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A présent, je prends mon temps pour mieux avancer

Témoignage d'internaute trouvé sur psychologies
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Cela faisait longtemps que je n’avais pas repris la plume ou le clavier pour écrire. Exercice libre, sans contrainte. Ici est mon territoire, personne sinon moi pour juger ce que j’écris, ce que je dis, ce que je pense. Bien que je fasse tout de même moins confiance à cet ordinateur qu’à ces feuilles de papier que je brûle une fois le texte écrit. Façon de faire disparaître les traces de ce que je considère presque comme un pêché : m’exprimer. Je retrouve l’écriture parce que je souffre plus que d’habitude depuis quelques temps. Je travaille beaucoup sur mon état depuis que je suis avec M. Je touche beaucoup de choses en moi. Aujourd’hui, une fille qui me plait beaucoup accepte de concevoir que nous sommes ensemble. Il y a ne serait-ce qu’un an, cette situation était purement inenvisageable. Même sur le plan du statut social, le fait d’avoir une copine change beaucoup de choses. Le regard que les autres portent sur vous est complètement différent, je ressens comme un intérêt supplémentaire créé par la relation. Et puis avouons que le fait que M sois une machine relationnelle apporte quelque chose de plus à cette impression d’intérêt supplémentaire. Parlons d’elle justement, de notre relation. Une relation compliquée depuis le début, ce qui semble assez normal en fin de compte puisque près de huit ans sans relation, vous perdez l’habitude d’être à deux. Qui plus est je n’ai jamais vraiment partagé profondément une relation. D’ailleurs, sur ce point, je suis toujours entre deux eaux. En effet, je ne parviens tellement pas à me détendre que je n’ai pas réellement l’impression de partager pleinement avec M. J’adore cette fille, mais le fait que nous soyons ensemble ne me facilite pas franchement la tâche, celle d’apprendre à la connaître. Disons le, je suis encore face à elle souvent comme un enfant face à sa mère. Je ne parviens pas à lâcher réellement prise. Ce qui a changé, c’est qu’il me semble qu’aujourd’hui, j’assume cette difficulté surtout vis-à-vis de moi-même, et je peux en partie l’exprimer devant elle. Je peux dire mon malaise, dire que je ne parviens pas à me détendre. Le fait de pouvoir exprimer cette difficulté est loin de la résoudre réellement, mais je pense que c’est une excellente chose que de pouvoir l’extérioriser. Plus précisément, en ce moment, je travaille à parvenir à lui faire confiance, à arrêter de se sentir regardé. Il va falloir que j’apprenne à sortir des travers dans lesquels j’ai pu tomber avec S. Il me semble que pour cet exercice, je travaille en terrain propice. Je sais déjà qu’elle me regarde au moins avec compassion, peut être et même sans doute plus, même si je ne me méprends pas sur le long terme où là, tout reste à faire. Simplement, lorsqu’elle est avec moi, elle se sent bien je crois. Moi, quand je l’ai au téléphone, je suis mal à l’aise. Un malaise lourd, certes, mais là encore, il est à noter que la même situation autrefois aurait été presque ingérable. Je rejoins aujourd’hui le niveau de mon père, c'est-à-dire que je peux faire semblant d’être à peu près à l’aise, ce qui me permet de me sentir un tout petit peu mieux. Je ne trompe personne sur le fait que je ne me sens pas bien à ce moment là, surtout pas M qui est d’une sensibilité rare, mais je peux survivre au moins. J’aimerais aujourd’hui passer au stade supérieur, même si ce n’est pas pour tout de suite parce que le stade supérieur m’effraye. Le stade supérieur, ce serait d’être détendu la plupart du temps, un peu comme quelqu’un de « normal », placé dans la même situation. Je replace le contexte : Je suis à table avec mes parents autours du repas, je suppose que l’individu classique placé dans cette situation n’est pas particulièrement angoissé par la situation. Moi, dans cette situation, je suis souvent stressé, parce que j’ai beaucoup de mal à supporter mon père, dont le comportement m’angoisse. Le téléphone sonne, j’ai une très grosse montée d’adrénaline, la situation est critique, j’ai le souffle très court, je vais devoir gérer. Etonnant, n’est-ce pas, comment un instant, j’ai perdu pied ? A ce moment là, je suis dans une situation de quasi panique, j’essaye de me calmer sans y parvenir. Je décroche rapidement parce qu’on ne peut pas laisser un téléphone sonner longtemps sans provoquer l’énervement des autres. La tension est à son paroxysme, les premiers mots relèvent presque du calvaire. J’ai le souffle toujours très court, je n’en peux plus. Ici, je peux presque ressentir une forme de tristesse parce que j’ai honte de ne pas réussir, parce que je suis déçu de ne pas pouvoir parler simplement avec elle, avec M. Ensuite j’engage la conversation, mais je sais que tout cela n’est qu’une lutte désespérée pour conserver un paraître… malgré tout salvateur. Oui, le paraître me sauve temporairement, il maintient quelque chose, il me permet de ne pas craquer, de ne pas rompre totalement sous le poids de l’impuissance. Alors reconnaissons à ce paraître ce qu’il a de positif, il me sauve du désespoir qui fût le mien durant de trop longues années. Mais je n’en veux plus, même si je sais que ce n’est pas pour tout de suite, même si je sais que ce n’est pas simple de changer. J’ai peur d’être détendu, c’est clair. Plus précisément, j’ai du mal à définir ce qui réellement m’effraye dans la détente. La tension qui est la mienne me permet de rester dans un état d’alerte qui me permet de contrôler au maximum tout ce qui se passe autours de moi. Pourquoi ais-je tant besoin de tout contrôler ? Justement parce que je me sens faible et démuni face aux autres. J’ai toujours eu peur des autres, peur d’être maltraité, abusé, détruit. Cette peur s’explique notoirement par mon histoire familiale durant laquelle les faiblesses béantes et immenses de mes parents ont dû m’effrayer de manière terrible. De même, ma mère ne pouvait me regarder, elle ne peut aujourd’hui, toujours pas me toucher. Son contact m’effraye d’ailleurs tant il est pesant par sa rareté. Mon histoire familiale, c’est aussi des cris et des disputes violentes, insupportables pour le petit enfant que j’étais. Je ressens que je ne dois pas me lamenter pour sortir de ces difficultés. On ne refait de toutes façons pas un passé aussi douloureux soit-il. Je reviens de temps à autres sur ce passé, mais j’ai du mal à y piocher des choses bonnes, de l’affection. Je m’aperçois que c’est terrible en fait de revenir sur son passé et de ne pas y trouver de réconfort et d’affection, c’est comme percevoir un gouffre immense face à soi. Je suis seul pour vivre ça, j’ai peur de le dire, je me sens très seul et triste maintenant. Se retourner vers son passé et s’apercevoir qu’on y trouve pas l’affection d’un adulte est une chose que je ne souhaite à personne, c’est une chose qui pourrait rendre fou. Je me sens sec, je devrais être fou avec une histoire pareille, je ne le suis pas assez. Parce que je contrôle tout justement peut être. Dans ma vie tout est devenu réflexion, j’ai toujours peu supporté ce qui était de l’ordre du ressenti. Je vis mon propre ressenti comme une sorte de pollution, quelque chose de gênant dans la vie de tous les jours. Petit à petit, je vais laisser le ressenti s’exprimer, mais ça va prendre du temps. Je lâche des choses chaque jour, mais j’ai un rythme à respecter, il ne faut pas aller trop vite, je le sais fort bien. Pour gagner, il faut prendre son temps, celui d’apprendre, celui du ressenti, et celui du respect de soi. On ne change pas du jour au lendemain, les traumatismes sont des choses lourdes, qu’il est nécessaire de traiter dans la durée. La violence envers soi même pour avancer vite est au moins inutile, et je pense, est une chose souvent contreproductive. J’ai tout essayé dans les solutions radicales, je n’ai jamais obtenu les résultats escomptés, j’ai souvent souffert de terribles déceptions. Aujourd’hui j’accepte plus volontiers de prendre le temps, avec la même détermination d’avancer vers le mieux être, et je souffre beaucoup moins. Je connais le prix de mon évolution, ce prix est surtout celui de la patience, de l’impossibilité d’aller plus loin tout de suite parce que c’est tout simplement impossible. Le maître-mot aujourd’hui, c’est sans aucun doute celui de l’acceptation. Il faut passer le temps nécessaire, un temps long, qu’il ne faut pas trop compter, il faut essayer de sentir quel est le rythme qui nous convient le mieux.
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227765
b
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