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Une drôle de petite histoire

Témoignage d'internaute trouvé sur france2 - 29/12/11 | Mis en ligne le 23/03/12
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"Ce matin-là en me levant, rien ne laissait présager de l'extraordinaire journée que j'allais vivre. On m'annonçait une soirée exceptionnelle par sa beauté mais surtout, par son importance diplomatique. Ai-je omis de vous dire que j'avais été nommée princesse tout récemment ? La condition principale pour la réussite de cette soirée étant que je réalise ma robe moi-même pour le soir même, je me ruai dans l'inventaire. Je n'arrivais à prendre l'habitude que tout cela était à moi et je m'émerveillais des trésors dont je disposais et qui intéressaient pourtant si peu le reste des gens. Tous ces anciens manuels pour réaliser tant d'anciens costumes ! De la plus fine dentelle à la confection de la plus monumentale crinoline, tout y était ! Je trouvai enfin mon bonheur dans des patrons que je prévoyais déjà d'acheter, peu avant ma nomination. Et dire que tout cela n'était qu'un rêve lointain il y a quelques mois ! Tout est à portée de main dès que l'on a un peu d'argent et de pouvoir. Je me mis aussitôt en route pour acheter les tissus les plus beaux. Je les voyais déjà : jacquards ornementés, brocarts parés de motifs en velours, organzas soyeux… Je semai aisément les agents. J'aime la vie simple, sans fioritures. C'est une des choses que je reproche à mon "métier", pas assez d'intimité et de liberté. Une fois dans le bus, je rêvassais doucement. Puis je m'enfonçai tellement dans ma rêverie que je ne vis pas que le bus prenait une trajectoire inhabituelle. Beaucoup de temps avait passé car j'étais à présent seule dans le véhicule qui s'arrêtait. J'interrogeai le chauffeur sur cet arrêt soudain, qui m'annonça alors le terminus. Décontenancée, je récupérai ma valise et descendis lentement les marches afin de voir plus précisément où je me trouvais : au beau milieu d'un trou perdu ! L'endroit paraissait marécageux. Le ciel était gris, les plantes sombres et il y régnait un froid étrange. Je balançais entre peur et admiration, car, même si l'endroit paraissait peu engageant, il suscitait chez moi une attirance presque mystique. Je m'attendais presque à voir des fées de glaces sortir de derrière une touffe d'herbe ! Cela me rappelle un peu, quand j'y repense, certains paysages de la Suisse, pendant les grands froids d'hiver, où l'on peut parfois admirer des arbres couverts de minuscules cristaux de glaces. Et ce jour là, il y en avait tant qu'on les eût dit recouvert d'une fine couche de diamant. La lumière les traversait, multicolore, et pourtant, laissait l'endroit si… glacial et sans vie. Le paysage était lumineux, de la lumière que l'on voit le jour, mais sombre car recouvert d'une épaisse couverture de nuages. L'ensemble dégageait pourtant une sensation qui me poussait à avancer. Je ne fis que quelque pas avant d'apercevoir sous de grandes herbes touffues, un petit cours d'eau. Il paraissait relativement peu profond, peut-être d'une cinquantaine de centimètres et était extrêmement fin : il ne mesurait pas plus de vingt centimètres et pourtant, était relié à un grand bassin que je devinais plus profond, car je n'en distinguais pas le fond. Il se trouvait en amont, quelques mètres plus loin. Encore un pas et je découvrait une petite cabane de bûcheron derrière les roseaux. Une cabane si petite qu'il paraissait impossible d'y vivre. Au mieux on aurait pu y loger un lit et une table basse. Alors que j'observais les pilotis sur laquelle elle était plantée, un homme grand, si grand que je me demandais comment il réussissait à tenir debout sans se cogner au plafond et surtout, à passer sa porte sans peine, sortit de la mansarde. Il sortait avec lui une grande canne à pêche, ainsi qu'un seau. Il m'amusait beaucoup car il avait non seulement le profil type du pêcheur, mais aussi le physique typique que nous fournissent les stéréotypes : un homme usé par l'âge, la peau ridée et tachée par endroit, une barbe blanche broussailleuse et désordonnée, clairsemée par endroit, un vieux bonnet de pêcheur, un pull en laine bleu marine, avec des rayures rouges et blanches sur la poitrine, un vieux ciré kaki et des mitaines usées. Il avait beau ressembler en tout point au vieux pêcheur, il n'en avait pas l'étoffe. Lorsqu'il me remarqua enfin, il se mit à gesticuler et à me conter son talent pour la pêche, son don naturel, que tout le monde lui enviait d'après lui. Autant je lisais une lueur de bienveillance lors de son apparition, autant je ne voyais à présent que la folie. Un pauvre vieillard sénile, un pauvre bougre. Grossier et braillard, ça oui, mais pauvre bougre quand même. Je l'observais pêcher pendant quelques minutes puis me détournait, attristée par ses piteuses tentatives : ses mains tremblantes parvenaient à peine à accrocher l'âppat à l'hameçon et secouait sa canne avec de grands gestes. Bien entendu, il ne pêchait pas l'ombre d'un poisson. Tandis que je ramenais mon regard vers l'escalier d'eau, j'aperçus le plus beau spectacle qu'il m'eût été donné de voir de toute ma vie : des saumons tentaient de remonter la rivière. Alors que j'observais ce spectacle de toute beauté -les écailles luisantes, les sauts incroyables, la détermination-, le vieux commença à tenir un discours étrange. Il n'était pas un pauvre vieillard. Il vivait ici parce qu'il était si épouvantable qu'il ne pouvait que vivre là. Ma pitié se transforma soudain en colère. Il n'avait aucun respect, ni pour la vie, ni pour moi, ni même pour les poissons qu'ils voulaient pêcher et qui lui procuraient la vie. Il dénigrait la vie, ne voyait que l'importance de la sienne. Alors que je m'apprêtais à lui expliquer ma façon de penser, je crus entendre une voix. Je m'arrêtais net. Plus rien. J'avais dû rêver. Je commençais à lui parler, puis me retrouvais coupée par cette même voix, puis deux, puis trois ! > Je l'entendis plus distinctement. Plus exactement, je les distinguais. Les voix provenaient du cours d'eau. Je m'approchais alors à pas très lents et me penchais vers l'eau pour voir d'où venait la voix. Il fallut que je la fixe pendant plusieurs minutes pour comprendre que c'était les saumons qui sautaient que j'entendais ! Je les entendais s'acharner pour monter plus haut. J'entendais le plus petit de la troupe qui n'arrivais pas à sauter la première marche de la cascade, la plus grande. Je n'en croyais pas mes yeux ! C'était tout simplement incroyable ! C'était… magique ! J'entendais leur voix comme une onde gracieuse et pure qui traverserait vos tympans comme de l'eau qui ruisselle sur votre peau. Une voix parfaite et indéfinissable avec le vocabulaire humain. Je manquais de mots. J'essayais d'ouvrir la bouche, mais aucun son n'en sortait. J'étais encore trop abasourdie pour pouvoir ssortir le moindre son. À la place, je les écoutais. Ils s'inquiétaient de ma présence, paniquaient de plus en plus. J'aurais voulu leur dire de ne pas s'en faire, leur expliquer que je ne leur voulais aucun mal, mais m'auraient-ils seulement compris ? Je tentais. Je commençais en bredouillant des paroles sans queue ni tête, puis je parvins à faire une phrase cohérente. Dans le feu de l'action -ils étaient toujours en train de gravir la cascade-, ils ne m'écoutaient pas vraiment. Je doutais d'ailleurs qu'ils m'entendent. Mais ils m'entendirent. J'attrapai rapidement le petit dernier au vol, étonnée par cette adresse, moi qui suis si maladroite, et le précipitai dans le grand bassin avec le reste de sa "famille", si l'on peut dire. Je les vis alors, déçue, partir sans oser demander leur reste. D'autant que lorsqu'ils étaient sous l'eau, j'étais parfaitement incapable de les entendre. Je m'assis au bord de l'eau, pensive, et commençai à caresser l'eau du bout des doigts… C'est alors que quelque chose de lisse et gluant me chatouilla le bout des doigts. Ils étaient revenus ! Une idée folle me vint alors en tête. J'allais tout laisser derrière moi pour le moment, mes responsabilités, mes parents, mon statut, mais il fallait que je vive cette expérience. Les conséquences m'inquiétaient un peu, mais cela en valait la peine ! Je ne resterais que quelques heures, après je rentrerais. Je n'aurais seulement pas le temps de faire ma robe… Je décidais de les supplier de me laisser faire la route avec eux ! Ou tout du moins, une partie. Bien qu'ils me fissent remarquer que je risquais d'être une gêne avec mes inaptitudes aquatiques, ils trouvaient la situation tellement incroyable de leur côté, qu'ils acceptèrent de bonne grâce. Je les priai de m'attendre un instant et me ruai vers ma valise que j'avais oubliée au bord de la route. Je m'en saisis et l'ouvris, impatiente. Oh, il n'y avait rien dans cette valise puisqu'elle devait me servir à transporter mes tissus. Enfin, presque vide : j'avais décidé dans la matinée de profiter de mon passage en ville pour faire changer le chausson de ma monopalme, qui était un peu rayé. Je la sortis avec soin et revins au bord de l'eau en courant. Ouf ! Ils étaient toujours là ! Je retirai mon chemisier et ma veste, ne gardant que ma chemise, je sortis une paire de ciseaux de mon sac et arrangeai en quelques minutes mon jean pour qu'il soit plus maniable. J'eus soudain peur qu'un simple short et une chemise ne me fissent prendre froid. J'enfilai ma monopalme et me glissai dans l'eau, redoutant sa fraicheur lors d'une telle saison. Agréable surprise, en fait d'être glacée, l'eau s'avéra être à la température idéale. Telle qu'elle ne semblait être qu'un voile léger sur ma peau. Je pris ma plus grande respiration et je plongeais. La morsure du froid se fit sentir lorsque ma tête fût immergée, mais cela ne m'inquiétait pas. Tout était si beau en bas ! Tant de vie, tant de couleurs ! Ma monopalme était si grande dans de si petites profondeurs, qu'elle était difficilement maniable dans ces eaux. J'appris alors avec joie que mes nouveaux amis ne remontaient en fait pas la rivière, mais la descendait. Ce que je croyais être une longue pente qui rejoignais une montagne quelconque n'était en fait qu'un simple montée qui créait un ruisseau à partir de la cuvette dans laquelle je me trouvais actuellement. J'étais rassurée, nous allions dans des eaux plus profondes. Il ne nous fallut d'ailleurs pas longtemps avant de déboucher sur ce qui me semblait être un lac -j'en jugeais par la profondeur puisque je ne remontais pas à la surface-. Je ne remontais pas à la surface. Tout comme vous, ce fait m'étonnait. J'avais toujours été bonne en apnée, mais pas au point de tenir plus de 10 minutes ! Je ressentais parfois un léger manque, une gêne, cette petite contraction de la poitrine que l'on éprouve lorsque l'on commence à manquer d'air. Mais aussitôt qu'elle me gênait, elle disparaissait ! Je nageais mieux dans les eaux profondes et pouvais donner toute l'ampleur de ma "nageoire". Je me sentais "poisson", je faisais partie de l'univers marin, partie de leur "famille". Pour autant, je n'avais pas le temps de me reposer car mes amis nageaient très vite, tant que j'avais parfois du mal à les suivre et devais parfois les prier de ralentir. Le voyage était très éprouvant. Jamais je n'avais demandé tant d'efforts et pendant si longtemps à mes muscles. Depuis combien de temps nagions nous ? Combien d'heures ? Mais la difficulté ne me faisait pas reculer. Bien au contraire. Cela me faisait ressentir comme une nouvelle dimension de mon être et de ma vie. En voyageant avec ces poissons, je découvrais la vie, je ressentais la vie à travers la survie. Parfois, une brève pensée de ma vie me perturbait, mais ne demeurait jamais longtemps. Je me souviens d'une longue période de bleu. Nous nagions dans des eaux à présent très profondes, tant qu'on n'en voyais ni le début, ni la fin, ni le fond. J'étais perdue dans une immensité bleue avec pour seul repère un banc de saumons que je suivais sans relâche. Il me semble que cela dura des jours et des jours. Fait étonnant, nous avons traversé l'océan atlantique. Oui, parfaitement, à la nage, vous avez bien lu. Pour une raison qui me reste obscure, nous sommes restés coincés à une étape du chemin, en abordant la côte. Je décidai alors de faire le trajet manquant par voie de terre. Mes amis s'inquiétaient mais je leur assurai que tout se passerais bien. En y repensant, je me demande comment je pouvais bien le savoir. Je sortis alors d'une sorte de caniveau, un gros conduit d'évacuation, et débouchais alors sur les pavés d'une rue goudronnée sous une pluie battante. Je retirai ma monopalme, la pris à la main et regardai alors autour de moi. New York ! Et moi, de quoi avais-je l'air ? D'une fille tout droit sortie d'un conduit, trempée jusqu'au os, pleine d'algues et de saletés des égouts. Mais je n'en avais cure. Ce qui me dérangeait cependant, c'était de ne plus me trouver dans l'eau. À présent, j'avais froid, je ressentais toutes les douleurs de mes efforts, toutes les douleurs de mon être dont certaines jusqu'alors inconnues. Impatiente de retrouver mon état de plénitude, je voulais faire au plus vite. Sur le bord du trottoir s'écoulait un petit ruisseau d'eau d'à peine quelques centimètres. Je priais donc mes amis d'exécuter un grand saut afin de sortir du conduit et d'atterrir sur cette petite zone. Ils s'exécutèrent. Commença alors une course folle pour traverser la ville. Je courais, courais, et m'arrêtais pour m'assurer que mes amis me suivaient bien. Ils étaient difficile pour eux d'avancer et devaient se contenter de se tortiller et de sauter pour se déplacer. Les gens me regardaient avec de grands yeux : mais qui était donc cette fille à la si drôle d'allure suivie de près par un banc de saumons ? Je n'y prêtais pas vraiment attention. Je crois bien que j'ai lancé "Quoi ? Vous n'avez jamais vu de poissons avancer sur un trottoir ? ". Et au moment où j'entendais ces mots sortir de ma bouche, je pris conscience, pendant une fraction de seconde seulement, de leur illogisme. Non, jamais on avait vu de poissons avancer sur un trottoir. Je n'en pouvais plus de courir. Je m'arrêtai, essouflée, au niveau d'un carrefour, lorsque quelqu'un me héla. C'était mon père. Il accouru et m'enveloppa dans un tas de serviettes sèches. Je le priai d'aider mes amis, que je craignais qu'ils meurent étouffés et qu'il fallait les remettre à l'eau. Il les prit un à un et les déposa dans une glacière en me promettant de les relâcher dans un fleuve le plus tôt possible. La suite est floue et totalement illogique. Mais alors vraiment illogique. J'ai tant de mal à mettre des mots sur ces images que je m'arrête là. Oui, vous aviez raison, ce n'était qu'un rêve… Mais quel rêve ! " Le 28 décembre 2011.
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231641
b
Moi aussi !
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