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Question existentielle

Témoignage d'internaute trouvé sur psychologies - 08/04/11 | Mis en ligne le 13/04/12
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Lorsque je me suis imposée à ma mère pour la première fois, elle ne s'y attendait pas, elle n'était pas non plus prête pour cela. Elle avait déjà eu ma grande soeur à ses quatorze ans, un an et quatre mois auparavant. Pourtant, alors que je tentais d'intégrer le monde dans lequel nous vivons, ma mère avait pris des précautions, elle avait régulièrement et correctement pris la pilule contraceptive. Si aujourd'hui j'ai la possibilité d'exprimer mes pensées et mes sentiments, c'est parce qu'à l'époque, les conditions pour la mise à mort d'un être n'ayant pas encore humé le grand air étaient différentes. Il fallait que l'un des parents de la femme enceinte accepte cette décision et y prenne part en donnant sa signature, ce que ma grand- mère, Liliane a refusé de faire. Je n'ai jamais tenu rigueur ni à mon père, ni à ma mère pour avoir préféré cette solution, s'il faut mourir (et il le faut) , je mourrai alors. Cela fera bientôt un quart de siècle que j'ai ouvert les yeux pour la première fois et je n'ai toujours pas trouvé de signification à la vie, à ce que nous représentons, nous les humains. Pourquoi des êtres si extraordinaires de par leurs phénotypes microscopique et macroscopique devraient voir le jour, acquérir tant d'expériences, de connaissances, voir tant de choses, aimer, détester, entendre, pour que leur finalité soit la mort ? Comment interpréter ces accumulations d'évènements, de choses de fait alors qu'elles ne représentent que des flux qui apparaissent et disparaissent au fil du temps qui ne cesse de nous fuir ? Ma grand- mère aurait pu prêter sa signature, je n'écrirais alors pas aujourd'hui, dois- je en déduire que notre naissance est contingente ? Ou alors, peut- être naissons- nous de manière nécessaire, en se sens, je serais née de toutes les façons, je serais née autrement, par cette porteuse ou une autre, dans cette époque ou dans une autre, que penser ? Toutes ces interrogations ne sont que mon questionnement durant les minutes qui viennent de filer. Pourtant ces questions vont se multiplier à l'infini jusqu'à ce que ma concentration, mon attention soient obtenues par quelque chose de concret, elles se sont déjà multipliées. Je ne peux affirmer avec certitude le moment du commencement de cette multitude de points d'interrogation, mais seulement que j'étais encore jeune, peut- être à l'âge de cinq ans, ou huit ans, peut- être depuis ma naissance, je ne puis vous en donner une réelle idée. Une chose est clair et évidente, c'est que je ne cesse de réfléchir, depuis l'instant où, pendant que je suis couchée dans mon lit, la lumière envahi le monde et me fait ouvrir les yeux, jusqu'à celui où l'obscurité me les fermes. Ces interrogations s'accaparent de mon esprit, j'en suis prisonnière depuis tellement longtemps que je sais à présent que je ne franchirai jamais les barreaux. Je n'ai pas de répit. Elles ne m'accordent pas le loisir de me permettre de m'endormir au couché, il faut d'abord que les minutes se transforment en une douzaine de quart d'heures pour qu'elles acceptent de me laisser reposer mon corps. Elles me harcèlent aussi pendant mon sommeil, durant mes rêves et c'est d'autant plus pénible lorsqu'elles s'expriment, se présentent à moi sous la forme de cauchemars, étalant alors toutes mes inquiétudes juste sous mon nez, et ce malgré moi. Est alors venu l'instant où mes flux de réflexions m'ont amenés à me dire quelque chose qui devenait dès lors tellement évident : si je suis condamnée à réfléchir, à penser malgré moi, à chercher des problèmes et leurs solutions dans ma tête jours et nuits, autant essayer de me libérer sur une feuille ou à l'aide d'un ordinateur, je pourrais espérer arriver au moins à me soulager en transférant ces incertitudes de la vie sur le papier. J'ai tout essayé vraiment, pour pouvoir enfin arrêter de penser, j'ai échoué, ceci est mon dernier recours, sinon je me suis fait une raison. A quoi bon essayer, j'échouerais de nouveau ? Cela ne me coûte rien, de plus, j'aime écrire. Mes réflexions sont le plus souvent si intenses, que mon corps, mes muscles en sont tendus en permanence. Et pourtant, si vous me demandez à quoi suis- je en train de penser, à quoi est- ce que je réfléchis, tout en me stoppant dans mon éternel élan, je ne saurais vous répondre avec précision, tant ces pensées défilent rapidement dans mon esprit, à la vitesse de la lumière. J'ai même envisagé de passer par ceux qui se disent être des professionnels, je me suis demandé si j'étais folle, si j'avais besoin d'un traitement, de me faire soigner (surtout que la plus part du temps, je me dis que j'aimerais que l'on m'invente un remède qui puisse m'empêcher de penser, j'aimerais pouvoir anesthésier mon cerveau ne serais- ce que l'espace de quelques secondes). Malheureusement pour eux, ou malheureusement pour moi, l'idée de me faire dépouillée pour trouver un confident ne m'intéresse nullement ! Si j'ai tellement besoin de me confier, de me libérer, de parler, l'écriture me sera alors du même secours, à la différence que je ne perdrais aucune ressource en utilisant mon simple stylo à bille ! Ainsi, vous comprendrez que vous ne trouverez en ces écrits, aucune illusion, aucun château, aucun héros, aucune beauté troublante, vous n'y trouverez pas non plus de pouvoirs surhumains. Seulement la transcription de mes flux de pensées, l'écriture de mes opinions et plaintes, de mes incompréhensions, de mes joies, tristesses, peut- être de certaines de mes expériences (bonne ou mauvaise) , enfin de mes questionnements. Ne voyez pas en mes lignes une histoire "abracadabrante" , ne vous attendez pas à être transportés dans les nuages par la naissance d'un rêve nouveau inspiré par cette lecture. Ne voyez en ces transcriptions que les interrogations d'une jeune femme de vingt- deux ans, qui recherche tout et elle- même, qui espère tout de même trouver des réponses, sans pour autant s'illusionner en s'imaginant qu'elle trouvera le sens, la raison de l'existence des hommes et des femmes, ni celle de toute autre forme de vie, ni celle du monde ou de l'espace. _________________ A. A.
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