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Valeurs actuelles 10.12.09 l'histoire, une ardente nécessité madouas

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L'histoire, une ardente nécessité. Fabrice Madouas le jeudi, 10/12/2009. Par Fabrice Madouas. Faire de l'enseignement de l'histoire une simple option en terminale S ? Très contesté, ce projet intervient au moment où le débat sur l'identité nationale bat son plein. Inopportun. Alain Finkielkraut, André Kaspi, Jacques Le Goff, Pierre Milza, Jean-François Sirinelli, Benjamin Stora, Jean Tulard… Une vingtaine d'universitaires et d'historiens, parmi les plus renommés, ont lancé la semaine dernière une pétition appelant le ministre de l'Éducation nationale, Luc Chatel, à réviser ses projets. Beaucoup les ont rejoints depuis. La raison de leur mobilisation ? La décision de rendre optionnel l'enseignement de l'histoire-géographie en terminale S (scientifique). Actuellement, trois heures par semaine sont inscrites au programme de cette classe. En 2012, date à laquelle devrait s'appliquer cette mesure, cette matière ne ferait l'objet que d'une option de deux heures hebdomadaires. Ce projet, qui devait être examiné ce jeudi par le Conseil supérieur de l'éducation, s'inscrit dans la réforme des lycées préparée par Richard Descoings : le directeur de Sciences Po a remis son rapport au président de la République le 2 juin. Il "ne peut que susciter la stupéfaction par son décalage avec les nécessités évidentes de la formation des jeunes Français au début du XXIe siècle" , estiment les signataires de cette pétition, d'autant plus inquiets que 52 % des futurs bacheliers de l'enseignement général sont inscrits en série S. Il serait "catastrophique que des élèves de terminale ne disposent pas d'enseignement en histoire-géographie, ce qui les priverait de la culture générale la plus élémentaire qui forme l'entendement des citoyens" , ajoute l'académicienne Hélène Carrère d'Encausse. "La compréhension du monde contemporain, de ses crises économiques ou géostratégiques, des rapports de force qui se nouent et se dénouent en permanence entre les nations implique la maîtrise de l'histoire et de la géographie" , précise l'économiste Jacques Sapir, directeur d'études à l'École des hautes études en sciences sociales. "Il faut aussi souligner l'incohérence profonde de cette décision, poursuit- il. Elle survient au moment même où, de la commémoration de l'anniversaire de la mort de Guy Môquet au grand débat sur “l'identité nationale”, en passant par le projet d'un musée sur l'histoire de France, la question de l'histoire, mais aussi de la géographie (car la conscience nationale s'enracine dans des pays et des paysages) occupe une place centrale dans notre pays." À ces arguments, le ministre de l'Éducation nationale répond qu'il ne s'agit pas de sacrifier une matière mais de rendre à la terminale S sa spécificité scientifique. "Pour la première fois" , tous les lycéens "auront quatre heures d'histoire-géo par semaine en première" . Pour les élèves de la filière scientifique, cette matière fera l'objet d'une épreuve anticipée du baccalauréat, avant leur passage en terminale. "Nous faisons la réforme [du lycée] dans l'intérêt des élèves, pas pour économiser de l'argent, avait affirmé Nicolas Sarkozy dès le 13 octobre. Mais à moyens constants, il est clair que de nouveaux équilibres doivent être imaginés, notamment pour le cycle terminal." Les professeurs d'histoire-géographie n'y trouvent pas leur compte. "Un élève “scientifique”aura été privé de 54 heures d'histoire-géographie sur l'ensemble de sa scolarité au lycée" , calcule Claire Mazeron, vice-présidente du Syndicat national des lycées et collèges (Snalc) , qui s'étonne aussi que les mathématiques ne fassent pas partie du tronc commun des enseignements en première et que le nombre d'heures consacrées à l'étude de la littérature française soit divisé par deux en terminale L, alors que le gouvernement dit vouloir revaloriser cette filière. L'Association des professeurs d'histoire et géographie (APHG) souligne aussi qu'il serait surprenant que beaucoup de lycéens scientifiques choisissent cette option en terminale, après avoir passé l'épreuve correspondante en fin de première. Enfin, comment faire en deux ans ce qu'il est compliqué de faire en trois ? "On a déjà du mal à finir les programmes…" ,souligne Claire Mazeron. Bien sûr, les politiques s'en sont mêlés, à commencer par la gauche : Martine Aubry, François Hollande et Ségolène Royal ont cosigné leur appel. Également François Bayrou. Mais la droite aussi s'est mise à signer : Jean-Christophe Lagarde, Hervé Mariton, Renaud Muselier, tous députés de la majorité… Et resurgit le procès intenté à Nicolas Sarkozy de mépriser les “humanités”et la culture générale. Procès fondé sur ses déclarations malheureuses sur la Princesse de Clèves (chef-d'oeuvre de l'esprit français, dont l'étude l'aurait fait "beaucoup souffrir" , a-t-il dit en plaisantant) et sur la suppression des questions de culture générale aux concours de catégorie C de la fonction publique, parce qu'elles constituaient "une forme de discrimination invisible" ,selon l'ancien secrétaire d'État à la Fonction publique, André Santini. Cette décision a d'ailleurs été saluée par le président du Conseil représentatif des associations noires de France, Patrick Lozès, pour qui les épreuves de culture générale "pénalisent les couches populaires au sein desquelles les minorités sont très nombreuses" . Secrétaire national du PS chargé des questions d'éducation, Bruno Julliard – qui défilait naguère contre la réforme des universités – veut voir dans ce projet "une raison idéologique" : la droite aurait "une vision utilitariste" de l'école. "Pour le gouvernement, [celle-ci] doit préparer à une profession, mais elle ne sert pas à s'ouvrir sur le monde, accuse-t-il. Pour nous, elle doit aussi préparer des citoyens éclairés sur le monde qui les entoure." "Cela dénote une volonté de rupture avec les humanités et avec des valeurs supposées être de gauche" ,ajoute le secrétaire général de l'APHG, Hubert Tison. On pourrait discuter longtemps de la façon dont certains enseignants entendent "préparer des citoyens éclairés" , mais les universitaires qui ont signé cet appel ne sont pas loin de partager cette inquiétude. "Il est impératif d'annuler cette décision, inspirée par un utilitarisme à courte vue, qui se trouve en contradiction avec les objectifs proclamés du système éducatif français sur le plan de la formation intellectuelle, de l'adaptation au monde contemporain et de la réflexion civique des futurs citoyens" , écrivent-ils. Or certains, tels que le philosophe Alain Finkielkraut, dénoncent depuis trop longtemps les errements de l'Éducation nationale pour être suspectés de parti pris. Car cela fait des années que tous les gouvernements mettent en oeuvre la même politique et l'on aurait beau jeu de rappeler à la gauche – et notamment à Jack Lang – sa responsabilité dans le naufrage de l'école. En 2004, Fanny Capel, professeur de lettres, dénonçait, dans Qui a eu cette idée folle un jour de casser l'école ? (Ramsay) , "la désastreuse manie de laisser les enfants tâtonner à la recherche d'un savoir qu'on interdit à l'enseignant de leur délivrer" . Dans les programmes du primaire, poursuit-elle, le mot “apprendre”est tabou. Les règles de grammaire ou les principes mathématiques ne sont pas expliqués par les professeurs "mais reconstruits par les enfants eux-mêmes – ce qui constitue une mascarade et une phénoménale perte de temps" . L'association Sauver les lettres a calculé qu'en 1976, un élève sortant du collège avait reçu 2 800 heures d'enseignement du français depuis son entrée au cours préparatoire. En 2004, il en recevait 800 de moins. Un rapport européen, présenté le 26novembre, recense 21,7 % de "très mauvais lecteurs" parmi les jeunes Français de 15 ans. On pourrait se rassurer en disant que nos voisins ne font pas mieux : la moyenne est de 24,1 % pour l'Union européenne. Mais la dégradation rapide de nos résultats est inquiétante : le nombre de nos mauvais lecteurs s'est accru de 42 % entre 2001 et 2006 ! À l'initiative de Xavier Darcos, le prédécesseur de Luc Chatel, les nouveaux programmes de l'école primaire insistent sur l'apprentissage des disciplines fondamentales, mais il reste beaucoup à faire au collège où sévit encore la pédagogie du décloisonnement "qui a pour conséquence d'empêcher un enseignement spécifique, systématique et progressif de la langue française" , explique Fanny Capel. Il est recommandé aux professeurs "de procéder par flashes, de zapper d'un objet d'étude à l'autre sans aucun approfondissement possible" , écrit-elle, en critiquant aussi l'imprécision des programmes d'histoire : "En seconde, on survole plus de vingt siècles" de l'Antiquité grecque au milieu du XIXe siècle. Comment s'étonner, dès lors, que des collégiens puissent "s'exclamer devant une Vierge à l'Enfant, au Louvre : “Qui c'est cette meuf ? ” ; que des lycéens n'hésitent pas à déclarer que Louis XIV régnait en 1835 ; que des élèves de section littéraire écrivent la guerre de “Troyes”ou convoquent les demi-dieux grecs pour expliquer la Genèse" . Et Fanny Capel conclut : "Les élèves n'ont plus de repère chronologique ou culturel, ce qui rend bien fallacieuses leurs prétendues “compétences”, qui s'exercent sur du vent." Compétences. Ce mot est en train de se répandre dans les documents émanant de l'Éducation nationale, au point de concurrencer celui de “connaissances”. En plus du traditionnel bulletin de notes, on délivre désormais aux élèves un livret de compétences censé résumer les savoir-faire qu'ils auront acquis tout au long de l'année. On peut ranger, parmi ces compétences, la rédaction d'un CV, voire, comme le proposait naguère Claude Allègre, la capacité à lire correctement un mode d'emploi : toute chose utile pour s'insérer directement dans la vie active. Dans le document du ministère sur le nouveau lycée, au chapitre "Mieux s'adapter à son époque" , il est même précisé que "les responsabilités prises au lycée et en dehors deviennent un élément d'appréciation en étant reconnues dans le livret de compétences" . Cette évolution n'est pas récente. Pour Natacha Polony, à qui l'on doit plusieurs ouvrages sur l'école, c'est Margaret Thatcher qui introduisit, au milieu des années 1980,la notion de compétences comme clé de voûte du système éducatif britannique. La Commission européenne en a repris l'idée dans ses recommandations. Mais en France, c'est Lionel Jospin qui, le premier, l'a fait figurer dans sa loi d'orientation sur l'école, en 1989. "J'enseigne depuis dixneuf ans, j'ai connu de nombreux ministres de l'Éducation nationale. Tous ont conduit, peu ou prou, la même politique que leurs prédécesseurs" ,résume Olivier Roussel, professeur d'histoire-géographie à Cachan (Val-de-Marne). L'éternel problème de l'hétérogénéité du collège unique. La même logique est à l'oeuvre dans la réforme du lycée. Le gouvernement dit vouloir familiariser les lycéens de terminale avec les “outils” et les méthodes qu'ils utiliseront dans l'enseignement supérieur, pour réduire le taux d'échec en premier cycle. "C'est prendre le problème à l'envers, considère Olivier Roussel : certains lycéens ont vraiment du mal à lire. Il vaudrait mieux le leur apprendre avant qu'ils n'entrent en seconde. À quoi sert de travailler la méthode si l'essentiel n'est pas acquis à ce stade ? " Ce qui pose, une nouvelle fois, le problème de l'hétérogénéité du collège unique, où l'on dispense à des élèves très différents les mêmes savoirs, sans considérer leur véritable niveau. "L'Éducation nationale a renoncé à toute forme d'exigence" ,estime Olivier Roussel, qui souligne cependant "le goût pour l'histoire de [ses] élèves de terminale – y compris les scientifiques" . Sur l'école, Nicolas Sarkozy a prononcé de forts et de beaux discours pendant la campagne présidentielle et depuis son élection. Le 1er décembre 2006, il plaidait pour "une école qui donne le goût de l'effort par le plaisir des difficultés surmontées" , citant, sur "le civisme et l'amour de la patrie" ,Daudet et sa Dernière Classe, Rouaud et ses Champs d'honneur, Gracq et son Balcon en forêt… "La France est une nation littéraire, a-t-il répété le 12 novembre, à La Chapelle-en- Vercors. Nous conforterons l'identité française en apprenant à nos enfants à aimer la littérature et la poésie, à aimer la langue française, ce qu'elle est capable d'exprimer de beauté, d'intelligence, de profondeur de sentiment. Si nous voulons que demain la France continue de signifier quelque chose pour nos enfants, nous devons être fiers de notre histoire, et la leur apprendre." De la parole aux actes…
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262506
b
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