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Témoignage d'internaute trouvé sur psychologies
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Salut, Je n'ai pas le sentiment d'avoir assisté à un dérapage, ma foi. Enfin, passons. Si je comprends bien ce que tu me dis, tu me proposes de m'interroger sur : 1) quelle est l'importance de ma vie, 2) si mon état d'esprit qui va dans mon intérêt ? Je vais tenter de te répondre. Pas simple tout ça… L'importance de ma vie, on pourrait répondre à ça de diverses façons. Un type comme Henri Laborit dirait : "La seule "raison d'être" d'un être, c'est d'être". Autrement dit, notre existence se justifie d'elle-même, en dehors de tout jugement qu'on pourrait porter sur elle. Ce qui signifie, par extension, que les bourreaux nazis étaient tout aussi fondés à exister que leurs victimes, si j'ai bien compris. On vit, c'est tout. Ma foi, c'est une façon d'appréhender le monde. Si on examine mon existence d'un point de vue "économique", je ne devrais pas exister : je ne produis rien ou pas grand-chose dans ce système, je lui coûte plus que je ne rapporte, et en poussant la logique du Sarkozysme à son paroxysme, d'ici quelques années la solution la plus raisonnable serait de m'éliminer, en envoyant une équipe discrète abréger mes interrogations, le tout sous une forme qui pourrait faire penser à un accident. Moyennant quoi, le système serait "purgé" de mon existence. Il va sans dire que si on agissait ainsi pour moi, je ne serais pas le seul et ça correspondrait à un "plan d'assainissement" à une vaste échelle… Débarrasser le système de ceux qui sont improductifs, pour laisser la place à ceux qui peuvent "travailler plus" pour essayer de gagner autant… On n'est pas loin d'une logique nazie, là aussi… Remarque, la solution "Soleil Vert" serait également envisageable. Je serais au moins utile sous ce rapport, on pourrait nourrir du monde avec mes protéines, réutilise mes os ou ma peau pour fabriquer je ne sais quoi… Maintenant, si on essaie d'examiner tout ça selon mes valeurs, les miennes (bien qu'étant conscient du fait qu'elles ne sont pas ou peu répandues et complètement marginales et déconsidérées) , alors je suis un créateur, indéniablement. Un créateur, c'est une personne qui voit les choses de façon bien personnelle, très subjective, et sur un mode un peu compulsif qui génère chez elle un besoin vital de créer. Attention, je ne parle pas des rigolos qui occupent le terrain et qui sont plus ou moins encensés par la culture ras des pâquerettes façon M6 ou autres, qui diffuse de façon omniprésente des produits frelatés à l'échelle industrielle. Je ne fais pas référence à ces objets culturels de grande consommation qui n'ont pour fonction que de crétiniser et formater les esprits. Les gens en question ne sont pas des créateurs, ce sont, tout au plus, ce qu'on nomme des "artistes", sorte de version moderne des saltimbanques, en fait, des gens qui ne créent rien, absolument rien, mais exploitent des recettes éprouvées et servent aux gens ce qu'ils ont envie d'entendre. Je disais Obispo l'autre jour, pour ne citer que lui, mais il y a pléthore en la matière, on ne manque pas de ces chèvres qui bêlent dans des microphones et devant des décors à paillettes, on a l'embarras du choix, on est même submergés, étant donné sans doute que beaucoup de ces gens préfèrent bêler que de continuer à bosser dans un bureau avec un chef sur le dos, pour gagner cent fois moins et s'emmerder cent fois plus. Ces gens-là, responsables et complices de l'abrutissement généralisé, du nivellement des esprits, on les appelle, en général, des "artistes", mot pratique qui ne veut rien dire, des "stars", mot pour moi hautement suspect, synonyme de cireur de pompes, et c'est pour quoi je revendique le titre de créateur, qui se démarque absolument de cette engeance. Obispo, Bruel et autres ne créent rien, n'ont jamais rien créé, ça n'est pas leur fonction. Ils exploitent un créneau porteur, rien de plus. Ils font du commercial. Et, sauf à considérer comme création le fait qu'ils enchainent à l'infini do majeur avec sol majeur ou inversement, sinon, pour moi ils ne créent rien. Ils exploitent cyniquement l'idiotie et l'inculture des gens. Ou alors, il croient à ce qu'ils font et c'est encore pire, ça prouve qu'ils sont idiots et incultes. A mon avis, ils essaient surtout de tirer leur épingle du jeu en faisant "quelque chose qui leur plait", traduisons par cette expression par quelque chose dont ils savent bien que ça n'a rien de génial, mais c'est déjà mieux que de s'emmerder dans un bureau toute la journée avec des tronches de cons et un chef irascible. Un créateur n'a rien, absolument rien à voir avec des Bruel ou autres. Dans cette optique, un créateur est quelqu'un qui prend le risque (plus ou moins assumé) de ne pas être compris de son vivant. Il ne sert à rien, du point de vue utilitariste. Dans un système capitaliste comme le notre (c'est-à-dire poussant sa logique jusqu'à l'outrance la plus totale) , un créateur n'a d'intérêt que lorsque tout à coup les gens se mettent à acheter ce qu'il crée ; là, il prend une valeur marchande et tout à coup, même si on trouve ce qu'il fait débile, on ne se moque plus : l'argent, c'est sérieux. On fait même mine de s'intéresser, pour ne pas avoir l'air d'un plouc. Mais sinon, le créateur, s'il ne vend pas, n'a aucune utilité. C'est ainsi que des gens comme Van Gogh ont acquis une valeur post mortem, tout en ayant bouffé de la vache enragée toute leur chienne de vie. Je n'ai pas choisi d'être créateur, mais je le suis. Donc j'ai compris il y a peu de temps que ma vie consisterait, pour l'essentiel, à survivre tant bien que mal, avec plus ou moins de bonheur personnel, dans le but de tenter de rester créatif. Les chances pour qu'on s'intéresse à ce que je fais et découvre mes aptitudes de mon vivant peuvent se mesurer par un chiffre très voisin de zéro. "Crée pour toi", me dit-on. Certes, c'est la sagesse qui le recommande. Mais en attendant, la non-reconnaissance d'autrui entraîne forcément des difficultés pour vivre, puisque je suis obligé de faire autre chose, et qui ne marche pas bien ; cette autre chose fonctionnant mal, je souffre à mon boulot - remarque, énormément de gens souffrent à leur boulot, le mot "travail" venant étymologiquement du terme "tripallium", qui était un instrument de torture… Pas besoin d'être un créateur pour souffrir à son travail, mais je dirai que le créateur, étant d'une part hypersensible, morfle plus. D'autre part, étant atypique et moins formaté que d'autres, il a du mal à rentrer dans le moule. Or, dans un système visant non pas à intégrer, à accueillir tout le monde mais à éliminer le plus de gens possibles, reposant sur la concurrence et sur l'idée que le travail est la valeur fondamentale, mais ayant de moins en moins de travail à offrir, celui qui n'est pas parfaitement conforme fait partie de ceux qui vont valser le plus vite, être éliminés en premier. C'est ce qui m'arrive en ce moment. C'est ce qui n'en finit plus de m'arriver, dirai-je. Toute ma vie j'ai eu du mal à trouver ma place et j'ai eu le sentiment d'être en trop, de ne pas arriver à créer mon trou (sauf le trou final, alors là, il se crée tout seul chaque jour, à vitesse accélérée) , à être comme une verrue sur la peau du système, une pièce rapportée, quelqu'un dont on ne sait que faire. Et c'est normal, je crois. Puisque je suis un créateur, dans un tel système c'est normal. C'est le contraire qui serait étonnant. Je ne pense pas être pessimiste en disant cela. C'est juste une question de clairvoyance politique. Un créateur, dans un tel système, ne peut que se sentir mal, et tenter de survivre en ayant recours à des contorsions et des acrobaties. Qui plus est, je suis un créateur qu'on a tenté de formater de façon étrange. Mon père me bassinait à longueur de journée sur la nécessité d'être conforme, de se faire tout petit, de ne pas la ramener, de se fondre dans la masse… Alors que manifestement, ça ne me correspondait pas. Ma mère exploitait mon côté atypique mais sans l'encourager, du style "moi seule peux te comprendre"… J'étais certes différent, et cette différence était reconnue, exagérée, mais jamais elle ne m'a dit : si tu veux être différent, donne-toi les moyens de le faire reconnaître. J'ai donc toujours été un rêveur, un velléitaire, quelqu'un qui s'imaginait qu'il avait toute la vie, l'éternité, pour faire ce qu'il avait à faire. Et certes, si je raisonne dans une optique Taoïste par exemple, je me fous du temps, et je fais ce que j'ai à faire. J'ai, non pas l'éternité, mais au moins toute ma vie. Si maintenant je cherche une reconnaissance, là c'est différent. Il se trouve que je voudrais une certaine reconnaissance, non pas en termes de gloire, strass et paillettes, ni ma photo dans les journaux, surtout pas même. Mais en termes de légitimité. J'en ai marre de me retrouver toujours dans des situations de merde, avec des boss sur le dos qui me gueulent dessus, des gens qui me disent que je ne suis pas comme il faudrait que je sois, que je ne rentre pas dans la moule, qui ne savent pas quoi faire de moi… Marre de cette permanente tension. Je me sentirais beaucoup mieux si j'avais un statut de créateur, reconnu suffisamment pour ne pas être obligé de me coltiner des gens avec lesquels je n'ai rien, strictement rien, en commun, si ce n'est qu'on dort, on bouffe, on chie et on doit tous crever un jour. Seulement voilà, les gens qui sont reconnus en tant que créateurs sont rares. En général, ils sont super doués, et ils ont été animés dès le départ non seulement par une conscience aigüe de le différence, mais aussi par une très grande détermination qui les poussait à s'affirmer, à s'imposer, dans le genre "ça passe ou ça casse"… Des types comme Salvador Dali ou Christian Vander, ou encore Philip K. Dick, quand on s'intéresse à leur biographie, on se rend compte qu'ils ont vécu et fait des trucs de fous, tout le long. Sans concessions. Moi on m'a formaté dans une attitude craintive, je manque de confiance en moi. Je n'étais pas non plus très déterminé. On ne m'a pas poussé, je n'ai pas été inscrit au conservatoire dès l'âge de cinq ans, mes vocations sont venues un peu tardivement et dans un parcours chaotique, car j'étais le dernier enfant dans cette famille à partir de la maison, les tensions entre père et mère se sont cristallisées sur moi, chacun des deux essayant de me ramener dans sa logique. Les deux logiques étant contradictoires, j'ai subi ce qu'on appelle classiquement une "double contrainte", et d'habitude ça rend les gens fous. Je ne sais pas si mon état d'esprit va dans le sens de mon intérêt. Si j'étais pragmatique, je ferais des merdes comme en fait Obispo, pour vendre, vendre, vendre toujours plus et placer mon pognon dans des chaînes d'hôtels dans les Caraïbes ou dans des marques de fringues. Comme je fais des choses atypiques et que ce qui m'intéresse de créer, je suis amené à rester un mec solitaire, un peu crève la faim, exclus du système et plus ou moins en butte à une hostilité latente des gens, qui me voient comme un drôle de type, qu'ils n'arrivent pas à cerner… Situation que mon ex n'a pas manqué d'exploiter quand nous nous sommes séparés, à tel point qu'elle a failli me faire foutre en taule en manipulant mes enfants pour qu'ils racontent des conneries sur mon compte. Je ne les ai plus revus, cela fait plus de sept ans de cela. Créateur, donc. Qui plus est, créateur ayant des capacités très inégales. Je le vois pour la musique, où j'ai des dons pour composer manifestes, puisque à l'oreille je réussis à mettre en place des harmonies complexes et des choses assez intéressantes… et des handicaps assez sérieux, puisque je suis du genre qui doute, qui se plante, qui a du mal à assurer "en temps réel"… J'en viens à penser que je devrais peut-être renoncer à apprivoiser un instrument quel qu'il soit, je ne suis peut-être pas fait pour jouer, mais juste pour composer, voilà tout. Mais comment renoncer à ça, alors que tout a été motivé, au départ, par le fait que j'ai vu Magma sur scène ? Etrangement, j'avais très envie de musique et le bilan est mitigé, par terrible. A côté de ça, je me suis retrouvé à écrire des romans sans seulement y penser, à créer des images numériques sans me poser de questions, idem pour les statuettes en terre cuite… Il semblerait que souvent, quand les enjeux sont trop forts, quand l'attente est trop intense, on se bloque soi-même… Et si on rapporte ça à la problématique exacerbée de mon insertion dans le monde, ça devient lumineux : je me suis placé en situation d'échec. De toutes façons, la musique c'est très technique, il faut commencer très tôt sinon on n'a pas la moindre chance. Donc si on regarde bien, je suis un mec qui : 1) a eu des difficultés dans son boulot, 2) des difficultés dans son couple. 3) lesquelles ont entraîné de graves problèmes judiciaires. 4) et qui au final se retrouve dans son boulot déclassé, déconsidéré et quasiment déclaré inapte. Il y a de quoi se retrouver avec une thématique de l'insertion sociale assez développée, tu ne crois pas ? Quelle est ma place dans le monde ? Voilà ma question fondamentale. A laquelle je réponds sans répondre. Je dis : je suis un créateur. Certes, et personne, sauf les crétins ou les gens mal intentionnés, ne viendrait le contester, connaissant ce que je fais. Mais c'est un statut bâtard : le créateur, dans notre société, n'a de valeur que s'il vend. En attendant, il est considéré le plus souvent comme un pauvre mec, un paumé, un parasite. Tant qu'il ne fait pas quelque chose qui peut rapporter de l'argent, beaucoup d'argent, il est seul et incompris. Etre lucide sur cet état de choses fait peut-être de moi quelqu'un qui ne possède pas "un état d'esprit qui va dans son intérêt". Mais je vois mal par quoi remplacer cette lucidité. La vie me parait absurde pour la majorité des être humains et s'ils tiennent le coup, c'est souvent en s'aliénant volontairement, en s'abritant derrière des gadgets psychiques, soit des objets (la télé, la voiture) , soit des fonctions sociales (être chef, chef du chef, chef du chef du chef, avoir des responsabilités, être un "décideur", la belle affaire, être président de club de foot et entraîner "les jeunes") , soit d'autres personnes (avoir des enfants, la plus grande illusion qu'on puisse inventer et qui fait toujours recette, depuis la nuit des temps). J'ai du mal à gober ces conneries. Elles ne marchent pas sur moi. Elles sont inopérantes. La seule chose qui compte, c'est créer. Avoir un relatif confort, un certain bonheur, mais à condition de créer, sinon c'est vivre comme une blaireau, ça n'a aucun intérêt ou si peu. Je ne vois pas comment je pourrais faire abstraction de ça. C'est incontournable. Je reconnais que ça doit être difficile à saisir pour quelqu'un qui ne se sent pas concerné par tout ça, ou qui ne crée pas. Après tout, créer n'est pas donné à tout le monde. Je n'ai pas choisi, je suis comme ça. Voilà tout. A te lire, Ubik.
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260384
b
Moi aussi !
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