée de chacun. C'est alors qu'un sursaut traversa l'assemblée, comme un réveil brutal, lorsque le chancelier prit la parole tandis que l'on amenait le condamné à mort sur l'estrade. - Citoyens d' Ibanos, vous vous êtes en ce jour rassemblés pour assister à l'exécution du dénommé Vali Rind. Après un jugement équitable, la cour a rendu son verdict : la peine capitale par pendaison. Les chefs d'inculpations sont les suivants… L'ange récita un à un tout ce pour quoi Vali Rind allait être condamné, mais Sheela et Karkenrir n'écoutait déjà plus depuis longtemps. Le gobelin déglutit lentement, il ne cessait de passer le plan de son amie dans sa tête, si du moins on pouvait parler d'un plan. Une goutte de sueur roula sur sa joue et il ne put dire si cela était à cause de la chaleur de la peur. Il se demanda même s'il ne valait mieux pas prendre ses jambes à son cou tant qu'il en était encore temps. L'idée lui parut séduisante, mais la perspective d'être traqué le restant de ses jours par une magicienne svatalfar en colère lui sembla tout à coup moins attrayant. A ce moment, comme si Sheela avait deviné les pensées de son compagnon, leurs regards se croisèrent et Karkenrir esquissa un large sourire innocent. - Je te téléporterai au moment où ils lui passeront la corde au cou et lancerai dans la foulée plusieurs sorts de diversion. Tiens toi prêt. Sheela lui avait communiqué les instructions mentalement, par télépathie, et nul ne put soupçonner ce qui se préparait. Karkenrir sortit silencieusement une de ses dagues à l'instant où le bourreau retirait le sac de toile qui masquait le visage du condamné. Il y eut quelques murmures dans la foule car c'était la première fois que tous pouvaient enfin mettre un visage sur ce nom devenu incontournable. Tous connaissaient Vali Rind, mais peu l'avaient déjà aperçu. Il souriait. Ses yeux aux pupilles de serpent brulaient avec vigueur comme pour lancer un ultime défi. Il aurait du mourir il y a fort longtemps aussi la mort ne lui semblait être qu'une étape de plus dans la lente tourmente qu'avait été sa vie. Soudain, il laissa échapper un effroyable éclat de rire, presque dément, qui provoqua un mouvement de panique et de recul dans la foule. Même sur le point d'être exécuté il provoquait encore la terreur générale. Sheela le regardait intensément ne quittant pas ce regard qu'elle connaissait si bien. Étrangement, il lui sembla qu'il l'avait remarquée malgré le nombre d'individus et la capuche qui dissimulait son visage. Il la fixait intensément et quand on lui passa la corde au cou, Sheela crut qu'il lui lançait un clin d'oeil. Karkenrir la regardait, perplexe, ne sachant que faire. Elle aurait du lancer son sort maintenant, mais la magicienne demeurait impassible. - Sheela… Siffla le gobelin. Pas de réaction. Il lui jeta un léger coup de pied dans la cheville pour la sortir de sa torpeur, mais toujours pas de réponse. Alors, elle posa son index sur ses lèvres pour lui intimer le silence. Karkenrir haussa les épaules et rengaina son arme au moment où l'on pendait Vali Rind. Il y eut comme un vent de déception lorsque le condamné à mort cessa d'émettre des soubresauts. Les gens s'attendaient à quelque chose de plus spectaculaire comme chaque fois que l'on exécute quelqu'un d'un peu célèbre… Il y eut tout un cérémonial auquel Sheela et Karkenrir n'assistèrent pas. Le jeune magicienne courrait à perdre haleine dans les rues quasi désertes d'Ibanos, suivie tant bien que mal par son ami gobelin. Lorsqu'elle s'arrêta brutalement, c'est tout juste si Karkenrir ne la percuta pas, concentré qu'il était à suivre le rythme de cette course effrénée. Sheela s'était arrêtée devant une porte de métal aux curieuses enluminures. L'oeil expert de Karkenrir remarquera qu'il n'y avait ni poignée, ni serrure et que la porte était parfaitement enchâssée autrement dit, qu'il n'y avait pas de gonds. - Magique ? Demanda Karkenrir. - Tu n'as rien perdu de ta perspicacité dis moi, ironisa t-elle. Elle ferma les yeux et après quelques secondes, la porte s'effaça. Les deux compères pénétrèrent alors dans une petite pièce blanche ou pour tout mobilier trônait un large fauteuil noir au milieu. J'espère que tu savoures encore cette grotesque mascarade ? Un petit rire familier émana alors tu fauteuil. Un rire que Karkenrir venait d'entendre il y a peu. - Vali… Lâcha t-il au moment où le fauteuil pivotait sur lui-même. Comment est-ce possible ? - Une illusion, rétorqua Sheela. Et fichtrement bien faite. Il s'en est fallu de peu pour que l'on se jète dans la gueule du loup… - Quand as-tu deviné ? Demanda Vali. - Ce clin d'oeil. Il y avait quelque chose d'anormal, quelque chose qui n'était pas toi, je ne serai trop l'expliquer. Racontes nous plutôt qui t'a sauvé la mise, j'estime que nous avons droit à quelques explications ! Il les regarda fixement et respira à pleins poumons. Vali avait les traits fins, presque émaciés et quiconque connaissait un peu le peuple alfar pouvait deviner qu'une partie de ce sang coulait dans ses veines. Ses cheveux, noirs et épais, lui arrivaient jusque dans le bas du dos, mais le plus inquiétant chez Vali Rind, étaient ses yeux : deux pupilles de serpent brillant intensément d'un éclat menaçant. Nul ne possède une telle caractéristique physique dans tout Aveva et c'est en partie cela qui a rendu le bandit si célèbre. Vali le maléfique ou encore Vali oeil de venin sont les surnoms qui reviennent le plus souvent dans la bouche des colporteurs de rumeurs. Possédant une silhouette élancée et un corps noueux cela fit de lui un redoutable combattant. Bretteur hors paire, et doté d'un tempérament belliqueux, voire violent, Vali Rind demeure cependant d'une fidélité exemplaire envers les rares personnes à qui il a accordé sa confiance. Possédant un charme envoutant, nombre de ses ennemis se sont laissés séduire à leurs dépens. Le grand conseil finit par me mettre la main dessus et après avoir été enfermé plus d'un mois dans leurs cellules, je passais en jugement. Le procès ne dura que quelques minutes. Après tout, il n'allait pas s'embarrasser avec quelques détails. Le verdict tomba : la mort par pendaison. J'attendis jusqu'à hier dans l'impatience de voir la grande faucheuse en face, mais voilà que le destin me jouait à nouveau des tours. La veille de ma mise à mort, je fus amené dans une curieuse salle sans plafond ni toiture, mains et pieds solidement liés. D'immenses fresques tapissaient les quatre murs et de gigantesques colonnes de marbre se dressaient haut vers le ciel comme pour le supporter. Au centre, douze anges trônaient autour d'une table rectangulaire. Six conseillers à droite, six autres à gauche, tous se tenant vis à vis des uns des autres. Alors le grand chancelier descendit du ciel dans son armure dorée et prit place en bout de table afin de présider l'assemblée. Ce dernier fit signe aux gardes de me faire avancer tandis qu'un des anges se leva pour prononcer son discours. - Citoyen Vali Rind, vous allez être condamné à mort pour tous vos crimes et vos pêchés. Mais avant que la sentence ne soit rendue, le conseil a décidé, par sept voix contre six, de vous accorder une ultime chance. Je ne pus m'empêcher de laisser échapper un petit ricanement, la situation me paraissant d'un grotesque absolu. Après toutes mes exactions, voilà que le grand conseil lui-même avait besoin d'un misérable comme moi. C'est à ce moment là que le chancelier se leva et prit la parole. - Nous vous proposons un marché. Accomplissez quelque chose en notre nom et nous vous laisserons la vie sauve. - Je vois. Le puissant conseil n'a pas envie de se salir les mains et demande à la racaille de faire le sale boulot… - Vous paierez pour vos blasphèmes quand viendra le jugement divin, libre à vous désormais de retarder ou non ce jugement. Sachez que d'autres peuvent très bien vous remplacer, mais si nous vous proposons une telle offre c'est que certains d'entre nous estiment que vous avez les capacités pour mener à bien cette entreprise. De plus il semblerait que cela puisse vous intéresser étant donné que cela concerne le peuple alfar… - Je suppose que ce n'est pas sans risque ? - Un condamné à mort n'a que faire des risques je présume ? Il y eut alors un bref instant ou chacun attendit la décision de l'autre. Il me sembla que le chancelier avait plus besoin de mon aide qu'il ne laissait le paraître. Quant à moi, je savais parfaitement qu'il n'avait fait que piquer ma curiosité en évoquant les alfars. L'envie de faire un dernier pied de nez au conseil me démangeait depuis le premier jour où ils me mirent la main dessus. Néanmoins, l'idée de pouvoir nuire à nouveau à ces chiens d'alfars l'emporta… - De quoi s'agit-il ? Demandais-je. - Approchez. Le chancelier m'invita à m'asseoir en bout de table, face à lui et aux cotés des autres conseillers. - Je présume que vous avez entendu parler de l'Oracle de Vérité ? - Vaguement. - Fermez les yeux et détendez vous. Des images vont défiler dans votre esprit. Il s'agit de visions provenant du futur qui elles-mêmes proviennent de l'Oracle. Je fis ce qu'il me dit et en effet d'étranges images, comme des tableaux, se succédèrent les unes aux autres. La plupart représentaient des scènes de combat. D'immenses armées se jetaient les unes contre les autres. Le carnage n'en finissait pas et le flot continue des soldats semblait intarissable. Après quelques minutes je notais un personnage qui revenait dans la plupart des scènes. C'était un homme étrange qui flottait dans les airs à la tête d'une des armées. Il ne portait pas d'armure mais une aura blanchâtre semblait se dégageait de lui. Dans sa main gauche, il tenait un long bouclier en forme de losange et dans sa main droite, une lance était brandit en direction de ses ennemis. Je ne vis jamais son visage mais tout chez cet homme m'inspirait la défiance. Enfin, lorsque les images cessèrent, je rouvris les yeux et m'aperçus que j'étais couvert de sueur. - Les effets secondaires des visions, dit le chancelier. - Qui est cet homme qui revient constamment dans toutes les scènes ? - C'est votre cible. Celui que vous devrez abattre avant qu'il ne fasse basculer les règles établies et plongent ce monde dans un bain de sang. - Et vous dites que ces images viennent du futur ? Comment est-ce possible ? - Chaque année, l'Oracle de Vérité rend ses visions. Cela fait maintenant cinq ans que des images similaires surviennent. Quelques détails changent et les scènes se font plus précises, signe que l'échéance approche. Mais nous pouvons changer cela si nous agissons. Les visions de l'Oracle ne sont pas immuables. - Et tuer cet homme suffirait à entraver ce futur ? - C'est exact. - Dans ce cas, si cette cause vous semble juste, pourquoi n'agissez vous pas vous-mêmes ? - Il y a plusieurs raisons à cela. La première est physique : pénétrer en territoire alfar clandestinement relève de l'exploit et nous autres anges ne pouvons quitter le continent de Merava. C'est le prix à payer : l'immortalité contre la liberté. Le deuxième motif est moral : le personnage que vous avez aperçu dans ces visions n'est pas encore né. Selon nos estimations, sa mère est enceinte depuis quelques mois et devrait accoucher dans un peu plus d'un an. Il faut absolument tuer l'enfant avant qu'il ne naisse. Cette créature est une monstruosité de la nature et une telle engeance ne doit pas connaître le jour. Je suppose que vous comprenez maintenant notre embarras ? - Tuer une femme enceinte est en effet peu glorieux… - Alors, que choisissez vous ? - Je suis mort il y a déjà bien longtemps… Néanmoins, un petit détail me tracasse. Je suis sensé être pendu demain matin n'est-ce pas ? - Ne vous inquiétez pas pour cela, il est prévu d'y remédier. Veuillez me suivre je vous prie, nous allons créer une illusion parfaite est tous penserons réellement que avez été pendu… Tachez seulement de rester discret avant votre départ… - Et ils t'ont laissés partir comme ça ?! S'exclama Karkenrir. Vali ne répondit pas. Quant à Sheela, elle semblait intriguée par l'histoire de son compagnon. - Et que vas tu faire ? Demanda-t-elle soucieuse. Il comprenait parfaitement ses inquiétudes et savait pertinemment que la jeune femme aurait donné sa vie pour le protéger. - Je n'ai guère le choix. - Même si tu mènes à bien ce plan insensé, qu'est ce qui te fait dire que le conseil te laissera la vie sauve ? - Je n'ai aucune garantie, mais je me sens comme attiré par mes racines. L'envie pressante de pouvoir leur rendre la monnaie de leur pièce ne m'a jamais autant rongée. Sheela sentit cette haine qu'elle connaissait bien chez son ami. Elle pensait que le temps avait quelque peu refermé les cicatrices, mais elle se trompait. Le désir de vengeance de Vali Rind n'avait jamais était aussi grand. Elle savait qu'elle n'avait pas le pouvoir de le changer et de lui faire renoncer cette folie. Une fois de plus, elle devrait se résigner. - Dans ce cas, comment comptes tu t'y prendre ? - Le conseil a affrété un navire en direction de l'archipel d'Elenir. Il n'y a pas que des alfars qui vivent la-bas. Plusieurs tribus orcs ont élu domicile sur le littoral. Le capitaine du vaisseau et l'équipage ne seront au courant de rien. Je peux également emmener avec moi qui me semblera utile, mais je ne veux entrainer personne dans cette course sans retour. - C'est déjà fait et tu le sais bien, rétorqua Sheela. Et comment s'appelle la mère de l'enfant ? Méria, la fille d'un des seigneurs alfars les plus influents. Sheela ressentit de nouveau cet élan haineux chez Vali lorsque celui-ci évoqua les alfars. A coup sure, ce seigneur dont parlait son ami avait été pour quelque chose dans sa disgrâce. - As tu contacté les deux autres ? Demanda Sheela. - Je t'ai dit que je ne voulais entrainer personne avec moi. - Rien ne coute d'essayer. Nous sommes déjà trois, je suppose que deux de plus ou de moins ne changera pas grand chose. - Comment ça trois ? Protesta Karkenrir. - Ah tu n'es pas au courant ? Ironisa Sheela. - Je n'irai nul part. D'ailleurs j'en ai assez entendu comme ça. Bon vent et bonne chance. - Demain à sept heure sur les quais. - C'est ça ! Lança karkenrir avant de sortir de la petite pièce. La porte s'ouvrit d'elle même lorsque le gobelin l'effleura, laissant Sheela et Vali seuls. Vali pénétra le premier dans l'établissement de jeux, suivit par Sheela. Ils avaient pris soin de dissimuler leurs visages et formaient un duo inquiétant. C'était une baraque miteuse qui avait la triste réputation d'organiser des combats illégaux. Un des gardes chargé de la sécurité leur jeta un regard méfiant et fit un signe de tête à l'intention de l'un de ses acolytes afin de les surveiller. Le curieux couple s'installa à une table et commanda à boire et à manger. Après quelques minutes, Vali fit signe au serveur de s'approcher pour payer. L'addition. Au moment où Vali reversa l'argent, il saisit le poignée du garçon et y introduisit furtivement un morceau de papier. C'était une sorte de message codé signifiant que l'on connaissait les services spéciaux de l'établissement. Cela ne manqua pas. Quelques secondes suffirent pour que Vali et Sheela soient invités à suivre un des gardes. Leur guide les escorta jusqu'aux sous sols qui donnèrent sur un couloir mal éclairé. Il s'agissait en fait d'anciennes galeries mortuaires qu'utilisaient les anciens cultes d'Ibanos. Cependant, avec l'arrivée des anges aux pouvoirs et l'épanouissement de la religion unique, ces cultes disparurent rapidement, abandonnant d'interminables labyrinthes dans les sous-sols de la capitale. Aujourd'hui, ces enchevêtrements de détroits sinueux servent de repères pour la plupart des activités illicites. Vali et Sheela entendirent des bruits de lutte suivit par des hourras et des applaudissements. Ils approchaient. C'est alors que l'étroit tunnel termina sur une vaste salle. Au centre, deux combattants s'affrontaient violemment dans une arène délimitée par des cordages. Assis ou debout, les spectateurs semblaient dans un état de transe totale, hurlant des encouragements ou des insultes selon les paris qu'ils avaient pris pour tel ou tel lutteur. Le combat s'acheva brutalement lorsque l'un deux tomba au sol, touché par un mauvais coup au ventre. Son adversaire en profita pour lui bondir dessus et le marteler de coups de poings. Le perdant aurait bien du mal à relivrer un jour un combat de ce type. C'était les risques des combats illégaux, on ne savait jamais comment cela se terminerait. Enfin, quand personne ne fit plus attention au vainqueur ni encore moins au vaincu il fut temps de toucher ce que l'on avait misé ou au contraire, de payer ses dettes. Vali et Sheela profitèrent de cet instant pour s'asseoir et profiter du match suivant. Il ne fallut pas attendre bien longtemps. Le responsable des paris vint se planter au milieu de l'arène et sa voix sourde et grave fit taire les derniers chamailleurs. Et maintenant, faites un triomphe pour le challenger qui a eut le courage de venir défier notre champion. Un orque plus massif qu'un buffle rejoignit le centre de l'arène sous les cris bestiaux de la foule. Le combat tant attendu allé enfin avoir lieu. Un individu assez brave, ou assez fou, était venu défier le champion. Lorsque les hurlements des spectateurs retombèrent, le champion en question fit son entrée : Ogg, un centaure à la musculature disproportionnée. Comme tous ceux de son espèce, Ogg ne portait pas de vêtement. Ses cheveux lui arrivaient aux épaules et son visage fermé ne trahissait aucune émotion. Les centaures forment un peuple fier habitant sur la minuscule ile de Cavalir, perdue au milieu de l'Océan de Jade. Cette race, quasi en voie d'extinction, regroupe les meilleurs combattants d'Aveva. Les centaures ne vivent que pour s'affronter les uns les autres et grimper les échelons complexes d'une hiérarchie minutieuse. Complètement refermés sur eux-mêmes, peu nombreux sont les étrangers qui s'intéressent à eux, estimant qu'ils ne représentent qu'un intérêt minime. Ogg, ne dérogeait pas à la règle. De nature asociale, il ne parlait presque jamais et se montrait d'une agressivité sans limite lorsque quelque chose ou quelqu'un le chagrinait. Le gong retentit et l'orque se rua sur le centaure qui ne bougea pas d'un pouce. Le challenger, qui semble t-il pensait pouvoir remporter le combat, asséna un uppercut au menton à son adversaire. Ce dernier ne prit pas la peine d'esquiver et après avoir encaissé sans broncher un coup qui aurait pu tuer un être ordinaire, il saisit l'orque à la gorge et le souleva d'une seule main. Ses pieds battaient dans le vide alors qu'il essayait de marteler de coups de poing l'avant-bras de son bourreau pour le faire lâcher prise. Peine perdue. L'étreinte paraissait se resserrer davantage, si bien qu'au bout de quelques secondes la peau verte du malheureux challenger vira lentement vers le rouge puis vers le violet. Il n'y avait pas un murmure dans toute la salle. Tous retenaient leur souffle, se demandant si Ogg allait exécuter ou non sa proie. Mais il n'en fit rien. Le centaure projeta son adversaire dans les airs qui vint s'écraser sur une table où buvait des spectateurs. Il avait vaincu mais n'éprouvait aucune joie. Après avoir lancé un regard méprisant vers le public, il regagna ses quartiers, sans un mot, dans l'attente d'un prochain combat. Vali et Sheela furent surpris par la réaction des parieurs. Il n'y eut pas d'hystérie collective comme en avait déclenché le match précèdent. En fait, tous connaissaient l'issue du combat entre Ogg et cet orque. Visiblement le centaure commençait à lasser, ce qui n'avait pas échappé à l'organisateur des combats. Peu à peu, la salle se vida et Vali en profita pour rencontrer le responsable des lieux, un nain hideux avec des boursouflures sur les joues et le nez. - Nous aimerions nous entretenir avec Ogg. - Tout le monde aimerait parler à Ogg, rétorqua t-il sans leur adresser la moindre importance. Sheela abaissa alors son capuchon et d'une voix presque éraillée, répéta les mêmes mots qu'avaient prononcé Vali. - Nous aimerions nous entretenir avec Ogg. Alors leur interlocuteur fit volte face. Son expression avait changée et Vali put lire de la peur dans ses yeux. - Ex… Excusez moi madame, bredouilla t-il. Je vais vous conduire jusqu'à lui. Il s'inclina tel un docile serviteur et les invita à le suivre. - Voilà, c'est juste à droite, vous ne pouvez pas vous tromper. Pardonnez moi de ne pouvoir vous accompagnez plus loin. Il s'inclina à nouveau et se retira en marchant à reculons gardant le dos courbé. - Je vois que tu n'as rien perdu de ta persuasion Sheela. - Un simple sortilège peut convaincre aisément les esprits les plus faibles. -Tu l'as également obligée à faire des courbettes ou se n'était pas prévu ? - Il devait être très vraiment d'esprit ! Vali et Sheela se tenaient devant un rideau noir qui devait donnait sur les quartiers du centaure. Ogg vivait donc dans des galeries souterraines ne voyant jamais la lumière du jour. Les deux compagnons se demandèrent comment leur camarade en était arrivé là. Ogg, d'ordinaire si fier, avait du traverser une bien terrible tempête pour s'abaisser à de telles activités. - Laisses moi y aller seul, dit Vali, tu sais que ta présence le met mal à l'aise. Sheela sourit et Vali écarta lentement le rideau pour pénétrer dans un minuscule vestibule dans lequel le centaure se tenait inconfortablement assis sur ses quatre jambes. Celui-ci lui jeta un coup d'oeil à peine surpris avant de scruter à nouveau le sol. - Moi aussi ça me fait plaisir de te revoir Ogg. - Qu'est ce qui t'amène ici Vali ? - Je ne vais pas y aller par quatre chemins. Nous partons demain pour l'archipel d'Elenir. Si le coeur t'en dit tu es le bienvenu pour nous accompagner. Je ne te cache pas que les chances de retour sont plus que minces. - J'en suis, déclara le centaure tout en se relevant lentement. Ogg était encore plus imposant de prêt, dépassant Vali d'une cinquantaine de centimètres. Même si Vali était un bretteur extraordinaire, il n'aurait pas donné cher de sa peau contre son camarade. - Dans ce cas, rejoins nous sur les quais demain matin à l'aube. Le centaure acquiesça et alors que Vali s'apprêtait à sortir, ce dernier put lire comme de la reconnaissance dans les yeux de son ami. Visiblement, il tombait à point mené et repartir tous ensemble sur les routes sinueuses d'Aveva paraissait soulager Ogg. Lorsque Vali et Sheela regagnèrent la salle des combats, le responsable parut surpris de les voir. - Qui êtes vous et que faites vous ici ?! Personne ne vous a permis d'entrer, s'exclama le nain. Au moment ou il s'apprêtait à dégainer un large couteau de boucher tout en appelant du renfort, une hache tournoyant sur elle-même traversa la pièce et vint se planter dans le thorax de l'importun. Sous la violence de l'impact, ce dernier recula de plusieurs mètres avant de terminer sa course contre une colonne. Il y eut quelques soubresauts nerveux et après avoir craché un peu de sang, il mourut. Vali et Sheela n'eurent pas besoin de se retourner pour savoir qui était le responsable. Ils avaient tous deux reconnu la large hache à double tranchant de leur compagnon Ogg. Ils n'étaient pas là pour le juger et si le centaure avait agi ainsi c'est qu'il devait avoir de bonnes raisons. Il croupissait ici depuis trop longtemps, mais s'en était terminé désormais. Ogg ressortait de l'ombre et il n'avait perdu ni de sa force ni de son tempérament… Vali et Sheela regagnèrent la lumière du jour. Ils étaient maintenant quatre à se lancer dans cette quête insensée. Restait à convaincre le dernier de la bande et le groupe serait réunis comme jadis. Cependant Sheela, tout comme Vali, doutait de l'envie du nain Nibelung de repartir pour une aventure incertaine. Il se faisait vieux et finissait ses jours dans une boutique d'alchimiste qu'il avait ouvert quelques années auparavant lorsque la bande de Vali s'était dissoute. Lorsqu'ils arrivèrent devant l'enseigne ils furent surpris par l'état de délabrement avancé du magasin. Le Nibelung qu'ils avaient connu était quelqu'un de très minutieux, voire maniaque, aussi, la vétusté de l'échoppe de leur compagnon les surpris et ils se demandèrent si Nibelung tenait encore l'établissement. L'écriteau pendant à l'entrée leur confirma que oui : " Chez Nibelung, objets pour alchimiste " . Sheela et Vali pénétrèrent dans le magasin. C'était une pièce de taille moyenne où était entassé quantité d'objets plus ou moins utiles. Tout y respirait la poussière. Les étagères croulaient sous les livres et les coffres étaient ouverts faute de pouvoir les refermer tant leur contenu était important. Vali aperçu le nain derrière son comptoir. Il dormait profondément les mains croisées sur le ventre et la tête tombant vers l'avant. Nibelung possédait une barbe blanche fournie, ses cheveux étaient soigneusement coupés et il portait une élégante tenue de cuir. Il devait maintenant avoir plus de deux cents ans ce qui était un age considérable pour son espèce. Nibelung avait toujours fait office de vieux sage dans le groupe, prodiguant des conseils avisés aux autres, bien que Sheela et Vali aient dépassé les cinq cents ans… Il semblait en paix et Vali se demanda s'il ne valait pas faire demi-tour immédiatement et laisser son vieil ami finir de couler ses beaux jours. Trop tard. Nibelung ouvrit un oeil lentement avant de se redresser sur ses jambes, l'esprit encore embrumé. - Sheela, Vali. Ça faisait longtemps qu'on ne s'était pas vu, n'est ce pas ? Quel bon vent vous amène dans ma boutique ? -Nous étions de passage et souhaitions simplement te saluer. Nibelung sourit, sachant pertinemment que Vali lui mentait éhontément. - Allons gamin, quelqu'un comme toi ne passe pas innocemment dire salut à ses anciens amis. Ne pense pas que je suis entrain de te faire des reproches, je comprend parfaitement que tu es mieux à faire. Donc, que puis-je pour toi Vali ? Vali parut légèrement décontenancé et ne répondit pas immédiatement, tandis que Nibelung, qui avait lu en lui comme dans un livre, savourait sa clairvoyance. - Et bien je ne peux rien te cacher. Autant être direct. Nous partons demain pour l'archipel d'Elenir, si tu veux te joindre à nous, tu serais le bienvenu. - Quel diable t'oblige à aller là-bas ? - C'est une longue histoire et comme le voyage sera long je pourrai te la raconter en route. - Si bien sure je décide de venir ? - C'est ça. - As tu prévenu le reste de la bande ? - Ils marchent avec nous. - Allons donc ! Vous n'avez peut-être pas perdu de votre entrain mais moi oui ! Je suis trop vieux pour ce genre d'escapade. Si je peux faire quoique ce soit dites le moi, mais rendre une visite de courtoisie aux alfars… Très peu pour moi. - C'est gentil de proposer mais nous n'avons besoin de rien. Nous reviendrons quand tout ça sera fini pour discuter plus longuement. Le temps nous est compté aussi pardonnes nous de ne pas rester plus longtemps. Nibelung les raccompagna jusqu'à porte et les salua brièvement de la main. L'Alliance était le navire marchand le plus rapide et le plus armé de la flotte de Mérava. Sa ligne de flottaison était basse et sa coque de chêne effilée lui donnait l'allure d'un bateau de course. Il possédait trois mats et cinquante-deux canons, ce qui était exceptionnel pour un navire marchand et le faisait bien souvent passer pour un navire de guerre. Capable d'accueillir plus de quatre cents membres d'équipage ce vaisseau était conçu pour traverser de longues distances. Il n'y avait pas beaucoup d'activités dans le port. Les pêcheurs reviendraient quand le jour se lèverait, quant aux autres marins, ils étaient pour la plupart encore endormis. Vali et Sheela aperçurent rapidement la silhouette de Ogg puis celle plus petite de Karkenrir. Ils étaient tous deux sur le quais et lorsqu'ils les rejoignirent, le gobelin monologuait avec le centaure. Ils portaient tous deux un large sac de voyage et n'attendaient plus que les instructions. - C'est ce navire, indiqua Vali. - Je ne sais pas nager, dit le centaure. - Moi non plus, reprit Karkenrir. - Vous n'aurez pas besoin de nager si vous ne tombez pas à l'eau, répliqua Sheela. - C'est de la logique svatalfar ? Demanda Karkenrir. - De la logique élémentaire. - Je m'excuse de vous déranger mais il semble que le capitaine nous fasse désespérément signe de monter à bord. Le groupe se tut et grimpa sur la passerelle qui menait sur le pont du navire. Ogg jeta un rapide coup d'oeil en direction de l'eau mais fut immédiatement pris d'une sensation de vertige et un frisson glacial lui remonta le long du dos. - ça ira Ogg, dit Vali en posant sa main sur l'épaule du centaure. Ogg ne répondit pas et se demandait combien de temps prendrait le voyage. C'est à ce moment précis que Sheela finit par miner totalement son moral. - Et bien je suppose que nous en avons au moins pour six mois de trajet, n'est ce pas ? - Si les vents nous sont favorables madame. - Pourquoi tu ne nous téléporterais pas Sheela ? Demanda le gobelin. - Je ne peux nous téléporter que si tout le monde connait la destination. Par ailleurs, sur une telle distance, ce n'est pas si simple. Mais bon, la question ne se pose pas étant donne que seul Vali connait déjà l'archipel d'Elenir. Le groupe prit lentement ses aises sur le navire. Le capitaine en personne leur fit une visite guidée du trois mats, le conseil ayant précisé qu'il s'agissait de seigneurs importants. Ils purent ainsi découvrir les différentes parties d'un vaisseau. Puis, quand ils eurent fait le tour, chacun prit ses aises dans une confortable cabine individuelle. Le navire ne tarderait pas à lever l'ancre et les matelots s'afferaient à charger les dernières caisses. Soudain, Vali entendit plusieurs cris provenant du dehors, suivit de bruits étouffés, caractéristiques d'une bagarre. Il se rendit sur le pont, le visage dissimulé par son capuchon, et vit que Sheela était déjà sur le quai. La lutte avait cessée et Vali aperçu Nibelung, assis par terre, le nez en sang. Sheela était auprès de lui tandis que plusieurs matelots riaient en pointant du doigt le vieux nain. Le capitaine rejoignit Vali et lui raconta l'affaire qui à vrai dire s'était déroulée en quelques secondes. Le vieux nain avait voulu monter à bord de l'Alliance mais les matelots l'en avaient empêchés avant de le passer à tabac sous prétexte que Nibelung les avait insulté. - Ils font partis de votre équipage ? Demanda Vali. - Ils sont un peu bourrus mais en effet ils sont avec moi. - Dans ce cas… Vali descendit sur le quai et rejoignit Nibelung qui retrouvait peu à peu ses esprits. - J'en ai pas fini avec eux, maugréa le vieux nain. - Moi non plus, lui répondit Vali. Sheela, aides le pour monter à bord, je me charge du reste. Il n'y avait pas grand monde dans la rade. Les premiers navires de pêche arrivaient tout juste et l'activité portuaire prenait lentement son rythme. Vali s'approcha des matelots qui discutaient encore de leur haut fait d'arme contre Nibelung. Ils étaient trois et plutôt bien bâtis. Aucun d'entre eux n'était sur ses gardes et lorsque Vali s'approcha, ils furent surpris de n'avoir rien entendu. - Qu'est ce que tu veux ? Dégage de là ou tu recevras le même traitement que l'autre imbécile. Il n'y eut pas d'autres échanges verbaux. S'en était déjà bien trop pour Vali. Il tira une de ses épées du fourreau et la planta dans le ventre d'un des matelots. Les autres restèrent médusés, à la fois par la vitesse à laquelle Vali avait frappé, mais aussi parce qu'ils n'avaient jamais envisagé la possibilité d'en arriver à une telle extrémité. Certes ils jouaient souvent des poings et parfois du couteau, mais n'avaient jamais été confrontés à un véritable combat. Cette inexpérience leur fut fatale. Sans avoir eut le temps de prononcer un seul mot, Vali éventra le second et décapita le dernier. Puis, tranquillement, il remonta sur le navire, laissant les corps exposés aux yeux de tous. - Nous levons l'ancre capitaine. - Co… Alors que le commandant du navire s'apprêtait à protester, Vali fit tomber son capuchon et ses pupilles croisèrent celles du capitaine…
  Lire la suite de la discussion sur forum.ados.fr


249594
b
Moi aussi !
Vous avez peut-être vécu la même histoire ?

Signaler un abus
Les titre et syntaxe du témoignage ont pu être modifiés pour faciliter la lecture.


Histoires vécues sur le même thème

25 kilos a perdre! qui me suis? - j'ai decide de maigrir

image

Bonjour tout le monde ! Je me présente, je m'appelle Hélène, j'ai 24 ans, une petite fille de 13 mois et beaucoup de kilos en trop ! Alors depuis le 1er février je me suis mise à un rééquilibrage alimentaire, avec en prime 1h30 voir 2 h de...Lire la suite

Les regimeuses(groupe en reequilibrage alimentaire)2

image

Et beh MArline fiouuuuu quel con ce mec ! Et puis tu les as accumulé en +… comment tu te sens aujourd'hui ? Il y a des jours comme ça où tout part en cacahuète ! Nadège, je te préfère avec le short, je te trouve plus sexy. Et garde le moral...Lire la suite


 
Voir tous les  autres témoignages