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Un quart d'heure avant la fin du monde

Témoignage d'internaute trouvé sur psychologies - 10/11/10 | Mis en ligne le 10/05/12
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Je reviens de chez l'épicier, un sac plastique à la main. J'aurais pu partir sans payer, puisque l'épicerie était vide. Mais poussé par un absurde sentiment de culpabilité, j'ai laissé un billet de vingt euros sur la caisse. Un billet qui ne passera probablement plus jamais entre les doigts de personne. Les rues sont désertes et silencieuses. Le ciel sans nuage semble immobile, comme s'il attendait quelque chose. Il y a quelques pigeons qui roucoulent sur le trottoir, mais ils me paraissent moins nombreux que d'ordinaire. Un vieux chat allongé sur le toit d'une voiture me regarde au travers de ses yeux mi-clos. Son regard me met mal à l'aise. Les chats m'ont toujours parus être les gardiens d'une vérité cachée, comme si leur superbe indifférence était le résultat de leur connaissance de choses ignorés des hommes. Je regarde en l'air, mais le ciel était toujours aussi bleu et vide. De retour chez moi, je pose mes victuailles sur la table de la cuisine. J'ai fait le ménage ce matin. Je sais que c'est ridicule, mais je n'ai pas pu m'en empêcher, pour quelque raison obscure. Je débouche une bouteille de champagne et remplit une flûte. Puis j'étale du foie gras sur un toast. Je pourrais allumer la télévision, mais je doute que cela en vaille la peine. J'aurais droit au même message d'alerte diffusé en boucle sur toutes les chaînes depuis déjà plusieurs jours. Alors je m'assoie sur le canapé et met en route la chaîne hifi, qui diffuse aussitôt un air de Jazz. Je songe qu'il y a peut-être d'autres personnes en ville qui, comme moi, n'ont pas quitté la région. Les pompiers sont venus frapper à ma porte il y a quelques jours, mais je n'ai pas répondu. J'aurais pu me joindre à la horde affolée qui se pressait pour embarquer dans les camions bâchés de l'armée. Mais c'est ici que j'ai grandi, ici que j'ai vécu les plus beaux moments de ma vie. Partir, ce serait renoncer à mon passé. Je préfère mourir ici avec mes souvenirs. Je sors sur le balcon, mon verre de champagne à la main. Sous l'effet de l'alcool, une douce torpeur m'envahit. Le soleil me réchauffe de ses rayons et un vent tiède me caresse le visage. Je ferme les yeux. C'est une belle journée pour mourir. Je rêvasse un moment, puis je regarde ma montre. Tout aurait dut être terminé maintenant. Pourtant, il n'y a rien dans le ciel et la ville est silencieuse, comme paisiblement endormie. Je retourne à l'intérieur et met le téléviseur en marche. Il n'y a que la mire accompagnée de musique classique. J'allume alors la radio. Je balaye toutes les fréquences jusqu'à ce que j'entende crachoter une voix faiblarde. L'homme parle en anglais avec un accent asiatique. "L'astéroïde qui devait s'écraser sur l'Europe et anéantir toute vie sur des millions de kilomètres carrés, cet astéroïde était un leurre. Un astronome de la Nasa à la solde d'une organisation terroriste encore inconnue a réussi à pirater les serveurs de l'agence spatiale pour faire croire à l'arrivée d'un météore gigantesque, de la taille de celui qui a provoqué l'extinction des dinosaures. L'endroit le plus éloigné de l'impact était supposé être le territoire nord américain et a conduit des milliards d'êtres humains à se réfugier aux Etats-Unis et au Canada. Hors, aujourd'hui à seize heures précises, plusieurs ogives nucléaires ont explosées simultanément dans ces deux pays, déclenchant un cataclysme inimaginable. Nous n'avons aucune information quant au nombre de survivants, en admettant que qui que ce soit ait pu survivre à l'apocalypse atomique. Un hiver nucléaire va s'installer pour des années dans cette partie du monde, interdisant pour longtemps l'envoi de secours. La planète est en deuil de la moitié de ses habitants." D'où venait ce message, je n'en avais pas la moindre idée. Sans doute de quelque part en Asie. Qui étaient ces terroristes qui étaient parvenus à regrouper la moitié de la race humaine au même endroit avant de presser le bouton de mise à feu, je l'ignorais tout autant. Je sortis à nouveau au dehors, le coeur lourd. Je savais le ciel désormais exempt de menace. Mes compatriotes, épouvantés et aveuglés par leurs superstitions, avaient fuis une menace prophétique et absurde pour se livrer eux même à la mort. La mort, comme tant de fois au cours de l'histoire, n'était pas venu du ciel, mais des hommes eux-mêmes et de leur folie. Je referme la fenêtre et met la machine à café en route. Puis je verse des granules dans le bocal de mon poisson rouge. Ici, la vie continue.
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