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Suite des deux premiers chapitres

Témoignage d'internaute trouvé sur forumados - 21/04/11 | Mis en ligne le 15/04/12
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Qu'en pensez-vous ? Si vous argumentiez… , ça m'aiderait. 2. Un ennemi revenu de la Mort. Néo, Dunstan et leur maître descendirent de leurs coursiers et les attachèrent à l'abreuvoir d'un relais presque vide. Ils prirent leurs affaires dans les bâts de chaque cheval et se les mirent sur le dos. Ils allaient s'absenter longtemps au point que Néo doutait de revoir Equus, sa fidèle monture. Ils se retournèrent pour poursuivre leur route vers une petite bâtisse en épais rondins de bois, laissant le passé derrière eux. Seule la porte d'entrée ouvragée, à la poignée en forme de tête de dragon, contrastait avec l'apparente vétusté du lieu. Ce magasin était situé à l'extrémité du Désert du Soleil Brûlant, dans une steppe rase. Il était donc isolé du monde. Les trois voyageurs devaient y emprunter un Crackspace, sorte d'avion spatial qui fonctionne grâce à la magie, pour rejoindre la planète Erdos où le Mont Colossal s'élevait en roi des cieux. Ils entrèrent chez le loueur dans un grincement sinistre. A l'intérieur, une odeur âcre leur emplit les narines et les fit éternuer. Ils posèrent abruptement leurs bagages. La pièce était remplie d'amphores à huile. Un haut comptoir de bois verni occupait bien un tiers de la salle. L'autre partie était réservée à des étals de nourriture bien pleins. Des flaques de sang encore fraîches tachaient le sol au carrelage blanc et miroitant. Derrière le comptoir, était affalé un homme ventru au front gras, au crâne tonsuré et à la barbe bouclée. Il somnolait et ses paupières battaient frénétiquement comme s'il luttait contre un cauchemar effroyable. Dans un sursaut, il se réveilla. Quand il ouvrit les yeux, Néo remarqua avec curiosité et inquiétude que ses prunelles étaient bleues comme de l'encre. D'instinct, tout comme Dunstan, il recula d'un pas, intimidé. Leur maître, lui, ne semblait nullement impressionné par ce phénomène paranormal. Il fallait dire qu'il était d'une puissance incroyable ! Il demanda au géant en s'avançant, presque hautain : " Brave homme, pourriez-vous nous louer l'un de vos véhicules ? Nous devons nous rendre sur Erdos. " Le loueur parut s'étouffer et il s'empourpra avec un rictus torturé. Il murmura, en balbutiant, comme gêné par une présence invisible mais menaçante : "  Par… tez. C'est un piii… " Il s'étrangla. Néo avait-il bien entendu ? Un piège ? Mais comment ? Son mentor, lui aussi, paraissait ébranlé par ces bafouillages de mauvais augure. Dunstan s'était réfugié derrière lui tel un enfant apeuré. Pendant ce temps, le colosse tremblait de tous ses membres. La violence des spasmes le secouait violemment. Lui, une montagne de muscles. Il se battait. Contre qui ? Tout à coup, il se raidit puis reprit une posture paisible. Il s'adressa au maître soucieux : " Comme on se retrouve Korrigan…  " La voix était suave et assurée. Le visage du professeur se transforma en masque d'effroi et d'incompréhension. Il chuchota en reculant : " Ce n'est pas possible. - Si, mon vieil ennemi. C'est moi, Nécros ! Je suis revenu pour me venger. Tu vas payer pour m'avoir fait tant souffrir. - Comment peux-tu être ici ? , s'enquit son adversaire, ne parvenant pas à chasser toute trace de panique dans sa voix tremblotante. Korrigan craignait le loueur ? Lui, jadis Guerrier Flamboyant ? Mais, la crainte n'était pas apparut immédiatement. Seulement lorsque le colosse s'était détendu. Et s'il était possédé par une force obscure ? Le fameux Nécros ? C'est ainsi que s'était présenté le commerçant, certainement ensorcelé. " Tu veux savoir, Feu Follet ? Mon grand ami, Brian le Superbe, que j'ai rencontré pendant que je dérivais, m'a aidé à reprendre des forces. En échange, je lui ai raconté mon histoire. Quand il a appris que d'autres êtres intelligents comme les humains vivaient dans l'univers, il m'a proposé : " Cher ami, voudrais-tu m'amener à eux. Ensembles, nous pourrions les battre, toi avec ta magie et tes ombres et moi avec mes machines, et nous deviendrions les maîtres du monde. " . Il faut avouer que sa proposition était très tentante. En plus, j'allais avoir la possibilité de te tuer pour tout ce que tu m'avais fait subir. Finalement j'ai accepté et me voici devant toi. - Tu nous as tous vendus, se rebella Korrigan avec force, toute peur envolée, remplacée par une fureur et une détermination brûlantes. " Il avait dégainé son épée qui brillait d'un éclat mortel. Il se battrait contre Nécros pour libérer la galaxie de son existence indésirable. Celui-ci s'exclama, moqueur : " Tu n'as guère changé ! Tu t'énerves toujours aussi vite. Je me demande comment tu es parvenu à siéger au Conseil, enflammé comme tu l'es. Bah, de toute façon, bientôt, il s'effondrera. Ce n'est qu'une question de temps. Le temps… Mais puisque tu as hâte d'en finir, allons-y. En garde !  " Il brandit son arme qui luisait glacialement. Les deux combattants se faisaient face, tous sens déployés. Ils progressaient en cercle, chacun guettant un mouvement annonciateur de son adversaire. Le premier coup fut celui de Nécros. Avec une agilité déconcertante pour son âge (il était aussi vieux que le maître des garçons qui souffrait de rhumatismes) , il franchit l'espace qui le séparait de sa cible très surprise. Il feignit à gauche mais visa la jambe droite. Heureusement, Korrigan avait anticipé cette ruse et se protégea de justesse de sa fine lame. Les deux épées se rencontrèrent, projetant une gerbe d'étincelles. Le mentor de Néo, sous la puissance de l'impact, faillit basculer en arrière. Il se campa solidement et prestement sur ses pieds. Nécros ne pourrait ainsi plus réussir cette attaque de force une nouvelle fois. Korrigan, ne voulant pas laisser le moindre répit à son ennemi, fit un geste vif du poignet en bondissant sur le loueur possédé. Il le désarma avant qu'il ait pu esquisser un mouvement qui l'aurait sauvé. Mais, l'épée, au lieu de tomber sur le carrelage dans un bruit de casserole, flotta dans un halo violet et retourna vers la main de son possesseur. Le vieil Héliossien, fier de son coup, ravala son sourire présomptueux et une grimace excédée déforma ses traits ridés. Il ne s'attendait pas à cela. Il allait devoir ruser pour vaincre le sorcier, plus puissant que lors de leur dernière rencontre. Le mage noir, satisfait de son effet de surprise, sourit avec provocation. En une micro-seconde, il se jeta sur le précepteur. Il parvint à le tromper avec force gesticulations, le touchant à l'avant-bras gauche en une estafilade des plus superficielles, juste pour montrer qu'il avait le dessus sur son vieil ennemi jadis bien plus redoutable. Nécros, profitant de l'instant minime d'inattention de son adversaire, le défit de son épée dans un moulinet expert et fulgurant. Alors que celle-ci aurait dû s'écraser par terre, elle vint se figer dans la main du traître, toujours dans une bulle violette. Korrigan n'avait plus d'arme. Il avait perdu. " Par le Diable ! Il est fort !  " dut reconnaître Néo, admiratif et apeuré. Nécros fanfaronna : "Tu es fini Feu Follet ! Rends-toi à l'évidence ! - Jamais ! , s'écria le plus faible. - Avant, tu étais sage, mais tu ne l'es plus, constata Nécros en jubilant. Je préfère jouer avec toi encore un peu, histoire de te faire souffrir autant que tu l'as fait pour moi avant de t'abattre. Voyons ce que tu vaux en magie. " Il chargea ses mains aux doigts boudinés d'énergie sombre. Quand l'air se mit à crépiter et que de petites zébrures sillonnèrent les boules obscures, il les laissa partir. Elles foncèrent à toute vitesse vers l'entraîneur des garçons. Celui-ci se concentra intensément. Il devait arrêter ces projectiles meurtriers. Un mur de verre, un bouclier magique, vint apparaître devant lui. Les globes indigo continuaient leur course effrénée. Lorsqu'ils rencontrèrent la protection magique, ils s'évanouirent à sa surface tout en la craquelant. Le mur n'allait plus tenir longtemps. Nécros réitéra son action ténébreuse. Le bouclier de verre se brisa en mille morceaux. Bien sûr, les éclats ne blessèrent personne puisqu'ils disparurent instantanément. Ivre de rage par la soudaine résistance du professeur, son ennemi juré lança vers lui son épée à la manière d'un javelot. La lame fonça dans un sifflement. Korrigan l'évita en se courbant bien bas. Mais il ne réussit pas à se relever. Ses blocages du dos… Non, non ! Nécros, avisant la lourde faiblesse de son adversaire, créa ses halos violets. Il s'apprêtait à frapper sa proie défaillante tel une hyène. Un sourire mauvais éclaira son visage rond, dévoilant des chicots mi-noirs, mi-jaunes. Il fallait que Néo tente quelque chose pour sauver son maître. Sinon l'épreuve du Mont Colossal allait lui passer sous le nez. Les boules fatales approchaient en sifflant comme des fusées. Il devait intervenir malgré la passivité apeurée de Dunstan. Il manquait de Temps… Si seulement il pouvait le suspendre ne serait-ce qu'une minute… Il serra les dents et, intuitivement, désira de tout son être le stopper. Ses yeux se teintèrent d'un éclat doré. La vision qui s'offrait à lui était figée. Il avait réussi ! Il soupira de soulagement. Mais, il devait faire vite. Qui sait combien de minutes arriverait-il à contenir le destin du monde. Il courut vers les globes obscurs. Avant son intervention ils volaient si rapidement qu'ils apparaissaient flous. Son but était de les dévier grâce au pouvoir de Ventos. Il regarda un instant les alentours. Le temps allait bientôt reprendre son cours. Nécros remuait au ralenti ses bras épais. Son mentor ouvrait la bouche. Dunstan se retournait vers son précepteur. Zipp ! Le Temps recommençait à s'écouler normalement. Avec célérité, Néo mobilisa son pouvoir. Les sphères passaient devant lui… Une puissante rafale, née de ses paumes moites, balaya avec dureté la boutique. Elle fit valser les duellistes. Le vent poussa les sphères indigo avec la force d'un géant, les envoyant fracasser une jarre toute proche dans un bruit de tonnerre. Nécros, stupéfait fixa Néo de ses yeux anormaux. Il devait se demander comment un gamin comme lui avait pu faire plier à sa volonté la magie noire. Dunstan se dépêcha de venir secourir leur professeur. Celui-ci marmonna d'inaudibles paroles de remerciement. Puis, il s'écria : " Néo utilise la magie de Haos pour soutenir Dunstan qui va retenir Nécros de sa lame acérée ! Quand à moi, je me charge de clore l'affrontement. En avant ! - Tu envoies contre moi des apprentis ! , railla le fourbe. Tu es fou ? - Ne les sous-estime pas, lui conseilla Korrigan avec fierté. Ils sont presque aussi forts que moi. - Ils sont donc aussi faibles que toi, rit de plus belle son ennemi. " Malgré le rire démentiel du fou, la confiance que leur professeur avait en eux fit chaud au coeur des adolescents. Ils ne pouvaient pas le décevoir. Néo établit des barrières invisibles entre son ami et Nécros. Ainsi, Dunstan manoeuvrerait plus facilement en sachant que certains coups de son adversaire seraient retenus par ces défenses fantomatiques. A peine avait-il terminé que Dunstan, l'imprudent, se jetait sur son adversaire avec férocité. De son côté, leur mentor demeurait en transe, assis en tailleur sur le sol taché, des serpents pourpres naissant entre ses mains lumineuses. Son intervention serait fatale. Néo observait les bretteurs quand il aperçut une bague d'ivoire à l'annulaire de Nécros. Des signes rouges couraient sur tout son long. L'air se mit à grésiller. Les filaments rouges créés par Korrigan prenaient leur envol. Ils frôlèrent Néo qui constata leur puissance destructrice. Trop absorbé par le combat, Dunstan ne vit pas les serpents de lumière… Ils allaient le percuter de plein fouet. Néo devait le sauver. Il s'élança comme un boulet de canon. Il devait foncer. Une fois arrivé près de lui, il le saisit par la taille et s'écroula par terre en l'entraînant dans sa chute. Ffff. Les projectiles passaient juste au dessus de leurs têtes. Ouf. Nécros, ignorait qu'ils étaient si proches… Il prit son élan… Mais il ne fut pas assez vif. A l'instant où son corps entra en contact avec les serpents sanguins, il fut violemment secoué et gravement projeté contre le mur. Il s'écroula et resta là quelques secondes. Lorsqu'il se releva avec difficulté, il bégaya d'une voix éteinte : " On se rev… err…aaaa. " Et il chuta de tout son long. Il ne bougea plus. L'entraîneur absorba la lumière émanant de ses mains et s'approcha de la dépouille avec prudence. Il vérifia si le coeur palpitait encore et ne perçut aucun battement. Se relevant, Néo demanda avec impatience : " Est-il mort ? - Oui, répondit Korrigan avec une satisfaction suffisante. - Mais alors, pourquoi a t-il dit : " On se reverra. " ?, intervint Dunstan, réticent. " A cet instant, comme pour l'appuyer, une ombre noire et vaporeuse se détacha du mort dans un bruit de ventouse. Elle les regarda de ses yeux incarnats en souriant et s'empara avec vivacité de ce qui, tout à l'heure, avait été l'épée de Nécros. Néo eut le temps de voir un petit orifice au milieu de son visage difforme qui aspirait l'air dans un bruit de succion. Une sorte de nez. Elle leur tourna le dos et s'éleva dans les airs avec son butin. Elle allait traverser le plafond à la manière d'un fantôme, quand, elle lança l'arme en direction du compagnon de Néo avec une force surhumaine. Celui-ci, prit au dépourvu ne parvint seulement qu'à faire un minuscule pas de côté. On aurait dit qu'il était paralysé. La lame tranchante bourdonnait en volant vers sa proie pétrifiée, comme emmêlée dans une toile d'araignée géante. Néo regardait la scène en frissonnant à l'idée de la souffrance que son ami subirait. La pointe acérée entama le bras du pauvre Dunstan et le traversa comme s'il s'agissait d'une tige en mousse. Elle tomba à terre dans un bruit mat, accompagnée d'un membre ensanglanté et brisé. Le propriétaire de ce membre cria à s'en fendre l'âme juste avant de perdre connaissance. Un sang chaud coulait à flots de la plaie béante. Si elle n'était pas refermée rapidement son compagnon mourrait d'une hémorragie. Quelle mort atroce ! Néo fut pris de nausées. Son mentor entreprit de cautériser la blessure. Son élève non-blessé fusilla du regard la responsable de ce moment macabre comme si, à la seule force de ses yeux orange, il parviendrait à la réduire en cendres. Agitant sa carcasse trapue et maléfique, l'ombre riait avec démence. Elle avait rempli avec succès sa mission. Le maître serait content quand il l'apprendrait. Le garçon allait essayer de la détruire quand elle se volatilisa dans un nuage de particules de ténèbres. Son but s'étant échappé, il rejoignit son professeur en se promettant de venger son ami Dunstan. Le malchanceux. 3. Un dénouement inattendu. Néo s'assit sur un siège droit et peu confortable du Crackspace qu'ils venaient d'emprunter. Si je peux utiliser ce terme. Je rappelle à tous nos lecteurs intrigués que nos trois voyageurs viennent d'être victimes d'une embuscade tendue par le vil Nécros que tout le monde croyait mort depuis des lustres. Durant l'affrontement qui les avait opposé à ce traître, Dunstan avait perdu un membre, son bras droit, avec lequel il maniait si bien l'épée et maîtrisait la magie. Depuis son amputation, il n'avait cessé de s'apitoyer sur son triste sort. Néo et son maître avaient même été contraints de le traîner de force vers le véhicule, sinon il serait toujours en pleurs dans la boutique de locations. Ils avaient aussi décidé d'offrir au loueur ensorcelé une sépulture décente. Ils l'avait enterré derrière sa modeste échoppe, dans le sable blanc du Désert du Soleil Brûlant. Néo, à son grand étonnement, n'avait pas trouvé la bague d'ivoire à son annulaire. Elle s'était envolée. Ayant accompli cette tache obligatoire, l'équipée avait mi-volé, mi-emprunté un Crackspace bien qu'il fut relié au mur par une lourde chaîne qu'il avait fallu fondre avec la magie. Ils allaient donc se mettre en route vers la planète Erdos et le redouté Mont Colossal. Néo avisa la fente au niveau du guidon. Il se tourna vers son maître, à côté de lui, et lui demanda : " Il faut une clé pour faire avancer cet engin ? - Seulement pour décoller grâce aux roues. Ensuite, j'allumerai magiquement les réacteurs, que je ne peux activer maintenant sans risquer de déclencher un incendie, lui expliqua Korrigan. " Il lui désigna du menton trois énormes roues de bois cerclées de fer dur. Néo les observa, bouche bée. Il n'en avait sans doute jamais vu d'aussi spéciales. Devant son air stupéfait, son entraîneur éclata de rire. Une fois la crise passée, il introduit une petite clé d'argent dans l'interstice. Néo le regarda, ébahi. Un grincement métallique retentit dans le silence oppressant du désert. L'hélice rouillée au nez du véhicule entamait ses cercles à toute vitesse. Lentement, le Crackspace s'éleva de la dune dans un nuage de sable irritant, puis décolla. Les voyageurs débutaient la longue route qui les séparait de leur destination. Pendant qu'ils montaient dans le ciel bleu, Néo questionna son maître, alors que l'absence de dioxygène commençait à se faire sentir : " Pen… pendant que Dunstan se battait contre Nécros, j'ai vu une petite bague blanche à son doigt. Elle était gravée d'inscriptions rouges. Quand nous avons enterré le corps du loueur, je l'ai cherchée sans succès. Je me demandais si vous ne pourriez pas me fournir quelques réponses, ou si, vous aviez remarqué l'anneau, vous aussi ? - Réfléchis un peu, Néo. Qu'est-ce qui se trouvait avec le commerçant en même temps que ce bijou, et n'y était plus au même moment que lui ? - L'ombre ! , s'écria l'élève d'un coup, frappé par un bref instant de lucidité. - Bien, le félicita son professeur. L'ombre et cet anneau sont unis par un lien étroit. Mais lequel ? Ce dont je suis certain, c'est qu'un tel monstre ne peut être créé qu'avec le Poignard des Sages des Ténèbres. Mais d'après les rumeurs, il serait perdu depuis des siècles et des siècles. Qui à mit la main dessus ? Nécros, comme le prétend l'ombre ? Brrr. Les poils de ma nuque en sont tout hérissés. Si l'arme est tombée sur un déséquilibré, nous n'avons plus qu'à prier pour être épargnés… , entonna le précepteur, présageant un massacre abominable. - Maître, intervint Néo, accepteriez-vous de me narrer l'histoire du couteau et de ses créateurs dont je ne connais rien ? - Bien sûr, tu sais que j'aime raconter, accepta son mentor d'une voix nostalgique, très ancienne. Chaque planète a ses scientifiques, ses Sages, reprit-il à voix basse. Les Sages des Ténèbres vivaient sur Darkos… - Vivaient ? , le coupa son auditeur intrigué. - Oui, vivaient. Après leur lourde erreur, le Conseil des Gardiens de la galaxie a décidé de dissoudre leur organisation coupable indirectement de centaines de morts. Mais commençons par le commencement. Donc, les Sages de Darkos travaillaient sur les ombres, nos ombres que l'on peut voir lorsqu'on est éclairé. Ils ont découvert que, séparé de son Ombrecorps ou Schattenkörper, une ombre est intelligente, apparaît en trois dimensions et possède une existence distincte de son créateur bien qu'elle soit obligée de le servir. Les Sages, fiers de leur trouvaille, ont voulu que chacun puisse utiliser ses ombres comme il le souhaite. Ils ont donc forgé un poignard permettant de dissocier plus facilement un Ombretout ou Schattenalle en ses deux parties : le Schattenkörper et le Schattengetrennt ou Ombreséparée. Mais, la nuit juste après sa création, l'arme fut volée par le fils d'un des Sages. Ce personnage noir entreprit de former une armée entière de ses ombres. Une fois ce fait maléfique accompli, le Commandant-Ombre, comme on le prénommait jadis, devint instable et fou. Il avait abusé de la capacité du Poignard et payait le prix fort. Il lança ses ombres contre toutes les planètes, y compris Darkos, et se déclara maître de notre galaxie. Les ombres, qui se nourrissaient goulûment de l'Epsi, l'énergie produite par les Heartsgold, coeurs des planètes, tuaient petit à petit ces dernières. Beaucoup voyaient notre fin proche. Le Conseil des Gardiens d'Epsidia fit donc appel aux Dieux Dragons et à leur progéniture. Les reptiles fantasmagoriques nous libérèrent de la présence oppressante des ombres et de leur maître. Par contre, on ne retrouva point le couteau créateur d'ombres. Il paraissait qu'il était enfoui sur Darkos, mais il était bien caché puisque, jusqu'à aujourd'hui, personne ne l'avait poussé à utiliser ses talents destructeurs et malfaisants. Je pense donc que le poignard est de retour et que Nécros le possède. Nous devons donc être sur nos gardes car, en plus d'affronter Brian le Démoniaque, il faudra lutter contre lui puisqu'il veut ma peau. " Ce Brian. Certains, ses fidèles et partisans le qualifiaient de " Superbe " en se référant à une ancienne langue terrienne. D'autres, ses opposants et ennemis, le nommaient " Démoniaque " en raison de sa cruauté sans borne et de son ambition disproportionnée. Une fois, il avait fait décapiter devant une assistance horrifiée une mère et son enfant juste parce que celui-ci avait babillé pendant que lui débitait une tonne d'inepties. Cet être ténébreux avait peu d'admirateurs parmis ses serviteurs, mais sur Aquos et Darkos, ses deux territoires dont un qu'il avait acquit très récemment, il régnait en tyran dans ses châteaux somptueux. Ses esclaves en avait une peur panique donc ils n'osaient pas le contredire et le suivaient. De plus, s'ils se révoltaient, ils encouraient une peine capitale plus atroce que d'ordinaire : la Chaise électrique. Cette machine de mort était utilisée autrefois par quelques terriens pour punir les violations de la loi. Cette punition avait été abolie mais réintroduite par Brian lors de sa prise du pouvoir. Qu'une personne aussi obscure que lui puisse exister reste une hérésie ! Même les forces du Mal de tous les livres du monde ne lui arrivent qu'à la cheville !!! Comment les Epsidiens allaient-ils pouvoir se libérer de son emprise ? De plus Wolfung et Löwina, leurs dieux adorés, les avaient abandonnés. Comment, je vous le demande. Par magie ? Peut-être. En attendant revenons auprès de nos trois voyageurs. Korrigan utilisait sa magie pour leur permettre de respirer malgré le manque d'oxygène et alimentait les réacteurs avec lesquels ils se soustrayaient à l'atmosphère d'Hélios. Le pendentif en forme de flamme de son cou brillait étrangement, rougeoyant comme un brasier miniature. Ils poursuivaient leur trajet tranquillement. Néo contemplait les étoiles filantes qui fonçaient tel des flèches vers la couche d'ozone de l'endroit qu'ils venaient de quitter. Les boules ignées se désintégraient à son contact protecteur. Il admirait aussi les dangereux trous noirs, les ancestrales supernovas et les lointaines galaxies en se demandant à quoi ressemblaient leurs habitants. Etaient-ils verts, rouges ou jaunes ? Ou d'aucunes de ces couleurs ? Mystère. Parfois, ils zigzaguaient entre des astéroïdes qui formaient d'immenses champs flottants. Ils aperçurent aussi Solarios, le soleil de leur galaxie, qui se prénommait d'une manière moins commune que " Soleil " . Il produisait moins de chaleur que celui des terriens, Hélios jouant son rôle, puisque l'équipage put passer à cent kilomètres de lui environ sans subir de dégâts. Seules les ailes fines du Crackspace sentaient le brûlé. Rarement, de gigantesques météorites enflammées se mettaient en travers de leur chemin et les obligeaient à s'arrêter dans un crissement. Korrigan maintenait toujours sa magie qui nourrissait les propulseurs en état de fonctionnement. Il avait dû, à de nombreuses reprises, remettre ses apprentis sur pieds car ils étaient très las et moroses. Ceux-ci s'interrogeaient sur la façon dont leur maître faisait pour tenir aussi longtemps sans pause. Quand ils lui posèrent cette question, le vieil homme haussa ses larges épaules en disant : " Petits moineaux, il vous reste encore beaucoup à apprendre. " Et ils ne tiraient plus rien de lui. Mieux aurait valu traîner une mule dans un marécage. Un jour, Néo l'interrogea sur un sujet qui le laissait perplexe : " Maître, pourriez-vous m'expliquer ou tout au moins m'éclairer. Comment, lors de notre confrontation avec le loueur ensorcelé ou l'ombre ou Nécros… Je ne sais plus de quelle façon appeler l'ennemi qui nous a fait face chez le loueur. Enfin vous comprenez. Je me questionne : comment suis-je parvenu à suspendre le Temps, moi, un postulant pour le rang d'Apprenti Guerrier Flamboyant du dragon ? - De quoi parles-tu ? , s'étonna son professeur, exaspéré. Du moment où nous bougions plus lentement ?  " " Quoi !  " s'écria Néo intérieurement, furieux. " Ce vieux croûton sénile et ignorant ne se souvient de rien !  " . En essayant de masquer son ire, le garçon reprit à voix basse : " Non. Du moment où, comme par magie, je me suis retrouvé près des halos indigo de notre adversaire. - Pas le souvenir, marmonna le vieillard, dont le regard était vitreux. En tous cas, Néo, je ne suis pas ignorant et sénile, rétorqua-t-il en reprenant son état normal. Je ne sais pas, c'est tout. Je ne suis pas omniscient. Et puis, lorsque toi et Dunstan reteniez Nécros, j'étais complètement absorbé par mon action magique. Je n'ai donc rien vu. " Le doute s'empara de Néo, ne le lâchant plus. Avait-il rêvé ? Devenait-il fou ? Ou bien ses dons étaient-il insondables ? Il s'accrocha à cette dernière hypothèse comme si sa vie en dépendait. Il voulait croire qu'il était le Maître du Temps. Quoi de plus logique ? Tout le monde aimerait pouvoir plier le Temps à sa volonté. Pour s'excuser, le garçon dit à son mentor avec un ton repentant et un air contrit : " Maître, je vous demande pardon. - Non, c'est moi, répliqua son professeur. Je ne tolère pas l'impudeur mais j'ai quand même lu tes pensées. Je n'aurais pas dû entrer dans ton sanctuaire. D'ailleurs ceci est l'un de nos principes les plus fondamentaux. Garde le bien à l'esprit. - Comment pouvez… , commença l'élève stupéfait. - Il te reste beaucoup à apprendre, se répéta le vieil homme, dans un sourire des plus énigmatiques. - Quand est-ce que je serais en mesure d'avoir les réponses ? - Quand, je l'espère pour toi, tu auras atteint le rang que tu convoites tant. - Je ne crois pas que je réussirais. Après tout, qui a retenu notre ennemi dans la boutique ? Dunstan. Qui me bat systématiquement en escrime ? Dunstan. C'est lui qui mérite d'intégrer l'Ordre. Pas un raté comme moi. Son entraîneur lui murmura à l'oreille, pour que Dunstan n'entende pas : " Tu oublies un détail. Le pauvre a perdu son bras droit. Celui avec lequel il étincelait à l'épée. De plus la puissance de sa magie a énormément baissé puisqu'il était droitier. Ce n'est plus qu'une épave rongée par la rouille. Et, on ne peut pas dire qu'il est courageux face à l'ennemi. D'ailleurs, je ne l'ai emmené que pour qu'il assiste à l'épreuve. Pas question qu'il y participe dans son état. - Mais que va-t-il devenir ? , chuchota Néo, pris de pitié pour son ami malchanceux. - Oh, répondit son maître dans un souffle, j'ai des connaissance dans la caste des Sages des Flammes. Il se trouve qu'ils recherchent des néophytes pour les seconder puis, par la suite, les remplacer. Ce n'est pas aussi honorable que Guerrier Flamboyant du dragon mais mieux qu'esclave. - Lui avez-vous annoncé vos projets ? , s'enquit Néo en jetant un coup d'oeil au mutilé qui dormait avec insouciance. - Non. Mais je pensais le lui révéler avant la fin du voyage. - Faites vite, lui recommanda son élève. Il se peut qu'il réagisse mal et qu'il veuille s'enfuir. Nous serions dans de sales draps. - Nous verrons quand nous y serons, éluda son maître qui ne désirait plus évoquer ce moment délicat. " Ils volaient depuis quatre jours déjà, quand ils aperçurent Haos, la planète de lumière, responsable du Bien. Comme leurs vivres s'épuisaient, Korrigan décida qu'ils s'en fourniraient sur la belle Haos. Ils changèrent donc de cap et se dirigèrent vers la Planète Blanche. Ils notèrent que d'immenses masses nuageuses leur masquait le relief de la planète. Son climat devait donc être humide et sa végétation luxuriante. Pendant la demi-journée qui suivit, les deux adolescents discutèrent d'un sujet qui leur était cher : le passé de leur maître. Ils apprirent qu'il était né dans une famille modeste. Son père travaillait comme messager pour le compte d'un riche duc. Lorsque ce duché avait été attaqué par son ennemi, un voisin, le père du jeune Korrigan avait été tué. Fou de rage en apprenant la nouvelle, le garçon de neuf ans avait littéralement réduit en cendre leur petite maison de bois, laissant sa mère en larmes. Ruinée et désespérée, la femme avait dû abandonner son fils dans un orphelinat. Brutalisé par ses camarades tyranniques, Korrigan les avait puni en les enfermant dans une cave remplie de cafards et de charbon, jusqu'à ce qu'on les trouve, c'est-à -dire plusieurs heures plus tard. La directrice de l'orphelinat, une femme stricte qui ne tolérait pas l'indiscipline, l'avait puni avec zèle. Trop sévèrement. Expulsé de l'établissement, il avait longtemps erré dans les rues en volant pour se nourrir. Mais cette vie déplorable n'avait pas pu durer. Un jour, on l'avait retrouvé évanoui dans la froideur de l'hiver très rude. Heureusement, un mage l'avait soigné et l'avait pris avec lui. D'abord, Korrigan lui avait servi d'esclave, puis par la suite de disciple. Alors que le jeune homme fêtait son vingt et unième anniversaire, la rumeur avait couru que les Gardiens de la galaxie cherchaient des guerriers-magiciens pour mener une campagne militaire contre des pirates de l'espace. Korrigan était devenu soldat et avec l'aide des ses compagnons, il avait vaincu l'ennemi. Ensuite, puisque le pouvoir montait à la tête de la majorité de ces mêmes compagnons, il les avait abattus sur ordre du Conseil d'Epsidia, sans tenir compte de ses sentiments. Ayant réussi sa mission, il s'était retiré dans son village natal. Sa mère avait succombé à la maladie quelques mois auparavant. Il ne lui avait pas fait ses adieux. Il avait fondé une famille et vécu heureux. Quand on lui avait proposé de rejoindre les Gardiens des Six Planètes, il avait accepté avec fierté. Puis, lui et ses collègues avaient restauré l'Ordre dont il avait jadis fait partie. Pour former la nouvelle génération, il avait enseigné la magie. " Voilà toute mon histoire, conclut le vieil homme. Vous savez tout. " Ils entamèrent une descente vertigineuse, traversant un nuage à la manière d'une flèche. Ayant respiré de la vapeur d'eau et non de l'air, ils toussèrent et prirent de grosses goulées, avides, de l'élément qui leur manquait. C'est alors qu'ils étudièrent le paysage devant eux. Une gigantesque forêt bordait une ville de taille moyenne coupée par un long fleuve. Une puissante et joyeuse clameur monta de la cité. Ils arrivaient en période de fête. Peut-être pourraient-ils en profiter ? Ils reportèrent leur attention sur la brume environnante, jusque là ignorée. Comme ce devait être difficile de s'y retrouver dans ce brouillard épais. Les habitants de cette contrée vaporeuse en avaient certainement l'habitude. Pensant qu'ils avaient passé assez de jours au-dessus de la terre ferme, l'équipage atterrit sur la, encore méconnue d'eux, planète du Bien. *** En traînant les pieds, ils remontèrent à regret dans le Crackspace. Ils ne cessaient d'avoir des images de catastrophes en tête même s'ils s'étaient bien amusés. Tout d'abord, ils avaient acheté de la nourriture et de l'eau. Puis, ils avaient choisi de rester encore pour se reposer après cette longue route qui ne représentait qu'un tiers du trajet total. Ils avaient festoyé avec les Haosiens qui les avaient accueillis à bras ouverts. La fête, celle du solstice d'été, avait été très animée. Ils s'étaient goinfré de succulents plats, spécialités de Haos. Ensuite, ils avaient visité le temple de Löwina, chère divinité des Haosiens, qui lui rendaient régulièrement des cultes et lui sacrifiaient des troupeaux entiers malgré son absence controversée. Pour ternir cette trêve trop parfaite, ils avaient constaté avec effroi que la végétation mourait à une vitesse alarmante, ne laissant que des arbres au tronc pourri derrière elle. Quand ils avaient demandé une explication à leur guide, un homme au teint café et à l'intelligence certaine, celui-ci avait répondu en vérifiant que personne ne les épiait : " Tout le monde se pose la question. Mais Collan l'Insouciant, notre gouverneur, interdit à quiconque d'en parler en public. Il faut faire attention. - Collan ! Tu ne changeras donc jamais ! , s'était exclamé Korrigan. - Vous le connaissez ? , s'était-il étonné. - Oui, c'est une vieille connaissance. - En tous cas, j'ai une solution, avait dit le guide dans un murmure, se rapprochant des étrangers. Oui, je pense qu'elle est plausible. Vous êtes sans doute au courant de la tragédie qu'a subi la planète Naturos dont parlent tous les terriens. - Les terriens ? Une tragédie ? La planète Naturos ? , l'avait questionné le vieillard, perdu dans les méandres obscurs de son ignorance. - Quoi ! Vous, un savant, n'en avait entendu goutte ? - Non. - Pourtant, tous les poètes et les messagers en parlent. Il y a de cela plusieurs mois, Brian le Démoniaque, dans son voeu de conquérir l'univers, a découvert une nouvelle galaxie semblable à la nôtre. Elle est constituée, au sens où nous l'entendons, d'une seule planète : Naturos. Celle-ci est peuplée par des euh… , des Wildes. D'après les scientifiques terriens, elle serait responsable de la prolifération de la vie. Mais, Brian, ayant été informé de la présence d'une dragonne sur ce globe vert, il a voulu la capturer puisqu'il n'était pas Dragonnier et désirait ardemment le devenir. Il a réussi, mais durant la chasse, Blühend a détruit cinq vaisseaux. Trop fatiguée pour lutter, elle s'est faite attraper. Constatant qu'elle n'obéissait à rien ni à personne, les ingénieurs de Brian ont mis au point un appareil permettant de contrôler l'esprit des dragons. Dès lors, Blühend a été contrainte par cette machine de servir Brian qui l'exhibe comme une bête curieuse et s'en sert de monture pour tous ses déplacements. Je crois donc, que comme Naturos et Blühend sont unies par un lien très fort, quand l'une souffre, l'autre aussi. De ce fait, Naturos dépérit, et puisqu'elle qu'elle est responsable de la végétation, celle-ci aussi se meurt. La vrai question est la suivante : combien de temps nous reste-t-il avant qu'un cataclysme se profile à l'horizon ? Un siècle ou un mois ? Là, je sèche. - Tout n'est pas perdu, avait affirmé Korrigan avec conviction. Dans la vie, tout est possible, tout est imaginable. - J'espère que vous avez raison, avait souhaité le guide. " Suite à ces révélations troublantes, Néo et Korrigan avaient juré qu'ils délivreraient la dragonne le moment opportun. Enfin, pour clore leur séjour, les trois voyageurs avaient cueilli des plantes médicinales ne poussant que sur Haos. Ils auraient certainement l'occasion de s'en servir avant la fin de cette période obscure. Avec ces keijhaas, comme les surnommaient les habitants de la Planète Blanche, ils prépareraient différents onguents cicatrisants très efficaces sur les blessures infligées par la sorcellerie de Darkos. Maintenant revenons au présent bien plus captivant. Korrigan et Dunstan étaient assis l'un à côté de l'autre pendant que Néo s'empiffrait de bon pain frais, de fromage de chèvre et de myrtilles. Il mâchait bruyamment, rompant le silence inconfortable établi entre le mutilé et son maître. Le dernier, mal à l'aise, devait tôt ou tard avouer au premier ce qu'il lui destinait. Autant finir au plus vite. Il se lança d'une voix hésitante qui ne lui ressemblait guère, prenant bien soin de ne pas regarder son élève : " Dunstan… Il faut que tu saches… Puisque tu n'es plus en état de concourir pour le titre d'Apprenti Guerrier Flamboyant du dragon… - Que dîtes-vous ? , l'interrogea le diminué qui avait très bien entendu et le fixait intensément de ses prunelles ambre, rageur. " Son mentor se détourna de son visage furieux. Comme un lâche. Il bégaya, intimidé par tant de haine : " Il faut que tu con… comprennes… Si tu par… participes, tu… tu seras désavantagé par… par rapport aux autres. - Arrêtez de rêver vieillard sénile ! , s'écria Dunstan sans se retenir, attirant l'atten-tion d'un Néo outré. Je sais bien que vous m'avez toujours détesté. - C'est faux ! , s'exclama son professeur en ne prêtant pas attention à l'insulte honteuse. Pense à toutes les fois où je t'ai encouragé pendant vos duels à l'épée. Aux moments où, parce que tu voulais t'améliorer, je prenais des heures entières pour te contenter. " Le maître et l'élève s'affrontèrent du regard, égaux. Aucun ne détournait les yeux. Leurs visages étaient déformés par une colère dure. Néo observait la scène avec intérêt, une myrtille entre le pouce et l'index, suspendue entre la bouche et le torse. La confrontation dura ainsi quelques minutes. Puis Dunstan grogna, et reporta son attention sur le paysage qui s'offrait à lui. Au loin, Aquos était en partie visible. Elle dégageait une aura étrange et indistincte. On aurait dit qu'elle suppliait qu'on la délivre et qu'en même temps, elle se réjouissait d'être envahie par les humains. Pendant que le néophyte feignait l'indifférence, Korrigan souriait, triomphant. Il lui expliqua d'une voix douce, cherchant son attention même si celui-ci fixait toujours la Planète Bleue : " Puisque tu ne peux y participer, j'ai décidé avec l'accord des Sages des Flammes que tu les rejoindrais en temps qu'apprenti. " Dunstan se retourna vivement, ses cheveux blonds hérissés par sa brusquerie. Il accepta avec gratitude, toute ire envolée : " Maître, je vous suis éternellement reconnaissant. Merci. - Non, c'est moi qui te suis redevable, sans toi pour retenir l'ombre, nous serions morts et enterrés à l'heure qu'il est. Pour notre mise en bière, ce n'est même pas sûr, qui sait s'ils ont un savoir-vivre décent. Ils auraient très bien pu nous laisser pourrir à la portée des corbeaux. - Vous avez raison, dû reconnaître Dunstan, résigné. " A partir de ce moment, plus rien d'hostile ne se déclara entre eux. Ils avaient maintenant parcourus la moitié du chemin qui les séparait d'Erdos et de son fameux et titanesque Mont Colossal. Ils commençaient tout de même à défaillir et désespéraient de voir leur destination. Les réacteurs s'arrêtaient parfois brusquement, Korrigan ayant été dérangé par une fatigue tenace, les faisant chuter de plusieurs mètres. Les adolescents, eux aussi, étaient très las, la placidité et la monotonie du décor les décourageaient. Pour l'action, ils n'auraient pas à patienter bien longtemps. Toujours un peu plus proche, Aquos emplissait leur coeur d'un sentiment de tris-tesse infinie même si elle resplendissait comme le plus beau des diamants. Les trois voyageurs songèrent aux Aquosois. Leur vie, après la colonisation rapide dirigée par Brian le Démoniaque, avait dû se transformer en descente aux Enfers. " Il faut les ôter de ce calvaire ! , décida Néo, persuadé. C'est pour cela que l'Ordre des Guerriers Flamboyants des dragons existe !  " . L'avis des deux autres n'était pas différent bien qu'ils fussent moins pressés d'accomplir ce haut fait. Ils bavardaient, bavardage sans grand intérêt, quand… L'air ondula à la manière d'un serpent. Juste après, un immense vaisseau terrien apparut devant leurs yeux surpris et effrayés. Leur sang se glaça et ils durent se rappeler de respirer. Le bijou de technologie était en fer dur, noir et mat. Il se fondait à la perfection avec le paysage, du moment que l'on ne voyait pas la Marque Humaine, un H immaculé sur chaque flanc de la machine. Le vaisseau semblait très long et interminable. L'ingénieur qui l'avait conçu devait aimer les formes longilignes puisque c'était sa principale caractéristique. Le véhicule, contre toute attente, ne mesurait guère plus de vingt pieds de hauteur. Il flottait grâce à quatre propulseurs placés dans chaque coin. Des cercles jade s'en échappaient à l'unisson. Il démarra dans un ronflement. Des réacteurs s'allumèrent derrière ce qui était sûrement la cabine de pilotage. Le coeur des trois Epsidiens fit un bond dans leur poitrine oppressée. En effet, le bolide spatial venait à leur rencontre, encore plus rapide que la vitesse du son. Bang ! En à peine un dixième de seconde, il était au-dessus d'eux. Ils ne pouvaient espérer lui échapper. Ils étaient pris au piège. Une trappe s'ouvrit silencieusement. Un faisceau d'un bleu métallique, tout droit sorti des entrailles obscures de l'engin, attrapa le Crackspace et l'entraîna inexorablement à l'intérieur de la base des humains. " Nous sommes perdus !  " , hurla mentalement Néo. C'est vrai, ils l'étaient.
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241782
b
Moi aussi !
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