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Ceux qui reussissent sont porteurs de la flamme sacrée

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Je vous livre telle quelle une pensée qui m'est venue : Il y a des gens lumineux, porteurs d'une énergie, d'une foi, d'une capacité à convaincre, qui nous emportent. Si nous nous intéressons quelque peu au domaine où ils excellent, on se rend compte qu'ils ne font pas qu'y exceller. Cela existe déjà et on en a des exemples. Eux font plus : non seulement ils sont bons, très bons, mais ils ont la flamme sacrée, ils savent transmettre. Alors si on rencontre leur œuvre, si on a cette chance, elle nous marque et nous porte. Si en plus on peut les rencontrer, eux, c'est encore mieux. Il y a eu plusieurs périodes de ma vie pendant lesquelles je me suis raccroché à des œuvres porteuses, qui me permettaient de conserver la foi, de tenir le coup, de trouver un sens aux choses. Il y a eu des jalons importants, des périodes. Ma culture n'est pas très classique, mais j'ai puisé à des sources puissantes, hétéroclites certes, mais qui avaient en commun une certaine poésie, une magie, un sens du merveilleux, quelque chose de spirituel, de mystique même. Je citerai, en vrac, la musique de Christian Vander, certains romans de Serge Brussolo, de Philip K. Dick, de Michael Connely, et tant d'autres... Qu'ils soient remerciés pour le bien qu'ils m'ont fait. Je pourrais parler aussi du film de Richard Fleischer, "Vingt milles lieues sous les mers", qui est une constante source d'inspiration pour moi, au point de vue plastique. Ou m'attarder sur l'œuvre de créateurs comme Hans Rudi Giger, ou encore des réalisateurs comme Jean-Pierre Jeunet... Mais vous m'avez compris : Il y a des gens qui sont porteurs d'un univers et à certaines périodes, je plongeais à fond dans telle ou telle dimension, qui me motivait, me donnait envie de faire moi aussi, me permettait de CROIRE que MOI AUSSI je POUVAIS FAIRE. J'ai décortiqué, en long, en large et en travers le "Delicatessen" de Jeunet et Caro. J'ai épluché "Le dahlia noir", de James Ellroy ( c'est à la suite de ce passage au crible que j'ai écrit mon premier roman publié ). J'ai lu, lu, relu "Substance Mort" de Philip K. Dick, qui est à l'origine de la plupart de mes écrits. J'ai écouté jusqu'à connaître par coeur certains disques de Magma. Et ainsi de suite. J'ai fait des cures de Brussolo, je relisais tous ceux que j'avais aimés, un par un, pendant des semaines entières. Des fois, les gens me disaient : "comment peux-tu habiter un coin perdu, pourri, où il n'y a rien, sans déprimer" ? Je répondais ( ou me contentais de penser ) : je suis créateur de culture. J'écris, je peins, je compose. Si la culture c'est d'aller regarder les films à grands spectacle ou prendre des places pour le dernier concert de Zazie, alors je peux habiter en rase campagne, cette culture-là ne me manque pas. Je me sentais connecté à d'autres personnes. Et je croyais à cette connexion. Et je me disais que je pouvais faire, moi aussi. Les épreuves que j'ai passé ces dernières années n'ont pas entamé ma capacité à être inventif, imaginatif. Elles ont entamé l'image de moi en la ternissant, et en me faisant douter de ma capacité à faire. Certes j'ai des idées, mais encore faut-il savoir les exprimer. Or je me rends compte que plus le temps passe, moins je sais faire. Bon, sur le saxo je débute, ça c'est normal. Mais du coup, entre maintenant et le moment où je pourrai sortir quelque chose, on n'est pas rendus... Pour la céramique, la dernière fois que j'y suis allé ça a été un désastre. Je n'arrive plus à faire les personnages. L'image numérique, faudrait que je m'y remette. Me reste surtout en ce moment l'écriture. Mais je ne me sens plus relié à ces autres qui avant m'inspiraient. Le charme est, en quelque sorte, rompu. Trop d'épreuves sont venues ébranler ma confiance en moi. Maintenant je me perçois comme seul face à tout ça. J'envie les gens qui sont tellement habités par leur monde intérieur que non seulement ils créent, ils avancent, mais en plus ils peuvent constituer un point d'ancrage pour les autres, les motiver, leur redonner la foi. Il m'est arrivé de jouer involontairement ce rôle. Un jour, à une signature lors d'un salon du livre, une jeune fille s'est présentée, elle était venue au salon simplement parce que j'y étais et qu'elle tenait absolument à me parler. J'ai été surpris, d'autant qu'elle était jeune et que j'imaginais mal qu'on puisse me lire à son âge. Maintenant, j'ai presque du mal à y croire. Je me demande si je n'ai pas rêvé. Je me sens... amoindri. J'ai été tellement malmené, écorniflé, esquinté, escagassé par tout ça... Je suis comme la flamme d'une bougie, qui clignote, qui vacille... J'ai l'impression que je ne crois plus en moi. Avant, c'était sans doute une illusion, un rêve, mais ce rêve me portait, comme il porte des gens du genre Serge Brussolo. Lui ne se pose pas de questions, enfin, pas que je sache : il fait, il doit faire, il est là pour ça, il n'a rien d'autre à faire et ne fera rien d'autre. Comme Vander : pas question pour lui d'être autre chose que celui qui porte Magma, à bout de bras. Moi je ne sais plus ce que je dois faire. Certes, j'ai envie de créer et j'aimerais bien ne rien faire d'autre. Mais je n'ai plus aucune certitude que ce que je porte en moi justifie que je m'y consacre à plein temps. Est-ce que je mérite cette place ? Serait-ce justifié qu'on me l'accorde ? Dois-je me battre pour ça, la revendiquer ? Ai-je matière suffisante à revendiquer une telle place ? J'ai plus que celui qui sait qu'il n'a rien. Ma compagne par exemple, me dit qu'elle n'est pas créative, qu'elle est nulle en musique, qu'elle n'écrira jamais. Au moins, c'est simple pour elle. C'est simple aux deux extrémités de l'échelle, pour celui qui a le feu sacré, pour celui qui ne l'a pas et le sait. Mais au milieu ? J'ai le feu sacré, mais en quelles quantités ? Est-ce suffisant pour que je plonge à fond ? Ou pas assez pour que je renonce ? En tous cas, c'est assez pour que je réussisse encore à faire certaines choses, mais plus d'autres. Je peux encore écrire. Je ne sais pas si j'ai la capacité, l'énergie, d'apprivoiser à nouveau la terre, réussir à faire ce que je faisais avec il y a un an. J'ignore si me lancer dans l'apprentissage du sax n'est pas une idée idiote. Je ne sais pas si je réussirai à me remettre vraiment dans l'image numérique. Je manque d'énergie, je manque de patience, de confiance en moi, de foi... Tout ça m'a tellement entamé... Je me sens maintenant seul dans tout ce que j'entreprends, il n'y a plus ce lien avec ces autres qui me motivaient. Je me sens seul et en butte à un monde qui se fout éperdument que je fasse ou pas mes petits trucs dans mon coin. Mon boss, lui, ce qu'il veut, c'est que j'arrive à l'heure et que je fasse mon taf. Mes parents, mes amis, bon, ils m'aiment bien, mais si je ne faisais plus rien de ce genre ils s'en foutraient, ils n'ont jamais vraiment compris. Ma compagne, oui, comprend et apprécie. Mais elle a ses soucis, je ne peux pas me raccrocher à elle constamment. J'envie les gens qui croient en eux, ou du moins qui ne se posent pas la question, qui sont tellement "allumés" que pour eux il n'y a pas matière à seulement hésiter, à seulement être conscient qu'on pourrait hésiter. Oui vraiment je les envie. Cette espèce d'inconscience, de fougue, je crois que je l'ai perdue et ça me manque terriblement. Voilà, je ne sais pas ce que vous en penserez...
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225527
b
Moi aussi !
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