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Les angoisses dues au comportement des bébés

Témoignage d'internaute trouvé sur famili
Mail  
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Tout d'abord, je dirais qu'il est très difficile de répondre à ton mail car il est extrêmement riche en émotions… Comment répondre en quelques mots à une telle profusion de sentiments ? Le fait que tu parles autant prouve bien que tu cogites quasiment constamment, et là se situe peut-être le problème. Il est tout-à-fait naturel de se poser des questions sur son existence lorsque celle-ci est "bousculée" à ce point. Mais à trop se bourrer le crâne on tombe vite dans un cercle vicieux infernal où on ne prend même plus le temps de vivre les choses simplement, comme elles viennent.

Pourtant je te comprends Anita. Moi-même j'ai un fiston, Noé, qui aura 2 mois demain. Du point de vue des comportements de ton fils, j'ai l'impression que tu as fait la description du mien ! Tu sais Anita, je crois que beaucoup de bébés se ressemblent. Je pense qu'ils sont bien seuls. Imagine-toi être propulsée dans un monde que tu ne connais pas, qui n'a jamais été le tien. Tu tentes de communiquer, en vain, car le langage n'est pas le même. En plus ta vision n'est pas encore au top, tu entends des bruits parfois effrayants sans pouvoir en localiser la source. Et par-dessus le marché tu ne peux même pas décharger toutes ces angoisses en te défoulant physiquement car tu ne peux ni marcher, ni manipuler des objets, et encore moins tenir ta tête trop lourde pour tes petites épaules. Tu es complètement vulnérable. Heureusement reviennent sans cesse la voix et les bras sécurisants de papa et maman, qui vont aider à braver cette dure épreuve. Alors oui, ces premières semaines sont TRES difficiles car pour ces raisons précisément un bébé "demande" beaucoup et du coup en parents aimants et soucieux de leur bien-être on donne énormément. Mais toi comme moi sommes ressorties lessivées de nos accouchements. En effet moi aussi j'ai eu le baby blues, moi aussi j'ai subi l'après-coup. Et moi aussi je me suis posé des questions sans fin, à chaque fois qu'il hurlait et que je ne comprenais pas pourquoi. La fatigue aidant je pleurais tout-le-temps, avais des baisses de tension et ne mangeais plus. Je me disais que je n'étais peut-être pas la maman idéale et je regardais, presque avec jalousie mais encore plus avec désespoir, ma belle-mère réussir à apaiser Noé alors que moi je n'y arrivais pas. Ca ça a été très dur. J'étais dans une telle détresse morale que je m'imaginais qu'elle voulais prendre ma place, prendre mon Noé. Alors qu'elle essayait simplement de me donner la possibilité de me reposer, de prendre un peu de recul.

Elle avait visé juste, il faut apprendre à se reposer pour faire le plein d'énergie et être capable de donner un maximum. Je pense que tu es exténuée, et que tous ces questionnements viennent en partie de là. Et sache aussi qu'une maman parfaite n'existe pas. Pas possible. Parce qu'à la base on est tous des êtres humains, avec nos côtés forts mais aussi nos côtés faibles. Dans ton mail tu faisais allusion à ta maman avec qui la relation est fusionnelle et conflictuelle. Fatalement ces sentiments sont indissociables. Une fusion implique qu'on noie sa personnalité dans l'autre et qu'on se bat parfois soudainement pour exister (d'où le conflit). Là aussi je te comprends car je partage la même chose avec ma mère. Alors du coup on se demande si quelque-part on est pas resté des petites filles et que, soudainement confrontées au fait de devenir maman, la panique surgit. Comment rester l'enfant de sa maman en devenant maman soi-même ? Et aussi, comment devenir aussi "parfaite" que sa mère ? Comment arriver à son piédestal ? Alors oui c'est très dur à encaisser, ça implique beaucoup de remises en questions. Mais dis-toi bien que ta maman, derrière ce rôle, est un être humain avec ses doutes également et certainement aussi d'énormes faiblesses. Et pourtant elle a réussi à t'élever, à t'aimer, à faire de toi ce que tu es aujourd'hui. Une jeune-femme très intelligente (on le sent à ta façon d'écrire) et en plus dotée de tant de sentiments (que trop de gens n'ont pas). Alors franchement moi je pense que ton fiston est bien parti dans la vie. Lorsqu'il parlera la même langue que toi, lorsqu'il pourra bouger son petit corps à sa guise, et lorsqu'il reconnaîtra tout ce qui l'entoure, il se sentira déjà bien mieux. Ca viendra Anita, il faut juste lui donner un peu le temps de grandir. Et je te JURE que ça va très vite ! Noé a à peine 2 semaines de plus que le tien mais il est déjà si éveillé ! Et ce changement s'opère sur SEULEMENT 2 semaines !!! Aujourd'hui je peux le mettre sous son portique musical dans son lit sans qu'il hurle (il le regarde avec des yeux tout ronds et rigole). Pourquoi ? Parce qu'il le VOIT mieux. Quant au portique sur le tapis d'éveil ce sera pour plus tard car il n'arrive pas encore à manipuler tous les petits bidules. Et en plus comme ça ne bouge pas, c'est pas intéressant pour lui ! T'inquiète, tout va progresser. Dans ton cas notamment !!! Tu vas prendre de plus en plus de confiance en toi et embrasser ton nouveau rôle de maman comme si ton fils avait toujours fait partie de ta vie. Et peu à peu je pense que tu oublieras aussi toutes les "images d'Epinal" que tu t'étais imaginées avant la naissance du bébé. Evidemment moi aussi j'ai fait cette "connerie"! Tout comme on a tendance à idéaliser une personne qu'on a plus vue depuis longtemps, on idéalise son bébé dans son ventre. On se projette dans l'avenir avec des flashs magnifiques de gros câlins avec son petit bout, de sourires ô combien tendres et partagés et autant de gazous-gazous. Evidemment, ce sera le cas mais… par la suite, pas avec un nouveau-né ! Jusque là ce sera les fameuses coliques, les cris qu'on ne comprend pas, les ronchonnements, les réveils en pleine nuit pour boire son bib etc… Bon, après cette phase ces soucis disparaîtront pour faire place à d'autres… Mais ainsi va la vie, avec les enfants tout comme avec les adultes. Rien n'est acquis et tout est à apprendre, tout-le-temps !!! Et on fait pas mal d'erreurs mais au final tout ce qui compte c'est sa capacité à aimer son enfant. Et là je pense que tu n'as pas à t'en faire Anita !

Tu verras, dans quelques temps il aura trouvé sa place à part entière dans ta vie et tu géreras ça comme une pro !

Voilà, du coup je suis quand-même parvenue à répondre à ton mail et je t'ai peut-être même "battue" dans la longueur, hi hi.

Courage ma grande, on connait toutes ces moments d'angoisses mais malgré tout il faut apprendre à apprécier chaque moment que t'offre ce petit car dans qques mois tu te diras qu'il a grandi trop vite et que t'aurais dû moins te soucier du ménage à faire !
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49405
b
Moi aussi !
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