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Livre confessions d'un timide

Témoignage d'internaute trouvé sur psychologies - 21/07/10 | Mis en ligne le 17/05/12
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Je viens de terminer, aujourd'hui à 2h du matin, les Confessions d'un timide de Philippe Vilain. Je l'ai lu d'une traite, à la recherche d'une réponse, peut-être d'une recette magique… J'y ai retrouvé beaucoup de choses de mon vécu, mais pas seulement, des points de divergence aussi. Certains points restent peut-être aussi superficiels. Par exemple, il parle avec un mépris certain des "intimides" qui réussissent socialement, professionnellement, et se baladent dans des 4x4 tout neufs. Moi je les regarde avec une certaine envie : j'aimerais au moins avoir la liberté de choisir entre une vie plus modeste et une forme de réussite sociale. Ces gens qui se parent de leur réussite sociale avec belle voiture et jolie femme, ne sont-ils pas aussi, d'une certaine manière timides ? S'aiment-ils vraiment ? Souvent les hommes au volant de belles voitures sont moches ; font-ils autre chose que montrer leur appartenance à une groupe de soi-disant dominants ? Mais sans rien dire de plus d'eux-mêmes ? Si je préfère un homme beau au volant d'une voiture sans grande valeur, est-ce que je ne me pare pas aussi de quelque chose ? Trève de diversion. En tant qu'écrivain à succès, l'auteur laisse de coté l'isolement social auquel peut confiner la timidité, car il ne le connait pas assez sans doute. Le/a timide insignifiant socialement, professionnellement, se trouve vite isolé (e). Il a du mal à s'intégrer dans un groupe, à se lier aux autres ; l'isolement peut le rendre dépressif, si contrairement à l'auteur il le supporte mal, et rien de pire que d'être un timide dépressif pour se faire des amis ou s'intégrer dans un groupe. Même si je suis dans un groupe en raison d'une activité particulière, je sens bien que je n'y apporte rien ; ma présence et mon absence sont neutres pour les autres (sauf si un des hommes présents est intéressé par le petit bout de femme que je suis). Peut-être que c'est un peu la même chose pour d'autres personnes, peut-être pas. J'ai croisé pas mal de personnes se disant timides alors qu'ils ne l'étaient pas : peut-être l'étaient-ils dans des moments ou je n'imaginerais pas l'être, comme au moment de se déshabiller devant une nouvelle conquête ? Peut-être mentaient-ils pour montrer de l'empathie et m'inviter à poursuivre dans ce "dire", de manière un peu manipulatrice ? Comme le dit l'auteur, la timidité a d'abord trait à la parole ; est-ce alors l'impossibilité de dire sa vérité à certains moments, et qui oblige alors au mensonge ? Non pour moi, le mensonge, mentir, ce n'est pas la timidité. Il peut s'y apparenter quand il est guidé par la peur, mais ça reste une stratégie consciente et délibérée visant à enfumer l'autre. L'auteur dit très justement que la timidité est une passion : elle est le contraire de quelque chose de délibéré, de conscientisé, mais bien quelque chose de subi. L'auteur parle de la scène au cours de laquelle son père, suite à un pari, se déshabille devant ses copains, et du sentiment de honte qu'elle provoque. Or pour moi, la timidité commence bien plus tôt dans la petite enfance que cette scène là ; nécessairement. Cette scène ne fait que la révéler, mais elle existait déjà. Si je me base sur mon expérience personnelle de timide et de mère (aucun de mes enfants ne sont de grands timides, ouf) , la timidité résulte de la conjonction d'un terrrain (les bébés sont soit prudents et à tendance craintive, soit va-t-en guerre, plus ou moins effrontés, mais je caricature…) et d'un environnement éducatif. Pour moi ça a commencé au bac à sable, ou avant. J'avais à la fois terriblement envie de jouer, de me mêler aux autres, et peur (c'est une vraie jungle). Je suis restée sur le bord (ma mère était contente semble-t-il, de cet état des choses) , un doigt dans la bouche, à observer, écouter, et j'y suis toujours. À table j'adorais écouter les conversations des grandes personnes, tenter de les décrypter, mais quand j'essayais d'exprimer une idée, on me sommait toujours de me taire, en ajoutant que c'était stupide. D'ailleurs, quand je suis dans ma famille, rien n'a vraiment changé… Faut dire que je ne fais rien pour être dans le politiquement correct familial, au contraire. Certains de mes enfants avaient certainement des aptitudes à la timidité, par leur sensibilité, leur caractère prudent, mais ils semblent s'être développés autrement. Peut-être aussi ont-ils senti l'injonction maternelle "ne sois pas timide par pitié", peut-être parce qu'ils se sentent juste suffisamment bien avec eux-mêmes. Il est frappant de voir, de lire à quel point les timides sont des êtres qui ne s'aiment pas vraiment, ne peuvent s'aimer, ou font semblant, avec une dose de résignation qui confine à l'enfermement. La timidité se voit tout de suite sur un visage ; j'ai regardé une intreview de l'auteur, et ait reconnu les mimiques de la timidité, on les retrouve aussi chez le dj David Getta, chez mon père aussi. En fait ce n'est pas tant la timidité, mais le fait que chaque émotion se traduise par quelque chose au niveau du visage. À défaut de parole me dira-t-on, mais ce n'est pas vrai. Les intimides n'extériorisent pas chacune de leurs émotions. Eux arrivent à controler leur paraître. On m'a dit que ma timidité était une cage, une prison ; je me demande si elle ne s'inscrit pas d'abord dans une problématique du rapport à soi : JE suis cachée par ma timidité ; je ne suis pas au contact de moi-même, et c'est cela qui fait que je ne me lie pas ou peu aux autres, qui le sentent et n'apprécient pas ce malaise ? Il m'est arrivé, suite à un stage de développement personnel, de me sentir, d'être "intimide" pendant 2 jours environ. C'est là l'expérience d'une liberté fantastique : là, l'autre m'accueille, je prends des initiatives qui portent, de l'énergie à revendre, un autre rapport à mes enfants qui tout d'un coup m'écoutent etc… mais comme un vieil arbre que l'on essaie de détordre, il reprend rapidement sa forme initiale. La timidité structure puissamment ma personnalité. Je ne sais pas qui je serais si je ne l'étais pas. Certainement une croqueuse d'hommes beaux, mais à part ça… L'envers du sentiment de force naturelle de l'intimide (que je peux ressentir au plan physique quand je suis dans une bonne forme après un entraînement) , est une sentiment de fragilité, d'impuissance. Ma timidité affecte jusque ma manière de travailler. Sans parler de ma carrière. Elle porte sur chaque aspect de ma vie. L'enferme, comme d'autres personne peuvent s'enfermer dans d'autres schémas. Peut-on la comparer à la chrysalide ? Un papillon finira-t-il par sortir de la coquille ? Et peut-être pas celui qu'on attendait ? Ma maladie de timide fait que j'espère, je désire qu'il en sorte un magnifique papillon, et qu'en réalité, il n'en sortira qu'un insecte somme toute assez médiocre et ordinaire, et ça m'est insupportable à penser. Ma timidité a de beaux jours devant elle.
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256318
b
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