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Une réflexion critique sur l'univers de la corrida par marc fabre.

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BONNE LECTURE. Les Mythes tauromachiques. Une réflexion critique sur l'univers de la corrida par Marc Fabre. 01 octobre 2009. Questions réponses/// Entretien. Cet entretien concerne le livre “Les Mythes tauromachiques”, édité par Les Nouvelles Presses du Languedoc et qui sort en ce début octobre 2009. Il synthétise les questions qui me sont le plus couramment posées. Je demande l'indulgence du lecteur sur l'état rudimentaire de ce blog qui en est à son commencement. Pourquoi un nouveau livre sur la tauromachie ? Aucune réflexion approfondie n'avait encore abordé la corrida en tant qu'objet idéologique et préoccupation morale. La corrida a été observée d'un point de vue historique et identitaire, ou comme expérience artistique, littéraire, philosophique. Tout cela situant la pratique dans un sanctuaire loisible à chacun de le fréquenter ou pas, d'aimer ou de ne pas aimer. Avec l'évolution des mentalités, on ne peut plus faire l'économie d'un débat d'idées et d'une réponse politique. En quoi ce débat est-il politique ? Parce que l'anthropocentrisme, c'est à dire la place que l'homme s'est attribué, autant matérielle que symbolique, a pris une tournure à la fois féroce et suicidaire. Notre perception de l'altérité animale est symptomatique d'un mépris qui devient caricatural pendant les corridas. L'animal est isolé, leurré, abusé, exécuté et jugé à l'aune de la collaboration à sa propre perte. Or penser l'animal c'est aussi penser l'homme. Très tôt on a compris que les valeurs ne pouvaient être dissociées. Les premiers défenseurs de la cause animale étaient aussi anti-esclavagistes, contre la peine de mort, soucieux de la condition féminine. Michelet voulait accueillir les animaux "avec leur humble droit, au sein de la démocratie" . D'autres grands humanistes, -je pense à Montaigne, Hugo, puis plus tard Canetti, Lévi-Strauss, Monod, Jacquart-, ne s'y sont pas trompés. Ils n'ont jamais établi de barrière étanche entre condition animale et humaine. La place de l'animal participe d'un combat social. Le bonheur des hommes ne saurait se construire autour du malheur des bêtes, ni le bonheur des bêtes autour du malheur des hommes. Si je compatis au sort des animaux, comme à celui des hommes, c'est parce que je me situe dans la civilisation. Pour vous, la tauromachie est un illusionnisme. Sa réussite est d'avoir érigé un savant édifice esthétique et éthique où le merveilleux tient lieu de réalité, et l'allégorie de vérité. L'ennui avec les métaphores, disait Voltaire, c'est qu'on finit par y croire. Le domaine de l'imaginaire est primordial pour le genre humain, il produit les formes d'art et beaucoup de ce qui nous rend la vie plus belle. Mais le problème avec la corrida, c'est qu'une fiction poétique se construit autour d'un passage à l'acte létal, en s'exonérant des hiérarchies morales. Rappelons les faits. La corrida consiste à introduire divers instruments métalliques (piques, banderilles, épées, poignards) dans la chair d'un vivant jusqu'à ce que mort s'ensuive. Certes c'est le spectacle d'une violence contrôlée, institutionnalisée, esthétisée. Mais ça ne le rend que plus glaçant, incompréhensible, en rupture avec les liens qui nous construisent et qui nous rattachent. Pourquoi le discours taurin est-il mystificateur ? C'est un discours magique. Il obéit à une nécessité de déguisement de la réalité. Violence et pulsion de mort y sont occultées, ou métaphorisées, ou encore sacralisées. Un illustre chroniqueur taurin reconnaît que "sans illusions, la corrida ne serait qu'un trafic pervers" . De fait, si l'on y prend garde, nous sommes aspirés dans un univers où "le torero résout une équation poétique" , où "le taureau met la valeur de son combat au-dessus de sa propre souffrance" où "la mort potentialise les valeurs existentielles" Ces images fabuleuses, ces artifices sémantiques d'évacuation du réel, la tauromachie les fabrique par centaines. Prenez l'expression : "La mise à mort" . Elle sous-entend le rituel, le solennel, le sacrifice, l'heure de vérité. On valorise par les mots ce qui revient, dans les faits, à achever un mourant. A toutes les étapes de l'agonie de l'animal, tout un jargon poético-technique occulte cette réalité très métallurgique qu'il subit. Les commentaires post-corrida sont un modèle d'aveuglement. On est dans l'anecdote, le détail… Or comme après tout joli rêve, il faut bien se réveiller. La rhétorique taurine apparaît alors dans toute sa puissance irrationnelle, manipulatrice, sectaire. Ce livre, "Les mythes tauromachiques" , c'est la recherche, le recoupement, la classification, l'assemblage et le mode de fonctionnement de ces éléments qui composent le puzzle mental taurin. Chaque propos, chaque fulgurance lyrique émanant de la tauromachie s'explique et trouve sa place dans cette grille de lecture, un peu comme en chimie le tableau de Mendeleïef. La tauromachie est un langage. Un langage pervers qui détourne les mots et inverse les valeurs. Pour qui aime la vérité, et pour ne pas être dupe, mieux vaut le connaître. Certains artistes ont pourtant trouvé la corrida riche de sens. J'ai porté un intérêt particulier aux artistes de l'arène au vu de l'extraordinaire outil de légitimation qu'ils sont devenus. On agite toujours les mêmes fantômes de Montherlant, Leiris, Cocteau, Bataille, Hemingway et Picasso. Avec un certain nombre de contrevérités. Par exemple Bataille, très clairvoyant, n'a jamais écrit une seule ligne apologétique sur la corrida. Beaucoup de partisans se sont ensuite rétractés. Et puis il faut sortir de ce syllogisme : les artistes sont admirables et certains artistes aiment la corrida, donc la corrida est admirable. On oublie trop souvent que les grands auteurs taurins avaient été traumatisés par la première guerre mondiale. Paradoxalement, ils ont trouvé dans la corrida une sublimation à leur hantise du mal, une sorte d'archaïsme régénérateur. Il ne peut donc pas y avoir d' "art" en tauromachie ? Parlons d'abord de l' "art" du spectacle. On peut-être sensible au grandiose, à la beauté des décors, des costumes, des couleurs et des formes. Cavanna la renvoie à "la beauté de mangeurs de boudin ou d'une extraction dentaire" . Donc tout dépend où l'on situe l'art et le beau, sous réserve qu'ils soient liés. Il est quand même une vérité philosophique inaltérable, c'est que l'art s'arrête quand commence la violence. L'art doit rester représentation, fiction. Le domaine de l'art, on le sait mieux depuis Freud, est par définition une sublimation et une alternative à la violence. En gros plus il y a de l'art et moins on a la guerre. La tauromachie, brutale par essence, doit faire avec cette sorte de schizophrénie, cette revendication d'un "art" incessamment et pathétiquement martelé parce qu'impossible. Ajoutons que le terme de "tauromachie" est porteur d'une ambiguïté parce qu'il signe la confusion entre cette réalité violente de l'arène et l'éclosion d'oeuvres littéraires et plastiques, véritablement artistiques, autour de la "corne" . Vous n'accordez aucune crédibilité aux origines antiques ni à l'interprétation sacrée et sacrificielle de la corrida. Le sacrifice n'a jamais été un combat, ni un spectacle payant. Aucun anthropologue ne se risquerait à soutenir une relation entre la corrida et les cultes primitifs ou antiques, ni l'idée d'une pratique sacrificielle. On ne peut séparer la théorie sacrificielle de son environnement temporel, culturel, cultuel et religieux. Qui nous ferait croire qu'aujourd'hui à Béziers ou à Nîmes, on peut aller faire ses courses le matin chez Leclerc et participer à un " Sacrifice" l'après-midis midi aux arènes ? Quant au sacré, on cherche toujours à se sacraliser pour se protéger. On ne vous reconnaît pas dans l'argumentaire anti-corrida classique. Il y a deux façons critiques d'aborder la corrida. D'abord par une éthique de la compassion. Un vivant souffre inutilement, et aucune raison, qu'elle soit historique, esthétique, cultuelle ou culturelle ne saurait le justifier. Sans y être personnellement engagé, d'un point de vue moral j'adhère au combat animaliste, qui comme on l'a vu est indirectement un combat humaniste. L'autre approche concerne le groupe exécuteur ; les toreros, le milieu taurin et ses relais, et surtout le public. Comment peut-on acquiescer ? Comment devient-on complice ? C'est cette dimension plus complexe, plus obscure, en un mot plus humaine, qui m'intéresse. L'art et la manière de l'automystification. La part d'ombre. Ce que Sartre appelait la bonne foi de la mauvaise foi. Ce travail de la pensée, cette révélation de la malhonnêteté intellectuelle de la corrida aura-t-il plus d'effet que les images de veaux appelant leur mère dans des tueries interminables ? Je ne me fais pas trop d'illusions. On peut donc parler de ce livre comme une psychanalyse de la corrida. Oui dans le sens où j'ai essayé d'éclairer ses cachotteries et ses machinations, comme celles que produit l'âme humaine. La tauromachie se devait d'être un jour dévêtue de ses habits de lumière pour voir ce qu'il se passe en dessous. Un vivant agonise et un public y trouve son plaisir : c'est la définition même de la perversion. Or dans les centaines de chroniques et d'ouvrages taurins, on n'en parle jamais. Comme si ça n'existait pas. Ce déni fondateur est inséparable de ce discours mystificateur, reconnaissable entre mille, où par exemple le sens donné à amour, respect ou loyauté défie toute raison, et où les faits disent exactement l'inverse des mots. Mais curieusement, face à cette pratique, on ne trouve presque aucun travail émanant de psychiatres ou de psychanalystes. Et pour cause. Ils sont à la corrida ! Les héritiers de Freud sont des hommes et des femmes comme les autres. Avec leurs faiblesses et leur capitulation, ou plus simplement cette aptitude à s'encanailler devant ce spectacle de peur, de sang et de libido. Or le décryptage freudien est une merveille de précision pour observer la question taurine. Tout y est, un vrai catalogue ! Le transfert, le crime commis en commun, le retour du refoulé, le principe de plaisir et le principe de réalité, la jouissance et la perversion, la pulsion de mort… Que pensez-vous de la corrida présentée et défendue comme expérience transgressive ? Le discours taurin affiche ce romantisme de la transgression, ou de l' "effraction" . Encore un paradoxe. Transgresser, cela veut dire que l'on accepte les interdits –sinon il n'y aurait pas de transgression-, et puis que l'on jouit d'enfreindre ces interdits. C'est ahurissant. C'est le chemin inverse de l'humanisation et du progrès. Cette idée de transgression agit comme un passeport intellectuel, on y devine les ombres de Sade, de Nietzsche, de Bataille. Ce qui ne semble pas être compris, c'est que la transgression n'est admissible que dans l'imaginaire. Oui à la transgression dans la fiction littéraire, théâtrale, ou cinématographique. "Tout le bonheur de l'homme, disait Sade, est dans l'imagination." Il n'est même pas certain que Sade soutiendrait la corrida. Avez-vous déjà assisté à des corridas ? Je n'ai pas eu à y aller pour les besoins de ce livre. La démarche est justement de me démarquer des fascinations et des limites d'un ressenti. Méfions-nous de l'argument taurin : "Venez voir avant de juger." C'est placer le sensoriel et l'émotionnel devant la réflexion, la distance, l'analyse. Et puis si l'on veut vraiment voir des images de corridas, sans être partie prenante, il y a la télévision ou Internet. Comment expliquer les réactions contre la corrida, qui peuvent aller jusqu'à la violence ? Cette façon de se focaliser sur les quelques excès des opposants, voilà un excellent exemple de mystification tauromachique. Jusqu'à preuve du contraire, la violence appartient à la corrida. Elle en est le principe, la quintessence. En accusant ses opposants de violence, la corrida ne cesse de briser le miroir de ses propres démons. Peut-on rester neutre ? La corrida se situe dans cette zone limite du bien et du mal, où commence l'interdit, la transgression, la part ténébreuse de nous-mêmes. En pointant et en visitant cette zone, et au-delà du débat pro et anti-corrida, je veux croire à la portée plus générale de mon propos. Il questionne et tente un éclairage sur des situations qui appellent à faire des choix personnels qui touchent concrètement à la morale. Le genre de dilemme assez rare dans notre quotidien mais qui nous rattrape dans les villes taurines sous la forme : La corrida, y aller ou s'interdire d'y aller ? A mon sens la neutralité est une illusion. Il faut prendre ses responsabilités. Ceux qui disent être ni pour ni contre la corrida veulent que rien ne change. Ils sont donc objectivement pour. Quand et comment a débuté votre travail de documentation ? Tout a commencé il y a sept ans dans les travées de la médiathèque de Nîmes, qui rassemble un important fond littéraire taurin. En visitant les auteurs et chroniqueurs de la tauromachie, j'ai collecté ces images, ces représentations, ces mythes qui composent cet univers magique, fabuleux, fantasmagorique. Je n'ai pas fait que ça pendant sept ans. Mais le fait de prendre tout mon temps a permis un recul, un regard à la fois plus percutant et plus clairvoyant sur ce terrain polémique et miné de toutes parts. Au delà des apparences, quelles sont pour vous les motivations intimes des spectateurs ? Tous les aficionados ne sont pas des pervers polymorphes assoiffés de sang. Ce serait tellement plus simple si c'était le cas. Une part d'aficionado sommeille en chacun de nous. Le fait de laisser cette part nous submerger, de pactiser avec l'effroi, relève pour moi de la capitulation, de la paresse intellectuelle. L'aficionado projette de façon la plus directe et la plus simpliste ses frustrations et ses difficultés familiales, sociales, existentielles. Le principe est simple : je souffre, donc je m'autorise à faire souffrir. De par la communauté à laquelle j'appartiens ou je m'identifie, je souffre en tant qu'Andalou, en tant qu'Espagnol, en tant que Juif, en tant que femme, en tant qu'homosexuel, en tant qu'exploité socialement, en tant que fils de mon père, en tant que mortel… Toute la littérature taurine offre une multitude de justificatifs pour anéantir l'animal. Or l'enjeu d'une existence, et à plus forte raison de l'humanité toute entière, n'est-il pas d'avoir le courage et la maturité d'affronter ses maux, ses blessures, ses désirs non satisfaits, sans l'entremise de victimes sacrificielles ? Vous voyez le monde taurin fermé et obscur… Autant que l'avenir de la corrida. L'univers de la corrida est un modèle d'opacité et de clanisme. Il est significatif que le principal critique taurin de Midi-Libre se dissimule sous le nom de "Torero masqué" . Je ne vois pas d'autre discipline où un spécialiste doive cacher son identité. La corrida est un monde interlope, violent, cupide, réactionnaire, déchiré de coups tordus, de rivalités, de haines, de procès. Comme tous les systèmes de domination, c'est un édifice fragile, miné par des failles souterraines. Plus que son opposition, la principale menace qui plane sur la corrida est de s'effondrer sur elle-même, sous le poids de son archaïsme et de son divorce avec les préoccupations morales de notre temps. En fin de vie la corrida ? Soyons réalistes. Pour le moment c'est une fin qui n'en finit pas. Ne peut-on pas vous reprocher de parler assez peu de l'animal ? Comme je l'ai déjà dit, l'opposition anti-corrida traditionnelle repose sur l'empathie : je me projette dans l'animal souffrant. Romain Gary écrit quelque part : "C'est moi le taureau, c'est moi qui prend la pique" . Bien que généreuse, cette position ne fait pas avancer le débat parce qu'on en reste au niveau de l'affect, du ressenti personnel. Mais surtout il subsistera toujours un doute sur l'authenticité de la souffrance. Je suis prudent à ce sujet et le thème de la souffrance animale est quasiment absent de mon livre. La principale raison de refuser la corrida se situe à un niveau politique. Elle véhicule une idéologie de domination et d'asservissement. C'est un modèle réduit de totalitarisme : sa loi est la force, ses moyens sont la violence, ses fins sont la destruction. La corrida synthétise toutes les perversions et toutes les lâchetés. D'abord vis à vis de l'animal, victime expiatoire dont on jouit de la mort sans craindre de représailles. Vis à vis de l'officiant torero, qu'on idolâtre mais dont on exige qu'il s'expose au pire. Puis vis à vis du public, continuellement soumis à des sentiments antagonistes, tordus, impossibles à vivre : complicité, pitié, cruauté, remord, colère, compassion, joie, tristesse… Enfin perversion des valeurs et du langage : jamais ailleurs qu'en tauromachie on n'aura autant parlé de "beauté" , de "respect" et de "loyauté" autour de cadavres. Vous êtes sévère sur le climat politique et culturel nîmois. J'observe dans les médias et dans le personnel politique dans sa quasi-totalité, la reproduction fidèle du message halluciné de la tauromachie. Dans cet art de déconstruire et de reconstruire la réalité, le discours taurin se rapproche d'un discours orwellien, ou, pour être plus proche de notre époque, "berlusconien" . Par exemple, dans le silence général, le premier adjoint à la culture et à la tauromachie de la ville de Nîmes déclare : "Les opposants à la corrida sont les mêmes qui laissent leurs enfants regarder des films violents et pornographiques à la télévision." Voilà le niveau auquel est confiné le questionnement sur la tauromachie et ceux qui s'y risquent. C'est un résumé saisissant d'une culture, d'une vision politique. Qui peut encore croire que la pensée taurine n'est pas porteuse d'une idéologie ? Nîmes baigne dans un climat Louis-Philippard où la reconnaissance artistique, intellectuelle et culturelle se mesure au degré d'obédience à la corrida. Il faut dire que les artistes locaux en sont aussi responsables. N'existe-t-il pas d'autres causes prioritaires que la corrida ? Certainement. Il faut accepter une hiérarchie morale du malheur. Ne pas tomber dans ce relativisme qui voudrait niveler, égaliser condition humaine et animale. Cela dit, il n'y a pas de cause négligeable à partir du moment où il y a de la détresse morale et physique sur du vivant, en particulier sur les mammifères, dont nous faisons partie. Ce n'est pas renoncer à son humanité que de prendre en considération le sort des animaux, c'est au contraire la mettre en avant. Le dialogue est-il possible entre détracteurs et défenseurs de la corrida ? Il est promis à l'échec avec les inconditionnels de la tauromachie et leurs relais médiatiques. Parce que le discours rationnel est exclu. Il n'y a qu'à les écouter ou les lire. Ils se situent dans le fantasme, l'interprétation, le symbole. Certains sont des illuminés qui se donnent une mission poético-existentielle. On se trouve face à un mur d'interprétations esthétiques et métaphoriques. C'est un peu comme organiser un débat contradictoire entre Marie Curie et la fée Clochette. Ce sont les mêmes qu'on retrouve parfois aux commandes de l'industrie taurine. Echanger avec eux ? Autant imaginer un dialogue platonicien entre marchands de canons et militants pacifistes. Quel avenir pour la corrida ? Etes vous pour son interdiction ? De culture libertaire, je me sens très mal placé pour prôner une interdiction. La corrida est un symptôme d'une humanité qui n'a pas atteint son "âge d'homme" , sa maturité. Or on n'interdit pas un symptôme. On peut en analyser les causes, essayer de l'expliquer, l'éclairer en souhaitant qu'il craigne la lumière. Et puis enfin observer avec satisfaction sa disparition. Vous habitez Nîmes. Vous fréquentez des aficionados. Comment ça se passe ? Si j'étais fâché avec tous ceux qui vont aux corridas, la vie me serait impossible ! Je n'ai aucune détestation, et mes amis aficionados n'en ont pas contre moi. Et je me trouve souvent mieux en leur présence qu'avec certains contempteurs de la corrida. J'aime Nîmes et avec ce livre j'ai saisi l'opportunité de transformer mon refus de la corrida en expérience positive. En passant sous la Porte de France, (qui, précisons-le, est une porte romaine) , je ressens ce "sentiment océanique" cher à Romain Rolland. C'est-à-dire cette impression d'immersion, d'être la substance même de cette ville. Un jour Nîmes se passera de corridas. De mon vivant je l'espère.
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273908
b
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