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Il faut que j'accepte que je ne sois pas l'homme parfait

Témoignage d'internaute trouvé sur aufeminin
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Ce soir, miné par une discussion éprouvante avec mon ex-amante qui continue de planer en moi, je suis rentré chez moi en me sentant épuisé psychologiquement. Quelques mails avec Ninie m'avaient maintenu à flot (Ah... celle-là...), mais je me sentais au bord de la rupture depuis plusieurs jours. J'ai trouvé ma femme fatiguée. Elle m'a expliqué qu'elle n'avait pas le moral. Aujourd'hui, c'était le repas de noël d'un des deux collèges où elle enseigne. D'une part la bouffe était très moyenne, et d'autre part, elle avait dû quitter ses collègues en cours de repas pour aller dans le second collège, dont le proviseur avait refusé qu'elle reporte son cours pour profiter du repas avec ses amies dans son collège d'origine... Je l'ai serrée contre moi. Depuis longtemps, j'en ai marre de sa mollesse, et je lui en avais fait part au cours des longues discussions qu'on a eues pour essayer de sauver notre couple. Et là, elle a eu une phrase qui a fait tilt. Je ne sais plus exactement ce qu'elle a dit, mais ça m'a fait réaliser qu'elle appréhendait ma réaction. Mais non! Pourquoi aurais-je un jugement sévère pour elle dans un moment pareil? Elle s'excusait, parce qu'elle savait que ces jours-ci je n'allais pas bien, et que ce soir elle allait encore me plomber... Quelque chose n'allait pas, là, non? Avant-hier, je suis allé sortir les poubelles, et j'en ai profité pour me balader une heure dans la nuit. J'ai pleuré, en me demandant ce que je devais faire de ma vie, ce que mes proches attendaient vraiment de moi... Là, j'avais ma femme qui me geignait dans les bras en s'excusant. Mais MRDE! Avais-je demandé son autorisation pour pleurer, avant-hier? Non... Pourquoi ne lui accorderais-je pas ce droit-là? Pourquoi craignait-elle que je le lui reproche? Je l'ai serrée, et je lui ai dit "je suis épuisé moi aussi. Mais pourquoi ça t'ôterait le droit de l'être, toi? C'est quoi, la permission que tu me demandes? Je n'ai pas attendu ton avis, avant-hier! ". Elle s'est mise à pleurer. Ben oui. Elle a le droit d'avoir un moment de faiblesse, c'est évident, je ne l'ai jamais renié, mais là, tout à coup j'ai compris un truc sans doute important. Et moi? Oui, bien sûr, moi aussi j'ai le droit d'avoir ces moments-là. J'en étais conscient depuis longtemps... Personne ne m'oblige à être parfait... Sauf que j'ai compris que bien des aspects de ma personnalité s'appuyait sur ça: une idée démesurément haute de ce qu'on attendait de moi. De "j'ai le droit d'être ce que je suis" que j'ai clamé l'autre soir ici même, je passais au "j'ai le droit de n'être que ce que je suis"... Dans ma tête, ça s'est un peu bousculé, plein de constats sont tombés... Des certitudes et des hypothèses. Reprenons depuis le début de mon histoire... J'ai appris à lire à 4 ans, et à cet âge je m'exprimais peu mais avec un vocabulaire bien plus riche que les autres. A 6 ans, en feuilletant une encyclopédie, j'ai décidé de devenir astronome. La suite fourmille d'anecdotes, mais pour résumer, dans ma famille dépourvue du moindre bachelier je suis devenu le génie officiel, et même une bête de foire. Sur le coup, ces démonstrations de calcul mental m'amusaient; j'ai réalisé bien des années plus tard que ça ne m'avait pas enrichi, bien au contraire. La première de mes différences, celle qui m'a coupé des autres, elle est là... Sans doute frustrés de n'avoir pas fait d'études faute de moyens, mes parents ont placé en moi tous leurs espoirs, avec un mot d'ordre: " Etre bon ne sert à rien, il faut être LE meilleur". Etre parfait ou ne pas être, quoi. D'autant que j'étais l'aîné: le devoir d'être un exemple... Toute la suite découle de ce rapport à la perfection. Etre le meilleur, finalement, ça m'est arrivé souvent. Mais parfois, je n'y arrivais pas. Comment réagir à cela? Quand j'échouais, je pouvais pirouetter en reniant le statut d'épreuve à ce que je venais de vivre. Mais quand ça n'était pas possible? A l'adolescence, je me suis pris ce problème-là en pleine poire. Déjà bien moins grand que les autres et "auréolé" d'un solide statut d'"intello", j'ai dû faire face en plus aux conséquences d'une opération (basée sur une erreur de diagnostic!) et dont les effets étaient facilement visibles. Assez tendus sans être hostiles, pour des raisons qui m'échappaient totalement, mes rapport avec les autres sont carrément devenus conflictuels, basés sur les moqueries que je subissais. Aucune socialisation, aucune intégration. "Passe ton bac d'abord": ce monde des adultes dans lequel je me sentais à l'aise et qui était mon milieu naturel jusque là m'a refusé le soutien dont j'ai eu besoin. D'un côté, "être parfait ou ne pas être". De l'autre, les humiliations qui s'enchaînaient. Pirouettes souvent impossibles: j'étais anéanti. Je me suis réfugié dans le seul monde que je connaissais, celui des adultes. Où il fallait avant tout être responsable de ses actes, par exemple, pour vous citer une conséquence évidente... En réfléchissant à tout cela, j'ai compris mon irrépressible tendance à rendre les choses manichéennes. Ca vient de là: être parfait ou disparaître. Mon manque de tolérance sur certains sujets qui me touchent, aussi. Ma tendance à fustiger les repères des autres, comme si le fait qu'ils aient des repères différents des miens m'attaquait. Oui, dans le fond, c'est ça: je me sentais attaqué. Avec le temps, j'avais fini par ne plus attendre des autres qu'ils soient parfaits, ce qui m'avait "adouci". Mais sur moi-même, échaudé par mon adolescence, je n'arrivais pas à tolérer la moindre faille comme s'il était évident que tous s'y engouffreraient; je n'arrivais pas à franchir ce même pas. Une quête inconsciente de perfection sur moi-même, forcément illusoire, dont les échecs, même petits me minaient. Elle est là, la base... Elle est là, la réponse. Personne ne me demande d'être parfait.
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227710
b
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