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Rescapé, inadapté, désorienté.

Témoignage d'internaute trouvé sur psychologies - 17/12/10 | Mis en ligne le 04/05/12
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Salut, Ai hésité longtemps à venir ici. Quelque part, poster ici, c'est s'avouer vaincu, en tous cas piégé par la déprime, la dépression. Regarder la chose en face et dire : oui, moi aussi bwana, y en a dans la mouise. En faisant court et en passant les détails, mon histoire, je la résume en quelques phrases : il y a une dizaine d'années, j'ai été victime d'une accusation mensongère d'abus sexuels sur mineurs. Mes trois filles disaient que je les avais violées. Je suis passé sous le rouleau compresseur judiciaire, ça a duré sept ans, j'abrège mais je pourrais en écrire des pages entières, d'une noirceur sans fond. Je pars du principe que ceux qui ne sont pas tombés dans les griffes de la justice ne peuvent pas comprendre. Qui ne l'a pas vécu dans sa chair, dans les mille tourments que ça représente, ne peut l'appréhender. Ce n'est pas racontable. A la suite de quoi, sur 3 plaintes, 2 ont fini par un non-lieu. La grande et la cadette n'étaient pas crédibles. Restait M… , qui persistait, et contre laquelle j'ai été en procès. Relaxe. Appel. Relaxe confirmée. Tentative d'aller en Cassation, pourvoi rejeté. 7 ans de procédure en tout. A l'issue desquelles, au civil, ayant recouvré mon droit de garde et de visite, j'y ai renoncé. Inutile de vouloir revoir des gens qui sont dans la haine et persistent dans leurs déclarations mensongères, même après jugement. Inutile, voire dangereux : les voir leur donnerait l'occasion de réitérer leurs tentatives. Ceci m'a "cassé". J'ai "tenu" le temps de la bagarre, je me suis effondré après. Sont apparus des troubles émotionnels (aboulie, dégoût de tout, sentiment que la vie est une fumisterie, etc) et des troubles physiques (hypertension, maux de dos et de cervicales quotidiens, mauvais état général. Faudrait faire du sport mais je suis avachi, j'ai même grossi, alors qu'avant ça ne m'était jamais arrivé). Ce serait déjà destructeur sur n'importe qui. Mais je présentais une structure psychique fragile. J'entends par là que, depuis toujours, marginalisé, méprisé parce que pas très costaud ni apparemment sexy (si j'en crois les réactions négatives de la gent féminine et ça dès le plus jeune âge) , pas très sûr de moi non plus, j'étais depuis mon enfance un rêveur, doté d'une grande vie intérieure, de beaucoup d'imagination, voire créativité. Ayant pris conscience de cet aspect de moi, je m'étais épanoui dans la musique et je rêvais de devenir un jour reconnu. Musique ou pas, puisque j'écris et je suis dans les arts plastiques aussi. Ce n'était pas tant une histoire de réussite, de reconnaissance, qu'une quête identitaire sociale : je ne me voyais occuper aucune autre place dans la société que celle de créateur. Certes, je rêvais d'être musicien. Mais le personnage du peintre ou de l'écrivain me plaisaient aussi. Et puis, on a publié des romans de moi, alors que sur le reste, oui j'ai exposé mais guère vendu et sur la musique, je me suis rendu compte que j'étais bien plus doué pour composer que pour jouer. De plus, vu les orientations musicales que j'avais choisies, absolument pas commerciales, c'était très dur de mettre ça en place et je n'avais quasiment aucune chance en persistant dans cette voie, qui pourtant était la seule possible pour moi. Je bossais mais ça se passait mal : une personne au-dessus de moi me faisait subir un véritable harcèlement. A un moment j'ai craqué, ai été placé en arrêt maladie. Dans mon dos, l'affaire a moussé, on a voulu me virer, me suis retrouvé en congé longue durée. Dégradation des relations dans le couple, séparation, puis après, accusation. Je rêvais de me faire un nom. De faire parler de moi en bien. J'ai passé un temps fou à composer, des nuits entières. A créer des morceaux, à les proposer à des copains, à essayer de monter des formations. Des nuits entières à écrire mes romans, à peaufiner des oeuvres. En très peu de temps, 3 ou 4 après-midi de mensonges, mes ex-enfants ont réussi à ruiner ces années d'efforts, en me faisant passer pour un salaud. Certes, au bout du compte, le but fixé (10 ans de taule pour moi) a été raté. Je m'en suis sorti libre. Mais sali. Et à mon nom n'est pas spécialement associé ce que je crée, mais plutôt ce "il parait que", le venin du soupçon, de l'infamie. J'aurais voulu qu'on dise : a, machin ? Celui qui joue dans tel groupe ? Ou bien, celui qui a publié tel roman ? Et là, c'est plutôt : ah ouais, machin, paraît qu'il a tripoté ses gamines, il s'en est sorti, la justice est mal faite. Depuis, je bouffe des cachetons, antidépresseurs mais aussi tout un cocktail de médicaments contre la douleur. Mon dos me cloue deux jours sur trois. Et puis il y a des jours aussi où, même sans souffrance, j'ai tellement perdu foi en la vie que je n'ai pas envie de sortir de mon lit. Récemment, je m'étais mis sur un projet ambitieux : je voulais écrire un roman, des flashes m'étaient venus, ça se passait pendant la seconde guerre mondiale (voir éventuels extraits sur le forum écriture). Mais je bute sur des difficultés : mes héros seraient "trop jeunes" pour ce que je veux leur faire faire plus tard. Il y aurait contradiction entre ce que j'ai déjà écrit et le parcours qu'ils sont sensés effectuer. Enfin bref, je coince. Je suis pourtant aidé par des gens hyper pointus sur cette période de l'histoire. Mais c'est tellement compliqué… Quand j'écris, au moins j'ai un but. Là, depuis des semaines, je ne sais pas quoi faire. Je n'ai pas envie de bosser sur des scènes que je serais obligé de supprimer ensuite. En fait, mes personnages ont déjà dans les 23 ans, et j'apprends dans tel bouquin qu'ils auraient dû depuis longtemps quitter leur ville, pour suivre le parcours nécessaire à la suite du roman. Mais moi, j'ai traité des événements politiques importants à leur niveau, dans leur ville, avec d'autres protagonistes. Bref, ne sachant plus ce que je dois dire, je suis bloqué, j'attends. Je fais autre chose, je peins. Mais le roman reste coincé. Et je sombre dans la déprime, la déliquescence. Forme physique zéro. Enormes problèmes de ronds. Il fait froid, j'ai du mal à me chauffer, des fois chez moi j'ai 11, 10 degrés. Cela n'aide pas à être entreprenant. Par moments, je me sens comme un rescapé, comme ces types qui sortent de la guerre (car chez moi, pendant plus de sept ans, ce fut la guerre, la survie, la pression constante, le "tenir à tout prix") et ne peuvent pas se réhabituer à la vie civile. Un rescapé et un inadapté. J'ignore pourquoi j'écris ça ici. A quoi ça va servir ? A rien, sans doute. Juste un témoignage. Ma foi… Ubik.
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250466
b
Moi aussi !
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