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Témoignage : complètement détraquée.

Témoignage d'internaute trouvé sur forumados - 29/06/11 | Mis en ligne le 30/03/12
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Bonjour, alors ici on va m'appeler L. Et j'ai 15 ans. Je poste un témoignage ici parce que ce qui m'est arrivé et ce qui m'arrive encore, je ne le souhaite à personne et je pense qu'il est bon de montrer à quel point c'est dangereux. Il y a environ un an je discutais aussi sur ce forum, dans un topic pour les régimeuses, et j'étais fière de moi, alors que des filles plus raisonnables me mettaient en garde. Elles avaient raison, elles m'avaient même dit qu'un jour je posterai ici en témoignage, et ben j'ai ri ! Quand j'étais plus jeune, j'étais ronde. J'adorais la bouffe, j'aimais la vie, j'étais ronde mais j'étais heureuse. Ensuite c'est au collège, en 5ème et en 4ème (j'ai sauté une classe) que j'ai commencé à vraiment grossir. J'ai essayé beaucoup de fois de faire des régimes mais à chaque fois je ne tenais pas plus de 2 jours. Arrivée à la 3ème, je pesais environ 65kg, pour 1m56 : j'étais en surpoids. J'étais complexée, mais pas plus que ça. Les remarques me blessaient toujours mais je ne faisais rien pour les arrêter. Alors arriva le jour, où je décidai d'entamer un régime à ma façon… ça s'est passé comme ça : on était le 26 mai 2010, c'était un mercredi. Comme tous les mercredi j'étais seule à la maison, devant mon ordinateur. D'habitude, tous les mercredi après-midi je prenais des goûters gargantuesques. Mais cela faisait quelques jours que je pensais à faire un peu plus d'efforts pour perdre du poids, à devenir mince, à peser environ 52kg. J'ai tout de même fini par craquer et je suis descendue chercher une tablette de chocolat, Milka aux noisettes, dans les escaliers du garage. En à peine 3 minutes elle était engloutie et j'ai aussitôt regretté, bizarrement beaucoup plus que d'habitude. Et là, chose qui ne m'était jamais venue à l'esprit avant, j'ai eu l'idée d'aller me faire vomir. J'ai cherché sur internet comment il fallait faire, et c'est comme ça que j'ai découvert ce forum ! Donc je suis allée aux toilettes et j'ai tout rendu après plusieurs essais en vain. Je n'avais jamais vomi, et je me sentais très fière. Je me suis relevée et me suis tournée vers le miroir, j'ai regardé mon reflet droit dans les yeux et j'a dit à haute voix : "Maintenant ma grosse, tu mangeras que des fruits et des légumes et à chaque fois que tu feras le moindre petit écart tu te puniras comme ça". J'avais les yeux rouges et gonflés, les cheveux en bataille, j'étais pâle, et j'étais plus décidée que jamais. La nuit suivante, j'étais tellement obnubilée par ça que j'en ai rêvé : j'étais à une fête, avec mes parents et pleins d'autres gens, il y avait une table avec une quantité impressionnante de nourriture. Mes parents et moi étions assis en bout de table devant un énorme gâteau au chocolat avec un glaçage blanc, et je me resservais toujours. Ils me regardaient bizarrement et je ne ressentais rien. Alors je suis sortie de table et j'ai cherché les toilettes pendant longtemps, une fois trouvés j'ai voulu vomir. Mais à peine les doigts dans la bouche j'ai entendu une voix de femme derrière moi "Arrêtes, ou je te tue." et elle pointait un pistolet dans ma direction. Derrière elle il y avait deux gros balourds qui ricanaient bêtement. J'ai réussi à m'échapper et j'ai couru, couru, couru, le plus vite possible, au bord d'une rivière. La femme me suivait en hurlant de rire et là je me suis réveillée. Ensuite ce fut l'engrenage. Les premiers jours mon poids descendait en flèche. Etant donné que j'avais perdu un peu de poids depuis le début de l'année scolaire je suis passée en à peine 5 jours de 60,4kg à 58,4kg. La nourriture me répugnait, mon ventre grondait toujours, j'étais exténuée, mais qu'est-ce-que j'étais fière de moi ! Je cherchais même sur internet les symptômes de l'anorexie et les risques de le devenir, parce que, quelle idiote… !, je me disais que comme ça au moins je serais mince et que ma vie serait formidable, je me moquerais de ma santé. Les remarques fusaient. "Je suis sûre que tu tiendras pas", "Tu vas tout reprendre après", "Fais gaffe tu vas devenir anorexique", "T'en es pas capable", "Attention quand même"… j'en avais rien à faire, je m'enfermais dans mon monde. TOUTES mes pensées étaient liées à ça. Je pensais aux gens qui ne m'avaient pas vue depuis longtemps, ce qu'ils diraient la prochaine fois qu'ils me verraient, je pensais à résister, je pensais à comment je serais un an plus tard,… En tout cas, il ne m'est jamais arrivé de me dire que je ne tiendrai pas. En moins d'un mois je suis donc passée de 60,4kg à 52kg. Parfait ? Non, bien sûr que non, puisque j'avais tellement vite minci que je ne m'en étais même pas rendue compte. Je me trouvais encore énorme, inchangée, alors qu'à présent tout le monde s'inquiétait pour moi. Même les surveillants au collège, même des élèves que je ne connaissais pas. Un jour, à la cantine, un élève de 6ème était à la table d'à côté. Il y avait des frites et pleins de choses grasses et bonnes ce jour-là. Je n'ai rien avalé, je restait les bras appuyés contre la table, à regarder mes amies manger. Le garçon m'a sorti à ma grande surprise un "Pourquoi tu manges pas ? " tout innocent. Je n'aurais jamais cru entendre quelqu'un un jour me dire ça, j'ai mis un moment à capter. Alors j'ai haussé les épaules et j'ai souri, parce qu'à la fois j'étais fière, encore. Mes parents s'en sont bien rendu compte. Comment ? Simplement car : je maigrissais à vue d'oeil, j'avais d'énormes cernes noires sur un visage d'un pâle affolant, mes cheveux tombaient, j'avais beaucoup de boutons alors qu'avant je n'en avait jamais, je mangeais largement moins, voir RIEN. Et je n'avaient plus mes règles, mais ça, ils ne savaient pas. Ils étaient vraiment inquiets, me parlaient sans arrêt d'anorexie, de médecins, et moi je ne faisait que nier. Le jour où mon père, en voiture, m'a dit qu'un de mes professeurs l'avait carrément appelé pour lui demander si j'étais malade car il était très inquiet, j'ai eu un gros choc. J'ai eu beau demander de quel professeur il s'agissait je n'ai jamais eu de réponse. Mais je pense que c'est là que tout s'est compliqué. Rendez-vous obligatoire chez la diététicienne. Les seules phrases dont je me souviens sont "Tu fonces droit dans le mur L.", "Encore à peine une semaine et tu tombes dans les pommes, et hospitalisation direct", "Tu fais partie des minces". Je faisais la statue, je boudais. En sortant mon père ne disait rien, j'étais terriblement gênée. La diététicienne avait donné un menu, j'étais obligée de le respecter, sinon j'étais hospitalisée, au-lieu d'aller en Allemagne une semaine. A contre coeur j'ai essayé de le respecter, mais c'était très difficile. Les menus indiqués me paraissaient dix fois trop énormes, je pleurais à la fin de chaque repas. Je ne pouvais pas aller vomir, mes parents et mes grands-parents me surveillaient tout le temps. J'avais l'impression de grossir à vue d'oeil. Mais non ! En rentrant à la maison, je me suis pesée. Surprise, 51kg. J'étais très heureuse. Mais pour moi c'était pas fini. Jusqu'au mois de décembre, je mangeais à peu près normalement, et je voulais encore maigrir. Mon poids vascillait entre 51,5 et 54kg, mais je ne savais pas trop quoi penser… Puis voilà, 1er janvier. Résolution ? Peser 45kg. Et vraiment, vraiment, vraiment, dès ce jour, c'était parti exactement comme avant. Mais moralement j'étais un peu… différente. Je me sentais fragile au lieu de me sentir forte, j'avais l'impression de tomber à chaque pas, c'était étrange. Mais, en y réfléchissant, j'aimais me sentir comme ça. Et je suis passée, cette fois-ci, de 54 à 46kg. En à peu près un mois, encore. Mais comment je me suis arrêtée ? Grâce/ou à cause d'un garçon. Il m'a dit qu'il m'aimait (lol) , mais qu'il ne sortirait avec moi que si je reprenais 1 ou 2 kilos, parce qu'il me trouvais trop maigre, limite répugnante. Je me suis sentie si… bizarre… JAMAIS on ne m'avait dit ça ! Avant les garçons ne s'intéressaient pas à moi parce que j'étais trop grosse, et là, lui, son problème, c'est que j'étais trop maigre… mais… j'hallucinais ! Le soir-même où il m'a dit ça je suis rentrée du lycée chez moi, seule, je me suis effondrée sur les marches des mêmes escaliers (ceux du chocolat) et j'ai pleuré, toutes les larmes que je pouvais. Ensuite je suis retournée aux toilettes, ceux où je me suis fait vomir pour la première fois, je me suis regardée dans le miroir. Et là, en effet, j'ai réalisé que je n'avais pas du tout le même visage qu'avant. Je ne voyais que mon visage et mes clavicules. Oui, on les voyait, on voyait MES os. Le visage était triste, pâle, cerné, les cheveux étaient ternes, les joues étaient presque creuses. J'ai été parcourue d'un énorme frisson alors je me suis appuyée contre la porte en face de la cuvette des toilettes et je me suis baissée, jusqu'au sol. J'ai mis la tête entre mes mains, je m'arrachais les cheveux (ce qui n'était pas bien dur) et je criais "Pourquoi ? Pourquoi j'ai fait ça ? Mais j'suis trop conne ! C'est pas possible ! C'est pas possible que ça m'arrive à MOI ! " en regardant la cuvette. Ensuite je suis montée dans ma chambre. J'ai essayé toute ma garde-robe. Je portais mes vêtements d'enfants, mes vêtements de l'année d'avant étaient trop grands, j'étais ridicule dedans. J'ai décidé de tout vendre, et d'arrêter moi-même. Au diable ces 45 kilos. Pendant une semaine je n'arrivais plus à manger, juste parce que j'étais… déprimée, dégoûtée. Je ne savais pas s'il fallait en parler, ou régler ça toute seule. Mais toute seule c'était bien impossible. Je n'arrivais pas à en parler à mes parents. Un jour, un dimanche, on était à table avec mon père. Je n'arrivais toujours pas à manger et il l'a vu. Je me suis levée pour débarrasser mon assiette encore pleine aux trois quarts, mais mon père a mis sa main sur mon bras, et a dit "Attends." Je me suis mise à trembler, il a continué : "Tu vois bien que ça va pas L, ça recommence… ". J'ai rien dit, mais les larmes sont sorties toutes seules, et j'ai fini par réussir à sortir : "Je sais… je sais… j'essaye, mais j'y arrive pas… c'est dur Papa, tu peux pas comprendre… personne peut comprendre… ". Oui, à moins de vivre ça soi-même, on ne peut pas comprendre. Être partagée entre l'envie d'aller mieux et l'envie de maigrir, ne pas savoir que faire et pendant ce temps encore maigrir, ne penser qu'à ça, ne pas s'aimer, être embarrassée,… Et je lui ai TOUT dit. Du début à la fin, comment je m'étais fait vomir, comment j'avais menti, comment j'avais réalisé. Il a approché sa chaise et m'a entourée de son bras droit. Il m'a dit qu'il allait prendre les mesures nécessaires. Il allait d'abord appeler Maman, puis mon médecin. Il allait chercher des psychologues, peut-être même un centre si je voulais. Je voulais mais j'en n'avais pas besoin, bien d'autres filles en avaient beaucoup plus besoin que moi. Donc rendez-vous chez le médecin : "-Bonjour, alors on vient vous voir parce que ma fille présente des troubles anorexiques." "-Ha, oui, j'ai vu ça tout à l'heure dans la salle d'attente, tu as vachement maigrit L. !" Elle m'a pesée, prescrit une prise de sang… ma phobie ! Mais je n'avais pas peur cette fois, je me disais qu'il le fallait, c'était à cause de mes conneries. La prise de sang n'a pas montré de manque quelconque, ouf. Rendez-vous chez la sophrologue, génial, même si j'ai l'impression que c'était inutile, les séances étaient relaxantes, un peu. Rendez-vous chez la psy, qui ne servaient à rien, puisque je lui mentais toujours. Mais je n'en ai plus maintenant. Et une énorme période de boulimie a suivit. C'était à prévoir. Des petits plaisirs tout le temps, puis une envie subite de faire un gâteau, un jour. Et ben depuis ce jour, je n'arrête pas d'en faire. Cookies, muffins, brownies,… Au moins, on ne peut pas dire que je suis mauvaise pour faire des gâteaux, tout le monde avoue qu'ils sont excellents ! Le problème c'est que je ne peux pas m'empêcher d'en faire. Et… jamais deux sans trois ! Voilà. Arrivée de ma correspondante allemande pendant les vacances de Pâques, je pesais 49kg environ, je me détestais, je mangeais, j'avais oublié à quel point je souffrais en février. "Nouvelle" résolution : à la rentrée, je recommençai un régime. Bon, alors dès le lundi 9 mai, mes journées se réduisaient à ça : une orange pressée le matin, 2 cracottes natures quand j'avais bien tenu la veille, un coupe-faim et trois verres d'eau à midi, un coca-light dans la journée, le moins possible au dîner, une douche froide. Et au bout d'une semaine ça s'est largement empiré. On m'a dit un jour que la cigarette coupait la faim. J'ai essayé, et… "miracle". "Oh, mais dis-donc, c'est parfait ça, ça coupe la faim et en plus ça fait laxatif ! ". Et c'était quoi… une par jour, à la place du coupe-faim. Je suis descendue en dessous de 46kg, mais je le savais pas, c'est les autres qui me disaient que j'étais encore plus maigre qu'avant. Je me suis pas pesée depuis… des mois. Et voilà, voilà où j'en suis. Il y a des jours où je mange normalement, d'autres où je me goinfre, d'autres où je ne manges rien. Je suis addict à la cigarette, maintenant c'est 3 ou 4 par jour, je me hais, tout le monde sait que j'ai des problèmes avec la nourriture, je m'engueule avec mes amis à cause de ça, je m'isole, je suis dans mon monde, je suis perdue, j'ai parfois envie de mourir. Voilà, voilà c'est fou comme on peut changer en un an, tout simplement à cause de ça. Là je le sais, c'est pas fini et ce sera jamais fini, parce que je pense encore à maigrir. Le jour où je me conviendrai, là, ce sera fini. Mais je pense qu'il arrivera jamais ce jour ! Alors ce texte, je ne l'ai pas écrit pour que certaines filles inconscientes fassent la même erreur que moi et qu'elles prennent mon exemple pour maigrir. Je sais que d'autres personnes ici vont m'en vouloir parce que j'ai mis des détails et des moyens de maigrir, mais je préviens quand même que si vous voulez maigrir, ne faites jamais ça, ne vous dites jamais "Oh bah tiens, je vais devenir anorexique comme ça j'serai maigre". C'est complètement débile. On me l'a déjà dit au début en plus, mais je n'en ai fait qu'à ma tête. Les garçons n'aiment pas les filles trop maigres, je peux vous le confirmer… ! Mais si vous voulez mincir parlez-en à vos parents, ils comprendront. Ils vous aideront, mais ne commencez JAMAIS à faire un "régime" toutes seules !
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234428
b
Moi aussi !
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