Histoire vécue Poids - Régime > Végétariens      (230 témoignages)

Préc.

Suiv.

Vegeta*isme et hospitalisation - vegetariens, vegetaliens...

Témoignage d'internaute trouvé sur doctissimo - 01/03/13 | Mis en ligne le 31/05/14
Mail  
| 520 lectures | ratingStar_529639_1ratingStar_529639_2ratingStar_529639_3ratingStar_529639_4
C'est pourtant ainsi … J'ai été hospitalisée plusieurs fois, dont deux fois dans l'hôpital de ma ville (une fois chez les ados pendant 2 mois & demi. J'avais 14 ans. Je n'étais pas végétarienne à l'époque, mais au bord de l'anorexie : vu comment je me souviens de l'endroit, il est clair qu'ils ne m'auraient jamais laissé l'être !! ). J'en garde un mauvais souvenir. Après, à 17 ans, je suis allée à la Maison de Solenn, où on choisissait nos plats. Aucun problème pour le végétarisme (après, je n'étais pas hospitalisée pour des problèmes d'anorexie mais de dépression, j'ignore comment cela se passait pour les adolescentes souffrant de TCA qui mangeaient en salle thérapeutique). Bref, et la dernière fois, c'était en Décembre 2012 … Cette fois-ci, non pas dans le service des adolescents, mais adulte ! Car j'ai eu 18 ans en octobre, et avec cette loi pourri, à 18 ans, on est considéré comme une adulte (même si je ne me considère pas du tout comme une adulte). Suite à une menace de TS, les flics et les pompiers sont venus me chercher chez moi et m'ont embarqué alors que j'étais en pyjama dans mon lit ! J'ai attendu 4 heures aux urgences, puis j'ai vu une psychiatre qui me hurlait dessus. Je lui disais que je ne voulais pas être hospitalisée, je pleurais, je criais à mon père qui était avec moi de me laisser sortir de là ou de m'envoyer ailleurs (à la Maison de Solenn) , mais elle ne voulait rien entendre. Elle me menaçait : "On vous laisse pas le choix Mademoiselle ! Sinon, j'appelle la préfecture de Police et le Maire ! " Ayant de plus vu un reportage horrible sur le service de psychiatrie de cet hôpital, j'étais terrorisée à l'idée que l'on m'y envoie. J'ai tenté de m'enfuir ! Elle m'a couru après … J'ai encore ses horribles mots en tête : "On va la contentionner ! On va la contentionner ! " Elle me rattrape, elle appelle une infirmière. Celle-ci m'allonge sur un brancard et me demande de retirer le haut de mes vêtements (soutien-gorge y compris !!! ). Puis elle m'ATTACHE le bras !!! Et elle me fait une prise de sang, le catheter me reste sur le bras, je suis en train de revivre l'enfer que j'avais vécu lors de ma 1ère tentative de suicide à l'âge de 14 ans … Je pleure, j'appelle à l'aide dans ma tête, je demande à voir mes parents. Mais rien. Je suis perdue dans cet horrible hôpital. L'horrible psychiatre me donne un cachet bleu, du Tercian, que je suis obligée d'avaler même si j'ai horreur des neuroleptiques, qui sont pour moi les pires médicaments psychotropes. Un ambulancier vient ensuite me chercher. Par chance, il est très gentil. Il essaie de me rassurer. Mais lorsque j'arrive dans le service de psychiatre, je m'aperçois très vite que l'endroit est sordide, lugubre, un simple couloir d'hôpital, sombre … J'ai une phobie des hôpitaux ! Je suis entrée dans le bureau des infirmières qui ont fait mon inventaire (mais autant dire que je me suis habillée de la même manière 4 jours de suite puisque je n'avais pas d'affaires, et j'avais peur que si j'en ramène, on me les vole ! Les infirmières avaient précisé qu'il y avait beaucoup de vol dans le service. Dans le reportage, il y a même eu un meurtre dans un des services voisins … Ensuite, elles souhaitent m'accompagner jusqu'à ma chambre. Je commence à me sentir mal, fatiguée, je me dis que les effets du cachet commencent à faire effet. Et puis alors, je me lève et l'horreur apparaît : Je vois EXTREMEMENT flou, j'ai horriblement mal à la tête, j'ai du mal à respirer, mes jambes ne me portent plus, je ne peux plus tenir debout … Paf, je m'écroule dans les couloirs. Je m'évanouis. Impossible de rester debout dans un état pareil. Quelle dose m'ont-ils donc donné pour que je sois dans cet état là ? Je sais que les neuroleptiques shootent, mais JAMAIS je n'ai fait de malaises aussi terribles de toute ma vie !! Les infirmières me relèvent, me tiennent par les bras, mais moi je veux juste m'écrouler sur le sol, aussi dur soit-il. Elles me ramènent jusqu'à ma chambre où elles prennent ma tension qui est très basse. Elles m'allongent sur le lit. Elles m'amènent mon plat dans ma chambre. Je ne vois même pas la nourriture que le plateau contient, il m'est impossible de lever ne serait-ce que ma tête sans que les vertiges reviennent et me donnent envie de m'écrouler. Je reste donc ainsi jusqu'au lendemain matin … Le matin, alors que les effets du médicament se dissipent, ils m'en redonnent (cette fois, en gouttes). Je ne veux pas en prendre, j'ai tellement peur que mes malaises reviennent. Parait-il qu'il y a 50 gouttes. Autant donner de l'Ectasy à un gosse de 8 ans … Mais je n'ai pas le choix : Je sais qu'ils font des injections dans les fesses et attachent les patients qui refusent de les prendre eux-mêmes, voir même les mettent en chambre d'isolement. J'avale, et environ 1 heure plus tard, les atroces malaises surgissent à nouveau : Vertiges, chute de tension, écroulement dans les couloirs … Une fille me dira plus tard que j'étais "extrêmement pâle et qu'ils sont tarés (en évoquant les psychiatres qui m'avaient donné ce médicaments ! ). Cette fille avait 17 ans. Elle a été transférée chez les adolescents dès le lendemain. Et moi, je restais seule avec des adultes entre 30 et 70 ans : plus aucune adolescente de mon âge. Je ne suis pas une adulte. De plus, tous les autres patients avaient des pathologies bien plus lourdes que la mienne : la plupart n'étaient pas lucides, certains ne parlaient pas ou disaient des choses incompréhensibles, il y avait un handicapé en fauteuil roulant incapable de manger seul, certains avaient les yeux qui tournaient, des vieilles femmes venaient sans cesse me demander de leur enlever leurs vêtements etc … Que faisais-je donc dans cet asile de fous ? Mon médecin a finalement décidé d'arrêter le Tercian (OUF ! ) et me l'a remplacé par un médicament beaucoup moins fort. Grâce à mon père qui a su le convaincre de me sortir de cet endroit sordide (pire qu'une prison disait-il) , je n'y suis restée que 4 jours. Si j'y étais restée plus longtemps, soit je serai devenue folle, soit encore plus dépressive, soit j'aurai trouvé un quelconque moyen de mettre fin à mes jours-là bas ! Pendant ce séjour, j'étais atrocement mal. J'étais enfermée du matin au soir. Moi qui étais (-et suis toujours-) en dépression pour des raisons de dépendance affective, était-ce en m'enfermant du matin au soir, sans AUCUNE activité que mes pensées obsédantes allaient s'atténuer ? Bien au contraire, elles n'allaient que s'accroître ! Idem pour les anorexiques obsédées par leur poids et que l'on fout en chambre d'isolement --' (d'ailleurs, même si celles-ci parviennent à prendre du poids et à sortir, elles ne sont pas du tout guéries car l'anorexie est avant tout une maladie de l'âme … !). Comme Valérie Valère le précise dans "Le Pavillon des Enfants fous" : "Ils laissent sortir mon corps, mais mon âme reste et restera à jamais enfermée entre ces murs des enfants fous." J'ai d'ailleurs adoré ce livre, je comprends totalement son aversion et sa haine envers les psychiatres. Moi aussi, j'adore écrire et je compte bien faire la même chose qu'elle … Heureusement encore, dans cet hôpital, ils ne m'interdisaient pas les visites. Mais même sans cela, mon état se dégradait de jour en jour, alors je n'ose même pas imaginer ce qu'il en est pour les malades que l'on contraint à être séparés de leur famille, parfois durant de longues périodes (comme Solenn Poivre d'Arvor, isolée avec interdiction de contact durant deux mois … uch. Peut-être ne se serait-elle pas jetée sous une rame de métro si on s'était mieux occupée d'elle ! J'oubliais de préciser qu'au début de ces 4 jours, ils pensaient que mes malaises étaient dû au fait que je ne mangeais pas beaucoup. Hum hum … Même en jeûnant pendant 2 jours, je n'ai jamais eu le moindre malaise. Et là, alors que j'avais mangé (même peu) , j'aurai eu d'horribles malaises ? Lol … Ils trouveront toujours n'importe quelle excuse pour se dédouaner de leur incompétence … A propos du médecin, même s'il a été indulgent de me laisser sortir, je garde une certaine haine envers lui, car celui-ci m'a précisé : "Si vous récidivez, ce ne sera pas 4 jours que vous resterez ici mais un mois & demi voir plus" !!! Maintenant, j'ai l'impression que vivre telle une criminelle qui, en cas de récidive, retournera en prison. Les tentatives de suicide sont punies par la loi : - Tu commets en délit/crime. Tu vas en prison. Tu ressors, mais sous contraintes. A la moindre récidive, tu y retourneras. - Tu fais une tentative de suicide. Tu vas à l'hôpital (psychiatrique évidemment). Tu ressors, mais sous contraintes. A la moindre récidive, tu y retourneras. Quelle différence entre les deux ? Pas beaucoup … Après, je ne connais pas la prison, mais j'ai déjà lu des gens ayant connu les 2 (prison ET HP) , et qui disaient préférer la prison. Et puis au moins, même si la prison est horrible, c'est pour la bonne cause, vous voyez : si certaines personnes vont en prison, c'est parce qu'elles ont commis des infractions … Mais quel est le crime des personnes que l'on fout en hôpital psychiatrique ? Le simple fait d'aller mal et d'être dégoûté de la vie ! Et est-ce en nous mettant dans un endroit comme celui que je décris plus haut que ces personnes vont aller mieux ? Bien au contraire. Cela ne fera que les enfoncer dans leur dépression, et même les pousser au suicide. Et oui, c'est EFFARANT comme tu dis, j'en suis encore traumatisée, je les hais, je hais cette société, mais malheureusement on y peut rien … J'ai redoublé d'efforts durant ce séjour pour ne pas craquer devant eux. Je voulais pleurer en permanence, mais il ne fallait pas que je le leur montre : plus ils nous voient mal, plus ils nous condamnent à rester dans leur "murs de fous", comme disait Valérie Valère. Je pleurais en cachette, et devant les infirmières, psys etc, je faisais semblant de sourire. Je me forçais à manger, même si c'était dégueulasse. Et j'ai carrément mangé … Des Nuggets. J'ai beaucoup culpabilisé. Mais, au menu : il y avait des épinards à la crème + des nuggets. J'ai essayé de manger la moitié des épinards, mais ils m'écoeuraient, surtout la crème. En revanche, avant d'être végétarienne, j'adorais les Nuggets (et oui je ne le suis pas devenu pour le goût) … Et si je ne mangeais pas, je ne sortirai pas de ce trou d'enfer. Alors, je les ai mangé. Voilà, désolée pour ce long discours, mais ton message m'a rappelé mon histoire que j'ai besoin d'extérioriser. Pardon pour les fautes aussi, j'ai tout écrit d'une traite sans me relire.
  Lire la suite de la discussion sur doctissimo.fr


529639
b
Moi aussi !
Vous avez peut-être vécu la même histoire ?

Signaler un abus
Les titre et syntaxe du témoignage ont pu être modifiés pour faciliter la lecture.


Histoires vécues sur le même thème

Perdre 10kg sans trop se priver les filles!!! - dietetique et regimes

image

Moi aussi je suis végétarienne tclk. Super pour le vélo elliptique. J'ai supprimer ce matin la compote et le fromage blanc du gouter. Ce midi : 220 gramme de coeur de palmier avec de la vinaigrette allégé maison + 1 steack de soja. Pas de...Lire la suite

Vous pensez devenir vgl? - vegetariens, vegetaliens...

image

Citation : Citation : Citation : Citation : Citation : Bon sang, mais j'ai dit que ce n'était pas ce que je voulais dire. Je m'étais trompée dans ma phrase et me suis reprise après. Si ça ce n'est pas se braquer ! J'avais compris. Ce n'était...Lire la suite


 

Témoignages vidéos
Témoignage d'une végétarienne
Sur le même thème
Ratatouille pour végétariens
Cuisine végétarienne Rouleaux d'aubergine
Voir tous les  autres témoignages